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L’homme pour la femme : chef naturel mais non tyran naturel.

Mamie et PapiLes rôles des femmes et des hommes ne sont pas interchangeables… et impossible de parler de l’un sans parler de l’autre car l’un éclaire l’autre. C’est là une merveille anthropologique : sans hommes, pas de femmes et sans femmes, pas d’hommes ! Chers frères d’armes du combat spirituel, soyons de plus en plus des hommes pour que les femmes soient de plus en plus des femmes : pour votre épanouissement, celui de votre épouse, celui de vos enfants, celui de la société !

Un ami des hommes-adorateurs, Yvan Pelletier de la Faculté de Philosophie Université Laval de Québec, a écrit ce texte édifiant, une analyse des écrits d’Edith Stein sur les rôles respectifs de la femme et de l’homme :

Dès l’origine, homme et femme sont appelés à collaborer à une mission commune : traduire en image la divinité et, à cette fin, prolonger l’oeuvre de la création, dominer et tourner au bien humain l’ensemble de l’univers matériel. Or nécessairement collaboration implique coordination. Quelqu’un doit discerner et décider comment se déroulera concrètement la collaboration. Aucune collaboration ne se passe de chef. Et par conséquent, d’obéissance à un chef. Édith Stein voit très bien que cette assistance à l’homme à laquelle est vouée la femme, que cet appel de la nature à donner son être et sa vie à un mari, passe par l’obéissance. C’est leur nature spécifique qui confie à l’homme le commandement sur la femme et la famille, et qui veut que la femme obéisse à son mari.

La participation à la vie du mari implique, par analogie, la subordination dans l’obéissance, telle qu’elle est ordonnée par la parole de Dieu.

Edith Stein, L’éthos…

C’est à l’homme, en premier, et à la femme, en second et à titre d’assistant, que Dieu, par les lois qu’il a imposées à la nature, confie de dominer la terre.

L’homme et la femme sont destinés à dominer la terre, c’est-à-dire à connaître les choses de cette terre, à en jouir et à leur donner forme par un acte créateur. Cependant, cette oeuvre civilisatrice est assignée à l’homme comme sa mission première, et la femme est placée à ses côtés en tant qu’aide.

Edith Stein, L’éthos…

Voilà qui porte chaque homme à concrétiser cette mission dans la réalisation d’un objet plus spécifique qui devient sa mission à lui, l’objet de sa vie, son ambition. D’elle-même, la femme est indifférente à pareil objet, réticente même à toute forme de spécialisation susceptible de distraire du développement harmonieux du tout de la personne. Mais en répondant à cet appel de la nature qui la fait l’aide adéquate de tel homme en particulier, sa femme, la voilà qui prend à cœur la mission, l’objet qui passionne et mobilise son mari. Elle voudra tout faire pour que son mari réussisse dans son entreprise. Cela se fera toutefois bien sûr sous sa gouverne.

L’homme est, par nature, au service immédiat de son objet; la femme se met au service du dit objet par amour pour lui, et il convient donc que cela se produise sous la conduite de ce dernier.

Edith Stein, L’éthos…

Cependant, l’obéissance naturelle de la femme ne se confine pas dans le contexte du travail de son mari. Même ce qui relève principalement d’elle, donner le jour à des enfants et leur donner l’éducation fondamentale, elle le fait naturellement sous l’autorité de son mari. Dans cette mission, le mari est à son tour l’assistant : il en pourvoit le cadre et les instruments, la maison, la nourriture et le vêtement; de même que la sécurité. Mais même là il reste le chef naturel et la femme trouvera son bonheur à enfanter et éduquer sous son autorité.

Que le devoir d’obéissance dépasse ce cadre et s’étende aussi à ce qui ressortit au domaine immédiat de la femme : au foyer et à l’éducation, cela découle moins de la spécificité féminine que de la vocation naturelle de l’homme, qui est d’être le chef et le protecteur de la femme. À cette destination naturelle correspond également l’inclination naturelle de la femme à obéir et à servir.

Edith Stein, L’éthos…

Édith Stein se sent même à l’aise de paraphraser à l’appui une déclaration très forte de l’Iphigénie de Goethe : « C’est obéissante que je me suis toujours sentie merveilleusement libre. »
Pour elle, cela ne fait pas de doute : la nature a consacré l’homme comme chef de la famille et comme chef de la femme. Et cela ne fait pas plus de doute, ni ne constitue plus d’injustice que dans le cas du corps animal, où sans aucun conteste les autres membres reconnaissent la tête pour leur chef et collaborent en lui obéissant au bien du corps entier.

De même que, dans un organisme individuel, tous les membres sont dirigés par la tête et qu’ainsi se trouve maintenue l’harmonie de l’ensemble, de même, dans un organisme étendu, il doit y avoir un chef et, dans un organisme sain, il ne saurait y avoir de querelle pour déterminer qui est la tête, qui sont les membres et quelles sont leurs fonctions respectives.

Edith Stein, La vocation

Chef naturel oui, mais non tyran naturel. L’homme répond à sa nature quand il commande à sa femme. Mais il y répond plus complètement quand il la commande comme on commande à un être libre, égal. Et même supérieur en discernement et en expérience en certains domaines. À la maison, la prudence du mari résidera en ‘décidant’ la plupart du temps ce que sa femme lui aura ‘suggéré’, elle qui est plus présente aux affaires familiales, aux besoins de toute la maisonnée, aux problèmes particuliers de chaque enfant.

Étant donné que l’homme n’est pas parfait, qu’il est une créature dotée de divers dons et pourvue de nombreuses imperfections, sa suprême sagesse consistera à contrebalancer ses imperfections par les dons du membre qui le complète, de même que la suprême sagesse politique du souverain consistera à laisser gouverner le ministre dont il aura reconnu la supériorité. Mais il est essentiel pour la santé de l’organisme que cela se fasse sous la conduite du chef. Si le corps se rebelle contre la tête, l’organisme prospérera tout aussi peu que si la tête laisse dépérir le corps.

Edith Stein, La vocation

 

8 thoughts on “L’homme pour la femme : chef naturel mais non tyran naturel.

  1. Eh bien, il fallait l’oser ! Personnellement je n’ai pas la prétention de définir la relation mari – épouse mais, même en s’appuyant sur les références citées, je trouve cet article choquant.
    Choquant parce qu’il reste, en voulant déterminer un « chef », dans le domaine de l’opposition homme-femme ! Parce qu’il s’inscrit ainsi dans la lutte des sexes. Le résultat me semble contraire à son objectif.
    La relation homme-femme est celle d’un partenariat, pas une lutte.
    Pourquoi vouloir définir un chef ? A-t-on besoin de tout définir en terme de rapport hiérarchique ? le postulat qu’ « Aucune collaboration ne se passe de chef » me semble particulièrement inexact…
    L’homme et la femme, en se mariant, ne font plus qu’un. S’ils sont « un » comment définir un « chef » ?
    Mais la question sous-jacente devient alors : qu’est-ce que le mariage ? Si c’est juste un contrat de vie, alors, peut-être, que l’on peut chercher un « chef » (mais est-il réellement l’homme ?), mais si le mariage est l’union de l’homme et de la femme « pour ne plus faire qu’une seule chair »… alors il n’y a pas de chef… car il n’y a plus deux entités mais une seule, à l’image de Dieu..

    • Merci pour votre commentaire !

      Je ne vous propose pas de réponse, mais deux pistes de réflexion :
      – le mot « chef » n’a-t-il pas été abîmé par l’esprit « lutte de classe », dans lequel avoir un chef n’est pas positif (un asservissement) ?
      – L’Unité « une seule chair » est l’origine de l' »Eglise domestique » (Intimement unie à l’Église en vertu du lien sacramentel qui en fait une Église domestique ou petite Église, la famille chrétienne est appelée «à être un signe d’unité pour le monde et à exercer dans ce sens son rôle prophétique, en témoignant du Royaume et de la paix du Christ, vers lesquels le monde entier est en marche». Compendium Doctrine Sociale de l’Eglise, 220). Or, l’Eglise ayant un chef, le Pape, le petite Eglise ne doit-elle pas en avoir ?

      Merci encore pour votre commentaire, car il aide à se pencher sur le sens des mots, lesquels ont tellement perdu leur sens chrétien (la preuve, l’Épître de saint Paul aux Éphésiens, chap 5, 22-28 choque souvent les chrétiens !)

      La réflexion est ouverte, soyons coopérateurs de la Vérité !

      • Votre piste de réflexion est intéressante, surtout si l’on se réfère à l’étymologie de chef (la tête, « capum ») car alors on retrouve la notion de corps où chaque membre est d’égale importance mais avec des rôles différents.
        Mais le fait est que, lorsque l’on utilise des termes, soit on en définit le sens, soit on se réfère au sens commun ! Le mot « chef » est aujourd’hui perçu avec une vision négative de l’autorité imposée, l’article ne peut donc être interprété qu’ainsi, même si ce n’est pas ce qu’il souhaitait transmettre (d’autres termes utilisés renforcent d’ailleurs cette impression, par exemple « commande »).
        Pour ma part, je suis convaincu que par le mariage, l’homme et la femme devienne une seule entité qui n’a plus besoin de rapport hiérarchique ou de commandement. Les décisions sont prises en commun, ou tour à tour par le plus qualifié du couple selon le sujet…

  2. Article intéressant, la thèse est défendable, bien que socialement tout à fait incorrecte. Pourtant, la réalité montre qu’en fait, la femme est le chef de l’homme. Dans les sociétés rurales, la femme debout qui sert l’homme à table n’était qu’une façade destinée à faire croire à l’homme qu’il était le chef. Dans les faits, c’est la femme qui organisait l’économie de la maison, comptait les sous etc. Encore aujourd’hui, quel mari peut il dire que sa femme n’est pas le leader plus ou moins caché de sa famille?
    A part ça, votre démarche est intéressante, bien qu’un peu opaque. Vous gagneriez à être plus clairs. On a l’impression d’un club archi fermé…
    Bonne journée.

    • Merci pour votre commentaire. Effectivement vous soulignez par celui-ci la complémentarité de l’homme et de la femme. D’autres articles d’Yvan Pelletier (homme marié et père de famille) suivront, et ne manqueront, il est certain, pas de susciter des réactions !
      Pour ce qui est du club (qui est l’Eglise catholique)… merci de participer par votre commentaire à son ouverture, le site « hommes-adorateurs » est ce que vous en ferez. Merci !

      • juste une impression de lecteur par occasion sur le côté club, et dans laquelle vous voudrez bien ne voir aucune critique de ma part: la ligne éditoriale (photo, terminologie « contingents », style général) fait assez mili, avec un coté glissant vers le survivalisme (article jardin). Disons que l’ensemble reflète un style de vie, des valeurs. Vous gagneriez a être plus clairs sur les destinataires de votre proposition.
        Bien à vous.

        • Merci, vos remarques nous seront utiles, car nous songeons à améliorer le site qui pour l’instant n’est que l’assemblage de bonnes volontés ! Ce regard extérieurs nous permet de nous poser les bonnes questions… merci encore !

  3. Je découvre par hasard votre blog.

    Article très intéressant mais malheureusement j’ai plutôt l’impression qu’aujourd’hui les hommes ne veulent plus tenir ce rôle. En particulier, chez les jeunes générations, en tant que jeune femme, il est très pénible de se sentir, dans sa relation de couple, davantage comme la mère de son partenaire que comme sa compagne. Il est difficile d’éprouver du respect pour son conjoint si on a l’impression d’être supérieure à lui.

    De ce que j’ai pu observer autour de moi, l’homme est souvent bien plus efficace dans le rôle de chef que la femme car son humeur est beaucoup plus égale et monotone.
    Je me trouve trop lunatique et émotionnellement instable pour prendre la responsabilité de la famille et j’ai l’impression que c’est le cas de beaucoup de femmes.

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