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  • Samedi Saint : je te l’ordonne, relève-toi d’entre les morts

    Samedi Saint : je te l’ordonne, relève-toi d’entre les morts

    Que se passe-t-il ?

    Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille.

    turin » La terre a tremblé et elle s’est apaisée «  (Ps 75, 9), parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler.

    C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter « ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort » (Lc 1, 79). Oui, c’est vers Adam captif, en même temps que vers Ève, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs. Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous ! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit. »

    Il le prend par la main et le relève en disant :

    « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera (Ep 5, 14). C’est moi ton Dieu, qui pour toi, suis devenu ton fils; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes : Sortez. A ceux qui sont endormis : Relevez-vous. Je te l’ordonne : Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas crée pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains; lève-toi, mon semblable, qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

    • C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils ;
    • c’est pour toi que moi, le Maître, j’ai pris ta forme d’esclavage ;
    • c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre, et au-dessous de la terre ;
    • c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts ;
    • c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux Juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin.
    • Vois les crachats sur mon visage; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie.
    • Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.
    • Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos.
    • Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois. 

    Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côtémon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi. Lève-toi, partons d’ici. L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi. J’ai posté les chérubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu. Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi.

    Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité.

    Homélie ancienne pour le grand et saint Samedi (attribuée à Épiphane de Salamine, évêque de Chypre [+ 402]: PG 43, 440. 452. 461-464) 

  • La croix, signe de victoire

    La croix, signe de victoire

    cruxSouvent autour de nous règne comme une sorte de peur de la Croix, de la Croix du Seigneur.

    Et c’est que l’on a commencé à appeler croix tous les événements désagréables qui surgissent au cours de la vie et qu’on ne sait pas assumer comme un enfant de Dieu, contempler dans une perspective surnaturelle. (…)

    Dans la Passion, la Croix a cessé d’être symbole de châtiment : elle est devenue un signe de victoire.

    La Croix est l’emblème du Rédempteur : in quo est salus, vita et resurrectio nostra, en elle se trouvent notre salut, notre vie et notre résurrection.

    Chemin de Croix, 2ème station, n. 5, Saint José Marie Escriva

    Rappelez-vous ces mots du Christ : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Vous voyez? La croix, chaque jour. Nulla dies sine cruce ! pas un jour sans la Croix: pas une seule journée sans nous charger de la croix du Seigneur, sans prendre sur nous son joug. C’est pourquoi je n’ai pas voulu omettre non plus de vous rappeler que la joie de la Résurrection est la conséquence de la douleur de la Croix.

    N’ayez crainte, cependant, car le Seigneur lui-même nous a dit: Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau: c’est moi qui vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du soulagement pour votre être, car mon joug est agréable et mon fardeau léger. Venez — commente saint Jean Chrysostome —, non pas pour rendre compte mais pour être délivrés de vos péchés venez, car je n’ai pas besoin de votre gloire, celle que vous pouvez m’apporter : j’ai besoin de votre salut… n’ayez pas peur, en entendant parler de joug, car il est doux; n’ayez pas peur si je parle de fardeau, car il est léger.

    Le chemin de notre sanctification personnelle passe, chaque jour, par la Croix: ce n’est pas un chemin morose, car c’est le Christ lui-même qui nous aide: et avec Lui il n’y a pas de place pour la tristesse. In laetitia, nulla dies sine cruce ! me plaît-il de répéter ; avec l’âme débordante de joie, pas un jour sans la Croix.

    Saint José Marie Escriva, Quand le Christ passe, 168

  • Allons au Calvaire, considérons attentivement ce qui s’y passe

    Allons au Calvaire, considérons attentivement ce qui s’y passe

    Nous voici arrivés aux jours salutaires où l’on érigera le Calvaire dans tous nos temples, où nous verrons couler les ruisseaux de sang de toutes les plaies du Fils de Dieu ; l’Eglise représentera si vivement par ses chants, par ses paroles et par ses mystères, celui de la passion douloureuse, qu’il n’y aura aucun de ses enfants auquel nous ne puissions dire ce que l’Apôtre a dit aux Calâtes, que Jésus-Christ a été crucifié devant ses yeux. Parmi ces spectacles de mort et de croix, le chrétien sera bien dur, s’il ne suspend du moins quelques jours ce tendre amour des plaisirs, pour se rendre capable d’entendre combien les douleurs de Jésus lui doivent rendre considérable l’amour des souffrances  .

    calvaire

    Servons-nous de ce temps propice, prenons cette occasion favorable pour imprimer dans le cœur des chrétiens le véritable esprit du christianisme. L’Eglise commente aujourd’hui à lire dans les saints mystères l’histoire de la passion ; commençons aussi dès ce premier jour à nous en remplir tellement l’esprit, que nous en ayons toujours la pensée présente durant cette sainte semaine, et qu’elle nous inspire des sentiments qui soient dignes de chrétiens. C’est ce que j’espère. Messieurs, s’il plaît à Dieu de nous éclairer des lumières de Jésus-Christ, par l’intercession de Marie. Ave.

    Dans les paroles que j’ai rapportées pour servir de sujet à ce discours, vous aurez remarqué, Messieurs, que saint Paul nous propose un combat auquel nous devons courir par la patience ; et en même temps il nous avertit de jeter les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de notre foi, c’est-à-dire qui l’inspire et qui la couronne, qui la commence et qui la consomme, qui en pose le fondement et qui lui donne sa perfection. Ce combat dont parle l’Apôtre, est celui que nous devons soutenir contre les afflictions que Dieu nous envoie ; et pour apprendre l’ordre d’un combat où se décide la cause de notre salut, l’Apôtre nous exhorte de la part de Dieu à regarder Jésus-Christ, mais Jésus-Christ attaché en croix. Car c’est là qu’il veut arrêter nos yeux, et il s’en explique lui-même par ces paroles : « Jetez, dit-il, les yeux sur Jésus qui s’étant proposé la joie, a soutenu la mort de la croix, après avoir méprisé la confusion : » Qui proposito sibi gaudio sustinuit crucem, confusione contemptà (Hebr., XII, 2).

    Suivons son conseil, allons au Calvaire, considérons attentivement ce qui s’y passe.De là nous devons conclure que pour apprendre l’ordre, la conduite, les lois en un mot de ce combat de la patience, l’école c’est le Calvaire, le maître c’est Jésus-Christ crucifié. C’est laque nous renvoie le divin Apôtre.

    Le grand objet, chrétiens, qui s’y présente d’abord à la vue,  c’est le supplice de trois domines. Voici un mystère admirable :

    « Nous voyons, dit saint Augustin , trois hommes attachés à la croix : un qui donne le salut, un qui le reçoit, un qui le perd » In cruce tres homines : unus salvator, alius salvandus, alius damnandus (Serm., II in Psal. XXXIV, n. 1.).

    Au milieu l’auteur de la grâce; d’un côté un qui en profite, de l’autre côté un qui la rejette. Au milieu le modèle et l’original; d’un côté un imitateur fidèle, et de l’autre un rebelle et un adversaire sacrilège. Un juste, un pécheur pénitent, et un pécheur endurci.

    • Un juste souffre volontairement, et il mérite par ses souffrances le salut de tous les coupables ;
    • un pécheur souffre avec soumission et se convertit, et il reçoit sur la croix l’assurance du paradis ;
    • un pécheur souffre comme un rebelle, et il commence son enfer dès cette vie.

    Apprenons aujourd’hui, Messieurs, apprenons de ces trois patients, dont la cause est si différente, trois vérités capitales.

    • Contemplons dans le patient qui souffre étant juste, la nécessité de souffrir imposée à tous les coupables ;
    • apprenons du patient qui se convertit l’utilité des souffrances portées avec soumission;
    • voyons dans le patient endurci la marque certaine de réprobation dans ceux qui souffrent en opiniâtre.

    Et comme ces trois vérités enferment, si je ne me trompe, toute la doctrine chrétienne touchant les souffrances.

    Mgr Bossuet, second sermon pour le dimanche des Rameaux, sur la nécessité des souffrances (toute l’homélie ici)

  • Adoration du Jeudi Saint : Horloge de la Passion

    Adoration du Jeudi Saint : Horloge de la Passion

    veAu Luc-en-Provence, la paroisse offre à toute personne le désirant une horloge de la Passion (format CB pour faciliter le rangement dans le portefeuille). Elle a pour but d’aider à adorer le Saint Sacrement en cette nuit du Jeudi Saint.

    L’horloge de la Passion a pour but de nous rappeler les souffrances que Notre Seigneur Jésus Christ a endurées pour notre amour. On invite les âmes ferventes à adopter cette pieuse pratique pour la gloire de Dieu, le salut des âmes et leurs intentions personnelles. En voici le contenu : 

    Père éternel, je vous offre toutes les réparations de Jésus pendant cette heure si pleine de mérites, durant laquelle… (citer le sujet de l’heure indiquée ci-dessous)

    HEURES DE LA NUIT

    • 19h – Jésus lave les pieds à ses Apôtres
    • 20h – Jésus institue la Sainte Eucharistie et le Sacerdoce catholique, à la Cène
    • 21h – Jésus prie au jardin des Oliviers
    • 22h – Jésus tombe en agonie
    • 23h – Jésus reçoit le baiser de Judas
    • Minuit – Jésus est souffleté chez le grand-prêtre
    • 1h – Jésus est accusé par de faux témoins. Sa face adorable est couverte de crachats
    • 2h – Jésus est renié par Pierre
    • 3h – Jésus en prison subit d’infâmes traitements
    • 4h – Jésus en prison
    • 5h – Jésus en prison
    • 6h – Jésus subit le premier interrogatoire de Pilate

    HEURES DU JOUR

    • 7h – Jésus est tourné en dérision par Hérode
    • 8h – Jésus est flagellé
    • 9h – Jésus est couronné d’épines
    • 10h – Jésus est condamné à mort, Barrabas lui est préféré
    • 11h – Jésus baise et prend sa croix. Il la porte pour notre amour
    • 12h – Jésus est dépouillé de ses vêtements et cloué à la croix
    • 13h – Jésus pardonne au bon Larron
    • 14h – Jésus donne Marie pour Mère
    • 15h – Jésus meurt sur la croix
    • 16h – Jésus a le cœur ouvert
    • 17h – Jésus est détaché de la croix et remis entre les bras de Marie
    • 18h – Jésus est déposé dans le tombeau
  • Mercredi des Cendres : importance de la mort

    Mercredi des Cendres : importance de la mort

    Le Mercredi des Cendres, le prêtre pourra nous dire durant l’imposition des cendres deux formules : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière! » ou « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile »

    cendresNous vous proposons de méditer cet extrait du sermon du mercredi des Cendres du Père Louis Bourdaloue, « roi des prédicateurs, prédicateur des rois », sur l’importance de la pensée de la mort :

     » C’est un principe dont les sages mêmes du  paganisme  sont  convenus,  que la grande science ou  la grande étude de la vie est la science ou l’étude de la mort ; et qu’il est impossible à l’homme de vivre dans l’ordre et de se maintenir dans une vertu solide et constante, s’il ne pense souvent qu’il doit mourir. Or, je trouve que toute notre vie, ou pour mieux dire tout ce qui peut être perfectionné dans  notre vie, et par la raison et par la foi, se rapporte à trois choses :

    • à nos passions,
    • à nos délibérations,
    • et à nos actions.

    Je m’explique. Nous avons dans le cours de la vie des passions à ménager, nous avons des conseils à prendre, et nous avons des devoirs à accomplir. En cela, pour me servir du terme de  l’Ecriture,  consiste tout  l’homme ; tout  l’homme, dis-je, raisonnable et chrétien : Hoc est enim omnis homo (1).

    • Des passions à ménager, en réprimant leurs saillies et en modifiant leurs violences ;
    • des conseils à prendre, en se préservant, et des erreurs qui les accompagnent, et des repentirs qui les suivent ;
    • des devoirs à accomplir, et dont la pratique doit être prompte et fervente.

    Or, pour tout cela, Chrétiens, je prétends que la pensée de la mort nous suffit, et j’avance trois propositions que je vous prie de bien comprendre :

    1. Je dis que la pensée de la mort est le remède le plus souverain pour amortir le feu de nos passions ;
    2. Je dis que la pensée de la mort est la règle la plus infaillible pour conclure sûrement dans nos délibérations
    3. Enfin, je dis que la pensée de la mort est le moyen le plus efficace pour nous inspirer une sainte ferveur dans nos actions ;

    Trois vérités dont je veux vous convaincre, en vous faisant sentir toute la force de ces paroles de mon texte : Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris.

    1. Vos passions vous emportent, et souvent il vous semble que vous n’êtes pas maîtres de votre ambition et de votre cupiditéMemento, souvenez-vous, et pensez ce que c’est que l’ambition et la cupidité d’un homme qui doit mourir.
    2. Vous délibérez sur une matière importante, et vous ne savez à quoi vous résoudre : Memento, souvenez-vous, et pensez quelle résolution il convient de prendre à un homme qui doit mourir.
    3. Les exercices de la religion vous fatiguent et vous lassent ; et vous vous acquittez négligemment de vos devoirsMemento, souvenez-vous, et pensez comment il importe de les observer à un homme qui doit mourir.

    Tel est l’usage que nous devons faire de la pensée de la mort.  (Intégralité du sermon et développement des trois vérités :  ici)

    1 Eccl., XII, 13.

  • Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    stewart

    Et pour fêter dignement chaque Jour du Seigneur, si la messe est indispensable, faire de ce jour un jour de joie est également fondamental !

    Savez-vous que G.K. Chesterton rappelait que :

    Dans le catholicisme, la pinte, la pipe et la croix peuvent faire bon ménage.

    En cela, il s’inscrit dans une longue tradition catholique qui met en valeur les mets que Dieu nous permet de déguster. Par exemple, Saint Arnould, patron des brasseurs, disait :

    Issue de la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu, la bière est venue dans le monde.

    Pourtant dans notre société de culpabilisation (hélas, souvent à mauvais escient), fumer, boire… tue ! Le catholicisme à nouveau prend tout le monde à contre pied, en distinguant, donc en usant de la raison, et en rendant grâce. Pour illustrer notre propos, voici une autre citation de Chesterton :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le vin en n’en buvant pas excessivement.

    L’ordre qui aide à distinguer doit toujours être tendu comme une flèche vers Dieu ! Donc lorsque je bois, je remercie Dieu, je lui rend grâce,

    1. par mes paroles audibles et silencieuses de remerciement
    2. par l’action de ma volonté qui me permet d’exercer librement la vertu de la tempérance. D’ailleurs, si vous sentez que votre volonté commence à faiblir, en disant des choses que vous ne vouliez pas dire, en perdant une saine retenue, et ne sachant pas refuser un autre verre : Arrêtez tout !
    3. par l’amitié, en buvant en bonne compagnie, avec des frères, j’oserai dire des frères d’arme qui combattent le même combat, celui de la sainteté. L’élément à rechercher est donc toujours celui de la convivialité.

    Pour résumer, l’art de boire catholique existe bien, il conduit à partager de bons moments, de bons amusements, parfois des chaudes larmes,  mais toujours dans la vraie joie et en étant plein de gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne tant de choses merveilleuses, comme par exemple la bonne bière et le vin !

    Je laisse à Lorenzo Scupoli le soin de finir cet article, grâce à ce passage de son ouvrage « le combat spirituel » :

    Lorsque vous mangez ou que vous buvez, considérez que c’est Dieu qui donne la saveur à la nourriture, et ne prenant votre plaisir qu’en lui seul, dites-vous à vous-même :

    Réjouis-toi, mon âme, à la pensée qu’il n’y a point en-dehors de Dieu de contentement véritable, mais que, d’un autre côté, tu peux en toutes choses te réjouir uniquement en lui

    Bon Noël !

  • Noël, temps de vraie joie !

    Noël, temps de vraie joie !

    Bon et Saint Noël à vous tous ! Et voici en cadeau, un merveilleux texte de Saint Augustin qui nous invite à la joie, à la joie du pauvre, la vraie joie des hommes sauvés, cette joie qui conduit nos lèvres à crier « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » :

    NativitatisChrétiens, levez-vous donc joyeux et répandez-vous en louanges aux pieds du Seigneur. Que les accents de votre reconnaissance remplissent l’Eglise de Dieu, le temple de Jésus-Christ, la demeure du Saint-Esprit.

    Entrez dans l’étable de votre Créateur, visitez la crèche de votre Sauveur, baisez les haillons du Pasteur éternel, et prenez dans vos bras ce Dieu devenu petit enfant. Venez adresser avec moi des louanges à la Vierge sainte, à la Mère véritable restée pure dans son enfantement, et rehaussant sa beauté par l’intégrité de sa pudeur. Louez avec les cieux, louez avec les anges, louez avec toutes les vertus, louez avec tous les éléments de la nature.

    Ne cessez pas, ne vous lassez pas de chanter la gloire du Sauveur : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

  • L’Avent, temps de purification et de pénitence

    L’Avent, temps de purification et de pénitence

    Pd009_jpg« L’Avent, qui signifie avènement, est une préparation à la venue du Sauveur, et, comme telle, une période de purification et de pénitence.  L’Eglise nous invite à méditer sur le triple avènement de Jésus :

    • sa venue sur terre par l’Incarnation,
    • son entrée dans les âmes par la grâce,
    • son apparition à la fin des temps pour juger tous les hommes.

    Mais c’est sur le premier avènement qu’elle attire surtout notre attention : elle nous rappelle les soupirs des patriarches et des prophètes, pour nous faire désirer avec eux la venue du Libérateur promis, et l’établissement ou l’affermissement de son royaume dans nos âmes. C’est donc un temps de saints désirs et d’ardentes supplications, où nous demandons à Dieu de faire descendre sur nous la rosée de la grâce et surtout le Rédempteur lui-même : Rorate, cæli, desuper, et nubes pluant justum !  Cette prière devient plus pressante, avec les grandes antiennes, O Emmanuel, Rex gloriæ, Oriens, etc., qui en nous rappelant les titres glorieux donnés au Messie par les prophètes et les principaux traits de sa mission, nous fait désirer la venue de Celui qui seul peut soulager notre détresse.

    Mais c’est aussi un temps de pénitence. L’Eglise nous y rappelle le jugement dernier auquel il faut nous préparer par l’expiation de nos péchés ; la prédication de S. Jean Baptiste nous invitant à faire pénitence pour préparer la voie au Sauveur : « Parate viam Domini, rectas facile semilas ejus » (Luc, III, 4). Autrefois on jeûnait trois fois par semaine, on le fait encore dans certains Ordres religieux, et si l’Eglise n’impose plus le jeûne à ses enfants, elle les exhorte à y suppléer par d’autres mortifications, et, pour le leur rappeler, célèbre les messes du temps en couleur violette, symbole de deuil. Ces saints désirs et ces pratiques de pénitence tendent évidemment à purifier l’âme et la préparent ainsi au règne de Jésus. »

    Adolphe Tanquerey, Précis de théologie Ascétique et Mystique

  • Tolkien, les hobbits et le Christ

    Tolkien, les hobbits et le Christ

    frodonnTolkien, créateur du Seigneur des Anneaux, oeuvre qu’il qualifie lui-même de « fondamentalement religieuse et catholique « , est de nos jours associé à l’épopée héroïque de Frodon le hobbit, ce petit être humble, seul capable de porter l’anneau jusqu’au Mont du Destin.  « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » disait Saint Paul. C’est ce que vit l’humble Frodon. Cette pauvreté permet à Frodon à vivre un combat digne de notre combat spirituel (la photo ci-jointe en témoigne !).

    Cette épopée, Tolkien nous invite à la vivre, sans pouvoir surnaturel, comme Frodon, mais au côté du Christ. Reconnaissant notre faiblesse nous aussi, à la suite de Saint Jean-Baptiste laissant Jésus prendre toute la place, lui qui dit « Il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue ». C’est alors que le Sang Royal de Jésus peut couler dans nos veines, nous nourrissant de son Corps et de son Sang à la Sainte Messe : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. »

    C’est bien que le conte du « Seigneur des anneaux » n’est rien par rapport à la vie héroïque que doit vivre toute personne qui suit les Évangiles : Tolkien le disait « bien sûr, je ne veux pas dire que les Évangiles ne sont qu’un conte ; mais je tiens avec force qu’ils racontent un conte : le plus grand « 

    Comment ne pas finir cet article en vous laissant méditer cette phrase qu’a écrite Tolkien à un ami :

    Je place devant Toi la seule chose qui soit magnifique, la seule chose que l’on puisse adorer sur la terre: le Saint-Sacrement.

    C’est ici que tu trouveras l’aventure, l’amour, la gloire, l’honneur, la fidélité et le véritable chemin pour vivre toutes tes amours sur cette terre, et tu y trouveras bien plus encore.

    Oui, vivons une plus grande aventure encore que celle des hobbits, l’amour, l’honneur à la suite du Christ, en contemplant sans cesse son Corps sous la forme du Pain : le Saint Sacrement !

     

  • Hommes catholiques : défendez-vous !

    Hommes catholiques : défendez-vous !

    Caïn AbelSuite à l’insertion d’un intéressant ADDENDUM issu de « Il est vivant » sur la légitimité pour un chrétien de prendre les armes par Monseigneur Ravel, revoici un article que vous connaissez déjà sur la défense catholique : bonne lecture !

    Hommes catholiques,vous n’avez jamais douté de la valeur de la vie, et de l’interdiction qui en découle, ce que Dieu nous enseigne depuis la Genèse : 

    Je demanderai compte du sang de chacun de vous … Qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé. Car à l’image de Dieu l’homme a été fait (Gn 9, 5-6).

    Nous savons ce que cela veut dire, de l’interdiction qui en découle de tuer, de la vie naissante (avortement) jusqu’à la mort naturelle (euthanasie).

    Mais pouvons-nous, devons-nous nous défendre, défendre nos familles, nos proches ? Devons-nous être des pleutres, des couards ? Devons-nous simplement tendre l’autre joue, quoi qu’il arrive ? 

    En effet le Christ nous dit :

    Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. (Mat. 5 38-39)

    Écoutons Saint Augustin à ce sujet :

    Or de même que le soufflet reçu sur la joue exprime tous les outrages qui ne peuvent être réparés que par le châtiment, ainsi ce que le Seigneur dit ici du vêtement comprend toutes les injures qui peuvent être réparées sans recourir à la vengeance ; et ce précepte doit s’entendre de la disposition du cœur, et non de ce qu’il faut faire en réalité.

    Le Christ nous enseigne en effet à supporter les humiliations, mais pas à accepter les injustices, d’ailleurs il l’a montré lui-même lorsque un garde du grand prêtre l’a frappé, il n’a pas tendu l’autre joue mais a dit :

     Si J’ai mal parlé, montre ce que J’ai dit de mal; mais, si J’ai bien parlé, pourquoi Me frappes-tu? (Jean, 18, 23)

    Il est donc clair que Jésus ne veut pas que nous nous vengions, que nous ripostions, abolissant ainsi la loi du talion. C’est donc l’opposé d’être couard, car il faut beaucoup de force et de courage pour refréner son désir de vengeance. Qu’en est-il donc de la défense de notre vie, de celle du plus faible ?

    Le catéchisme de l’Eglise Catholique nous enseigne :

    L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel . Il est donc légitime d’insister sur le respect de son propre droit à la vie . (2264)

    defenseIl cite Saint Thomas d’Aquin :

    Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7)

    Aimer  son prochain comme soi-même implique de s’aimer soi-même, donc de se défendre. Mais nous n’avons pas simplement la possibilité de défendre l’innocent, nous en avons l’obligation !

    En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité. (2265)

    Il n’est pas question d’objection de conscience si la vie de ceux qui sont sous notre responsabilité, notre famille, est en jeu. L’idéologie doit alors céder la place au réel : sauver des innocents. Nous donc avons le droit et le devoir de faire tout ce qui est nécessaire pour rendre l’agresseur inoffensif, même si cela signifie le tuer .

    Tuer un agresseur ?

    Le sujet est grave, et la réponse suivante n’est pas celle du rédacteur, ni des « hommes-adorateurs », mais celle de l’Eglise.

    Pour conserver sa propre vie, l’Eglise nous dit « Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel« . De même que la défense de ceux qui sont sous notre responsabilité « La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire« .

    La loi française est en adéquation avec l’enseignement de l’Eglise (à ce sujet) puisqu’elle dit :

    N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, effectue dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte (art 122-5 CP)

    Mais l’action des disciples du Christ que nous sommes n’est pas limitée à un cadre légal, elle est toujours en rapport avec la charité : c’est celle-ci qui doit nous presser à défendre notre prochain, non pas à la vengeance ni au désir d’en « découdre ».

    Quelle que soit votre réaction, elle doit toujours être héroïque :

    • Soit parce que vous surmontez une hargne qui crie vengeance dans votre cœur afin de rester calme et surtout de demander la grâce de pardonner (quelque soit la souffrance qui a été infligée).
    • Soit parce que vous surmontez une haine naissante pour vous limiter à une réponse appropriée et non excessive.
    • Soit parce que vous surmontez une peur qui vous empêche de défendre le plus faible.
    • Soit parce que vous sortez d’une votre vie confortable et tranquille pour défendre la vie d’autrui.

    N’oubliez jamais, suivre le Christ, c’est emprunter la porte étroite, celle de l’amour de nos frères et surtout… celle de l’amour de nos ennemis.

    Même lorsque notre poing percute le visage de l’agresseur, nous ne devons jamais oublier cela. 

    Et n’oublions jamais que les Sacrements sont là pour vous donner la force nécessaire pour suivre les préceptes d’amour.

    Addendum : Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées, répond à Il est vivant à une question sur la légitimité pour un chrétien de prendre les armes (entretien publié par Il est vivant ! n°315, mai 2014) :

    L.R. Dans certaines circonstances, oui. Soit au nom de la nation (s’il est mobilisé), soit à l’intérieur de là nation, en cas de remise en cause du politique dans ses fondements (si l’État devient totalitaire par exemple).
    IEV Mais dans l’Évangile, Jésus prône la non-violence… 
    L.R. Je n’ai jamais lu cela dans l’Évangile. Au contraire, Jésus dit que ce sont les violents qui s’emparent du Royaume de Dieu ! La violence, c’est l’incarnation d’un mouvement de vie qui déborde dans un monde traversé par le péché. C’est une démesure. Certains chrétiens, confondant christianisme et sagesse stoïcienne, pensent qu’il ne faut jamais de démesure. Les saints pensent autrement. Il y a une démesure de l’amour : « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » (saint Augustin). La croix est une démesure de l’amour. C’est une violence extrême. Si on est dans la vie, une vie bien incarnée, il y a de la violence. Dans l’Évangile, il y a des moments où Jésus se met en colère. Ce n’est pas une colère pulsionnelle bien sûr mais réfléchie. Par exemple, dans l’épisode des vendeurs chassés du Temple : Jésus constate l’objet du scandale et ce n’est que le lendemain qu’il chasse les vendeurs du Temple avec colère.
    Jésus est venu pour la vie, et pour que nous l’ayons en plénitude. Il est obligé de mettre une force démesurée, la violence, au service de l’amour. Mais une violence maîtrisée, évangélisée.