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  • Je suis catholique car le catholicisme est vrai !

    Je suis catholique car le catholicisme est vrai !

    Très bel extrait de Twelve Modern Apostles and Their Creeds (1926) de G.K. Chesterton :

    catholique

    « Il n’existe pas d’autre exemple d’institution intelligente continue qui réfléchit sur la nature humaine depuis deux milles ans comme l’est l’Église. 

    Son expérience couvre naturellement presque toutes les expériences possibles et particulièrement presque toutes les erreurs. Le résultat est une carte dans laquelle toutes les voies sans issue et les mauvais chemins sont clairement signalés, toutes les voies ont été marquées comme inutiles par la meilleure de toutes les preuves : la preuve de l’expérience de ceux qui sont allés dans ces voies.

    Sur cette carte de l’esprit, les erreurs sont marquées comme au fer rouge des exceptions. La plus grande partie de la carte consiste en des terrains de jeux et de joyeux terrains de chasse où l’esprit peut avoir autant de liberté qu’il veut ; sans mentionner le nombre de champs de batailles intellectuelles dans lesquels la bataille est indéfiniment ouverte et indécise. En revanche, elle prend la responsabilité définitive de marquer certaines routes comme ne menant nulle part, ou menant à la destruction, à un mur ou à un précipice absolu. Par ces moyens, elle préserve les hommes de perdre leur temps ou leurs vies sur des chemins qui ont été trouvés futiles ou désastreux encore et encore, dans le passé, mais qui autrement pourraient capturer des voyageurs encore et encore dans le futur. L’Église prend elle-même la responsabilité d’avertir son peuple contre ces routes sans issues. Et c’est de ces voies que dépend réellement notre propos.

    Elle défend dogmatiquement l’humanité de ses pires ennemis, ces monstres horribles et voraces des anciennes erreurs. Cependant, toutes ces fausses idées ont une manière de paraître relativement nouvelles, spécialement pour une nouvelle génération. La première proposition paraît toujours innocente et plausible. Je donnerai deux exemples. Il paraît innocent de dire, comme la plupart des gens aujourd’hui l’ont dit : « Les actes sont mauvais uniquement s’ils nuisent à la société ». Suivez cette philosophie, et tôt ou tard, vous vivrez dans l’inhumanité d’une ruche ou d’une ville de la lande établissant l’esclavage comme le moyen le plus efficace et le plus économique de production, ainsi que la torture des esclaves à la recherche de preuves car l’individu n’est rien face à l’État, déclarant qu’un homme innocent doit mourir, tout comme le dirent les meurtriers du Christ.

    Alors peut-être vous reviendrez aux définitions catholiques et vous découvrirez que l’Église, bien qu’elle dise qu’il est de notre devoir de travailler pour la société, dit aussi d’autres choses qui interdisent l’injustice individuelle. Ou encore, il paraît pieux de dire : « Notre conflit moral devrait finir par une victoire du spirituel sur le matériel ». Suivez cette hérésie et vous finirez peut-être dans la folie des manichéens, disant que le suicide est bon parce qu’il est un sacrifice, que la perversion sexuelle est bonne parce quelle ne produit pas la vie, que le démon fit le soleil et la lune parce qu’ils sont matériels.

    Alors peut-être commencerez-vous à deviner pourquoi le catholicisme insiste tant sur l’existence de mauvais comme de bons esprits ; et sur le fait que la matière peut elle aussi être sacrée, comme lors de l’Incarnation ou lors de la Messe, dans le sacrement de mariage ou la résurrection des corps.

    Maintenant, il n’y a aucune autre association d’esprit au monde comme l’Eglise qui soit si attentive à protéger les esprits de mal tourner. Le policier arrive en retard quand il essaye d’empêcher les hommes de mal tourner. Le docteur arrive trop tard, car il vient pour enfermer un fou, et non plus pour conseiller un homme sain afin d’éviter la folie. Toutes les autres sectes ou écoles de pensée sont inadaptées face à ce but. Ce n’est pas parce que chacune d’elle ne peut pas contenir de vérité, mais plutôt et précisément parce que chacune d’elle ne contient qu’une quantité négligeable de la vérité ; et se contente de contenir cette parcelle de vérité seulement. Aucune de ces sectes ou philosophies n’est dépositaire de l’ensemble de la vérité. Aucune d’elles ne prétend réellement veiller dans toutes les directions à la fois. L’Église n’est pas seulement armée contre les hérésies du passé, ni même du présent, mais également contre celles à venir qui pourront être à l’opposé exacte de celles d’aujourd’hui. Le catholicisme n’est pas ritualisme : il combattra dans le futur toutes sortes d’exagérations idolâtres ou superstitieuses. Le catholicisme n’est pas ascétisme : il a réprimé encore et encore dans le passé les exagérations fanatiques et cruelles de l’ascétisme. Le catholicisme n’est pas simplement une mystique, il défend aujourd’hui la raison humaine contre le pur mysticisme des Pragmatistes. Ainsi, quand le monde devint puritain au dix-septième siècle, l’Église fut accusée – à partir d’arguments fallacieux selon lesquels le péché était facilité par le laxisme du confessionnal – de pousser la charité trop loin. Maintenant que le monde n’est plus puritain, mais païen, c’est l’Église qui partout proteste contre le laxisme païen contre les bonnes mœurs. Elle fait ce que les puritains voulaient faire, mais seulement lorsque cela est devenu réellement nécessaire. Selon toute probabilité, tout ce qu’il y a de meilleur dans le protestantisme survivra uniquement dans le catholicisme ; et en ce sens, tous les catholiques seront encore puritains quand tous les puritains seront païens.

    Ainsi par exemple, en un sens mal compris, le catholicisme reste en dehors de toute querelle comme celle du darwinisme à Dayton. Il reste en dehors de la dispute parce qu’il englobe l’ensemble de la question, tout comme une maison entoure deux meubles incongrus. Ce n’est pas une propagande sectaire de dire que l’Église était avant et sera après, au delà de toutes ces thèses, dans tous les domaines. Le catholicisme est impartial dans ce combat entre le fondamentalisme et la théorie des origines des espèces. Que l’on remonte à l’origine précédant cette Origine, parce que cette notion est plus fondamentale que le fondamentalisme. Cette compréhension réside dans le catholicisme qui sait d’où vient la Bible. Il sait aussi où vont la plupart des théories sur l’Évolution. Il sait qu’il y avait beaucoup d’autres faux évangiles que les quatre Évangiles, et que les autres furent éliminés par la seule autorité de l’Église catholique. Il sait qu’il y a beaucoup d’autres théories sur l’Évolution en plus de la théorie de Darwin ; et que la plus récente sera très vraisemblablement éliminée par une science plus récente. L’Église n’accepte pas, selon l’expression conventionnelle, les conclusions de la science, pour la simple et bonne raison que la science n’a pas conclu ! Conclure, c’est fermer ; et l’homme de science n’est pas du tout susceptible de fermer ses recherches ! Il ne croit pas, selon la formule conventionnelle, ce que la Bible dit, pour la simple raison que la Bible ne dit rien dans son sens scientifique. Vous ne pouvez pas mettre la Bible sur le banc des témoins et lui demander ce qu’elle signifie vraiment en rapport avec l’évolution ! La controverse fondamentaliste détruit elle-même le fondamentalisme. La Bible en elle-même ne peut être une base d’accord alors qu’elle est cause de désaccord ; elle ne peut être la base commune des chrétiens quand certains la prennent de manière allégorique et d’autres littéralement. Le catholique s’y réfère comme quelque chose qui peut parler à l’esprit vivant, consistant et permanent dont j’ai parlé ; l’esprit le plus élevé de l’homme conduit par Dieu.

    Chaque instant fait croître en nous la nécessité d’une rencontre avec l’Esprit Immortel. Il y a quelque chose qui continue de maintenir les quatre piliers du monde, pendant que nous faisons nos expérimentations sociales ou bâtissons nos Utopies. Par exemple, nous devons avoir un accord définitif, ne serait-ce que sur le truisme [la vérité évidente] de la fraternité humaine, qui seul résistera à la réaction de la brutalité humaine. Rien n’est plus susceptible maintenant d’arriver, que la corruption de nos gouvernements représentatifs qui mènera à la lâche partition de la richesse et au piétinement de toutes les valeurs d’égalité par un orgueil païen. Nous devons avoir des truismes partout reconnus comme véritables. Nous devons prévenir le retour de la morne répétition des erreurs anciennes. Nous devons rendre le monde intellectuel plus sûr pour la démocratie. Cependant dans les conditions de l’anarchie mentale moderne, ni cela, ni aucune idée n’est sûre, exactement comme les protestants en ont appelé à la Bible contre les prêtres, en ne réalisant pas que la Bible aussi pouvait être questionnée, et que de même, les républicains en ont appelé au peuple contre les rois, sans réaliser que le peuple aussi peut-être défié. Il n’y a pas de fin à la dissolution des idées qui étaient acceptées comme vraies, la destruction de tous les tests de vérité est devenue possible depuis que les hommes ont abandonné la volonté de conserver la Vérité centrale et civilisatrice, qui renferme toutes les vérités et ainsi nous rendre capable de démasquer et réfuter toutes les erreurs. Depuis lors, chaque groupe a fabriqué sa vérité et a passé son temps à la transformer en erreur. Nous n’avons plus rien d’autres que des idéologies ; ou en d’autres termes des monomanies. Mais l’Église n’est pas une idéologie, c’est un lieu de rencontre ; le lieu d’étude et de procès des idéologies de ce monde. »

  • Le Général et la Vierge Marie

    Le Général et la Vierge Marie

    Nous laissons à nouveau la parole au Général Delaunay, « homme-adorateur d’honneur », chef de l’état-major de l’armée de Terre française du 1er octobre 1980 au 9 mars 1983 :

    delaunay 2

    Le Seigneur a fait pour moi des merveilles. J’ai 91 ans. Marié depuis 62 ans, nous avons eu 4 enfants. Les 3 vivants nous ont donné 11 petits-enfants et bientôt 21 arrières. J’ai passé 40 ans dans l’armée. Puis, j’ai été visiteur de prison, catéchiste, animateur d’association et écrivain.

    La dévotion à Marie faisait partie de mon environnement familial. Pour ma grand-mère, veuve à 30 ans et pauvre, le pèlerinage annuel à Lourdes et le chapelet étaient tout son horizon terrestre. Mon père égrenait son rosaire dans sa poche dans le Métro, ce qui lui a valu un jour, pendant l’Occupation, d’être mis en joue par un officier allemands qui croyait qu’il chargeait son revolver pour le tuer… Ma mère était aussi très pieuse. Dans mon collège, le chapelet faisait partie de notre quotidien. Bref, j’ai baigné dans les Ave Maria !

    Au début de ma vie, ayant pris un peu de distance avec le Bon Dieu, j’ai surtout invoqué la Vierge dans les moments difficiles. Comme ado pendant l’exode de 1940, au milieu des fuyards mitraillés par les avions. Comme soldat à la Libération, puis comme officier en Indochine, quand ayant perdu ma main droite à 26 ans, je suis reparti au combat. Rentré en France, j’ai rencontré Monique et elle m’a emmené à la messe de 7 H le lendemain de nos fiançailles… Le soir de notre mariage, nous nous sommes mis à genoux et ce « Je vous Salue, Marie », récité  côte à côte, a conditionné toute la suite des évènements.

    En 1957, au Maroc, nous sommes rentrés aux équipes Notre Dame. J’y ai été littéralement converti, mon imprégnation religieuse d’enfant devenant une foi d’adulte. Cela m’a permis notamment de réagir (positivement ?) à la mort de notre fille Pascale. La Sainte Vierge a dû intercéder très fort pour nous car Brigitte est arrivée un an après. Et puis, la vie a continué : une vingtaine de déménagements, en Algérie et en France et, partout, les équipes Notre Dame, cadre et aiguillon de notre vie chrétienne… Ayant l’habitude de prier ensemble, nous présentions à Dieu par Marie, nos joies, notamment le mariage des enfants, mes responsabilités grandissantes et nos soucis.

    Devenu chef de l’armée de terre en 1980 et entré en conflit avec le gouvernement en 1983, j’ai démissionné. La retraite nous a permis de continuer à servir l’Eglise à travers nos frères sous le regard de Marie. Elle entrait avec moi en prison et parlait avec moi quand nous animions des sessions de formation sur l’oraison ou quand je faisais le catéchisme. Il faut dire que je dis souvent mon chapelet (autrefois en faisant mon footing du matin et maintenant en marchant pesamment.) Aujourd’hui encore, nous le disons chaque jour en auto ou à la maison.

    J’ai vu mourir sous mes yeux beaucoup de gens : des soldats et des civils à la guerre, et, depuis, ma fille, mon père et mon beau-père. J’ai perdu mes deux sœurs plus jeunes que moi et j’enterre souvent un ami. Je sais que ce sera bientôt mon tour. J’attends la mort avec confiance et dans la sérénité car je sais qu’ayant dit souvent, comme mes parents, « et à l’heure de notre mort », Marie sera là pour me présenter à son Fils.

    Dans la même  perspective, nous venons de lancer dans notre paroisse « La vie devant nous », un mouvement pour les chrétiens de plus de 80 ans. Nous l’avons confié à Marie.

    « En tes mains Seigneur, je remets mon esprit ».

    Merci, Marie.

    Jean Delaunay

  • Eucharistie : Aliment source de Force

    Eucharistie : Aliment source de Force

    adoration

    Arrivant au terme de notre semaine centrée sur la vertu de la force, en voici le sommet, l’Aliment céleste qui nous fortifie, que nous adorons : Jésus-Christ Hostie.

    A son sujet, Pie XII disait :

    Toute âme chrétienne a besoin de l’Eucharistie, selon la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jean, VI, 54-55).

    La Communion eucharistique a donc pour effet d’alimenter l’union sanctifiante et vivifiante de l’âme avec Dieu, de maintenir et de fortifier la vie spirituelle et intérieure, d’empêcher que durant le voyage et le combat de cette terre les fidèles ne viennent à manquer de la vie que le baptême leur a communiquée.

    Pie XII, discours aux époux : Eucharistie, Aliment céleste, 17 juin 1939

     Plus récemment, Benoit XVI insistait également sur le rapport entre la force et l’Eucharistie, sur son caractère vital :

    Nous ne disions pas seulement de belles choses à propos de l’Eucharistie, mais surtout que nous vivions de sa force.

    Benoit XVI, le 2 octobre 2005

    Cette force vitale, il la souligne lorsqu’il reprend lors de l’angélus du dimanche 26 juin 2011 cette citation des anciens martyrs d’Abitène :

    Sine Dominico non possumus sans le Dominicum 

    c’est-à-dire « sans l’Eucharistie dominicale, nous ne pouvons pas vivre« . Cela est précisément lié à la nature de la force reçu lors de notre participation à l’Eucharistie : 

    En participant à l’Eucharistie, nous vivons de façon extraordinaire la prière que Jésus a faite et fait continuellement pour chacun afin que le mal, que nous rencontrons tous dans notre vie, ne l’emporte pas et qu’agisse en nous la force transformante de la mort et de la résurrection du Christ

    Benoit XVI, le 28 juin 2011

    Cette force transformante de l’Eucharistie nous permet de vivre les actes de résistance héroïques actuellement nécessaires :

    Dans une culture toujours plus individualiste qui est celle dans laquelle nous sommes plongés dans les sociétés occidentales et qui tend à se répandre dans le monde entier, l’Eucharistie constitue une sorte d’«antidote» qui œuvre dans les esprits et dans les cœurs des croyants et sème continuellement en eux la logique de la communion, du service, du partage, en somme la logique de l’Evangile.

    Benoit XVI, Angélus du dimanche 26 juin 2011

    Restons donc à genoux au pied du tabernacle pour adorer notre Dieu, et recevons cette force indispensable que décrit si bien Saint Josemaría Escrivá de Balaguer :

    Notre Dieu a décidé de demeurer dans le Tabernacle pour nous alimenter, pour nous fortifier, pour nous diviniser, pour rendre efficace notre tâche et notre effort.

    Quand le Christ passe, n° 151

    Il devient alors évident, comme l’a dit Benoit XVI lors de l’Angélus du 28 août 2005, que :

    L’adoration n’est pas un  luxe, mais une priorité.

  • Les vertus alliées de la force : la constance

    Les vertus alliées de la force : la constance

    A la lecture du Père Tanquerey Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constance. Aujourd’hui, travaillons la constance :

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    La constance dans l’effort consiste à lutter et à souffrir jusqu’au bout, sans succomber à la lassitude, au découragement ou à la mollesse.

    1. L’expérience montre en effet, qu’après des efforts réitérés, on se fatigue de faire le bien, on s’ennuie d’avoir toujours à tendre sa volonté. Et cependant la vertu n’est pas solide, tant qu’elle n’a pas la sanction du temps, qu’elle n’est pas affermie par des habitudes profondément enracinées. Ce sentiment de lassitude produit souvent le découragement et la mollesse : l’ennui que l’on éprouve à renouveler ses efforts détend les énergies de la volonté, et produit un certain affaissement moral ou découragement ; alors l’amour de la jouissance et le regret d’en être sevré, reprennent le dessus, et on se laisse aller au courant de ses mauvaises tendances.
    2. Pour réagir contre cette faiblesse :
      1. il faut tout d’abord se souvenir que la persévérance est un don de Dieu, qui s’obtient par la prière ; nous devons donc le demander avec instance, en union avec Celui qui a été constant jusqu’à la mort, et par l’intercession de celle que nous appelons avec raison la Vierge fidèle.
      2. Il faut ensuite renouveler ses convictions sur la brièveté de la vie et la durée sans fin de la récompense, qui couronnera nos efforts : si nous avons toute l’éternité pour nous reposer, cela vaut bien quelques efforts et quelques ennuis sur terre. Si, malgré tout, nous nous sentons faibles et vacillants, c’est le cas de demander avec instance la grâce de constance dont nous sentons si vivement le besoin, en redisant la prière d’Augustin : Da, Domine, quod jubes, et jube quod vis.
      3.  Enfin on se remet courageusement à l’œuvre avec une nouvelle ardeur, appuyé sur la grâce toute puissante de Dieu, et cela malgré le peu de succès apparent de nos essais, en nous rappelant que Dieu nous demande l’effort et non le succès. Toutefois n’oublions pas que nous avons parfois besoin d’une certaine détente, de repos et de diversion. La constance n’exclut donc pas le repos légitime ; le tout c’est de le prendre en conformité avec la volonté de Dieu, selon les prescriptions de la règle ou d’un sage directeur.
  • Les vertus alliées de la force : la patience

    Les vertus alliées de la force : la patience

    patienceA la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constanceAujourd’hui, travaillons la patience :

    La patience est une vertu chrétienne qui nous fait supporter avec égalité d’âme, par amour pour Dieu et en union avec Jésus-Christ, les souffrances physiques ou morales. Tous nous souffrons assez pour être des saints, si nous savons le faire vaillamment et pour des motifs surnaturels ; mais beaucoup ne souffrent qu’en se plaignant, en maugréant, parfois même en maudissant la Providence ; d’autres souffrent par orgueil ou cupidité et perdent ainsi le fruit de leur patience. Le vrai motif qui doit nous inspirer,

    • c’est la soumission à la volonté de Dieu
    • et, pour nous y aider, l’espoir de la récompense éternelle qui couronnera notre patience.

    Mais le stimulant le plus puissant, c’est la méditation de Jésus souffrant et mourant pour nous. Si lui, l’innocence même, a enduré si héroïquement tant de tortures physiques et morales, et cela par amour pour nous, pour nous racheter et nous sanctifier, n’est-il pas juste que nous, qui sommes coupables et avons par nos péchés causé ses souffrances, consentions à souffrir avec lui et dans les mêmes intentions que lui, pour collaborer avec lui à l’œuvre de notre purification et de notre sanctification, et avoir part à sa gloire après avoir eu part à ses souffrances ? Les âmes nobles et généreuses y ajoutent un motif d’apostolat : elles souffrent pour compléter la Passion du Sauveur Jésus, et travailler ainsi à la rédemption des âmes. Là est le secret de la patience héroïque des Saints et de leur amour pour la croix.

    Les degrés de patience correspondent aux trois stages de la vie spirituelle.

    1. Au début, on accepte la souffrance, comme venant de Dieu, sans murmure et sans révolte, soutenu par l’espérance des biens célestes ; on l’accepte pour réparer ses fautes et purifier son cœur, pour maîtriser ses penchants déréglés, en particulier la tristesse et l’abattement ; on l’accepte, malgré les répugnances de la sensibilité, et si on demande que le calice s’éloigne, on ajoute que, malgré tout, on se soumet à la volonté divine.
    2. Au second degré, on embrasse les souffrances avec ardeur et détermination, en union avec Jésus-Christ, et pour se conformer davantage à ce divin Chef. On aime donc à parcourir avec lui la voie douloureuse qu’il a suivie de la crèche au Calvaire, on l’admire, on le loue, on l’aime dans tous les états douloureux où il a passé : dans le dénuement où il s’est condamné à son entrée dans le monde, sa résignation dans l’humble crèche qui lui sert de berceau, où il souffre encore plus de l’ingratitude des hommes que du froid de la saison ; les souffrances de l’exil ; les obscurs travaux de la vie cachée ; les labeurs, les fatigues et les humiliations de la vie publique, mais surtout, les souffrances physiques et morales de sa longue et douloureuse passion. Armé de cette pensée : « Christo igitur passo in carne, et vos eadem cogitatione armamini » (I Petr., IV, 1) on se sent plus courageux en face de la douleur ou de la tristesse ; on s’étend amoureusement sur la croix, à côté de Jésus et par amour pour lui : « Christo confixus sum cruci » (Galat., II, 19) ; quand on souffre davantage, on jette un regard compatissant et amoureux sur lui, et on l’entend nous dire : « Beati qui lugent … beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam » ; l’espoir de partager sa gloire dans le ciel rend plus supportables les crucifiements qu’on subit avec lui : « Si tamen compatimur ut et conglorificemur » (Rom., VIII, 17). On en vient même parfois, comme S. Paul, à se réjouir de ses misères et de ses tribulationsi sachant bien que souffrir avec le Christ, c’est le consoler et compléter sa passion, c’est l’aimer plus parfaitement sur terre et se préparer à jouir davantage de son amour dans l’éternité (II Cor., XII, 9 ; VII, 4).
    3. Et ceci nous mène au troisième degré, le désir et l’amour de la souffrance, pour Dieu qu’on veut ainsi glorifier, et pour les âmes à la sanctification desquelles on veut travailler. C’est ce qui convient aux parfaits et surtout aux âmes apostoliques, aux religieux, aux prêtres et aux âmes d’élite. C’est cette disposition qu’avait Notre Seigneur en s’offrant à son Père comme victime dès son entrée dans le monde et qu’il exprimait en proclamant son désir d’être baptisé du baptême douloureux de sa passion (Luc, XII, 50). Par amour pour lui, et afin de lui mieux ressembler, les âmes parfaites entrent dans les mêmes sentiments : car, nous dit S. Ignace, comme les gens du monde, qui sont attachés aux choses de la terre, aiment et cherchent avec beaucoup d’empressement les honneurs, la réputation et l’éclat parmi les hommes… de même ceux qui s’avancent dans la voie de l’esprit et qui suivent sérieusement Jésus-Christ, aiment et désirent avec ardeur tout ce qui est contraire à l’esprit du monde… de sorte que, si cela pouvait se faire sans aucune offense de Dieu et sans scandale du prochain, ils voudraient souffrir des affronts, des faux témoignages et des injures, être regardés et traités comme des insensés, sans toutefois en avoir donné le sujet, tant ils ont de désir de se rendre semblables en quelque manière à Notre Seigneur Jésus-Christ… afin qu’avec le secours de sa grâce nous tâchions de l’imiter autant qu’il sera possible, et de le suivre en toutes choses, puisqu’il est la voie véritable qui conduit les hommes à la vie. Il n’y a évidemment que l’amour de Dieu et du divin crucifié qui puisse faire aimer de la sorte les croix et les humiliations.

    Faut-il aller plus loin, s’offrir à Dieu comme victime et demander positivement à Dieu des souffrances exceptionnelles, soit pour réparer la gloire de Dieu, soit pour obtenir quelque insigne faveur ? Assurément il y a eu des Saints qui l’ont fait, et aujourd’hui encore il y a des âmes généreuses qui sont portées à le faire. Mais d’une façon générale on ne peut prudemment conseiller ces demandes : elles prêtent trop à l’illusion et sont souvent inspirées par une générosité irréfléchie qui vient de la présomption. On les fait, dit le P. de Smedt, en des moments de ferveur sensible, et, le temps de cette ferveur une fois passé, on se sent trop faible pour exécuter les actes héroïques de soumission et d’acceptation qu’on avait faits si énergiques en imagination. De là des tentations très rudes de découragement ou même des murmures contre la divine Providence… c’est là une source de beaucoup d’ennuis et, d’embarras pour les directeurs de ces âmes. Il ne faut donc pas demander de soi-même des souffrances ou épreuves spéciales ; si on s’y sent porté, on consultera un directeur sage, et on ne fera rien sans son approbation.

    Demain : la constance

  • Les vertus alliées de la force : la magnificence

    Les vertus alliées de la force : la magnificence

    A la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constanceAujourd’hui, travaillons la magnificence :

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    Quand on a une âme noble et un grand cœur, on pratique la magnificence ou la munificence, qui nous porte à faire de grandes œuvres, et par là même les grandes dépenses que ces œuvres entraînent.

    1. Parfois c’est l’orgueil ou l’ambition qui inspire ces œuvres ; ce n’est pas alors une vertu. Mai quand on a en vue la gloire de Dieu ou le bien de ses semblables, on surnaturalise ce désir naturel des grandeurs, et, au lieu de capitaliser constamment ses ressources, on dépense noblement son argent en de grandes et nobles entreprises, œuvres d’art, monuments publics, constructions d’églises, d’hôpitaux, d’écoles et d’universités, en un mot, de tout ce qui favorise le bien public : c’est alors une vertu, qui nous fait triompher de l’attache naturelle qu’on a pour l’argent et du désir d’augmenter ses revenus.
    2. C’est une vertu excellente qu’il faut recommander aux riches, en leur montrant que le meilleur emploi des richesses que la Providence leur à confiées est d’imiter la libéralité et la magnificence de Dieu dans ses œuvres. Que d’institutions catholiques végètent aujourd’hui faute de ressources ! N’y a-t-il pas là un noble emploi pour les fonds qu’on a pu accumuler, et n’est-ce pas le meilleur moyen de se bâtir une riche demeure dans le ciel ? Et que d’autres institutions sont à créer ? Chaque génération apporte son contingent de besoins nouveaux : tantôt ce sont des églises et des écoles à bâtir, tantôt les ministres du culte à entretenir ; parfois ce sont des misères publiques à soulager ; d’autrefois des œuvres nouvelles à fonder, patronages, syndicats, caisses de prévoyance et de retraites, etc. Il y à là un vaste champ ouvert à toutes les activités et à toutes les bourses.
    3. Il n’est même pas besoin d’être riche pour pratiquer cette vertu. S. Vincent de Paul ne l’était pas ; et cependant est-il un seul homme qui ait pratiqué autant et aussi sagement que lui une munificence vraiment royale à l’égard de toutes les misères de son siècle, et fondé des œuvres qui ont eu autant de succès durable ? Quand on a l’âme noble, on trouve des ressources dans la charité publique, et il semble que la Providence se mette au service des grands dévouements, quand on sait se confier en elle et observer les lois de la prudence ou suivre les mouvements du Saint Esprit.

    Les défauts opposés sont la lésinerie et la profusion.

    1. La lésinerie ou mesquinerie arrête les élans du cœur, ne sait pas proportionner les dépenses à l’importance de l’œuvre à entreprendre et ne fait rien que de petit ou d’étroit.
    2. La profusion au contraire nous pousse à faire des dépenses excessives, à prodiguer son argent sans compter, sans proportion avec l’œuvre entreprise, et parfois même en allant au delà de ses ressources. On l’appelle encore prodigalité.

    C’est à la prudence qu’il appartient de tenir le juste milieu entre ces deux excès.

    Demain :  la patience

  • Les vertus alliées de la force : la magnanimité

    Les vertus alliées de la force : la magnanimité

    A la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constance. Aujourd’hui, travaillons la magnanimité :

    La magnanimité, qu’on appelle encore grandeur d’âme, oBen-Huru noblesse de caractère, est une disposition noble et généreuse à entreprendre de grandes choses pour Dieu et le prochain. Elle diffère de l’ambition, qui est au contraire essentiellement égoïste, et cherche à s’élever au-dessus des autres par l’autorité ou les honneurs ; le désintéressement est le caractère distinctif de la magnanimité : elle veut rendre service aux autres.

    1. Elle suppose donc une âme noble, ayant un idéal élevé, des idées généreuses ; une âme courageuse qui sait mettre sa vie en harmonie avec ses convictions.
    2. Elle se manifeste, non seulement par de nobles sentiments, mais par de nobles actions, et cela dans tous les ordres :
      • dans l’ordre militaire, par des actions d’éclat ;
      • dans l’ordre civique, par de grandes réformes ou de grandes entreprises industrielles, commerciales ou autres ;
      • dans l’ordre surnaturel, par un idéal élevé de perfection sans cesse poursuivi, par des efforts généreux pour se vaincre et se surpasser, pour acquérir des vertus solides, pratiquer l’apostolat sous toutes ses formes, fonder et diriger des œuvres ;
      • tout cela sans craindre de compromettre sa fortune, sa santé, sa réputation et même sa vie.

    Le défaut opposé est la pusillanimité qui, par crainte excessive d’un échec, hésite et demeure dans l’inaction. Pour éviter des bévues, on commet en réalité la plus grande des maladresses : on ne fait rien ou presque rien, et ainsi on gaspille sa vie. Il est évident qu’il vaut mieux s’exposer à quelques méprises que de rester dans l’inaction.

    Demain :  la magnificence

  • La vertu de force, vertu des vertus

    La vertu de force, vertu des vertus

    arnoldschwarzeneggerLa force (en latin fortitudo) est (avec la prudence, la tempérance et la justice) l’une des quatre vertus cardinales. (Les vertus théologales sont la foi, l’espérance et la charité). A ce sujet, Jean-Paul II disait :

    Nous avons besoin de force pour être des hommes. En effet, l’homme n’est vraiment prudent que s’il possède la vertu de force. Prions pour ce don du Saint-Esprit, le don de la force.

    Cette article est sa définition, que le Père Tanquerey dans son  Précis de théologie ascétique et mystique donne admirablement :

    « Cette vertu, qu’on appelle force d’âme, force de caractère, ou virilité, chrétienne, est une vertu morale surnaturelle qui affermit l’âme dans la poursuite du bien difficile, sans se laisser ébranler par la peur, pas même par la crainte de la mort.

    • Son objet est de réprimer les impressions de la crainte qui tend à paralyser nos efforts vers le bien, et de modérer l’audace qui, sans elle, deviendrait facilement de la témérité.
    • Ses actes se ramènent à deux principaux : entreprendre et endurer des choses difficiles.
    1. La force consiste tout d’abord à entreprendre et exécuter des choses difficiles : il y a en effet, sur le chemin de la vertu et de la perfection, des obstacles nombreux, difficiles à vaincre, sans cesse renaissants. Il faut n’en avoir pas peur, aller même au devant d’eux, faire courageusement l’effort nécessaire pour les surmonter : c’est le premier acte de la vertu de force. Cet acte suppose :
      1. de la décision, pour se résoudre promptement à faire son devoir coûte que coûte ;
      2. du courage, de la générosité pour faire des efforts proportionnés aux difficultés et qui sache grandir avec celles-ci ;
      3. de la constance, pour continuer l’effort jusqu’au bout, malgré la persistance et les retours offensifs de l’ennemi.
    2. Mais il faut aussi savoir souffrir pour Dieu les épreuves nombreuses et difficiles qu’il nous envoie, les souffrances, les maladies, les railleries, les calomnies dont on est la victime. C’est souvent plus difficile encore que d’agir : sustinere difficilius est quam aggredi, dit S. Thomas, et il en donne trois raisons.
      1. Tenir bon suppose qu’on est attaqué par un ennemi supérieur, tandis que celui qui attaque se sent supérieur à son adversaire ;
      2. celui qui soutient le choc est déjà aux prises avec les difficultés et en souffre, celui qui attaque ne fait que les prévoir ; or un mal présent est plus redoutable que celui qu’on prévoit ;
      3. l’endurance suppose qu’on demeure immobile et inflexible sous le choc, pendant un temps notable, par exemple quand on est cloué au lit par une longue maladie, ou qu’on éprouve de violentes ou longues tentations ; celui qui entreprend une chose difficile donne un effort momentané, qui généralement ne dure pas aussi longtemps. »

     

  • Les vertus joyeuses et exubérantes de la foi, de l’espérance et de la charité

    Les vertus joyeuses et exubérantes de la foi, de l’espérance et de la charité

    chestertonLa différence réelle entre le paganisme et le christianisme est parfaitement résumée par la différence qui existe entre les vertus païennes, ou naturelles, et ces trois vertus que l’Église de Rome appelle vertus de la Grâce. Les vertus païennes, ou rationnelles, sont des choses telles que la justice, et la tempérance, et le christianisme les a adoptées. Les trois vertus mystiques que le christianisme n’a pas adoptées mais inventées, sont la foi, l’espérance et la charité. Toute une rhétorique chrétienne facile et creuse pourrait être facilement déversée sur ces trois mots, mais je désire me confiner aux deux faits qui sont évidents à leurs propos. Le premier fait évident (fortement en contraste avec l’idée qu’on se fait du païen dansant) – le premier fait évident, dis-je, c’est que les vertus païennes telles que la justice et la tempérance sont les vertus tristes, et que les vertus mystiques de la foi, l’espérance et la charité sont les vertus joyeuses et exubérantes. Et le second fait évident, qui est encore plus évident, c’est que les vertus païennes sont les vertus raisonnables, et que les vertus chrétiennes de foi, d’espérance et de charité sont dans leur essence aussi déraisonnables qu’elles puissent l’être.

    Comme le mot déraisonnable est sujet à mauvaise interprétation, la chose peut être plus précisément exposée en disant que chacune de ces vertus chrétiennes, ou vertus mystiques, implique un paradoxe dans sa propre nature, et que ceci n’est pas vrai des vertus typiquement païennes ou rationnelles. La justice consiste à découvrir une certaine chose qui est due à un certain homme, et à la lui donner. La tempérance consiste aux limites propres d’une indulgence particulière et à y adhérer. Mais la charité signifie pardonner ce qui est impardonnable, ou alors ce n’est pas une vertu du tout . L’espérance signifie espérer quand les choses sont sans espoir, ou ce n’est pas une vertu du tout . Et la foi signifie croire l’incroyable, ou ce n’est pas une vertu du tout.

    Il est amusant, en effet, de relever la différence dans la manière dont la tendance de l’esprit moderne traite ces trois paradoxes. La charité est une vertu à la mode à notre époque ; elle a été allumée par le gigantesque arc enflammé de Dickens. L’espérance est une vertu aujourd’hui ; notre attention a été arrêtée dessus par le son inattendu de la trompette d’argent de Stevenson. Mais la foi est rebelle à toute mise au goût du jour , et il est habituel de chaque côté d’utiliser contre elle le fait qu’elle est un paradoxe. Chacun répète moqueusement la fameuse définition enfantine sur la foi qui est  » le pouvoir de croire ce que nous savons être faux ». Cependant, elle n’est pas un atome plus paradoxale que l’espérance ou la charité. La charité est le pouvoir de défendre ce que nous savons être indéfendable. L’espérance, c’est le pouvoir d’être gai dans des circonstances que nous savons désespérées. Il est vrai qu’il existe un état d’espoir qui appartient aux perspectives brillantes et au matin ; mais ce n’est pas la vertu d’espérance. La vertu d’espérance n’existe que lors d’un tremblement de terre ou d’une éclipse. Il est vrai qu’il existe une chose crûment appelée charité, qui signifie la charité envers le pauvre méritant ; mais la charité envers une personne méritante, n’est pas du tout de la charité, mais la justice. C’est celui qui ne mérite rien qui en a besoin, et l’idéal soit n’existe pas, soit existe seulement pour lui. Pour des raisons pratiques, c’est au moment du désespoir que nous avons besoin de l’homme habité par l’espérance, et cette vertu soit n’existe pas du tout, soit commence à exister à ce moment-là. C’est exactement au moment où l’espérance cesse d’être raisonnable, qu’elle commence à être utile.(…)

    La signification générale de mon propos concernant les trois vertus dont j’ai parlées va maintenant, je l’espère, être suffisamment claire. Elles sont toutes les trois paradoxales, elles sont toutes trois pratiques, et elles sont toutes trois paradoxales parce qu’elles sont pratiques. C’est la pression de l’extrême besoin et la terrible connaissance des choses telles quelles sont, qui a amené les hommes à poser ces énigmes et à mourir pour elles. Quelque puisse être la signification de la contradiction, c’est un fait que la seule sorte d’espérance qui ait une quelconque utilité dans une bataille est une espérance qui se moque de l’arithmétique . Quelque puisse être la signification de la contradiction, c’est un fait que la seule sorte de charité qu’un esprit faible souhaite, ou qu’un esprit généreux ressente, c’est la charité qui pardonne les péchés qui sont comme l’écarlate . Quelque puisse être la signification de la foi, elle doit toujours signifier une certitude sur quelque chose qu’on ne peut prouver .Comme par exemple, nous croyons par la foi à l’existence des autres personnes.

    Source : G.K. Chesterton : « Hérétiques », chapitre : le paganisme et M. Lowes Dickinson.

    chestervertus

  • Participons nous aussi à la vision de la transfiguration

    Participons nous aussi à la vision de la transfiguration

    jesus trf

    Après avoir annoncé sa passion à ses disciples, Jésus « prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière » (Mt 17, 1-2). Pour les sens, la lumière du soleil est la plus intense que l’on connaisse dans la nature, mais pour l’esprit, les disciples virent, pendant un bref moment, une splendeur encore plus intense, celle de la gloire divine de Jésus, qui éclaire toute l’histoire du salut. Saint Maxime le Confesseur affirme que « les vêtements devenus blancs portaient le symbole des paroles de l’Ecriture Sainte, qui devenaient claires et transparentes et lumineuses » (Ambiguum 10: PG 91, 1128 B).

    L’Evangile dit qu’aux côtés de Jésus transfiguré, « apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui » (Mt 17,3) ; Moïse et Élie, figures de la Loi et des prophètes. Ce fut alors que Pierre, en extase, s’exclama : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie » (Mt 17,4). Mais saint Augustin commente en disant que nous avons une seule demeure : le Christ ; lui, « est la Parole de Dieu, Parole de Dieu dans la Loi, Parole de Dieu dans les Prophètes » (Sermo De Verbis Ev. 78, 3 : PL 38, 491). En effet, le Père lui-même proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » (Mt 17, 5). La Transfiguration n’est pas un changement de Jésus, mais c’est la révélation de sa divinité, « l’intime compénétration de son être de Dieu, qui devient pure lumière. Dans son être un avec le Père, Jésus lui-même est Lumière née de la Lumière » (Joseph Ratzinger-Benoît XVI, Jésus de Nazareth, 2007).

    En contemplant la divinité du Seigneur, Pierre, Jacques et Jean sont préparés à affronter le scandale de la Croix, comme on le chante dans une hymne ancienne : « Tu t’es transfiguré sur la montagne, et, autant qu’ils en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta Gloire, Christ Dieu afin que lorsqu’ils Te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire et qu’ils annoncent au monde que Tu es vraiment le rayonnement du Père » (Liturgie byzantine, Kontakion de la fête de la Transfiguration).

    Chers amis, nous participons nous aussi à cette vision, et à ce don surnaturel, en donnant de la place à la prière et à l’écoute de la Parole de Dieu. En outre, spécialement en ce temps de carême, je vous exhorte, comme l’écrit le serviteur de Dieu Paul VI, à « répondre au précepte divin de la pénitence par quelque acte volontaire en dehors des renoncements imposés par le poids de la vie quotidienne » (Constitution apostolique « Pænitemini », 17 février 1966, III, c: AAS 58 [1966], La Documentation Catholique, n. 1466, 6 mars 1966, col. 385-403).

    Invoquons la Vierge Marie, afin qu’elle nous aide à écouter et à suivre toujours le Seigneur Jésus, jusqu’à la passion et la croix, pour participer aussi à sa gloire.

    Angélus du dimanche 20 mars 2011 de Benoit XVI
    Chers amis, nous participons nous aussi à cette vision, et à ce don surnaturel, en donnant de la place à la prière et à l’écoute de la Parole de Dieu. En outre, spécialement en ce temps de carême, je vous exhorte, comme l’écrit le serviteur de Dieu Paul VI, à « répondre au précepte divin de la pénitence par quelque acte volontaire en dehors des renoncements imposés par le poids de la vie quotidienne » (Constitution apostolique « Pænitemini », 17 février 1966, III, c: AAS 58 [1966], La Documentation Catholique, n. 1466, 6 mars 1966, col. 385-403). Invoquons la Vierge Marie, afin qu’elle nous aide à écouter et à suivre toujours le Seigneur Jésus, jusqu’à la passion et la croix, pour participer aussi à sa gloire.