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Sur ce qu’il faut faire en communiant

Premièrement quand nous sommes arrivés à la Table, humilions-nous et reconnaissons combien nous sommes indignes de l’honneur d’y être admis : dans cette vue, rappelons nous devant Dieu quelques uns des plus grands et des plus énormes péchés dont nous nous sommes rendus coupables, la violation des vœux que nous avons tant de fois renouvelés en pareille occasion, et surtout de ceux que nous avions faits à notre dernière Communion. Méditons ensuite les souffrances amères de Jésus Christ qui nous sont retracées dans ce Sacrement. A la vue du pain rompu, souvenons nous comment son sacré corps a été déchiré par des clous sur la croix ; à la vue du vin versé, souvenons nous comment son précieux sang a été répandu ; disons nous à nous mêmes que ce sont nos péchés qui en ont été la cause, et sentons combien nous sommes coupables d avoir contribué à lui faire souffrir de si cruelles douleurs et plus criminels encore que ceux qui l’ont crucifié, puisqu’ils ne l’ont fait qu’une seule fois et que nous l’avons crucifié autant qu’en nous a été tous les jours : ils ne le crucifièrent que parce qu’ils ne le connaissaient point mais nous avons su, et ce qu il est en lui même, le Seigneur de l’Eglise, et ce qu’il est pour nous, le plus tendre et le plus charitable Sauveur, et nonobstant cette connaissance nous n’avons pas laissé de le crucifier de nouveau. Examinons d’un œil attentif tous ces objets, et qu’ils produisent en nous une vive douleur de nos péchés passés et une ferme résolution d’être en garde contre eux à l’avenir.

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Lorsque nous nous serons occupés ainsi quelque temps des souffrances de Jésus Christ, pour exciter de plus en plus notre humilité et notre contrition, nous devons encore y penser pour animer notre soi en considérant la mort de notre Sauveur comme le sacrifice offert pour expier nos péchés, apaiser la colère de Dieu nous assurer de sa grâce et nous rendre les objets de sa miséricorde. Demandons à Dieu avec soi mais humblement de vouloir accepter la satisfaction de cette innocenta victime de son Fils bien aimé de nous pardonner en considération de son mérite nos péchés et d’être entièrement réconcilié avec nous.

En troisième lieu, faisons réflexion sur ces mêmes objets pour rendre notre reconnaissance vive. Pensons à la honte et aux douleurs que Jésus Christ a souffert, et rappelons nous surtout les cruelles angoisses de son âme qui lui arrachèrent ce cri amer : mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as tu abandonné ? En considérant qu’il n’a souffert ainsi que pour nous empêcher de périr, nous sentirons qu’il nous est impossible de reconnaître dignement ce qu’il a fait pour nous, et nous tâcherons du moins de réveiller en nous des sentiments de la plus sincère et de la plus vive gratitude, puisqu’un de nos principaux devoirs dans cette occasion consiste à louer et à célébrer cette miséricorde infinie qui nous a rachetés à un si grand prix. Rien de plus convenable par conséquent que de dire avec David je prendrai la coupe de délivrance et j’invoquerai le nom de l’Éternel

Fixons notre méditation sur les souffrances de Jésus Christ en quatrième lieu pour enflammer notre amour pour lui, n’y ayant rien qui y soit plus propre ; parce que l’amour de notre Sauveur pour nous y brille d une façon particulière comme le dit St Jean : A ceci nous avons connu sa charité, qu’il a mis sa vie pour nous. Personne ne peut montrer un plus grand amour, que celui-ci savoir quand quelqu’un met sa vie pour ses amis. Jésus Christ a même porté l’amour plus loin, puisqu’il est non seulement mort, mais qu’il a subi la mort la plus infâme et la plus douloureuse, non pour ses amis mais pour ses ennemis. Si donc après de pareils prodiges d’amour de son côté, nous lui refusions un juste retour d’amour du nôtre, nous serions pires que les plus méprisables des hommes, puisque les Péagers mêmes aiment ceux qui les aiment. Quels reproches ne devons-nous pas nous faire de ce que notre amour pour lui est si froid et si languissant tandis que sa charité pour nous a été si tendre et si ardente. Quels efforts ne devons nous pas faire pour allumer cette sainte flamme dans nos cœurs et pour porter notre amour jusqu’à être prêts à imiter son exemple en lui faisant les plus grands sacrifices et celui de notre vie même toutes les fois qu’il nous y appellera et que notre obéissance à ses commandements nous exposera à souffrir. Mais en même temps prenons la résolution de n’entrer dans aucun accommodement avec ses ennemis & de ne jamais donner entrée dans notre cœur au péché. Que si jusqu’alors nous en avons nourri quelqu’un saisissons cette occasion de lui donner la mort et de le crucifier offrons le sur le champ en sacrifice à celui qui s est sacrifié pour nous et dont le but principal a été de nous racheter de toute iniquité. Faisons vœu solennellement de renoncer à tous nos péchés et surtout à ceux où nous sommes tombés le plus fréquemment et pour être en état de l’accomplir demandons ardemment à notre Sauveur crucifié qu’il lui plaise par la vertu de sa mort de mortifier et d’éteindre nos passions criminelles.

Lorsque nous allons recevoir le pain et le vin consacré souvenons nous que Dieu nous offre le sceau de la nouvelle Alliance qu’il a traitée avec le Genre humain en son Fils. Car, puisqu’il nous donne ce divin Sauveur dans le Sacrement, il nous donne avec lui tous les biens de son Alliance :

  • le pardon des péchés,
  • la grâce sanctifiante
  • et le droit à l’héritage éternel

Admirons ici la bonté infinie de Dieu qui nous communique de si précieux trésors mais n’oublions pas que ce n’est que sous la condition que nous remplirons de notre côté nos engagements. Prenons donc la ferme et sérieuse résolution de lui obéir en élevant notre cœur vers lui, avec toute la dévotion possible pour lui demander de nous faire ressentir la vertu de la mort de Jésus Christ.

Aussitôt que nous avons reçu le Sacrement offrons à Dieu avec tout le recueillement, et toute la sensibilité possible, nos actions de grâces pour un aussi grand bienfait en les accompagnant de ferventes prières pour obtenir les secours du Saint Esprit dont nous avons besoin pour accomplir les vœux que nous venons de renouveler. Rappelons nous ensuite que Christ est la propitiation non seulement pour nos péchés mais aussi pour ceux de tout le monde et, afin que notre charité s étende aussi loin que la sienne, prions pour tous les hommes et demandons qu ils puissent avoir part aux fruits de son sacrifice. Recommandons encore à Dieu son Eglise en général et celle dont nous sommes les membres en particulier. N’oublions pas de prier pour nos Supérieurs tant dans l’Etat que dans l Eglise, pour nos Parents, nos Amis & pour tous ceux qui se trouvent dans quelque nécessité.

Extrait de l’ouvrage « LA PRATIQUE DES VERTUS CHRÉTIENNES ou TOUS LES DEVOIRS L’HOMME AVEC LES DÉVOTIONS PARTICULIÈRES pour diverses Occasions Ordinaires & Extraordinaires », Ouvrage utile pour toutes les Familles Nouvellement traduit de L’ANGLOIS augmenté & rédigé dans une nouvelle forme PAR JAQUES GEORGE de CHAUFEPlÉ Pasteur de l’Eglise Wallonne D’AMSTERDAM 

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