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La spiritualité conjugale

P1020605La spiritualité conjugale existe-t-elle ? La réponse est affirmative, mais prenons garde à ne pas l’imaginer comme lisse, angéliqueasexuée. Comme deux pièces d’un même puzzle, nous devons y voir deux prières qui s’assemblent, s’unissent, ne font plus qu’une. Il est donc indispensable que l’homme soit vraiment homme dans sa prière, de même que la femme le soit également. Ainsi, il n’est pas possible de parler de spiritualité conjugale sans évoquer la différence homme/femme.

L’homme

L’anatomie et  la physiologie de l’homme sont plus orientées vers le monde extérieur, son organe sexuel est à l’extérieur, sa masse musculaire demeure, malgré les textes de loi, plus conséquente, ce qui l’oriente plus vers l’action, le mouvement. L’homme, de ce fait, s’épanouit plus facilement en tant qu’homme en sortant de la maison, c’est lui qui « à force de peine tirera la nourriture » pour sa famille (Gen 3,17) , ce que Jean-Paul II précisait dans l’encyclique Laborem exercens  lorsqu’il évoquait le « salaire unique donné au chef de famille pour son travail, et qui est suffisant pour les besoins de sa famille sans que son épouse soit obligée de prendre un travail rétribué hors de son foyer » (voir notre article « Le salaire de l’homme doit permettre à la femme d’éduquer les enfants« ).

Nous pouvons avoir l’audace de résumer en disant que l’homme spiritualise le matériel.

La femme

L’anatomie et  la physiologie de la femme sont  plus orientées vers le monde intérieur, son organe sexuel est à l’intérieur et l’organe le plus vascularisé  de son corps est l’utérus, justifiant la phrase : « tota mulier in utero » d’Hippocrate (ce qui n’est pas une réduction, mais le soulignement d’une spécificité). La femme a donc une physiologie qui l’oriente à conserver et méditer en son cœur. Plus disposée à la vie active au foyer, Jean-Paul II insistait : « Quelle soit contrainte à abandonner ces tâches pour prendre un emploi rétribué hors de chez elle n’est pas juste du point de vue du bien de la société et de la famille«  (Laborem exercens).

Jean-Paul II rappelait à Lourdes la vocation de contemplation de la femme, transcendant le matérialisme :

En apparaissant dans la grotte, Marie a confié son message à une fille, comme pour souligner la mission particulière qui revient à la femme, à notre époque tentée par le matérialisme et par la sécularisation: être dans la société actuelle témoin des valeurs essentielles qui ne peuvent se percevoir qu’avec les yeux du cœur. A vous, les femmes, il revient d’être sentinelles de l’Invisible !

Nous pouvons également résumer en disant que la femme matérialise le spirituel. 

Conjugalité et spiritualité

En tant qu’époux chrétiens, nous sommes  invités à vivre « une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai. Cette relation est la prière » (CEC 2558).  Les mystiques parlent d’ailleurs d’ « union sponsale« . La prière conjugale est donc l’union de deux prières : celle de l’homme et celle de la femme. Pour cela, il est évident que ces deux prières doivent exister. Comment conjuguer deux prières qui n’existent pas ? Les offrandes, les demandes, les actions de grâce de l’homme sont tellement différentes de celle de la femme. « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature«  (2 Corinthiens 5:17) Nous dit Saint Paul.

Or la spiritualité conjugale est l’union de deux créatures… nouvelles ! Si la prière personnelle de chacun des époux est la fondation du couple il faut souligner que la prière conjugale son ciment, c’est à dire qu’elle assemble deux « pièces » différentes. Nous ne devons donc pas hésiter à « sexuer » notre prière familiale, notre prière conjugale. Ceci implique déjà que la liturgie propre à notre « Eglise domestique » doit considérer des rôles en rapport avec le sexe, tâcher de ne pas permettre facilement d’interchangeabilité des rôles : par exemple, si le rôle du chantre est plus adapté à la masculinité (voir notre article « Tout chant est de nature masculine »), la féminité tend elle vers la contemplation, le silence, orientant la prière dans ce sens.

Voici une réflexion … conjuguer avec votre couple :

Il est intéressant d’observer la prière de Tobie et Sara (Tobie, 8, 4-10)

Tobie disait : « Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre te bénissent, ainsi que la mer, les sources, les fleuves et toutes les créatures qui s’y trouvent. C’est toi qui as fait Adam avec la glaise du sol, et qui lui as donné Ève pour l’aider. Et maintenant, Seigneur, tu le sais : si j’épouse cette fille d’Israël, ce n’est pas pour satisfaire mes passions, mais seulement par désir de fonder une famille qui bénira ton nom dans la suite des siècles. » Sara dit à son tour : « Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous ; puissions-nous vivre heureux jusqu’à notre vieillesse tous les deux ensemble.

Tobie, l’homme, sort de lui-même et bénit le nom de Dieu, il sort de lui même pour confier leur projet de vie conjugale, de fondation de famille. Il bénit Dieu pour ce qui est extérieur à eux : le monde matériel, soulignant qu’il vient de la glaise. Il spiritualise le matériel.

Sara, la femme, rentre en elle-même pour voir leurs âmes : elle implore la pitié de Dieu pour eux deux et elle confie la finalité la plus profonde et la plus  immatérielle : le bonheur de son couple. Ce bonheur incarné matérialise le spirituel, … lui donne vie !

Puisse cet article nous aider à mieux connaitre nos différences, au delà des préjugés de notre société et du formatage égalitariste dont nous avons été pétri, et à approfondir notre prière conjugale !

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