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  • Mgr Rey et la virilité : l’Autonomie

    Mgr Rey et la virilité : l’Autonomie

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014.  Suite à l’explication du « troisième A », l’Audace,  voici la quatrième et dernière partie : l’Autonomie.

    cowboyL’éducateur qu’est Saint Joseph, aide son enfant à devenir sujet de son histoire, à devenir autonome. Le mot éduquer a pour racine latine « ex » qui signifie « hors », et « ducere » qui signifie « guider ». Éduquer c’est « Guider hors de soi », « sortir de soi ». C’est un accouchement. L’Évangile utilise l’image d’une femme qui accouche dans les douleurs de l’enfantement. La douleur est associée à la joie.

    Finalement, ce qui fait la virilité de Saint Joseph, c’est d’être au service de Jésus pour qu’il puise pleinement être lui-même, pleinement à sa mission. La grande mission d’un père est de voir que son enfant a pu acquérir son indépendance.

    J’ai vécu en Afrique, et il y avait encore des processus d’initiation. Il faut retrouver les rites d’initiation. Autrefois, le service militaire pouvait constituer un certain rite d’initiation. En Afrique, dans certaines tribus que j’ai connues au Tchad, un enfant devenait adulte, donc autonome, à partir du moment où il allait avec son père dans la forêt. Il y vivait 4 jours. D’abord son père l’entraînait hors du village, puis l’adolescent devait construire seul sa baraque dans la forêt, apprendre à se nourrir lui-même, seul, et quand il revenait au village, il était devenu un adulte aux yeux des villageois. Il avait donné la preuve qu’il pouvait subvenir à lui-même, par lui-même.

    Nous sommes dans une société d’assistanat où on empêche les gens de vivre les rites d’initiations et d’acquérir une véritable autonomie.

    Le rôle d’un père est précisément d’être celui qui fait rentrer dans cette véritable autonomie, qui est le lieu de la véritable liberté.

    + Dominique Rey , le 1 Mai 2014

    Chers amis, une fois ce cycle achevé sur le thème de l’autonomie, nous vous invitons à le mettre en pratique, en participant à un des 16 pèlerinages des pères de famille qui se profilent !

    Votre serviteur…

    autonomie

  • Sacré-Coeur : les 12 promesses

    Sacré-Coeur : les 12 promesses

    Le mois de juin est le mois du Sacré-Cœur. Nous vous proposons de prier les uns pour les autres afin d’avoir la volonté et la force d’avoir une sincère dévotion à son Sacré-Cœur, dévotion qu’il nous l’a demandé de vivre. A tout ceux qui la vivent, il a fait les promesses suivantes en 1688 au cours d’une apparition à Sainte Marguerite-Marie :

    sacre_coeur

    Les 12 promesses de notre Seigneur Jésus-Christ

    1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état.
    2. Je mettrai la paix dans leur famille.
    3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.
    4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.
    5. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.
    6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.
    7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.
    8. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.
    9. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée.
    10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.
    11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé.
    12. Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir leurs Sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré à cette dernière heure.

    Les communions réparatrices des neuf premiers vendredi du mois

    La douzième promesse a été intégralement insérée dans la Bulle de canonisation de Sainte Marguerite-Marie en 1920 par le Pape Benoît XV. Il a ainsi voulu encourager la pratique des communions réparatrices des neuf premiers vendredis du mois, en l’honneur du Sacré-Cœur.

    Prière au Sacré-Coeur de Jésus

    Mettez-moi, ô mon doux Sauveur,
    dans Votre sacré côté et dans Votre Cœur adorable,
    qui est une fournaise ardente du pur amour,
    et me voilà en assurance.
    J’espère que vous m’y introduirez
    ô mon Jésus et mon souverain bien,
    puisque je vous aime,
    non pour les récompenses que vous promettez
    à ceux qui vous aiment,
    mais purement pour l’amour de vous-même.
    Je vous aime par-dessus toutes choses aimables,
    par-dessus toutes les bontés, par dessus toutes les beautés,
    par-dessus tous les plaisirs, et enfin par-dessus moi-même
    et tout ce qui est hors de vous,
    protestant en présence du ciel et de la terre
    que je veux vivre et mourrir en votre saint amour pur et simple,
    et que, quand pour vous aimer de la sorte je devrais être persécutée,
    tourmentée, ou endurer la mort,
    j’en serais très contente et dirais toujours avec Saint Paul :
    il n’y a aucune créature qui me puisse séparer de la charité
    du Sacré-Coeur de Jésus-Christ
    que j’aime et veux aimer éternellement.

    Sainte Marguerite Marie Alacoque

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  • Mgr Rey et la virilité : l’Audace

    Mgr Rey et la virilité : l’Audace

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014. Suite à l’explication du « deuxième A », l’Autorité,  voici la troisième partie : l’Audace.

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    Chez saint Joseph, il y une véritable audace. Lorsque l’Ange lui dit en songe de partir en Egypte pour éviter que l’enfant Jésus ne soit assassiné, il obtempère aux injonctions intérieures. Il y a chez lui de l’audace, du courage, du zèle. Saint Joseph n’est pas un personnage mièvre, doucereux, mais un être dont la virilité est attachée à l’exercice d’une vraie audace, qui l’amène à prendre des risques.

    J’ai rencontré un jour le fondateur d’une magnifique communauté au Brésil, un très bon ami qui s’appelle Padre Jonas. Padre Jonas, jeune salésien, arrive près de Sao Paulo il y a 40 ans, voulant évangéliser les jeunes. Il  commence par fonder un petit groupe de prière. Mais il réalise que s’il veut évangéliser les jeunes aujourd’hui, il doit utiliser les moyens de communication, alors il fait une émission de sur une radio locale. Puis il prend en main une seconde radio qui lui demande une émission, enfin, il décide de s’occuper de plusieurs radios… Quelques années après, il démarre une chaîne de télévision. Et aujourd’hui la communauté qu’il a fondée, qui s’appelle Cancao-Nova, entre Rio et Sao Paulo, a construit un immense hall de 100 000 places, gère une télévision de 50 millions de téléspectateurs, fait travailler 1000 personnes à plein temps et fournit des programmes (sans supports publicitaires), uniquement dédiés à l’évangélisation. Lorsque je lui ai demandé comment en 30 ans il avait connu un tel succès, il ma répondu : « pour réussir une fondation, il y a trois règles :

    1. il faut beaucoup de Foi,
    2. beaucoup de prière
    3. et  beaucoup de travail« .

    Beaucoup de Foi… beaucoup d’audace ! Notre société invite les chrétiens à poser des actes audacieux et courageux. On baigne beaucoup trop dans la sécurité, on cherche à se protéger. Je voyage parfois dans l’ouest des Etats-Unis, en Californie. Ce qui me frappe, c’est qu’il s’agit d’un peuple de conquérants, rempli d’audace. On peut prendre des risques au niveau économique et professionnel, mais les plus belles aventures sont les aventures spirituelles. Comme disait Simone Weil : « si tu vas au bout du monde, tu trouveras peut-être la trace de Dieu, mais si tu vas au bout de toi-même, tu trouveras Dieu Lui-même. »

    La grande aventure qu’est notre vie réclame énormément d’audace, de courage, de dépassement.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Autonomie

  • Halte au « Club Med Catho » pour hommes, passons au combat spirituel !

    Halte au « Club Med Catho » pour hommes, passons au combat spirituel !

    Chers frères en Christ, chers hommes-adorateurs,
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    Suite à quelques discussions avec des hommes-adorateurs, quelques-uns d’entre vous ont témoigné de leurs difficultés pour continuer à adorer dans le groupe, et songent à ne plus nous rejoindre lors de nos rencontres, à cause de l’aridité qu’ils ressentent face au Saint Sacrement.
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    C’est réellement une grande joie que d’entendre cela !
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    Depuis le début, nous insistons sur le fait que nos rencontres ne sont pas (exclusivement) sous le signe d’un temps de partage sympa, une sorte de « Club Med Catho » pour hommes, mais bel et bien sous celui du combat spirituelpour la plus grande Gloire de Dieu et le salut du monde.
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    Le combat que certains vivent en ce moment est un très très bon signe : le Seigneur nous appelle à aller plus loin, dans notre prière les uns pour les autres, et dans notre supplication pour la victoire. Il nous appelle devant Lui pour devenir des hommes, car c’est seulement face à Lui que l’homme chrétien peut se libérer de la vision que le monde transmet de la masculinité. Si vous ne ressentez rien devant le Saint Sacrement, n’oubliez pas cette phrase de Marthe Robin : « Aimer ce n’est pas sentir mais consentir« .
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    C’est en effet une grâce que le Seigneur nous fait en nous montrant nos limites humaines, car c’est alors que nous pouvons le supplierl’implorer de donner les forces nécessaires à notre Volonté pour l’adorer en esprit et en Vérité.
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    C’est seulement en implorant le Seigneur que nous pourrons trouver la force de l’adorer, cette nécessité, cette priorité que décrit Benoit XVI.
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    S’il est moins plaisant également de nous retrouver au niveau humain, cela doit aussi être une joie : nous pouvons entrer dans une véritable Charité les uns pour les autres, au delà du ressenti. L’homme-adorateur n’est pas là pour avoir des sentiments (s’ils sont là, tant mieux !), ni entretenir des susceptibilités, des rancunes, des vexations, mais pour AIMER, puisant à la source de l’Amour surnaturel de Jésus. C’est un combat que nous menons, pas des retrouvailles dans un salon de thé !
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    Alors soyons joyeux aussi si nous avons les pieds de plomb pour nous retrouver, pour adorer, si nous avons désiré abandonner ce rendez-vous amoureux, car le Christ nous invite à un plus âpre combat spirituel !
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    Quoi qu’il en soit, dans tous les combatsnous devons rester unisnous serrer les coudes : s’il vous plait, si vous avez besoin d’aide, sollicitez-moi, sollicitons-nous les uns les autres, sollicitez vos curés. (c’est sûrement le moment de se décider à choisir un directeur spirituel). C’est normal et important de demander de l’aide durant le combat spirituel, nous avons besoin les uns des autres (devant une bonne bière ou un bon whisky, c’est encore mieux !).
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    Priez pour moi, votre humble serviteur… j’en ai bien besoin pour tenir.
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    Je vous dédicace à tous l’image ci-dessous… à très vite !
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    Grégory 

    agonie

  • Le D-Day montre le caractère insoutenable d’un pacifisme absolu

    Le D-Day montre le caractère insoutenable d’un pacifisme absolu

    Voici un extrait de l’intervention du cardinal Joseph Ratzinger, le 5 juin 2004,  alors qu’il représentait Jean Paul II pour les cérémonies commémoratives du 60e anniversaire du débarquement.d day

    Lorsque commença le débarquement des troupes alliées dans la France occupée par la Wehrmacht allemande, le 5 juin 1944, ce fut pour les gens du monde entier, mais également pour une très grande partie des Allemands, un signal d’espérance : que viennent bientôt la paix et la liberté en Europe. Qu’était-il arrivé ? Un criminel et ses comparses avaient réussi à prendre le pouvoir de l’État en Allemagne. Et cela créa une situation où, sous la domination du Parti, le droit et l’injustice s’imbriquaient l’un dans l’autre et souvent passaient, presque inséparablement, l’un dans l’autre. Car le régime conduit par un criminel exerçait aussi les fonctions classiques de l’État et de ses ordonnances. Il put ainsi, en un certain sens, exiger l’obéissance de droit des citoyens et le respect vis-à-vis de l’autorité de l’État (Rm 13, 1-5), mais il utilisait en même temps les instruments du droit comme instruments de ses buts criminels. L’état de droit lui-même, qui continuait en partie à fonctionner sous ses formes habituelles dans la vie quotidienne, était devenu en même temps une puissance de destruction du droit : la perversion des ordonnances qui devaient servir la justice et en même temps consolidaient et rendaient impénétrable la domination de l’iniquité, signifiait au plus profond une domination du mensonge, qui obscurcissait les consciences.

    Au service de cette domination du mensonge, il y avait un régime de la peur, dans lequel personne ne pouvait faire confiance à autrui, parce que tout un chacun devait, d’une certaine manière, se protéger sous le masque du mensonge. Pareil masque servait à se protéger soi-même, mais contribuait d’autre part à renforcer le pouvoir du mal. Aussi fut-il de fait nécessaire que le monde entier intervienne pour faire sauter l’anneau de l’action criminelle, pour rétablir la liberté et le droit. Qu’il en ait été ainsi, nous en rendons grâces en cette heure, et ce ne sont pas seulement les pays occupés par les troupes allemandes et livrés de la sorte à la terreur nazie, qui rendent grâces. Nous-mêmes, allemands, nous rendons grâces de ce que, à l’aide de cet engagement, nous avons recouvré la liberté et le droit. S’il y a eu jamais, dans l’histoire, un bellum justum, c’est bien ici, dans l’engagement des Alliés, car l’intervention servait finalement aussi au bien de ceux contre le pays desquels a été menée la guerre. Une telle constatation me paraît importante, car elle montre, sur la base d’un événement historique, le caractère insoutenable d’un pacifisme absolu. Cela n’ôte rien, bien sûr, au devoir de poser très soigneusement la question si et à quelles conditions est possible encore aujourd’hui quelque chose comme une guerre juste, c’est-à-dire une intervention militaire, mise au service de la paix et obéissant à ses critères moraux, contre des régimes injustes établis. Surtout, ce qu’on a dit fait mieux comprendre, espérons-le, que la paix et le droit, la paix et la justice sont inséparablement liés l’un à l’autre. Quand le droit est détruit, quand l’injustice prend le pouvoir, c’est toujours la paix qui est menacée et déjà, pour une part, brisée. La préoccupation pour la paix est en ce sens avant tout la préoccupation pour une forme du droit qui garantit la justice à l’individu et à la communauté dans son ensemble. (…)

    Notre pays et le débarquement… deux jours après le D-Days, voici ce que Pie XII disait le 8 juin 1944 à la presse française au sujet de celle qui sera toujours la fille aînée de l’Eglise, la France : 

    His Holiness Pope Pius XII --- Image by © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

    « Il y a presque exactement sept ans — c’était le 13 juillet 1937 – Légat de notre vénéré Prédécesseur Pie XI, Nous proclamions du haut de la chaire de Notre-Dame de Paris son amour pour la Fille aînée de l’Église, Notre propre amour pour la France. Appelé à Notre tour à devenir le Vicaire du Christ, Notre amour s’est fait plus grand et plus profond encore. Et, parce que la «douce France » est devenue la douloureuse, la meurtrie, Notre amour pour elle s’est fait plus tendre que jamais. Nous parlions alors de sa vocation providentielle ; Nous la rappelons aujourd’hui avec les mêmes sentiments. Et Nous avons au cœur la conviction que Dieu, continuant de se servir du noble peuple français dans l’accomplissement de ses desseins, ramènera les regards et la confiance du monde vers une France toujours plus glorieuse et plus prospère.

    Et vous, que votre profession si pleine de responsabilités, si pleine de grandeur, constitue les messagers de cette vocation, portez à la France l’assurance renouvelée de Notre amour, de Nos vœux, de Nos espérances : répétez-lui le mot d’ordre que Nous lui donnions sous les voûtes de Notre-Dame :

    « Orate, Fratres ; amate, Fratres ; vigilate, Fratres !

    Priez, mes Frères ; mes Frères, aimez ; veillez, mes Frères ! »

    C’est dans cette pensée que du fond de Notre cœur paternel, Nous appelons sur vous, sur tous ceux qui vous sont chers, sur votre bien-aimée patrie, les plus exquises et les plus abondantes bénédictions du Ciel. »

    Messieurs, Hommes-adorateurs, laissons donc résonner en nous cette phrase encore et toujours :

    « Orate, Fratres ; amate, Fratres ; vigilate, Fratres !

    Priez, mes Frères ; mes Frères, aimez ; veillez, mes Frères ! »

    carte Hommes-Adorateurs 2014

  • Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014. Suite à l’explication du « premier A », l’Admiration,  voici la deuxième partie : l’Autorité

    La virilité c’est l’exercice d’une autorité. On disait de Jésus : « Il parle avec autorité » (Luc 4, 32). L’autorité, c’est d’abord la cohérence. Quelqu’un qui a une autorité morale est quelqu’un qui dit quelque chose qu’il vit. Il y a adéquation entre son existence et ses paroles. C’est dans cette mesure qu’on disait de Jésus qu’Il parlait avec autorité.

    Il y a deux aspects dans l’autorité : un aspect « support » et un aspect « guide ».

    L’autorité comme support

    Le support que représente l’autorité peut être comparé à un échafaudage : dans l’éducation d’un enfant, il est important de donner des structures stables sur lesquelles l’enfant va s’adosser pour grandir en humanité. Il faut lui donner une colonne vertébrale. C’est aspect est « statique »

    L’autorité comme guide

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    L’autorité relève également d’une dimension dynamique : celle de guider. L’autorité est celle du « passeur« , de « l’initiateur« , de celui qui tire en avant et ouvre la route. Cet aspect de l’autorité caractérise une mobilité.

    …à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudesfusionnellesgratifiant notre egonourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable.

    Je crois que la figure de Saint Joseph est liée à ces deux aspects. Comme tout père, par l’exercice de la paternité, il rappelle la Loi, qui permet de sortir de la dimension fusionnelle avec la mère. Aujourd’hui, à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, gratifiant notre ego, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable pour inviter à entrer dans un autre monde que celui de la mère. Le père invite au détachement, au dépassement, voire à l’arrachement. Par exemple, Jésus à Jérusalem, lors du recouvrement au Temple, est « arraché » à la cellule familiale, au point qu’il dira : « Il faut que je sois aux affaires de mon Père » (Luc 2, 49). Ce détachement affectif correspond à un premier acte d’intelligence de la part de Jésus qui discourt avec les docteurs de la Loi. L’émergence de l’intelligence va de pair avec la distanciation, l’éloignement du tissu familial.

    Saint Joseph rappelle la Loi, et en même temps, il aidera Jésus, dans son Incarnation, dans ce passage à une maturité humaine, et finalement à entrer dans son ministère public. La virilité, lorsqu’elle se fait service, aide l’autre à devenir lui-même, à devenir sujet de son histoire. On est père comme passeur. L’enfant ne nous appartient pas, mais il est un don de Dieu, il nous a été remis pour que nous l’aidions à accéder à une véritable liberté et à poser des choix par lui-même.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Audace

  • Prêts à être « revêtus d’une force venue d’en haut » ?

    Prêts à être « revêtus d’une force venue d’en haut » ?

    Chaque jour, de l’Ascension au saint jour de la Pentecôte, l’Eglise  nous convie, comme les Apôtres et la Vierge Marie au Cénacle, à veiller et implorer la venue du Saint Esprit, Seigneur Créateur et Âme de l’Eglise, par une neuvaine à l’Esprit-Saint. Comme eux qui « d’un seul cœur participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus » (Actes 1, 14), nous nous préparons à être « revêtus d’une force venue d’en haut » (Luc 24, 49).
    Ainsi nous accompagnons les Apôtres en levant les yeux vers le ciel car, depuis que l’ascension du Christ, l’Eglise ne cesse de regarder vers le ciel dans une ardente attente jusqu’à ce qu’Il revienne.
    L’Eglise offre la grâce de l’indulgence partielle à toute personne qui vivra avec foi cette neuvaine en priant aux intentions du Souverain Pontife (aux conditions habituelles : PaterAveGloria Patri, Communion et Confession et absolution sacramentelle pendant le temps de la neuvaine).
    Nous vous invitons donc à prier en notre compagnie le Veni Creator, hymne composée au IXe siècle, chantée à toutes les fêtes de Pentecôte.
    pentecost

    Veni Creator

    Veni, creator, Spiritus,
    Mentes tuorum visita,
    Imple superna gratia
    Quae tu creasti pectora.
    Viens, Esprit Créateur,
    visite l’âme de tes fidèles,
    emplis de la grâce d’En-Haut
    les cœurs que tu as créés.
    Qui diceris Paraclitus,
    Altissimi donum Dei.
    Fons vivus, ignis, caritas
    Et spiritalis unctio.
    Toi qu’on nomme le Consolateur,
    Le don du Dieu très-Haut,
    La source vivante, le Feu, la Charité,
    L’Onction spirituelle.
    Tu septiformis munere,
    Digitus paternae dexterae.
    Tu rite promissum Patris,
    Sermone ditans guttura.
    Tu es l’Esprit aux sept dons,
    le doigt de la main du Père,
    Son authentique promesse,
    Celui qui enrichit toute prière.
    Accende lumen sensibus
    Infunde amorem cordibus,
    Infirma nostri corporis
    Virtute firmans perpeti.
    Fais briller en nous ta lumière,
    Répands l’amour dans nos cœurs,
    Soutiens la faiblesse de nos corps
    Par ton éternelle vigueur !
    Hostem repellas longius
    Pacemque dones protinus ;
    Ductore sic te praevio
    Vitemus omne noxium.
    Repousse au loin l’Ennemi,
    Donne-nous la paix qui dure ;
    Que sous ta prévenante conduite,
    nous évitions tout mal et toute erreur.
    Per te sciamus da Patrem,
    Noscamus atque Filium ;
    Teque utriusque Spiritum
    Credamus omni tempore.
    Fais-nous connaître le Père,
    révèle-nous le Fils,
    et toi, leur commun Esprit,
    fais-nous toujours croire en toi.
    Deo Patri sit gloria,
    Et Filio, qui a mortuis
    Surrexit, ac Paraclito
    In saeculorum saecula. Amen.
    Gloire soit à Dieu le Père,
    au Fils ressuscité des morts,
    à l’Esprit Saint Consolateur,
    maintenant et dans tous les siècles. Amen.
    V/. Emitte Spiritum tuum et creabuntur.
    R/Et renovabis faciem terræ.
    R/. Envoie ton Esprit, Seigneur, et tout sera créé
    V/. et tu renouvelleras la face de la terre.
    Oremus. Deus, qui corda fidelium Sancti Spiritus illustratione docuisti : da nobis in eodem Spiritu recta sapere ; et de eius semper consolatione gaudere. Per Christum, Dominum nostrum. Amen.
    Prions. Seigneur, qui instruis tes fidèles par les lumières de l’Esprit Saint, donne-nous d’aimer, par ce même Esprit, ce qui est bien et droit, et de trouver en lui la source de notre consolation. Par le Christ, Notre Seigneur. Amen.
  • Mgr Rey et la virilité : l’Admiration

    Mgr Rey et la virilité : l’Admiration

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014  et nous a permis de le diffuser. L’année prochaine, soyez des nôtres le 1 mai 2015 ! Laissons lui la parole :

    Qu’est ce qui fait, à la fois ce mélange de force qui lui permet d’être un homme d’action qui prend des décisions difficiles, entraîne la Sainte Famille sur des chemins qui vont la conduire en Egypte puis en revenir, et d’autre part d’être toujours en retrait, dans l’humilité, dans la réserve ? Joseph n’a prononcé aucune parole dans l’Ecriture. Les seuls mots qui lui sont attribués, qui ne sont pas explicitement dits mais seulement suggérés par le texte : c’est lui qui a nommé son fils Jésus. De ses lèvres ne sont sorties aucune autre parole. J’aime rependre le proverbe touareg : « Quand le mot que tu va prononcer est moins important que le silence que tu va quitter, alors tais-toi ». Le silence de Joseph n’est pas le mutisme. Il est une surabondance de présence qui nous exonère de toute autre parole qui serait de trop. Toute parole serait débile face à La Parole, celle du Verbe fait chair.

    La virilité de Joseph est donc faite de ce subtil mélange entre la force d’un homme d’action, entreprenant, et quelque chose qui est de l’ordre de la douceur et de la délicatesse du cœur.

    Je retiens quatre A pour caractériser cette virilité de Joseph. Ces 4 aspects n’ont pas la prétention de tout récapituler qui est Joseph, tant le mystère de sa personne nous échappe, mais ils ouvrent des pistes de méditation et de conversion.

    admiration

    Admiration

    D’abord, cette virilité est source du premier A, source d’Admiration. C’est tellement important dans l’éducation qu’un enfant admire son père. Cette admiration est nécessaire à l’identification, autour d’une figure emblématique qui nous invite à le suivre, à marcher sur ses traces, à pouvoir, en quelque sorte, lui ressembler. Et cette admiration, Jésus devait l’avoir en considérant bien-sûr que Joseph était un homme marqué par la faute originelle. L’admiration n’est pas simplement liée à une apparence extérieure, mais à la noblesse d’âme. La beauté d’un être, c’est sa beauté intérieure. Joseph, comme tout père, est sujet d’admiration, dans la mesure où il est investi d’une grandeur intérieure. Concernant cette grandeur intérieure, j’utilise fréquemment la règle des 7 C. Pour être sujet d’admiration, il faut pouvoir honorer 7 C :

    1. La Charité. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra » (Jean 13, 35) Tout chrétien digne de ce nom est habité par la Charité, comme vertu théologale.
    2. La Conviction. Ce C est corrélatif du premier C. Il s’agit d’être structuré par des convictions. La foi donne une structure de vie, du caractère, une architecture à l’existence.
    3. La Cohérence. Le comportement du chrétien est appelé à être en adéquation avec ce qu’il confesse. On prêche plus par notre manière d’agir, que par nos convictions affichées.
    4. La Communion. Le chrétien doit être un homme de communion. Elle se réalisait, chez Saint Joseph, par l’amour qu’il avait pour sa femme Marie au point que, saisi d’un amour très profond pour elle, voyant que Dieu avait des projets sur Marie, il a voulu, par amour pour Marie, se retirer afin de donner pleine place à Dieu dans la vie de Marie. Mais le Seigneur lui a fait comprendre que son amour humain ne faisait pas obstacle au projet de Dieu, mais que Dieu voulait se servir de cet amour de communion. Jésus s’est nourri de cette communion familiale entre Marie et Joseph.
    5. La Connaissance. Saint Joseph était un homme « Juste », et nous savons qu’un homme « Juste » dans la tradition biblique était quelqu’un qui fréquentait assidûment le Temple, qui rentrait dans la justice de Dieu (au sens de justesse de Dieu). Il accomplissait parfaitement la Loi. Il initiait, comme tout bon juif, son enfant Jésus à l’enseignement de la Torah, donc à la connaissance de l’Ecriture.
    6. Le Charisme. On porte du fruit et on est utile à partir de son charisme. C’est particulièrement vrai pour ceux d’entre vous qui avez des hommes sous votre responsabilité. Jésus n’a pas fixé un programme : il a choisi des hommes. Chaque homme est doté d’un talent particulier, complémentaire de celui des autres. L’Eglise est riche de cette diversité de talents. Ce n’est pas la pointure de la chaussure qui détermine la taille du pied : il faut toujours partir du talent, du charisme, de la capacité de la personne avant de former une bonne équipe. Donc Joseph a un charisme particulier, il a reconnu son don, il a vu sa compétence. Il a découvert que sa vocation était de devenir père nourricier de Jésus
    7. La communication. Le rôle des parents est de transmettre la vie, mais aussi un patrimoine culturel et spirituel. C’est ce qu’a admirablement fait St Joseph vis-à-vis de son fils adoptif Jésus. Il y a un art de communiquer, qui n’est pas sans rapport avec le contenu de ce que l’on veut transmettre. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » (Victor Hugo)

    Le mot admiration peut-être pourtant ambiguë car le chrétien n’est pas celui qui brille sous les feux de la rampe, aux avant-postes de la scène. Il est celui qui se trouve en retrait et qui désigne la source de la lumière, au delà de lui-même. Il ne retient pas la lumière de manière un peu idolâtrique et narcissique pour dire « je suis le plus beau, je suis le plus grand », mais il est celui dont la beauté renvoie à la source même de toute beauté qu’est le Christ, à sa lumière éternelle.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Autorité

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  • Les vertus de James Bond ?

    Les vertus de James Bond ?

    bond

    Messieurs, avouons-le, beaucoup d’entre nous rêvent de se mettre dans la peau de James Bond !

    Certes, cet agent secret semble au prime abord peu vertueux : il apparaît en premier lieu qu’il n’a ni la grâce, ni la volonté de vivre  la sexualité et le plaisir sexuel au sein de l’amour conjugal, comme moyen de parfaire l’union corporelle et spirituelle entre homme et femme pour la vie (avec la joie de savoir cet acte ouvert à la vie naissante). C’est une vertu fondamentale que Bond ne connait pas : La vertu de chasteté (qui comporte  l’intégrité de la personne et l’intégralité du don, voir CEC 2337).

    Mais au second abord, ce qui plait tant aux hommes chez 007 est sûrement une série de vertus que nous vous invitons à découvrir… et à vivre !

    Vertu de la persévérance : terminer ce que l’on commence .

    Cette vertu induit un ordre :

    1. Prendre la décision d’atteindre un but
    2. Mettre en oeuvre les  moyens nécessaires pour atteindre ce but (malgré les difficultés)
    3. Combattre une motivation affaiblie, le cas échéant.

    Elle induit également la notion de l’autonomie, si importante pour un homme.  

    N’oublions pas que n’importe qui peut commencer quelque chose, mais bien moins peuvent la terminer. (Attention, la persévérance n’est pas l’obstination, si on réalise qu’on s’est trompé, on change !). James Bond nous montre donc que la persévérance n’est pas une option de la virilité , mais une nécessité.

    Vertu de l’ordre : l’homme est plus important que la technologie

    Bond est toujours à la pointe de la technologie, mais jamais son esclave  : il ne flâne pas sur internet pour passer le temps, ne discute pas pour meubler sa solitude avec son casque bluetooth dans la rue… Partout où Bond est , il est là réellement là, effectivement là. La technologie n’est réellement qu’un accessoire au service de sa mission.

    Connaitre son ennemi

    Comme tout bon praticien de la guerre , Bond n’entre pas dans une bataille sans connaître  son ennemi .

    C’est bien la vocation de tout chrétien, comme  le disait Bossuet : « faisons ce que l’on fait dans la guerre ; et avant que d’entrer dans la mêlée, avançons-nous avec le Sauveur pour reconnaître ces ennemis qui marchent contre nous si résolument. »

    La connaissance est la clé de la victoire, toutefois, nous avons un avantage sur Bond, nous pouvons compter sur bien plus que sur la connaissance de Q ou de M : sur celle que nous donne la Révélation et sur l’aide permanente de Jésus-Christ notre Sauveur, lui qui a dit : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde «  (Jean 16:33) « .

    Cette connaissance est fondamentale et en adéquation avec la grâce, nos actes en témoignent, comme Jean-Paul II le soulignait :  « L’Action nous fait saisir, du point de vue du croyant utilisant l’instrument philosophique, qu’il existe une merveilleuse harmonie entre la nature et la grâce, entre la raison et la foi » (lettre de Jean-Paul II à Mgr Bernard Panafieu, le 19 février 1993)

    bond gris

    Vertu de diligence dans l’habillement

    La diligence consiste à faire tout le travail que l’on doit, ni plus, ni moins, et est opposée à la négligence.

    L’homme a toujours été habitué à s’habiller en fonction des occasions, mais un désir de simplification a conduit à la négligence vestimentaire. S’il est vrai que la vie intérieure prime, elle doit aussi s’exprimer à l’extérieur, et la tenue vestimentaire est aussi une expression importante!

    Comme Bond était toujours agréablement habillé en vue d’une mission excellemment accomplie, il est pour nous, hommes chrétiens un exemple de diligence vestimentaire pour effectuer la plus grande chose qu’il soit : vivre le Saint Sacrifice de la Messe. Ainsi, en nous habillant, nous redécouvrons, montrons et respectons la sacralité du mystère de Dieu qui se fait présent et qui agit de manière spéciale dans les Sacrements institués par le Christ, gardés et célébrés avec dévotion dans l’Église tout au long des siècles. Par le soin particulier dans l’habillement alors utilisé nous exprimons la distinction entre le sacré et le profane dans la vie quotidienne au milieu d’une tendance générale à la désacralisation de toute chose. 

    Savoir se battre

    Bond sait se battre, et cela s’acquiert. Mgr le Gal indiquait sur le site du diocèse aux armées, que la pratique du sport (donc de combat) implique l’acquisition d’une force morale par : 

    •  l’aptitude à tisser et à vivre des relations interpersonnelles exigeantes dans un contexte tendu. Le sportif doit se situer vis-à-vis de son adversaire qu’il doit respecter, mais aussi connaître pour bien se situer et prendre l’ascendant sur lui en vue de gagner. Il doit se situer par rapport à ses coéquipiers (et / ou son entraîneur) et apprendre à établir une véritable cohésion, un respect du rôle propre de chacun.
    • la maîtrise de soi grâce à un ensemble de pratiques et de renoncements en vue d’acquérir et de garder la forme physique (une ascèse) et respect attentif des règles du jeu et du fair-play.
    • de la volonté et de l’endurance 
    • le développement d’une intelligence pratique, à la fois pour définir une stratégie compte tenu de « l’adversaire », de ses qualités et de ses propres forces.

    Confiance et maîtrise de soi : Etre cool !

    Avez vous déjà vu Bond craquer, pleurnicher sous la pression de sa mission ? Il incarne  un homme qui garde la tête froide dans toutes les situations. Les grands hommes ont la force intérieure pour prendre des décisions graves avec confiance et maîtrise de soi même tout espoir semble disparus.

    Notre confiance est bien entendue non pas liée à de l’orgueil, mais à l’union de plus en plus forte avec le Christ : «  Il n’y a pas de difficultés, d’épreuves, d’incompréhensions qui doivent nous faire peur si nous demeurons unis à Dieu comme les sarments sont unis à la vigne, si nous ne perdons pas notre amitié avec lui, si nous lui faisons toujours plus de place dans notre vie » Pape François, homélie de la messe célébrée le 28 avril 2013

    Mais n’oublions pas l’essentiel…

    Messieurs, si ces vertus isolées de James Bond, cet espion imaginaire, évoquent beaucoup pour nous, combien plus encore notre seul héros, le Christ, vrai Dieu, vrai homme, réellement présent à chaque instant à nos côtés, doit inspirer nos actes !

    Vous voulez accepter une mission périlleuse ? En avez-vous le courage ? Ayez la volonté de suivre le Christ, dès maintenant, aujourd’hui. Attention, cela n’est pas sans danger : « L’annonce de Jésus n’est pas une patine : elle va jusqu’aux os, au cœur, elle va en notre sein et nous change. Et cela, l’esprit du monde ne le tolère pas et c’est pour cela qu’il y a des persécutions » Pape François, Mai 2013

  • Non à la victimisation !

    Non à la victimisation !

    Selon Jean-Marie Apostolidès, depuis mai 68, la figure héroïque a été remplacée par l’exaltation victimaire multiculturaliste : toutes les communautés y ont naturellement besoin d’un ennemi infantile commun pour fonctionner : le « raciste » qui, dans notre société contemporaine, assume le même rôle que le diable au Moyen Âge.

    « Par l’école, les valeurs de la victimisation sont transmises, discutées, valorisées. Bref, la génération candide a réalisé passivement le rêve de ses parents. Mais cette docilité de surface fait problème, car elle s’accompagne d’une fragilité psychologique se traduisant souvent par un sentiment d’impuissance à modifier le cours des choses. La génération candide se tient dans la dimension de la mémoire car l’Histoire lui fait peur ».

    Jean-Marie Apostodès, Héroïsme et victimisation – 

    Hélas, chez de nombreux chrétiens, pessimisme et victimisation ont été de rigueur durant de nombreuses années. Quelles peuvent être les raisons de ce pessimisme qui conduit à la victimisation ? Tentation à laquelle on succombe ? Manque de Foi ? Manque de Force ?

    La tentation de la victimisation

    Elle peut être réelle, et être un vrai combat que le Seigneur permet pour la sainteté de certaines personnes. Elle n’est pas un pêché,  car c’est le consentement qui conduit au pêché. Ne vous troublez point, ne culpabilisez pas si la tentation est là : la tentation est au contraire un occasion de se rapprocher de Dieu.

    Saint Augustin nous dit à ce sujet que « La tentation est un feu, dans lequel l’or se purifie et la paille se consume, le juste se perfectionne et le pécheur trouve sa perte ; c’est une tempête qui jette l’un à bord et engloutit l’autre. «  (In ps. 62. Exhort. ad martyr.)

    La solution : C’est Jésus qui nous la donne : « Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation ». Il nous demande donc de veiller comme de bons soldats

    victimisation

    Un manque Foi

    Notre Dieu est ressuscité ! Ne l’oublions jamais, et c’est Lui qui nous apporte l’Espérance, pas le monde ! Le chrétien qui consent au pessimisme et à la victimisation n’est, hélas, donc plus chrétien, mais mondain

    Benoit XVI écrivait dans « Spe Salvi » : « En ce sens, il est vrai que celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf. Ep 2, 12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (cf. Jn 13, 1 et 19, 30) »

    La solution : La Foi est une vertu théologale,c’est-à-dire un don de Dieu, une grâce qu’il n’appartient pas à l’homme de faire naître ou de produire. C’est une vertu surnaturelle qui ne nécessite pas d’être travaillée comme les vertus naturelles : on dit qu’elle est infuse. Il est simplement « nécessaire » de prier pour l’avoir et pour la renforcer ! « Seigneur augmente en nous la Foi »  (Lc 17,5-6) est une excellente prière quotidienne à avoir ! Ensuite le don appelle une réponse de l’homme.

    Un manque de Force

    La force est un don de l’Esprit-Saint (il faut donc la demander), mais est également une vertu (à travailler !) appelée « vertu des vertus ».

    Concernant cette distinction don/vertu, le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus précisait qu’il n’y a pas d’opposition : « La théologie s’est plu à chercher les relations des dons avec les vertus, avec les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit. C’est ainsi que la sagesse s’unit à la charité, l’intelligence et la science à la foi, la crainte de Dieu à l’espérance, la piété à la justice, la force à la vertu de force, le conseil à la prudence. »

    Le don de la force

    Le pape François évoquait le don de la Force lors de sa catéchèse du Par ce quatrième don, l’Esprit de Dieu vient à notre secours, au secours de nos manquements. La force est un don des plus précieux (…) Ce don doit être la toile de fond de notre être chrétien. Il doit alimenter une sainteté vécue dans l’ordinaire de la vie quotidienne. »

    La solution : La Prière, encore la prière ! Suppliez l’Esprit-Saint de vous envoyer ce don !

    La vertu de la force

    La force est une vertu morale, c’est à dire acquise par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, comme l’indique le catéchisme de l’Eglise Catholique. Il précise également que cette vertu « dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1808)

    Deux facultés caractérisent la vertu de force : « résister » et « entreprendre ».

    • La résistance aux difficultés est associée à la capacité d’offrande à Dieu d’offrande de celles-ci, en résistant au désir de se prendre pour une victime.
    •  Entreprendre nécessite de faire preuve d’initiative, de décider puis d’exécuter la décision

    La solution : Mieux connaitre la vertu de la force, et la travailler, par exemple via un sport qui permet de se dépasser, de surmonter la fatigue. Si la personne n’est pas capable de se dépasser dans le domaine physique, il lui sera difficile de se dépasser dans sa lutte ascétique. 

    Voilà notre programme contre la victimisation : Foi et Force, et maintenant… en avant !