Blog

  • IVG : Une loi injuste n’est pas une loi

    IVG : Une loi injuste n’est pas une loi

    LOIHier soir à l’Assemblée Nationale, la notion de détresse pour le recours à l’avortement a été supprimée de la loi. L’avortement de pure convenance est devenu libre et gratuit. Le meurtre de l’enfant est un droit.

    Face aux attaques contre la famille et les plus faibles que sont les enfants et les enfants à naître, nous sommes appelés à entrer en résistance

    Depuis des années la France a promulgué la prétendue loi permettant l’avortement, plus récemment celles dite du « mariage pour tous » et celle qui permet de faire des expériences sur des petits êtres humains à l’état embryonnaire.

    Concernant les derniers amendements votés ces-jours ci sur l’avortement à l’Assemblée Nationale, Cécile Edel soulignait : « l’avortement restera toujours, quoiqu’en dise Madame Belkacem, un acte qui arrête un cœur qui bat mais cette vérité fait si peur que tous ceux qui tentent de la proclamer seront dorénavant bâillonnés ! Bienvenue au sein de la nouvelle dictature française ! »

    aillet IVG horreur

    Suite à cette rafale de « lois » promulguées, nous sommes plus encore entrés en résistance face à cette nouvelle « non-loi », puisque nous pouvons affirmer, à la suite de Saint Augustin dans le livre I du « Libre arbitre » : « Une loi injuste n’est pas une loi« . Saint Thomas d’Aquin rangerai ces lois dans la catégorie « contraire au bien commun » (Somme théologique, I, II, q.96, a.4).

    Les nouvelles dispositions votées sur l’IVG sont contraires au bien commun, déjà parce qu’on arrête un cœur qui bat arbitrairement, mais également, comme le souligne La Fondation Jérôme Lejeune, dans son communiqué du 22 janvier 2014, par la gravité de :

    1) La suppression de l’exigence d’un état de détresse pour avorter qui aura pour conséquence de développer les avortements eugéniques.

    2) L’atteinte à la liberté d’expression, le gouvernement faisant de l’information sur l’avortement une infraction punie de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, lorsque des associations d’aide aux femmes oseront dire la vérité sur l’avortement.

    Face à l’injustice d’une loi, quelle attitude de résistance adopter ? Tout d’abord il faut savoir qu’avant tout, toute décision, toute action doit être portée dans la prière. La prière est fondamentale car, comme le disait notre pape François lorsqu’il était cardinal : « Il est temps, non de nous (…) habituer, mais de nous pencher et ramasser les cinq pierres pour la fronde de David (cf. 1 S 17, 40). Il est temps de prier ». Monseigneur Aillet établissait un parallèle entre ces cinq pierres et les cinq mystères d’un chapelet : « C’est l’arme spirituelle que je vous propose de mettre en œuvre en ce mois de Marie. Ce sera notre « fronde de David », avec ces cinq cailloux symbolisant les cinq mystères de notre chapelet, et c’est Dieu qui donnera la victoire !« . Ainsi, il nous invite à une résistance spirituelle, confiant « ce combat spirituel à la Vierge Marie, « terrible comme une armée rangée en bataille« .  »

    Ainsi, à cette résistance spirituelle pourra continuer à s’articuler notre mobilisation, telle que Dieu nous la demande personnellement, que ce soit en manifestant, en veillant, en écrivant à des élus, etc… Mais n’oublions pas, le but n’est pas de convaincre à la manière du monde, de vivre de compromission, c’est le Christ lui-même qui nous l’a montré : après avoir indiqué qu’il venait rendre témoignage à la Vérité, il a été lui-même crucifié. En effet, en grec « témoin » se disant « martyr »,ce combat ne peut avoir lieu sans sacrifices, sans qu’une partie de nous-même tombe, celle qui nous éloigne de Dieu. C’est le dépouillement dont parlait le pape François : « se dépouiller de beaucoup d’idoles petites et grandes que nous avons, et dans lesquelles nous nous réfugions, dans lesquelles nous cherchons et plaçons bien des fois notre sécurité. Ce sont des idoles que nous tenons souvent cachées ; elles peuvent être l’ambition, le carriérisme, le goût du succès, le fait de se mettre soi-même au centre, la tendance à dominer les autres, la prétention d’être les seuls maîtres de notre vie, quelques péchés auxquels nous sommes attachés, et beaucoup d’autres ».

    En cette période d’attaques contre le plus faible, contre la famille, soyons donc les témoins du Christ, ses martyrs !

    (article adapté de celui que nous avions écrit concernant le même thème sur le site des paroisses du Luc-en-Provence et du Cannet-des-Maures : www.paroisses-luc-cannet.fr)

  • Testament de Louis XVI

    Testament de Louis XVI

    Aujourd’hui, jour anniversaire de la mort du Roi Louis XVI, voici, dans son intégralité, son testament. Magnifique.

    Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit.

    Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze.

    Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser.

    Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

    louis 16« Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

    « Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

    « Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique.

    Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de coeur.

    Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

    « Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

    « Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

    « Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

    louis XIV« Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

    « Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité.

    Je prie ma soeur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

    « Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

    « Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.

    « Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

    « Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

    louis_XVI_tuileries_10_juin_1792« Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

    « Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

    « Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur coeur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

    « Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

    « Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

    Fait double à la Tour du Temple le 25 décembre 1792.

    louis_xvi_execution

  • Les parents premiers et principaux éducateurs

    Les parents premiers et principaux éducateurs

    Les Hommes-Adorateurs sont partenaires du colloque  » Les parents, premiers et principaux éducateurs  » qui aura lieu au Cannet-des-Maures, le 1 février 2014.

    Pour illustrer la thématique de ce colloque, nous vous invitons à lire et à méditer cet extrait de l’encyclique « Divini illius Magistri » de Pie XI, de 1929, sur l’éducation des enfants. Une fois n’est pas coutume, il est un peu long, mais très édifiant !

  • Les papes et le patriotisme

    Les papes et le patriotisme

    Suite à l’enseignement du 16 janvier 2014 du Père Jacques Baudry, aumônier du contingent d’hommes-adorateurs du Luc, voici les citations qu’il a utilisé lors de son enseignement sur le devoir chrétien du patriotisme :

    Amour de la patrie

    Le Pape Léon XIII, l’initiateur des grandes encycliques de la doctrine sociale, affirme :

    L’amour surnaturel de l’Eglise et l’amour naturel de la patrie procèdent du même et éternel principe. Tous les deux ont Dieu pour auteur et pour cause première; d’où il suit qu’il ne saurait y avoir entre les devoirs qu’ils imposent de répugnance ou de contradiction.

    (Encyclique « Sapientiae Christianae », 1890)

    La même encyclique nous dit que par une loi de la nature il nous est commandé expressément d’aimer et de défendre la patrie où nous sommes nés, jusqu’au risque de sa propre vie.

    Le Pape Benoit XV écrivait : 

    Si la charité s’étend à tous les hommes, même à nos ennemis, elle veut que soient aimés par nous d’une manière particulière ceux qui nous sont unis par les liens d’une commune patrie.

    (Lettre du 15 juillet 1919).

    Le Pape Pie XII, ajoute : 

    Il existe un ordre établi par Dieu selon lequel il faut porter un amour plus intense et faire du bien de préférence à ceux à qui l’on est uni par des liens spéciaux. Le Divin Maître Lui-même donna l’exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie en pleurant sur “l’imminente destruction de la Cité sainte”.

    (Encyclique « Summi Pontificatus », 1939)

    Le Pape Jean-Paul II disait aux évêques argentins :

    L’universalité, dimension essentielle dans le peuple de Dieu, ne s’oppose pas au patriotisme et n’entre pas en conflit avec lui, ce qui veut dire qu’aimer tous les hommes n’empêche ni ne crée de conflits de quelque façon que ce soit avec l’amour que nous devons à la patrie elle-même. Au contraire, ajoute-t-il, il l’intègre en le renforçant par les valeurs qu’il possède, et particulièrement l’amour à sa propre patrie, si nécessaire jusqu’au sacrifice. (…)

    A la lumière de la théologie du peuple de Dieu s’éclaire d’une plus grande clarté la double condition du chrétien, non pas opposée mais complémentaire. En effet, il est membre de l’Eglise, laquelle est reflet et annonce de la Cité de Dieu, et il est à la fois citoyen d’une patrie terrestre, concrète, de laquelle il reçoit tout des richesses de langue et de culture, de tradition et d’histoire, de caractère et de façon de voir l’existence, les hommes et le monde. Cette espèce de citoyenneté chrétienne et spirituelle n’exclut ni ne détruit ce qui est humain. La paix vraiment durable doit être le fruit mur de l’intégration réussie de patriotisme et d’universalité.

    Nous vous proposons de clore cette liste non exhaustive de citations de papes sur le patriotisme par une phrase émanant d’un docteur de l’Eglise, Saint Augustin, qui illustre bien la notion d’ordre dont découle le patriotisme :

    Aime tes parents et plus que tes parents ta patrie, et plus que ta patrie aime Dieu seul

    Amour de la France

    Comment ne pas clore cet article par cette phrase de Saint Pie X, au sujet de la France ?

    pie XVous direz aux français qu’ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »
    A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d’Israël : que personne ne s’est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s’est éloigné de Dieu.
    Ce n’est pas un rêve, mais une réalité ; je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai la certitude du plein triomphe. »

    (Lettre à Mgr Touchet, évêque d’Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d’Arc, 13 décembre 1908)

  • Le patriotisme est-il une vertu ?

    Le patriotisme est-il une vertu ?

    Voici la réponse de Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique IIa IIae, question 101, article 1

    La_RochejaqueleinCicéron déclare : “ La piété est l’exact accomplissement de nos devoirs envers nos parents et les amis de notre patrie. ”

    L’homme est constitué débiteur à des titres différents vis-à-vis d’autres personnes, selon les différents degrés de perfection qu’elles possèdent et les bienfaits différents qu’il en a reçus. À ce double point de vue, Dieu occupe la toute première place, parce qu’il est absolument parfait et qu’il est, par rapport à nous, le premier principe d’être et de gouvernement. Mais ce titre convient aussi, secondairement, à nos père et mère et à notre patrie, desquels et dans laquelle nous avons reçu la vie et l’éducation. C’est pourquoi, après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses père et mère et à sa patrie[1]. En conséquence, de même qu’il appartient à la religion de rendre un culte à Dieu, de même, à un degré inférieur, il appartient à la piété de rendre un culte aux parents et à la patrie. D’ailleurs, le culte des parents s’étend à tous ceux de la même ascendance, comme le montre Aristote. Or, dans le culte de la patrie est compris le culte de tous les concitoyens et de tous les amis de la patrie. C’est pourquoi la piété s’étend à ceux-là par priorité[2].



    [1] Il ne faut pas confondre le patriotisme comme sentiment, et le patriotisme comme vertu. Le sentiment patriotique est légitime, mais il peut en être fait un mauvais usage. Le patriotisme en tant que vertu humaine, c’est la piété, c’est-à-dire la dette que nous avons envers la patrie.
    [2] Le culte de la patrie est un acte de vertu, de piété, subordonnée à la vertu de la religion, elle-même partie de la vertu de justice.
  • Rencontre au Luc : prière pour les soldats

    Rencontre au Luc : prière pour les soldats

    Le contingent d’hommes-adorateurs du Luc-en-Provence répondra au mois de janvier 2014 à l’invitation à la prière relayée par le site du diocèse aux armées.

    Ainsi nos soldats, qu’ils soient en opex, en mer, sur le territoire ou décédés, au service de la nation, bénéficieront d’une grande chaîne de prière. Nous y sommes tous invités, soldats ou pas, car nous sommes tous soldats du Christ !

    affiche priere soldats

    Si vous êtes en opex, et que vous voulez vous confier ou confier des soldats à notre prière, laissez vos intentions en commentaire !

    La rencontre aura lieu le jeudi 16 janvier 2014, au presbytère puis à l’église du Luc-en-Provence,  le programme sera le même que d’habitude :

    - 20h : Repas « fromage-pinard » (apportez ce que vous avez !)
    - 20h30 : Enseignement
    - 21h : Adoration du Saint-Sacrement, possibilité de confession
    - 22h (ou plus si affinité, puisque l’adoration continue jusqu’à 24h) : Fin

    Faites circuler cette information auprès de vos amis et connaissances !

     

  • Peut-il y avoir des guerres justes ?

    Peut-il y avoir des guerres justes ?

    Voici la réponse de Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, II-II q.40 a.1

    Trois conditions sont requises pour qu’une guerre soit juste.

    1. L’autorité du prince, qui a mandat de mener la guerre. Il n’appartient pas à une personne privée de déclencher la guerre, car elle peut faire valoir son droit au tribunal de son supérieur. Et aussi parce qu’il n’appartient pas à une personne privée de convoquer la multitude, ce qui est nécessaire pour que la guerre se fasse. Puisque la charge de la chose publique a été confiée aux princes, c’est à eux qu’il appartient de veiller sur la chose publique de leur cité, de leur royaume ou de leur province. Et de même qu’il leur est licite de la défendre par le glaive contre les perturbateurs intérieurs, quand ils punissent les malfaiteurs, comme le dit l’Apôtre (Épître aux Romains, 13, 4) : « Ce n’est pas sans raison qu’il porte le glaive : il est ministre de Dieu pour châtier dans sa colère celui qui agit mal », de même aussi il leur appartient de défendre la chose publique par le glaive contre les ennemis extérieurs. D’où cette parole adressée aux princes dans le psaume 81, verset 4 : « Soutenez le pauvre, et délivrez le malheureux de la main des pécheurs ». Et saint Augustin écrit (Contre Faust 22, 75) : « L’ordre naturel, appliqué à la paix des mortels, demande que l’autorité et le conseil pour déclencher la guerre relèvent des princes. »
    2. Une cause juste, à savoir que ceux qui sont attaqués méritent de l’être à cause de leur faute. C’est pourquoi saint Augustin écrit (Question sur l’Heptateuque 10) : « On appelle guerres justes celles qui punissent des injustices, par exemple quand on châtie une nation ou une cité qui a négligé de punir un tort commis par les siens ou de restituer ce qui a été enlevé injustement ».
    3. Une intention droite, c’est-à-dire l’intention de promouvoir le bien ou d’éviter le mal. Saint Augustin écrit (Livre sur le verbe du Seigneur) : « Chez les vrais adorateurs de Dieu même les guerres sont paisibles, qui ne sont menées ni par cupidité ni par cruauté, mais dans un souci de paix, pour punir les méchants et secourir les bons ». En effet, il peut arriver que même si l’autorité de celui qui engage la guerre est légitime, et la cause juste, néanmoins la guerre soit rendue illicite en raison d’une mauvaise intention. Car saint Augustin dit encore (Contre Faust 22, 74) : « Le désir de nuire, la cruauté dans la vengeance, l’âme violente et implacable, la sauvagerie dans le combat, la volonté de puissance, et autres choses semblables sont dans les guerres blâmées par le droit. »cristero5

     

  • Choisissons le bon étendard ! (2/2)

    Choisissons le bon étendard ! (2/2)

    Deuxième partie de l’extrait des exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, la méditation des deux étendards, dans lequel Saint Ignace demande de choisir entre celui de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur et l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine.

    Première partie

    Méditation des trois classes d’hommes pour se déterminer à suivre la plus parfaite.

    Le premier prélude est l’histoire qui doit servir de base à la méditation. Nous supposons ici trois classes d’hommes composées chacune de deux personnes. Toutes les trois ont acquis dix mille ducats, sans se proposer purement et uniquement le motif de l’amour de Dieu. Et elles veulent se sauver et trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, en se déchargeant d’un poids qui les arrête, et en surmontant l’obstacle qu’elles rencontrent à leur dessein dans l’affection au bien qu’elles ont acquis.

    Le second prélude est la composition de lieu. Ici, je me considérerai moi-même en présence de Dieu, notre Seigneur, et de tous les Saints, dans la disposition de désirer et de connaître ce qui sera le plus agréable à sa divine volonté.

    Le troisième prélude est la demande de ce que l’on veut obtenir. Ici, je demanderai la grâce de choisir ce qui sera en effet le plus glorieux à la divine Majesté, et le plus avantageux au salut de mon âme.

    1. 350px-Giotto_-_Legend_of_St_Francis_-_-05-_-_Renunciation_of_Wordly_GoodsLe premier homme voudrait se défaire de l’affection qu’il éprouve pour le bien qu’il possède, afin de trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, et de pouvoir opérer son salut; mais il n’emploie de fait aucun moyen avant l’heure de la mort.
    2. Le deuxième homme veut détruire cette affection; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui.
    3. Le troisième homme veut aussi se dégager de cette affection, et il le veut de telle sorte, qu’elle n’est pas plus portée à conserver la somme acquise qu’à ne pas la conserver. Il ne consultera, pour la retenir ou pour s’en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le service et la louange de la divine majesté. En attendant, il veut se conduire comme ayant tout abandonné de coeur, et s’efforce de ne désirer ni ce qu’il possède, ni aucun autre bien sur la terre que dans la seule considération du service de la majesté divine ; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu’il a acquis ou à s’en dépouiller.

    On terminera cet exercice par les trois colloques de la contemplation des deux étendards.

    Il faut remarquer que, quand nous éprouvons de la répugnance ou une affection contraire à la pauvreté actuelle, quand nous ne sommes pas dans une véritable indifférence entre la pauvreté et les richesses, il est très utile, pour détruire cette affection déréglée, de demander dans les colloques, malgré les mouvements de la nature, que le Seigneur daigne nous appeler à ce genre de pauvreté, en lui protestant que nous le voulons, que nous le lui demandons, que nous l’en supplions, pourvu que ce soit pour la gloire et le service de sa divine Bonté.

  • Trois pratiques pour le combat spirituel

    Trois pratiques pour le combat spirituel

    On peut en recenser trois pratiques spirituelles qui sont particulièrement importantes : la pratique de l’Heure Sainte, celle de la messe du premier vendredi du mois et celle de la communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois.

    • L’Heure Sainte a été instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même dans les dernières heures de Sa vie terrestre. Elle se fait dans la nuit du jeudi au premier vendredi de chaque mois. Elle consiste à méditer sur la Sainte Agonie du jardin des Oliviers. On en retire une grande force.

    Ces pratiques ne sont certes pas faciles, surtout pour des personnes en activité professionnelle.

    De plus, il est évident que le démon s’acharne à les entraver. On aimera vaincre ces résistances ; elles appartiennent aux rigueurs du combat spirituel.

    sacrecoeur

  • Choisissons le bon étendard ! (1/2)

    Choisissons le bon étendard ! (1/2)

    Voici un extrait des exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, la méditation des deux étendards, dans lequel Saint Ignace demande de choisir entre celui de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur et l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine.

    Taddeo

     » Le premier prélude consiste à se rappeler le fait historique de la méditation. Ici c’est, d’un côté, Jésus-Christ qui appelle tous les hommes et veut les réunir sous son étendard ; de l’autre, c’est Lucifer qui les appelle sous le sien

    Le second prélude est la composition de lieu. Ici, on se représentera une vaste plaine près de Jérusalem, au milieu de laquelle se trouve Notre-Seigneur Jésus-Christ, chef souverain de tous les hommes vertueux, et une autre plaine près de Babylone, où est Lucifer, le chef des ennemis.

    Le troisième prélude consiste à demander ce que je veux obtenir. Dans cet exercice ce sera,

    1. premièrement, la connaissance des ruses du chef des méchants et le secours dont j’ai besoin pour m’en défendre ;
    2. secondement, la connaissance de la véritable vie, qui nous est montrée par le chef souverain et légitime, et la grâce nécessaire pour l’imiter.

    Dans le premier point, je me représenterai le chef du parti ennemi dans cette vaste campagne de Babylone, assis dans une chaire élevée, toute de feu et de fumée, sous des traits horribles et d’un aspect épouvantable.

    Dans le second point, je considérerai comment il appelle autour de lui des démons innombrables ; comme il les répand, les uns dans une ville, les autres dans une autre, et ainsi dans tout l’univers, n’oubliant aucune province, aucune condition, aucun lieu, aucune personne en particulier.

    Dans le troisième point, j’écouterai le discours qu’il leur adresse, comme il leur ordonne avec menaces de jeter des filets et des chaînes. Ils doivent tenter les hommes, en leur inspirant d’abord le désir des richesses, comme il fait le plus souvent lui-même, afin de les conduire plus facilement à l‘amour du vain honneur du monde, et de là à un orgueil sans bornes. De sorte que le premier degré de la tentation, ce sont les richesses; le second, les honneurs; le troisième, l’orgueil; et de ces trois degrés il porte les hommes à tous les autres vices.

    drapeauA l’opposé, on se représentera également le chef souverain et véritable, qui est Jésus-Christ, notre Seigneur.

    Dans le premier point, je considérerai comment Jésus-Christ, se tient en un lieu humble, dans une vaste plaine des environs de Jérusalem, beau et plein de grâce.

    Dans le second point, je considérerai comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, les Apôtres, les disciples et tant d’autres, et comment il les envoie dans tout l’univers répandre sa doctrine sacrée parmi les hommes de tous les âges et de toutes les conditions.

    Dans le troisième, j’écouterai le discours que Jésus-Christ, notre Seigneur, adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition. Il leur recommande d’aider tous les hommes, en les attirant premièrement à une entière pauvreté spirituelle, et non moins à la pauvreté réelle, si la divine Majesté l’a pour agréable et veut les appeler à cet état; secondement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses naît l’humilité. De sorte qu’il y a, comme au troisième point précédent, trois degrés; le premier, la pauvreté opposée aux richesses; le second, les opprobres et les mépris opposés à l’honneur du monde: le troisième, l’humilité opposée à l’orgueil; et de ces trois degrés ils porteront les hommes à toutes les autres vertus.

    Dans un premier colloque, je demanderai à Notre-Dame qu’elle m’obtienne de son Fils et Seigneur la grâce d’être reçu sous son étendard :

    1. premièrement, par la parfaite pauvreté spirituelle, et même, si la divine Majesté l’a pour agréable, et veut me choisir et m’admettre à cet état, par la pauvreté réelle;
    2. secondement, en souffrant les opprobres et les injures, afin de l’imiter en cela plus parfaitement, pourvu que je puisse les souffrir sans péché de la part du prochain, et sans déplaisir de sa divine Majesté.

    Je terminerai ce colloque par le Je vous salue Marie.

    Dans le second colloque, je m’adresserai à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour qu’il m’obtienne de Dieu le Père la même grâce, et je réciterai la prière Âme du Christ.

    Dans le troisième colloque, je demanderai la même grâce à Dieu le Père, le suppliant de me l’accorder lui-même, et je réciterai le Notre Père.

    Cet exercice se fera une première fois au milieu de la nuit, et une seconde fois le matin. On en fera deux répétitions: l’une à l’heure de la messe, et l’autre à l’heure de vêpres, toujours en finissant par les trois colloques à Notre-Dame, au Fils et au Père. L’exercice suivant, appelé des trois classes d’hommes, se fera avant le souper.

    Suite