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Choisissons le bon étendard ! (2/2)

Deuxième partie de l’extrait des exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, la méditation des deux étendards, dans lequel Saint Ignace demande de choisir entre celui de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur et l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine.

Première partie

Méditation des trois classes d’hommes pour se déterminer à suivre la plus parfaite.

Le premier prélude est l’histoire qui doit servir de base à la méditation. Nous supposons ici trois classes d’hommes composées chacune de deux personnes. Toutes les trois ont acquis dix mille ducats, sans se proposer purement et uniquement le motif de l’amour de Dieu. Et elles veulent se sauver et trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, en se déchargeant d’un poids qui les arrête, et en surmontant l’obstacle qu’elles rencontrent à leur dessein dans l’affection au bien qu’elles ont acquis.

Le second prélude est la composition de lieu. Ici, je me considérerai moi-même en présence de Dieu, notre Seigneur, et de tous les Saints, dans la disposition de désirer et de connaître ce qui sera le plus agréable à sa divine volonté.

Le troisième prélude est la demande de ce que l’on veut obtenir. Ici, je demanderai la grâce de choisir ce qui sera en effet le plus glorieux à la divine Majesté, et le plus avantageux au salut de mon âme.

  1. 350px-Giotto_-_Legend_of_St_Francis_-_-05-_-_Renunciation_of_Wordly_GoodsLe premier homme voudrait se défaire de l’affection qu’il éprouve pour le bien qu’il possède, afin de trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, et de pouvoir opérer son salut; mais il n’emploie de fait aucun moyen avant l’heure de la mort.
  2. Le deuxième homme veut détruire cette affection; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui.
  3. Le troisième homme veut aussi se dégager de cette affection, et il le veut de telle sorte, qu’elle n’est pas plus portée à conserver la somme acquise qu’à ne pas la conserver. Il ne consultera, pour la retenir ou pour s’en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le service et la louange de la divine majesté. En attendant, il veut se conduire comme ayant tout abandonné de coeur, et s’efforce de ne désirer ni ce qu’il possède, ni aucun autre bien sur la terre que dans la seule considération du service de la majesté divine ; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu’il a acquis ou à s’en dépouiller.

On terminera cet exercice par les trois colloques de la contemplation des deux étendards.

Il faut remarquer que, quand nous éprouvons de la répugnance ou une affection contraire à la pauvreté actuelle, quand nous ne sommes pas dans une véritable indifférence entre la pauvreté et les richesses, il est très utile, pour détruire cette affection déréglée, de demander dans les colloques, malgré les mouvements de la nature, que le Seigneur daigne nous appeler à ce genre de pauvreté, en lui protestant que nous le voulons, que nous le lui demandons, que nous l’en supplions, pourvu que ce soit pour la gloire et le service de sa divine Bonté.

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