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  • Trentaine à Saint Joseph

    Trentaine à Saint Joseph

    Chers hommes-adorateurs, nous vous présentons une trentaine à St Joseph, qui est très chère au cœur de nombreux hommes-adorateurs du Luc-en-Provence. Elle est très belle, car elle permet de rentrer dans les sentiments de St Joseph, de mieux le connaitre, et donc de mieux lui demander l’aide nécessaire, à lui qui a su répondre si attentivement aux besoins de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus… à dire 30 jours consécutifs, nous vous conseillons avec votre épouse, c’est un magnifique rendez-vous conjugal ! (ci-dessous, en PDF)

    Ô très bon Patriarche Saint Joseph, nous vous contemplons sur votre trône du Ciel du fond de notre petitesse et de notre misère, l’âme remplie de joie et pleins d’émotion. Dans le ciel, vous êtes la gloire et la joie des bienheureux, et sur terre, le père des orphelins que nous sommes; vous êtes le consolateur, le refuge de ceux qui sont dans la détresse, l’auxiliaire des Anges et des Saints auprès du trône de Dieu, de Jésus et de votre très Sainte Épouse.

    C’est pourquoi, aujourd’hui, nous qui sommes pauvres, démunis, tristes et désemparés, nous nous adressons à vous avec nos soucis, nos larmes, nos demandes et les clameurs de nos âmes, nos repentirs et nos espérances. Nous vous présentons une souffrance que vous pouvez consoler, un mal auquel vous pouvez remédier, un malheur que vos pouvez empêcher, un besoin que vous pouvez satisfaire pour nous et pour ceux que nous aimons.

    Et pour vous amener à écouter notre demande nous vous la renouvellerons  pendant trente jours consécutifs : trente jours pour rappeler les trente années que vous avez vécues sur terre avec Jésus et Marie.

    Nous allons prier avec confiance en invoquant tous vos titres qui font que vous avez de la compassion pour nous; nous vous présenterons tous les motifs que nous avons de croire que vous ne laisserez pas passer notre demande sans y remédier. Notre foi en votre bonté et en votre pouvoir est si grande que nous sommes sûr que vous nous accorderez encore plus que ce que nous demandons :

    • Par la bonté de Dieu qui a consenti à l’Incarnation et la naissance dans la pauvre nature humaine de son Fils Jésus, Dieu fait homme et Dieu de l’homme
    • Par votre immense inquiétude lorsque vous vous êtes senti obligé d’abandonner Marie, qui vous était promise lorsque vous avez appris qu’elle était enceinte
    • Par votre résignation douloureuse lorsqu’il vous a fallu chercher une étable et une crèche comme palais et berceau de Dieu qui allait naître parmi les hommes
    • Par la douloureuse et humiliante circoncision de l’enfant Jésus et pour le Saint, Glorieux et très doux nom que vous lui avez donné selon la volonté du Père Eternel
    • Par votre angoisse lorsque vous avez appris par l’ange que le roi Hérode avait décidé de faire mourir tous les enfants, pour y inclure Jésus et pour votre extrême obéissance lorsque vous avez fui en Egypte malgré les difficultés et les dangers du chemin.
    • Par l’extrême pauvreté de l’exil et par votre inquiétude lorsque vous êtes revenu d’Egypte et que vous vous êtes installés à Nazareth
    • Par votre très grande souffrance pendant les trois jours où vous avez perdu Jésus, votre immense soulagement quand vous l’avez retrouvé dans le Temple et votre joie ineffable pendant les trente années vécues à Nazareth avec Jésus et Marie sous votre protection
    • Par le sacrifice héroïque par lequel vous avez offert à Dieu le sacrifice de votre Jésus mort sur la croix pour nos péchés et notre rédemption
    • Par les douloureuses pensées que vous aviez chaque jour à l’idée que ces petites mains d’enfant allaient être un jour transpercées par des clous acérés, que cette tête qui s’inclinait très doucement sur votre poitrine allait être couronnée d’épines, que ce corps divin que vous  serriez contre votre cœur allait être nu, ensanglanté et cloué sur la croix et à ce moment ultime où vous le voyiez rendre son dernier souffle
    • Par votre très serein passage de cette vie dans l’autre entre les bras de Jésus et de Marie et votre entrée dans les limbes des Justes et finalement au Ciel
    • Par votre joie et votre gloire quand vous avez contemplé la Résurrection de votre Jésus, quand il est monté au Ciel et qu’il a pris place sur le trône du Roi qui règne pour les siècles des siècles
    • Par votre bonheur ineffable quand vous avez vu sortir du tombeau votre très Sainte Épouse ressuscitée et portée au Ciel par les Anges, couronnée par l’Eternel et installée près de vous
    • Par vos travaux, vos peines et sacrifices sur la terre, par votre félicité, votre triomphe et gloire au Ciel en compagnie de votre Fils Jésus et de votre épouse Sainte Marie,

    nous vous prions et nous attendons avec confiance :

    Ô très bon Patriarche Saint Joseph, inspirés par les enseignements de la Sainte Église, de ses docteurs et théologiens et par le sentiment universel du peuple chrétien, nous sentons en nous une force mystérieuse qui nous pousse à vous demander, supplier et attendre que vous obteniez de Dieu la grâce immense et extraordinaire que nous allons déposer devant votre image et votre trône de bonté et votre pouvoir dans le ciel :

    (Ici on présente à Saint Joseph l’intention)

    Obtenez-nous aussi pour notre famille et ceux qui nous ont demandé de prier pour eux tout ce qu’ils désirent et ce qui est bien pour eux.

    Saint Joseph, priez pour nous : afin que nous soyons dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ.

    Prions

    Notre Dieu, Vous qui avez dans votre ineffable Providence choisi le Bienheureux Saint Joseph comme époux de votre très Sainte Mère, accordez-nous que, puisque nous le vénérons comme protecteur sur cette terre, nous méritions de l’avoir comme intercesseur dans le Ciel.

    Ô Dieu qui vivez et régnez pour les siècles des siècles.

    Amen

    La trentaine à Saint Joseph en PDF

  • Les Hommes-Adorateurs de Colmar soutiennent et invitent au pèlerinage des Pères de Dusenbach les 17 et 18 mars !

    Les Hommes-Adorateurs de Colmar soutiennent et invitent au pèlerinage des Pères de Dusenbach les 17 et 18 mars !

    … Avec Saint Joseph, un cœur d’homme

    Départ samedi 17 mars 2018, 10h : Chapelle Notre Dame du Bon Secours à Wintzenheim (121 rue Clémenceau, Wintzenheim)

    Arrivée samedi soir : Sanctuaire Notre Dame du Dusenbach (Ribeauvillé) repas et nuit sur place

    Accompagnement spirituel : Frère Eric Bidot, Capucin (voir vidéo sur facebook)

    Au programme : Marche, topos, prières, confessions, adoration, messe…

    Les familles seront accueillies lors de la messe du dimanche 18 mars, à 10h45, suivie du pique-nique !

    Avec le soutien également des AFC CENTRE-ALSACE.

     

  • Virilité combattante et chasteté – 4eme partie : La chasteté comme vertu guerrière

    Virilité combattante et chasteté – 4eme partie : La chasteté comme vertu guerrière

    Merci à notre ami Fabrice Hadjadj, qui nous permet d’utiliser ce très bel éloge de la virilité et de la chasteté en 4 parties : en voici la 4ème et dernière partie !

    13. Entendue ainsi, la chasteté n’a rien de l’efféminement. Elle est bien plutôt virile, et d’une virilité combattante. Dans son premier stade, et avant de s’enraciner dans la sensibilité, elle se situe dans un effort dans la volonté. Elle est alors fragile et ne tient que dans la lutte – de là ses nombreuses défaites. Cet état n’est pas encore la chasteté au sens strict. Thomas d’Aquin parle de « continence », mot qui n’est pas synonyme d’abstention, comme on le croit aujourd’hui, mais désigne « ce grâce à quoi quelqu’un résiste aux convoitises mauvaises qui sont en lui véhémentes » [1].

    Quelles sont ces mauvaises convoitises ? Le rejet orgueilleux d’une différence sexuelle qui nous dessaisit de nous-même, le mépris démoniaque d’une chair dont on veut nier la passibilité (la sensibilité à l’autre) pour en faire un instrument d’onanisme, les profits d’un monde technolibéral, enfin, où tout doit être unisexe pour que les individus soient mis en concurrence et que leur volupté comme leur fécondité deviennent des marchandises. Rien de mieux, cependant, pour résister à ces méchante convoitises, que de céder au bon désir. Et c’est ce à quoi s’emploie la continence : non pas réprimer la polarité sexuelle, mais renverser les obstacles qui l’entravent ou la dévient, afin de parvenir à cette chasteté qui la libère comme un fleuve.

    L’homme chaste n’a pas seulement vaincu les « convoitises mauvaises ». Il est aussi celui qui protège femme et enfant, non seulement contre les agressions extérieures, mais aussi contre sa propre arrogance, contre sa tentation de les réduire à ses calculs, à ses caprices ou à son contentement : il ménage l’espace où leur altérité peut fleurir et porter du fruit.

    14. Cette virilité n’est pas que masculine. On connaît le mot de Thérèse d’Avila à ses filles : « Si vous accomplissez ce qui dépend de vous, le Seigneur vous rendra tellement viriles que vous étonnerez les hommes eux-mêmes[2]. » De quoi s’agit-il ? De ne pas se livrer à ces mièvreries et ces tendresses qui flattent de telle sorte que l’on reste sur un plan d’immanence et de confusion émotive, et qu’on néglige dès lors de crever le cocon pour voler vers l’Époux…

    Cette virilité qui étonne les hommes et les encourage à devenir virils fut spécialement manifestée à travers la virginité de cette jeune fille de dix-huit ans, Jeanne d’Arc, qui porta l’étendard à une époque où la chevalerie s’inclinait déjà devant le compromis et l’argent. Il est évident que les soldats, à commencer par La Hire, devant la Pucelle, éprouvait toute la force de la polarité sexuelle. Mais sa chasteté leur interdisait de noyer leur désir dans les lascivetés. Elle les entraînait à entrevoir la transcendance au-delà de la jouissance.

     

    Fabrice Hadjadj

     

     

    [1] II-II, 155, 1.

    [2] Thérèse d’Avila, Le chemin de la perfection,  chap. IX, trad. G. de Saint-Joseph, Seuil, 1961, p. 82.

  • Virilité combattante et chasteté – 3ieme partie :  Eclosion de l’éros en agapè

    Virilité combattante et chasteté – 3ieme partie : Eclosion de l’éros en agapè

    Merci à notre ami Fabrice Hadjadj, qui nous permet d’utiliser ce très bel éloge de la virilité et de la chasteté en 4 parties : en voici la troisième partie !

    1. Vient notre seconde question : comment penser la chasteté comme vertu qui mène le sexe à sa perfection, si elle est de l’ordre d’une maîtrise rationnelle ? Rationaliser le sexe, n’est-ce pas le détruire ? Et pourtant, nous venons de le voir, le chaste est tout le contraire du châtré.

    La sexualité est le lieu où s’expérimente une perte de contrôle : coup de foudre devant la femme ; coup de vieux devant l’enfant. L’époux aussi bien que le père sont des personnes dépassées par l’autre genre et par l’autre génération. L’organe même du sexe est le symbole de ce dépassement (et non d’une domination phallocratique). Montaigne évoque dans ses Essais « l’indocile liberté de ce membre, s’ingérant si importunément lorsque nous n’en avons que faire, défaillant si importunément lorsque nous en avons le plus affaire, et contestant de l’autorité si impérieusement avec notre volonté »… Cette indocile liberté n’est pas qu’une peine qu’il faudrait surmonter. Elle possède aussi sa positivité qui, pour être humiliante, n’en est pas moins heureuse : elle manifeste que nous sommes pour l’autre, et tellement pour l’autre que l’autre nous hante, que nous en portons la marque jusqu’au milieu de notre corps, par notre nombril et notre sexe, qui nous rattache, l’un, à la mère, l’autre, à la femme.

    1. L’éros implique toujours une certaine passivité, un certain ravissement radical devant l’autre (c’est pourquoi Platon se refuser à le voir comme un dieu, et le considérait comme un intermédiaire entre les dieux et les hommes). Sa passion est en excès par rapport à la raison. Om tombe amoureux comme on tombe de sa chaire.

    Est-ce à dire que l’amour est toujours déraisonnable et nous fait chuter vers la bestialité ? Dans le Phèdre, Platon montre qu’il y a deux manières d’excéder la raison, par le bas, et par le haut, par le bestial et par le divin. Or, selon lui, le véritable éros a bien quelque chose de fou, mais sa folie est divine.

    Sous ce rapport, la chasteté permet à l’éros d’être lui-même : devant la beauté qui nous bouleverse, elle nous donne d’obéir à la folie divine et de ne pas sombrer dans une folie bestiale. Elle n’était pas le feu, mais, pour reprendre une expression de saint Jean Climaque, elle chasse le feu par le feu, le feu inférieur, qui consume sans brûler, par le feu supérieur, qui brûle sans se consumer.

    1. Lévinas a profondément médité cette transcendance donnée à même l’immanence de la sexualité, cette action supérieure de l’autre qui s’opère au sein de la passivité du désir. Selon lui, la dualité des sexes n’est essentiellement ni rivalité ni complémentarité, même si elle peut prendre secondairement ces aspects : la relation de l’homme et de la femme est une relation entre deux individus – d’où la rivalité possible – et une relation entre deux moitiés qui s’ajustent fonctionnellement pour transmettre la vie – d’où la complémentarité réelle. Mais ni la vision individualiste, ni la compréhension fonctionnaliste ne rendent raison la sexualité dans son essence.

    Dans son essence, la sexualité ne nous fait pas chercher « l’âme sœur », car ce serait encore inceste – ce qui veut littéralement dire « non-chaste ». Elle nous tourne vers l’autre irréductible : « Le pathétique de l’amour consiste dans une dualité insurmontable des êtres ; c’est une relation avec ce qui se dérobe à jamais. La relation ne neutralise pas ipso facto l’altérité, mais elle la conserve. L’autre en tant qu’autre n’est pas ici un objet qui devient nôtre ou qui devient nous, il se retire au contraire dans son mystère[1]. » L’union sexuelle n’abolit pas la différence sexuelle : elle l’intensifie, car la femme n’est jamais plus féminine que lorsqu’elle est amante, épouse et mère ; et elle la multiplie, car, à la différence sexuelle, elle ajoute la différence générationnelle, et cette seconde différence, loin de ramener l’autre à nous, nous tourne avec lui vers cet autre que nous deux qu’est notre enfant.

    1. Il n’y en a pas moins une ambiguïté de l’éros, ambiguïté liée au désir paradoxal, sinon contradictoire, de jouir de l’autre : jouir, selon Lévinas, c’est tout ramener à l’immanence de son plaisir, à cet océan dissolvant où il n’y a plus ni l’autre ni soi ; mais, dans la jouissance sexuelle, à la différence de la jouissance gastronomique, le désir veut malgré tout l’autre en tant qu’autre, au point qu’il nous échappe toujours, et que, dans son abandon même, il se dérobe à notre possession. Lévinas souligne ainsi « l’ambiguïté d’un événement qui se situe à la limite de l’immanence et de la transcendance. […] L’amour reste un rapport avec autrui, virant en besoin ; et ce besoin présuppose encore l’extériorité totale, transcendante de l’autre, de l’aimée. […] Jouissance du transcendant presque contradictoire dans ses termes, […] la possibilité de jouir d’Autrui, […] cette simultanéité du besoin et du désir, de la concupiscence et de la transcendance, tangence de l’avouable et de l’inavouable, constitue l’originalité de l’érotique qui, dans ce sens, est l’équivoque par excellence »[2].

    Ici peut s’entendre ce qu’est la chasteté. Elle consiste à reconnaître cette équivoque, et à faire en sorte que, dans l’éros, la concupiscence ne l’emporte pas sur la transcendance, mais soit plutôt emportée par elle. Sa maîtrise est en cela paradoxale. Elle n’est pas de l’ordre du contrôle, mais d’une sorte de maïeutique, d’une manière d’accompagner l’élan vers l’autre qui s’ouvre dans le sexe.

    Cette transcendance que la chasteté préserve, précisons-le, n’est pas d’abord celle de Dieu (cela relève plutôt de la foi). C’est la transcendance du féminin dans la femme, et de l’avenir dans l’enfant, c’est-à-dire d’un espace et d’un temps qui dépassent nos plans et nos plannings, qui sont à la fois les plus proches et les plus mystérieux, à la fois les nôtres (puisque je peux parler « des miens ») et jamais nôtres (puisque les miens ne sont pas ma propriété).

    1. Prolongeant cette perspective, on peut dire que la chasteté articule l’éros à l’agapè. Benoît XVI explique admirable, dans sa première encyclique, comment la charité réalise une postulation profonde du désir érotique : « Même si, initialement, l’éros est surtout sensuel, ascendant – fascination pour la grande promesse de bonheur –, lorsqu’il s’approche ensuite de l’autre, il se posera toujours moins de questions sur lui-même, il cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera “être pour” l’autre. C’est ainsi que le moment de l’agapè s’insère en lui ; sinon l’éros déchoit et perd aussi sa nature même[3]. »

    La chasteté empêche ainsi l’éros de se perdre et de sombrer dans la déchéance. Elle laisse la sexualité être ce qu’elle est ultimement : non pas le fait de former un tout clos sur lui-même, comme se le figure le romantisme, ni de réduire l’autre à un simple objet de concupiscence, comme se l’imagine la pornographie, mais un mouvement vers l’autre sans retour, le fait de s’ouvrir à l’infini, c’est-à-dire à la femme, à l’enfant, et, à travers eux, à Dieu qui les garantit dans leur altérité et leur avenir, et qui les recueille dans son incompréhensibilité.

    [1] Emmanuel Lévinas, Le Temps et l’Autre [1948], Fata Morgana, 1979, p. 78.

    [2] ID., Totalité et infini [1961], Le Livre de Poche, coll. « Biblio-essais », p. 285-286.

    [3] Benoît XVI, Deus caritas est, n. 7.

    A suivre… dernière partie, vendredi 26 janvier : Virilité combattante et chasteté –  4eme partie : La chasteté comme vertu guerrière

  • Virilité combattante et chasteté – 2eme partie : une confirmation du sexe

    Virilité combattante et chasteté – 2eme partie : une confirmation du sexe

    Merci à notre ami Fabrice Hadjadj, qui nous permet d’utiliser ce très bel éloge de la virilité et de la chasteté en 4 parties : en voici la seconde partie !

    1. La chasteté est une vertu, mais la rapporter à ce nom générique est ajouter à un mot désuet à un autre mot désuet, voire risible. Paul Valéry observait en 1934, lors d’une séance de l’Académie Française : « Ce mot est mort, ou, du moins, il se meurt. Vertu ne se dit plus qu’à peine. Aux esprits d’aujourd’hui, il ne vient plus s’offrir de soi, comme une expression spontanée de la pensée d’une réalité actuelle. » Quel mot l’a remplacé ? Celui de Valeur (d’une valeur qui n’est pas la vertu de courage – celle du chevalier valeureux – mais le produit d’une évaluation en vue d’un échange). Telle est la notion qui envahit désormais la morale et tend à nous la représenter comme un ensemble de règles générales qui s’imposent à l’individu depuis l’extérieur. De ce point de vue, celui de la valeur, la chasteté apparaît comme une norme religieuse ou sociale qui réprime la sexualité pour l’ordonner vers autre chose, un bien supérieur, comme on passerait la bride à un cheval sauvage pour le conduire chez le boucher qui vous en tirera une viande savoureuse.

    La vertu n’a pas ce sens, ni chez Aristote ni chez Thomas d’Aquin. Souvent, pour la définir, on reprend les termes de Cicéron : « La vertu est une disposition habituelle de l’âme qui la met en accord, comme naturellement, avec la raison. » Ces éléments, pour être exacts, ne permettent pas assez de distinguer la vertu de la valeur et laissent en suspens quelques questions décisives : Est-ce que cet accord avec la raison s’oppose à un accord avec le corps ? Comment s’acquiert-il ? Et quelle est la finalité de cette conformité rationnelle ?

    À la différence de la valeur, la vertu n’est pas de l’ordre de l’énoncé abstrait. Elle s’incarne, ou mieux, elle assume le dynamisme propre de la chair : « Tout ce qui est contraire à l’ordre naturel est vicieux[1] », écrit Thomas, et le premier péché qu’il oppose à la tempérance n’est pas la débauche – c’est l’insensibilité. Aussi la chasteté assume-t-elle la nature humaine de pied en cap, en chair, en os et en esprit, et, comme il est dans cette nature d’être soit d’un homme soit d’une femme, elle vient d’abord confirmer chacun dans son sexe, c’est-à-dire, par là même, son ordination à l’autre sexe. Si la vertu est bien « perfection de la puissance d’agir », la chasteté est la perfection même de la sexuation et de la sexualité. Si bien que l’on doit en conclure qu’une femme chaste est d’autant plus féminine, et qu’un homme chaste est d’autant plus masculin. Là où la chasteté comme valeur tend à une abstraite et angélique neutralisation, la chasteté comme vertu renforce le concret de la différence sexuelle.

     

    1. À définir la chasteté comme vertu, nous échappons au « gender » en évitant la dévaluation du sexe liée au spiritualisme, mais nous semblons y retourner en disant qu’une femme peut, selon qu’elle est plus ou moins chaste, être plus ou moins féminine. N’est-ce pas une variante du fameux « on ne naît pas femme, on le devient » ? D’où vient cet écart entre le donné biologique de notre sexe et son déploiement existentiel qu’il faille pour nous, seuls entre les animaux, une vertu pour le franchir ?

    Il vient d’abord de notre nature. Si les anges sont créés directement dans leur perfection naturelle, les vivants corporels, plante, bête ou homme, connaissent une croissance qui les fait aller de l’imparfait au parfait, de la jeunesse à la maturité (cette dernière se définissant par l’aptitude à engendrer un autre de son espèce). Bien que l’on soit conçu pâquerette, caniche ou Fabrice, on continue encore à le devenir. Mais, là où le caniche le devient spontanément, Fabrice doit le devenir délibérément : il est, mais il a à être, consentant à sa condition, à sa naissance, à son corps, à sa langue.

    Les bêtes s’accouplent par instinct, tandis que l’homme et la femme s’unissent par mariage, ou du moins dans un consentement à leur désir, à travers les rituels sociaux en vigueur (chez nous le rut laisse la place aux rites, toujours, même si ces rites sont ceux, dégradés, de la push-button society, induisant une relation pulsionnelle et virtuelle – les « nœuds » du mariage n’étant plus que la « connexion » d’un moment cool). La formule est donc moins celle de Beauvoir que celle de Pindare : « Deviens ce tu es. » En ce sens, la vertu en général correspond à une disposition acquise à entrer dans ce devenir, une assomption volontaire habituelle du dynamisme naturel de notre être – la vertu de chasteté en particulier réalisant l’assomption de notre dynamisme sexuel.

    Mais il y a encore une autre cause, plus mystérieuse, plus accidentelle, et même contre-nature, à cet écart entre le donné initial et son accueil fécond, c’est ce que le dogme catholique désigne sous le nom de péché originel. Une brisure s’est installée au fond de nous-mêmes, sans qu’il y ait de notre faute personnelle, et cette brisure affecte spécialement la sexualité (dans la Genèse, la femme succombe à la séduction du serpent parce qu’elle prétend lui répondre seul, sans en appeler à Adam, sans accepter par conséquent qu’elle est une femme, et donc seulement une moitié de l’humanité). La simple vertu naturelle et personnelle ne suffit pas pour surmonter une telle brisure. Il y faut la grâce, le don d’un autre plus grand que nous, de sorte que la chasteté suppose la charité, et qu’elle permet à Éros de s’ouvrir à Agapè comme à ce qui le sauve.

     

    1. Mais il n’est pas nécessaire de recourir au dogme du péché originel pour constater partout l’humanité en proie à la désexualisation. On a prétendu que notre société était obnubilée par le corps, obsédée par le sexe, magnifiant la chair et la matière au détriment de l’esprit. Le développement du numérique et des écrans suffit à prouver la fausseté de ce diagnostic.

    L’acte sexuel est sans cesse désexualisé – réduit par le marché à un acte de consommation, désincarné par la pornographie, technicisé par les biotechnologies. Cela pouvait paraître autrefois facile, il est désormais héroïque de vivre une vie selon son sexe. Le pire de tout, bien sûr, c’est ce qui s’appelle à travers une redondance obscène l’« hétérosexualité », laquelle se croit vertueuse, et sombre bien plus bas que l’homosexualité qu’elle dénonce. Car elle consiste à dire que, comme homme, on jouit avec des femmes ; mais en quoi, à rendre féminine la forme du sextoy, entre-t-on dans la réalité du sexe, dans son altérité, son avenir et sa fécondité ?

    La chasteté, en assumant la sexualité, et donc la chair dans ce qu’elle a de plus désirable, s’oppose radicalement à la virtualisation et la technicisation des rapports humains.

     

    1. Perfection du dynamisme de la nature, la vertu n’est pas pour elle-même : elle est pour la fin dernière. Thomas le déclare en une phrase qui a l’insigne mérite de pouvoir scandaliser tous les rabat-joie du moralisme coincé : « La tempérance a pour fin et pour règle la béatitude », laquelle « excède infiniment toute créature[2]. » Le puritain peut se retourner dans la tombe qu’il s’est bâtie de son vivant, la vérité est là : la tempérance ne nous modère que pour nous faire entrer dans l’excès divin.

    Dès lors, la chasteté, en tant que tempérance du sexe, ne fait pas que viser, mais prend pour « règle » le plaisir de Dieu. Avant d’essayer d’entendre ce mystère, cependant, le philosophe doit commencer par reconnaître ici le lieu fondamental où le surnaturel sauve l’ordre naturel, c’est-à-dire où la grâce guérit la sexualité et lui donne de se déployer à fond. Quelle est la fin propre de la sexualité ? Une communion féconde dans la chair. Or, nous l’avons déjà suggéré, cet acte de chair qui par essence est ouverture à la vie, tend à être réduit à son contraire, à virer au divertissement, à la fuite devant l’angoisse de la mort. Pourquoi cela ? C’est qu’il y va du pourquoi le plus fondamental. Philippe Muray l’exprime très bien : « Pourquoi ? Pourquoi nous nous reproduisons ? Pourquoi nous avons à nous reproduire ? Pourquoi cette volonté toute nue désormais que la possibilité de ne pas se reproduire est offerte elle aussi, techniquement, au genre humain ? C’est la question des questions en suspens à travers le temps. L’essence même du pourquoi[3]. »

    Non pas pourquoi vivre, comme le croyait Camus, mais : pourquoi donner la vie ? Les utopies politiques pouvaient jadis fournir un substitut de réponse : c’est pour la Nation, pour le Parti, pour le Progrès. Mais une fois ces espoirs mondains effondrés, que reste-t-il ? La question « toute nue » – comme un cri.

    Les bêtes ont le bonheur d’engendre par instinct. Elles ne se posent pas la question. Elle ne se demande pas s’il faut ou non perpétuer l’espèce. Cela se fait comme ça, sans recours à la métaphysique ni à la religion. Mais nous autres, pour procréer, du fait de la conscience que nous avons de la mort, et même, de nos jours, d’une extinction totale, nous cherchons une raison de le faire – une raison qui se dérobe de plus en plus au rationalisme. Au fond, dès lors qu’elle se veut lucide, la sexualité la plus naturelle exige, pour s’accomplir, une espérance surnaturelle.

    C’est précisément à cette exigence que satisfait la chasteté. Ordonnée à la vie éternelle, ajustant notre sensibilité à la foi que nos enfants ne sont pas seulement fait pour l’exploitation et la vermine, elle nous donne de continuer d’engendrer, même à l’heure du catastrophisme, même au milieu du désastre.

     A SUIVRE : « Virilité combattante et chasteté – 3eme partie :  Éclosion de l’éros en agapè »

     

    [1] Somme de Théologie, II-II, 142, 1.

    [2] II-II, 141, 6 et I-II, 5, 5.

    [3] Philippe Muray, Désaccord parfait, Gallimard, Tel, p. 238

  • Virilité combattante et chasteté – 1ere partie : La chasteté est attirante…

    Virilité combattante et chasteté – 1ere partie : La chasteté est attirante…

    Merci à notre ami Fabrice Hadjadj, qui nous permet d’utiliser ce très bel éloge de la virilité et de la chasteté en 4 parties : en voici la première partie !

    1. La chasteté est attirante… comme une très belle femme. Le paradoxe peut surprendre, paraître provocant, voire facétieux : il vient de saint Augustin. Dans ses Confessions, celui-ci ose ce qu’il faut bien appeler une description érotique de la chasteté. La traduction de Robert Arnaud d’Andilly, qui fut pourtant de Port-Royal, met ce paradoxe plus en évidence que d’autres, et c’est pourquoi la cite ici : « La chasteté se présentait à moi avec un visage plein de majesté et de douceur, et joignant à un modeste souris des caresses sans affèterie, afin de me donner la hardiesse de m’approcher d’elle, elle étendait pour me recevoir et pour m’embrasser des bras charitables, entre lesquels je voyais tant de personnes qui me pouvaient servir d’exemple. […] Et cette excellente vertu n’est pas stérile, mais féconde dans ces bonnes âmes, puisqu’elle est mère de tant de célestes délices qu’elle conçoit de voix, mon Dieu, qui êtes son véritable et son saint époux[1]. »

    Pour exprimer l’appel de la chasteté, Augustin lui confère tous les traits de la vénusté, ou plutôt lui reconnaît un sex-appeal intégral, car rien n’y manque : la beauté du visage, les caresses qui enhardissent, l’étreinte généreuse (« tant de personnes ! ») et la fécondité qui change cette fiancée en mère des fils et filles de la joie (mater filiorum gaudiorum, dit le latin), parce qu’elle est l’épouse de Dieu même

    Comment expliquer ce paradoxe ? Pourquoi l’hymne à la chasteté s’élève-t-il sur la base de métaphores sexuelles ? Ne s’agit-il d’ailleurs que de métaphores ? Les petits malins auront tôt fait de nous ressortir leur secret de Polichinelle : nous serions là face à un cas notoire de « retour du refoulé »,  où la libido méprisée se vengerait en produisant une névrose mystique. Mais, quand on va aussi vite à une explication aussi plate, on est manifestement soi-même en train de procéder à un honteux refoulement…

    1. Le philosophe qui essaie de penser la chasteté est bientôt stupéfait, sinon émerveillé, par les problèmes qu’elle lui cause (comme une femme, là aussi). Je me bornerai à en relever trois :

    1° La chasteté apparaît facilement, au mieux, non pas comme une répression, sans doute, du moins comme une domination de l’appétit sexuel et donc un détachement par rapport à lui. Comment, dès lors, l’exaltation de cette vertu ne nous rendrait-elle pas complice des fameuses « théories du gender» ? Dominer sur le sexe, n’est-ce pas supposer que la polarité sexuelle n’est pas si essentielle, et favoriser une vision asexuée ou unisexe de l’élévation morale ?

    2° Il faut aller plus loin et remarquer que contrôler la sexualité revient nécessairement à la détruire. Dans ce qu’elle a de plus profond, la sexualité relève d’une ouverture à la vie qui précède la volonté, et par conséquent d’un désir qui nous dépasse et nous tourne au-delà de nous-même vers l’autre, dans l’événement d’une rencontre. À supposer que la chasteté ne soit pas l’écrasement, mais l’accomplissement de la sexualité, comment pourrait-elle se rapporter à simple contrôle rationnel (que ce soit de l’étreinte ou des naissances) ? Et qu’est-ce que sa structure étrange (maîtrise sans contrôle et libérant le mouvement même de la vie) nous révèle sur toute vertu ?

    3° Enfin, la chasteté apparaît souvent comme une perte de virilité, celle-ci étant généralement représentée sous les dehors d’une inextinguible rigidité phallique. Et pourtant, rien ne semble plus efféminé que de se laisser aller à tout vent de sensualité. On se rêve en taureau, mais, à vrai dire, incapable de livrer le moindre combat intérieur contre ses impulsions, on ressemble plutôt au caniche qui monte jusque les pieds de table et les jambes des invités. Le chaste apparaît donc aussi comme le fort. Cette déduction tourne toutefois vite à l’énigme, et à une énigme bien réelle : est-il possible que l’un des plus grands exemples de virilité offert par l’histoire nous vienne d’une jeune fille si chaste qu’on la surnomme la Pucelle ?

    1. Avant d’explorer ces trois problèmes, je voudrais encore faire une remarque préliminaire. Il est très difficile de parler du sexe : son mystère est toujours recouvert par une série de discours convenus – pas seulement celui de la pudibonderie, qui du moins ne fait pas tabou de son tabou, mais aussi ceux de la gauloiserie, de la physiologie, du romantisme, de la psychanalyse de bas étage, du mysticisme plus ou moins tantrique, de la technique enfin (Kâma-Sûtra, recette de l’orgasme, contrôle des naissances, etc.) Par voie de conséquence, si la chasteté est la vertu qui porte à la sexualité, en parler doit être au moins aussi difficile, pour ne pas dire davantage.

    Vaut-il mieux de se taire ? Non, sans doute. Mais il faut convenir qu’un discours sûr de lui-même, souverain, coulant, prolixe, sur la chasteté, ne serait pas chaste lui-même. Or, confessons-le, à l’orée de nos réflexions : bien souvent, pour exhorter à la chasteté du corps, nous avons manqué à la chasteté de l’esprit.

    A SUIVRE : « Virilité combattante et chasteté – 2eme partie : Une confirmation du sexe« 

     

    [1] Confessions, l. VIII, ch. xi.

  • 2/3 septembre : c’était le premier WE père-fils des hommes-adorateurs !

    2/3 septembre : c’était le premier WE père-fils des hommes-adorateurs !

    Merci aux hommes adorateurs de Colmar pour cette belle initiative !

    Il est important de prendre le temps de mieux connaître son fils, de tenir toute sa place de père…

    Ainsi, les 2/3 septembre, nous avons pu rejoindre l’aventure pour un baroud père-fils : départ à 14H du col du Calvaire le samedi, au-dessus du lac blanc pour une randonnée sur l’après-midi. Celle-ci nous a conduit par le Tanet et le Gazon du Faing. Des temps collectifs puis père-fils ont alterné au cours de la randonnée.

    Bivouac au lieu-dit des Hautes Huttes pour un temps d’Adoration et la Sainte Messe, en la chapelle sainte Barbe. Puis dîner et veillée. Le lendemain, levée du camps et départ des Hauttes Huttes pour 9h45. Nous nous sommes retrouvés en famille à l’église ND de l’Assomption pour la Messe dominicale à 10h30. Ont suivis, dimanche midi, pique-nique pour les pèlerins et leur famille, avec les paroissiens, dans le parc de l’église.

    Face à l’aventure, le petit garçon puis l’adulte se demandent : en suis-je capable, y arriverai-je ? Tout homme a besoin de savoir « qu’il en est capable ». Sinon il cherchera des réponses pour sa masculinité blessée dans des caricatures, le machisme, ou les compensations (travail, sport, alcool etc …)C’est d’un homme ou dans la compagnie des hommes que le garçon apprend qui il est, et qu’il est validé dans son identité : Voilà pourquoi il faut que tu passes du temps avec ton fils.

    …à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, gratifiant notre ego, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable.

    Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Plus d’info ? C’est ici : Didier Bresson, didierbresson1@gmail.com

  • 8 bonnes raisons pour faire son jardin

    8 bonnes raisons pour faire son jardin

    loulouCet article est librement inspiré de l’article américain « 7 Reasons to Become a Gentleman Gardener » 

    Raison 1 : Savoir ce que vous mangez

    Manger sainement est notre désir, ce désir est accentué lorsque nous avons des enfants, pour lesquels nous ne pouvons que désirer ce qu’il y a de mieux. Lorsque nous cultivons nos légumes, même si cela n’est pas parfait, nous savons ce que nous mangeons. Si vous avez des enfants, cela les aide à réaliser que la source de nourriture n’est pas exclusivement les temples de la consommation que sont les supermarchés.

    Raison 2 : Faire des économies

    A qualité égale, il est financièrement préférable de cultiver ses légumes. (Cet argument n’est valable que si vous avez besoin de faire des économies, si ce n’est pas le cas, il est préférable de faire travailler les cultivateurs que vous connaissez, c’est ce que l’Eglise appelle et développe dans la « Doctrine Sociale de l’Eglise » le principe de subsidiarité )

    Raison 3 : Impressionner votre épouse (ou fiancée)

    En lui montrant votre jardin, fruit de votre courageux travail, et en lui permettant de goûter au fruit de ce travail. Vous avez le droit d’utiliser des termes techniques, histoire d’impressionner encore plus !

    Raison 4 : Vous aider à devenir plus autonome

    D’accord, gare au désir d’autosuffisance et donc d’orgueil qui peut se cacher derrière un désir d’autonomie. Toutefois, il est important pour un homme de pouvoir rassurer sa famille en lui permettant de savoir qu’il peut nourrir ceux qu’il aime, pas simplement en présentant de l’argent dans un magasin qui un jour peut être vide…

    Raison 5 : Faire de l’exercice.

    Un esprit sain dans un corps sain ! L’exercice et les efforts que suscite le jardinage vous font du bien. Toutefois, soyez prudents, utilisez bien les jambes, car le mal de dos guette le jardinier.

    Raison 6 : Vous aider à prier

    Le jardin est une allégorie de la vie spirituelle : Sans entretien, les mauvaises herbes l’envahissent et étouffent les bons plants. Il en est de même avec le pêché qui étouffe, aveugle, rend esclave, et empêche votre vie de porter du fruit. Priez donc (le chapelet est très indiqué dans le jardin !), pour demander la grâce qui vous permettra de ne pas laisser votre jardin spirituel étouffé par les mauvaises herbes du pêché. C’est aussi le bon moment pour fixer le jour et l’heure du désherbage indispensable qu’est la confession fréquente !

    jardin

    Raison 7 : Faire son jardin aide à se rapprocher de la création, du réel

    Observer la création , s’émerveiller devant elle, la respecter et respecter patiemment son rythme est un enseignement de chaque instant. La domestiquer sans la tyranniser est une manière de devenir co-créateur, de contribuer à cette belle harmonie qui nous entoure. De plus, voyant combien on est dépendant des règles et « caprices » de la nature, l’humilité ne peut que grandir !

    Raison 8 : Connaitre la valeur des choses et …rendre grâce !

    Pour vous, comme pour vos enfants, difficile de ne pas manger, de laisser dans un coin de l’assiette des légumes qu’on a vu grandir, qu’on a récolté. Il est aussi difficile de négliger l’action de grâce à deux moments :

    • à chaque temps passé dans le jardin, en observant les plants qui partent, le bourgeons qui apparaissent, les fruits qui mûrissent, car nous voyons combien est fragile une récolte,
    • et avant de manger, où le bénédicité prend un sens très concret !

    Bien sûr, tout cela est difficile à appliquer en appartement…

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  • Octave de Pâque : célébration du triomphe du Christ !

    Octave de Pâque : célébration du triomphe du Christ !

    Peter Falk4L’octave de Pâques est une succession de 8 dimanches consécutifs, du jour de Pâques au dimanche de la Miséricorde. C’est donc un temps de joie, celles des hommes sauvés en espérance, déjà ressuscités en Christ, comme le rappelait Dom Columbia Marmion :

    « Nous sommes les membres vivants du Christ, nous participons à ses états, nous sommes un avec lui. Et comme la grâce est le principe de notre gloire, ceux qui sont, par la grâce, déjà sauvés en espérance, sont aussi déjà, en principe, ressuscités dans le ChristC’est là le motif de notre espérance, et cette espérance nous comble de joie. » (Le Christ dans ses mystères)

    Durant ces jours, nous devons être en fête (et oui, c’est une obligation !). Ouvrons les bonnes bouteilles (sans oublier l’art de boire catholique !), faisons mijoter les bons plats, jouons avec les enfants, avec toute la famille, vivons des moments heureux entre frères, toujours en priant, en remerciant Celui que nous fêtons : Jésus Christ ressuscité ! Ne l’oublions pas en trinquant (cf notre article « trinquons catholique« ) et en priant en famille.

    Comme nous y invitait Benoit XVI, par notre cohérence avec l’Évangile, laissons transparaître en nous le prodige de l’Amour de Dieu : « Nous serons vraiment et pleinement des témoins de Jésus ressuscité lorsque nous laisserons transparaître en nous le prodige de son amour, lorsque, dans nos paroles, et plus encore, dans nos gestes, en pleine cohérence avec l’Évangile, on pourra y reconnaître la voix et la main du Christ lui-même. » (Audience Générale de Benoît XVI, 7 avril 2010)

    Messieurs, prêts pour 8 jours de fête ?

  • Saint jour de Pâque : l’enfer est dépouillé !

    Saint jour de Pâque : l’enfer est dépouillé !

    Que tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité !

    Que tout serviteur fidèle entre avec allégresse dans la joie de son Seigneur ! (Mt 25,21)

    paque

    Celui qui a porté le poids du jeûne, qu’il vienne maintenant toucher son denier. Celui qui a travaillé depuis la première heure, qu’il reçoive aujourd’hui le juste salaire. Celui qui est venu après la troisième heure, qu’il célèbre cette fête dans l’action de grâces. Celui qui est arrivé après la sixième heure, qu’il n’ait aucune doute, il ne sera pas lésé. Si quelqu’un a tardé jusqu’à la neuvième heure, qu’il approche sans hésiter. S’il en est un qui a traîné jusqu’à la onzième heure, qu’il n’ait pas honte de sa tiédeur, car le Maître est généreux, il reçoit le dernier comme le premier ; il accorde le repos à l’ouvrier de la onzième heure comme à celui de la première ; il fait miséricorde à celui-là, et comble celui-ci. Il donne à l’un, il fait grâce à l’autre. (Mt 20,1-16) Il accueille les pauvres et reçoit avec tendresse la bonne volonté ; il honore l’action et loue le bon propos.

    Ainsi donc, entrez tous dans la joie du Seigneur ! Premiers et derniers, recevez la récompense. Riches et pauvres, chantez en coeur tous ensemble. Les vigilants comme les nonchalants, honorez ce jour. Vous qui avez jeûné, et vous qui n’avez pas jeûné, réjouissez-vous aujourd’hui. La table est préparée, mangez-en tous (Mt 22,4) ; le veau gras est servi, que nul ne s’en retourne à jeun (Lc 15,23) . Jouissez tous du banquet de la foi, au trésor de la bonté. Que nul ne déplore sa pauvreté, car le Royaume est apparu pour tous. Que nul se lamente de ses fautes, car le pardon a jailli du tombeau. Que nul ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous en a libérés. Il a détruit la mort, celui que la mort avait étreint ; il a dépouillé l’enfer, celui qui est descendu aux enfers. Il a rempli l’enfer d’amertume, pour avoir goûté de sa chair. Isaïe l’avait prédit en disant :

    « L’enfer fut rempli d’amertume lorsqu’il t’a rencontré » (Is 14,9).

    L’enfer est rempli d’amertume, car il a été joué ; bouleversé, car il a été enchaîné ; bouleversé, car il a été mis à mort ; bouleversé, car il a été anéanti ; consterné, car il a saisi un corps et s’est trouvé devant Dieu. Il a pris la terre et a rencontré le ciel ; il a saisi ce qu’il voyait, et il est tombé sur celui qu’il ne voyait pas.

    Ô mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire (1 Co 15,55) ? Christ est ressuscité et tu as été terrassée ; Christ est ressuscité et les démons sont tombés ; Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie ; Christ est ressuscité et voici que règne la vie. Christ est ressuscité et il n’est plus de morts dans les tombeaux ; car le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15,20).

    À lui gloire et puissance dans les siècles des siècles ! Amen.

    Extrait d’une homélie de Jean Chrysostome pour le saint et grand jour de la Pâque