Mois : janvier 2014

  • Peut-il y avoir des guerres justes ?

    Peut-il y avoir des guerres justes ?

    Voici la réponse de Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, II-II q.40 a.1

    Trois conditions sont requises pour qu’une guerre soit juste.

    1. L’autorité du prince, qui a mandat de mener la guerre. Il n’appartient pas à une personne privée de déclencher la guerre, car elle peut faire valoir son droit au tribunal de son supérieur. Et aussi parce qu’il n’appartient pas à une personne privée de convoquer la multitude, ce qui est nécessaire pour que la guerre se fasse. Puisque la charge de la chose publique a été confiée aux princes, c’est à eux qu’il appartient de veiller sur la chose publique de leur cité, de leur royaume ou de leur province. Et de même qu’il leur est licite de la défendre par le glaive contre les perturbateurs intérieurs, quand ils punissent les malfaiteurs, comme le dit l’Apôtre (Épître aux Romains, 13, 4) : « Ce n’est pas sans raison qu’il porte le glaive : il est ministre de Dieu pour châtier dans sa colère celui qui agit mal », de même aussi il leur appartient de défendre la chose publique par le glaive contre les ennemis extérieurs. D’où cette parole adressée aux princes dans le psaume 81, verset 4 : « Soutenez le pauvre, et délivrez le malheureux de la main des pécheurs ». Et saint Augustin écrit (Contre Faust 22, 75) : « L’ordre naturel, appliqué à la paix des mortels, demande que l’autorité et le conseil pour déclencher la guerre relèvent des princes. »
    2. Une cause juste, à savoir que ceux qui sont attaqués méritent de l’être à cause de leur faute. C’est pourquoi saint Augustin écrit (Question sur l’Heptateuque 10) : « On appelle guerres justes celles qui punissent des injustices, par exemple quand on châtie une nation ou une cité qui a négligé de punir un tort commis par les siens ou de restituer ce qui a été enlevé injustement ».
    3. Une intention droite, c’est-à-dire l’intention de promouvoir le bien ou d’éviter le mal. Saint Augustin écrit (Livre sur le verbe du Seigneur) : « Chez les vrais adorateurs de Dieu même les guerres sont paisibles, qui ne sont menées ni par cupidité ni par cruauté, mais dans un souci de paix, pour punir les méchants et secourir les bons ». En effet, il peut arriver que même si l’autorité de celui qui engage la guerre est légitime, et la cause juste, néanmoins la guerre soit rendue illicite en raison d’une mauvaise intention. Car saint Augustin dit encore (Contre Faust 22, 74) : « Le désir de nuire, la cruauté dans la vengeance, l’âme violente et implacable, la sauvagerie dans le combat, la volonté de puissance, et autres choses semblables sont dans les guerres blâmées par le droit. »cristero5

     

  • Choisissons le bon étendard ! (2/2)

    Choisissons le bon étendard ! (2/2)

    Deuxième partie de l’extrait des exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, la méditation des deux étendards, dans lequel Saint Ignace demande de choisir entre celui de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur et l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine.

    Première partie

    Méditation des trois classes d’hommes pour se déterminer à suivre la plus parfaite.

    Le premier prélude est l’histoire qui doit servir de base à la méditation. Nous supposons ici trois classes d’hommes composées chacune de deux personnes. Toutes les trois ont acquis dix mille ducats, sans se proposer purement et uniquement le motif de l’amour de Dieu. Et elles veulent se sauver et trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, en se déchargeant d’un poids qui les arrête, et en surmontant l’obstacle qu’elles rencontrent à leur dessein dans l’affection au bien qu’elles ont acquis.

    Le second prélude est la composition de lieu. Ici, je me considérerai moi-même en présence de Dieu, notre Seigneur, et de tous les Saints, dans la disposition de désirer et de connaître ce qui sera le plus agréable à sa divine volonté.

    Le troisième prélude est la demande de ce que l’on veut obtenir. Ici, je demanderai la grâce de choisir ce qui sera en effet le plus glorieux à la divine Majesté, et le plus avantageux au salut de mon âme.

    1. 350px-Giotto_-_Legend_of_St_Francis_-_-05-_-_Renunciation_of_Wordly_GoodsLe premier homme voudrait se défaire de l’affection qu’il éprouve pour le bien qu’il possède, afin de trouver Dieu, notre Seigneur, dans la paix, et de pouvoir opérer son salut; mais il n’emploie de fait aucun moyen avant l’heure de la mort.
    2. Le deuxième homme veut détruire cette affection; mais il le veut à la condition de conserver le bien acquis : il voudrait amener Dieu à son désir, et il ne peut se déterminer à quitter ce qu’il possède pour aller à Dieu, quand même ce parti serait le meilleur pour lui.
    3. Le troisième homme veut aussi se dégager de cette affection, et il le veut de telle sorte, qu’elle n’est pas plus portée à conserver la somme acquise qu’à ne pas la conserver. Il ne consultera, pour la retenir ou pour s’en défaire, que le mouvement intérieur de la grâce, et ce qui lui paraîtra le meilleur pour le service et la louange de la divine majesté. En attendant, il veut se conduire comme ayant tout abandonné de coeur, et s’efforce de ne désirer ni ce qu’il possède, ni aucun autre bien sur la terre que dans la seule considération du service de la majesté divine ; en sorte que le désir de pouvoir mieux servir Dieu, notre Seigneur, sera son unique règle pour se déterminer à retenir le bien qu’il a acquis ou à s’en dépouiller.

    On terminera cet exercice par les trois colloques de la contemplation des deux étendards.

    Il faut remarquer que, quand nous éprouvons de la répugnance ou une affection contraire à la pauvreté actuelle, quand nous ne sommes pas dans une véritable indifférence entre la pauvreté et les richesses, il est très utile, pour détruire cette affection déréglée, de demander dans les colloques, malgré les mouvements de la nature, que le Seigneur daigne nous appeler à ce genre de pauvreté, en lui protestant que nous le voulons, que nous le lui demandons, que nous l’en supplions, pourvu que ce soit pour la gloire et le service de sa divine Bonté.

  • Trois pratiques pour le combat spirituel

    Trois pratiques pour le combat spirituel

    On peut en recenser trois pratiques spirituelles qui sont particulièrement importantes : la pratique de l’Heure Sainte, celle de la messe du premier vendredi du mois et celle de la communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois.

    • L’Heure Sainte a été instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même dans les dernières heures de Sa vie terrestre. Elle se fait dans la nuit du jeudi au premier vendredi de chaque mois. Elle consiste à méditer sur la Sainte Agonie du jardin des Oliviers. On en retire une grande force.

    Ces pratiques ne sont certes pas faciles, surtout pour des personnes en activité professionnelle.

    De plus, il est évident que le démon s’acharne à les entraver. On aimera vaincre ces résistances ; elles appartiennent aux rigueurs du combat spirituel.

    sacrecoeur

  • Choisissons le bon étendard ! (1/2)

    Choisissons le bon étendard ! (1/2)

    Voici un extrait des exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, la méditation des deux étendards, dans lequel Saint Ignace demande de choisir entre celui de Jésus-Christ, notre chef souverain et notre Seigneur et l’autre de Lucifer, ennemi mortel de la nature humaine.

    Taddeo

     » Le premier prélude consiste à se rappeler le fait historique de la méditation. Ici c’est, d’un côté, Jésus-Christ qui appelle tous les hommes et veut les réunir sous son étendard ; de l’autre, c’est Lucifer qui les appelle sous le sien

    Le second prélude est la composition de lieu. Ici, on se représentera une vaste plaine près de Jérusalem, au milieu de laquelle se trouve Notre-Seigneur Jésus-Christ, chef souverain de tous les hommes vertueux, et une autre plaine près de Babylone, où est Lucifer, le chef des ennemis.

    Le troisième prélude consiste à demander ce que je veux obtenir. Dans cet exercice ce sera,

    1. premièrement, la connaissance des ruses du chef des méchants et le secours dont j’ai besoin pour m’en défendre ;
    2. secondement, la connaissance de la véritable vie, qui nous est montrée par le chef souverain et légitime, et la grâce nécessaire pour l’imiter.

    Dans le premier point, je me représenterai le chef du parti ennemi dans cette vaste campagne de Babylone, assis dans une chaire élevée, toute de feu et de fumée, sous des traits horribles et d’un aspect épouvantable.

    Dans le second point, je considérerai comment il appelle autour de lui des démons innombrables ; comme il les répand, les uns dans une ville, les autres dans une autre, et ainsi dans tout l’univers, n’oubliant aucune province, aucune condition, aucun lieu, aucune personne en particulier.

    Dans le troisième point, j’écouterai le discours qu’il leur adresse, comme il leur ordonne avec menaces de jeter des filets et des chaînes. Ils doivent tenter les hommes, en leur inspirant d’abord le désir des richesses, comme il fait le plus souvent lui-même, afin de les conduire plus facilement à l‘amour du vain honneur du monde, et de là à un orgueil sans bornes. De sorte que le premier degré de la tentation, ce sont les richesses; le second, les honneurs; le troisième, l’orgueil; et de ces trois degrés il porte les hommes à tous les autres vices.

    drapeauA l’opposé, on se représentera également le chef souverain et véritable, qui est Jésus-Christ, notre Seigneur.

    Dans le premier point, je considérerai comment Jésus-Christ, se tient en un lieu humble, dans une vaste plaine des environs de Jérusalem, beau et plein de grâce.

    Dans le second point, je considérerai comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, les Apôtres, les disciples et tant d’autres, et comment il les envoie dans tout l’univers répandre sa doctrine sacrée parmi les hommes de tous les âges et de toutes les conditions.

    Dans le troisième, j’écouterai le discours que Jésus-Christ, notre Seigneur, adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition. Il leur recommande d’aider tous les hommes, en les attirant premièrement à une entière pauvreté spirituelle, et non moins à la pauvreté réelle, si la divine Majesté l’a pour agréable et veut les appeler à cet état; secondement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses naît l’humilité. De sorte qu’il y a, comme au troisième point précédent, trois degrés; le premier, la pauvreté opposée aux richesses; le second, les opprobres et les mépris opposés à l’honneur du monde: le troisième, l’humilité opposée à l’orgueil; et de ces trois degrés ils porteront les hommes à toutes les autres vertus.

    Dans un premier colloque, je demanderai à Notre-Dame qu’elle m’obtienne de son Fils et Seigneur la grâce d’être reçu sous son étendard :

    1. premièrement, par la parfaite pauvreté spirituelle, et même, si la divine Majesté l’a pour agréable, et veut me choisir et m’admettre à cet état, par la pauvreté réelle;
    2. secondement, en souffrant les opprobres et les injures, afin de l’imiter en cela plus parfaitement, pourvu que je puisse les souffrir sans péché de la part du prochain, et sans déplaisir de sa divine Majesté.

    Je terminerai ce colloque par le Je vous salue Marie.

    Dans le second colloque, je m’adresserai à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour qu’il m’obtienne de Dieu le Père la même grâce, et je réciterai la prière Âme du Christ.

    Dans le troisième colloque, je demanderai la même grâce à Dieu le Père, le suppliant de me l’accorder lui-même, et je réciterai le Notre Père.

    Cet exercice se fera une première fois au milieu de la nuit, et une seconde fois le matin. On en fera deux répétitions: l’une à l’heure de la messe, et l’autre à l’heure de vêpres, toujours en finissant par les trois colloques à Notre-Dame, au Fils et au Père. L’exercice suivant, appelé des trois classes d’hommes, se fera avant le souper.

    Suite

  • La Mort : l’ultime combat contre les esprits de ténèbres (5/5)

    La Mort : l’ultime combat contre les esprits de ténèbres (5/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    jesus_demonsSi l’ennemi qui s’acharne à notre perte avec une activité que rien ne lasse se transforme en ange de lumière pour vous assaillir de vaines illusions, demeurez ferme et immobile dans la connaissance de votre néant, et dites-lui hardiment :

    Retourne, malheureux, dans les ténèbres d’où tu es sorti ; je ne mérite pas d’être favorisé de visions célestes ; je n’ai besoin que de la miséricorde de mon Jésus et des prières de la Vierge Marie, de Saint Joseph et des autres saints.

    Eussiez-vous les meilleurs motifs de croire que ces visions vous viennent du Ciel, gardez-vous d’y ajouter foi ; rejetez-les bien loin de vous. Cette résistance fondée sur le sentiment de votre indignité ne saurait déplaire au Seigneur. Si c’est lui qui agit en vous, il saura bien rendre son action évidente à vos yeux ; et vous n’y perdrez rien, car celui qui donne sa grâce aux humbles ne la retire point, quelques actes d’humilité qu’ils posent.

    Voilà les armes dont notre ennemi se sert généralement contre nous, à ce moment suprême.

    En outre, il nous tente chacun en particulier d’après les inclinations auxquelles il sait que nous sommes plus sujets. C’est pourquoi nous devons, avant l’approche du grand combat, nous armer et lutter vaillamment contre les passions qui nous attaquent avec plus de violence et qui exercent sur nous un plus grand empire, afin de remporter plus facilement la victoire à ce moment suprême qui ne laisse plus d’autre moment après lui, pour le pouvoir faire encore. « Vous combattrez contre eux jusqu’à leur complète destruction » (I Rois, XIV, 18).

  • La Mort : l’ultime combat contre la vaine gloire (4/5)

    La Mort : l’ultime combat contre la vaine gloire (4/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

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    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    Le troisième assaut, c’est celui de la vaine gloire et de la présomption. Sous ce rapport, veillez à ne pas vous laisser entraîner, sous quelque prétexte que ce soit, au moindre mouvement de complaisance en vous-même ou en vos actions ; glorifiez-vous uniquement dans le Seigneur, dans sa miséricorde, dans les mérites de sa vie et de sa Passion.

    Humiliez-vous de plus en plus à vos propres yeux jusqu’à votre dernier soupir ;

    et si vos bonnes œuvres vous reviennent à la mémoire, reconnaissez que c’est Dieu qui en est l’auteur. Implorez son secours, mais ne l’attendez point de vos mérites, si nombreuses et si éclatantes qu’aient été vos victoires.

    Tenez-vous toujours dans une crainte salutaire, et confessant ingénument que toutes vos œuvres seraient inutiles si Dieu ne vous recueillait à l’ombre de ses ailes, vous vous confierez uniquement en sa protection.

    Si vous suivez fidèlement ces avis, vos ennemis ne pourront prévaloir contre vous ; et vous vous ouvrirez ainsi le chemin pour passer joyeusement à la Jérusalem céleste.

  • La Mort : l’ultime combat contre le désespoir (3/5)

    La Mort : l’ultime combat contre le désespoir (3/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    christ-souriant-detailLe second assaut au moyen duquel le malin esprit cherche à nous abattre sans retour, c’est l’épouvante qu’il suscite en nous au souvenir de nos péchés, afin de nous précipiter dans l’abîme du désespoir.

    Dans ce danger, prenez pour règle infaillible que la pensée de vos péchés vient de la grâce et qu’elle vous est accordée pour votre salut, lorsqu’elle produit en vous des sentiments d’humilité, de repentir de vos péchés et de confiance en la bonté divine.

    Mais lorsque cette pensée vous jette dans l’inquiétude, la défiance et la pusillanimité, portât-elle sur des choses vraies et capables de faire croire que vous êtes damné et qu’il n’y a plus pour vous de salut à espérer, regardez-la comme un artifice du démon, humiliez-vous et redoublez de confiance en Dieu. C’est le moyen de vaincre votre ennemi avec ses propres armes et de rendre gloire à Dieu. Excitez-vous, je le veux bien, au repentir de vos péchés toutes les fois qu’ils vous reviendront à la mémoire, mais que ce soit pour en demander pardon au Seigneur avec une confiance sans bornes dans les mérites de sa Passion.

    Je suppose même que vous croyiez entendre Dieu vous dire au fond du cœur que vous n’êtes point du nombre de ses élus, ce n’est pas une raison pour rien perdre de votre confiance en lui. Dites-lui plutôt avec un sentiment profond d’humilité :

    Vous avez bien sujet de me réprouver à cause de mes péchés, mais j’ai plus de sujet encore d’espérer que votre miséricorde me les pardonnera.

    J’espère donc le salut d’une misérable créature vouée à la damnation par sa propre malice, mais aussi rachetée au prix de votre sang adorable.

    Je veux me sauver pour votre gloire, ô mon Rédempteur, et confiant en votre miséricorde infinie, je m’abandonne entre vos mains.

    Faites de moi ce qu’il vous plaira, pourvu que vous soyez mon unique maître : quand vous me tueriez, je ne laisserais pas d’avoir en vous une inébranlable confiance.

  • La mort : L’ultime combat pour la foi (2/5)

    La mort : L’ultime combat pour la foi (2/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

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    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    Pour ce qui regarde le premier assaut, si l’ennemi emploie pour vous tenter des raisonnements faux et captieux, laissez là votre intelligence, et recourez à la volonté, en disant : Retire-toi, Satan, père du mensonge ; je ne veux pas même t’écouter : il me suffit de croire ce que croit la sainte Église romaine. Fermez, autant que possible, l’entrée de votre âme à toute considération sur la foi, vous semblât-elle de nature à fortifier en vous cette vertu ; regardez-la comme un moyen dont le démon se sert pour engager la discussion. Si vous n’êtes plus en état de vous défaire de ces pensées, demeurez ferme et ne croyez rien aux raisons que l’ennemi vous allèguera, non plus qu’aux textes de la sainte Écriture qu’il apportera à l’appui de ses insinuations : quelque clairs et décisifs que ces textes vous paraissent, soyez certain qu’ils sont tous tronqués, mal cités et mal interprétés.

    Et si le serpent rusé vous demande ce que croit la sainte Église, ne répondez pas ; mais, sachant qu’il veut vous surprendre et abuser de vos paroles, contentez-vous de faire intérieurement un acte de foi vive ; ou, si vous voulez le faire dépiter davantage, répondez-lui que la sainte Église romaine croit la vérité. Et s’il vous demande quelle est cette vérité, répliquez-lui : C’est précisément ce que croit l’Église.

    Par-dessus tout, tenez votre cœur attaché à Jésus crucifié et dites-lui :

    Ô mon Dieu, mon Créateur et mon Sauveur, venez promptement à mon secours et ne vous éloignez pas de moi, afin que je ne m’écarte pas de la vérité de la foi catholique ;

    et puisque vous m’avez accordé la grâce de naître dans cette foi sainte, faites que j’y finisse mes jours pour votre plus grande gloire.

  • La Mort : l’ultime combat (1/5)

    La Mort : l’ultime combat (1/5)

    La mort…nous en parlons bien peu, et pourtant, s’il y a bien un combat à ne pas rater… c’est celui -là ! Laissons à nouveau Lorenzo Scupoli évoquer la chose : 

    De la résistance à opposer aux ennemis qui nous attaquent, au moment de la mort

     mort  Quoique toute notre vie soit ici-bas une guerre continuelle, la journée la plus importante et la plus périlleuse est celle où il nous faudra faire le grand passage du monde à l’éternité. Celui qui tombe en ce moment ne se relève plus. Le moyen à prendre pour vous trouver à cette heure dans de bonnes dispositions, c’est d’employer le temps que Dieu vous accorde à combattre vaillamment. Celui, en effet, qui combat bien durant la vie se prépare, par l’habitude acquise de la victoire, un triomphe facile à l’heure de la mort. De plus, pensez souvent à la mort, considérez-la d’un œil attentif ; c’est le moyen de la craindre moins, lorsqu’elle se présentera, et d’avoir alors l’esprit libre et prêt au combat.

    Les gens du monde évitent cette pensée pour ne pas interrompre le plaisir qu’ils prennent aux choses de la terre : attachés de devoir les quitter un jour serait un tourment pour eux. C’est ainsi que leur affection désordonnée, bien loin de diminuer, va toujours croissant ; et lorsque arrive pour eux le moment de dire adieu à cette vie et à tant d’objets chers à leur cœur, ils sont en proie à un tourment incroyable et d’autant plus horrible qu’ils ont joui plus longtemps des biens qu’ils vont quitter.

    Parfois aussi pour mieux vous préparer à ce moment terrible, représentez-vous seul et sans secours parmi les douleurs de la mort, et considérez les choses que je vais dire et qui pourraient alors vous tourmenter. Puis vous entretiendrez votre pensée des remèdes que je vais vous proposer, afin de vous mettre à même de mieux vous en servir à cette heure de suprême angoisse ; car il faut nécessairement apprendre à bien faire une chose qu’on ne peut faire qu’une fois, de peur de commettre une faute à jamais irréparable.

    Des quatre assauts que nos ennemis nous livrent à l’heure de la mort, et premièrement de la tentation contre la foi et de la manière d’y résister

    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    A suivre…

  • Le champ de bataille de la conversion

    Le champ de bataille de la conversion

    Le combat de notre vie est celui de notre conversion… nous vous proposons quelques extraits du magnifique ouvrage de Mgr Fulton SheenPeace of Soul (1949, McGraw-Hill), qui relate la psychologie de la conversion. nous vous souhaitons le courage pour vous retrouver à la fois captifs et vain­queurs en la Divinité en osant vous désaltérer au calice de Dieu :

    sheenPendant la conversion, l’âme devient le champ de bataille d’une guerre intestine. Le conflit entre le conscient et l’inconscient, entre le Moi et son entourage n’est pas suffisant, car il peut n’être qu’un phénomène psychologique sans signification profonde pour l’âme. (…) La conversion n’est jamais autosuggérée, elle doit survenir grâce à une illumination extérieure. (…) L’âme doit être convaincue qu’elle se trouve entre les mains et au pouvoir d’une Puissance supérieure à la volonté humaine, qu’il existe une Présence devant laquelle l’être est heureux d’avoir fait le bien, et redoute d’avoir péché. Il est relativement de peu d’importance que cette crise, résultant d’un sentiment de dualité, soit soudaine ou graduelle. Ce qui importe, c’est la lutte entre l’âme et Dieu, ce Dieu tout-puissant et qui pourtant ne cherche jamais à anéantir la liberté de sa créature.

    Au cours de la lutte, l’homme a l’impression d’être poursuivi par Quelqu’un qui ne le laisse pas en repos : « la Meute du ciel », comme dit Thompson. Le drame, c’est que l’homme en proie à cette angoisse s’attache souvent à la dissiper, au lieu de se laisser conduire par elle et de s’apercevoir enfin qu’elle est la Grâce agis­sant sur son âme. Car la Voix de Dieu perturbe l’âme afin de la pousser plus avant sur le chemin du salut. Elle l’embarrasse en lui montrant la Vérité et en arrachant tous les masques et les voiles de l’hypocrisie ; et la console aussi, en la réconciliant avec elle-même, avec les hommes et avec Dieu. C’est à l’homme de choisir, de se soumettre ou d’être sourd à la voix qu’il entend. (…)

    Dans cet état de crise l’homme est conscient d’être le terrain où s’affrontent deux grandes puissances. Quant à son âme, elle oscille d’un pôle à l’autre : un murmure la sollicite vers les hauts sommets, tandis qu’une voix forte l’attire vers le bas. Elle hésite entre la crainte de ce que peut réserver l’avenir et l’effroi de conti­nuer à vivre comme dans le présent. L’esprit exige d’elle qu’elle rompe avec ses anciennes habitudes, mais la chair renonce malaisément à ses chaînes. Lorsque le courant de la frustration intérieure et celui de la Miséricorde Divine se rencontrent, l’âme réalise que Dieu seul peut lui apporter ce qui lui manque, et la crise atteint le point crucial où un choix s’impose. La crise elle-même peut revêtir des milliers de formes, selon que l’âme est pure ou impure. Mais, dans tous les cas, elle est un signe que l’âme reconnaît son impuissance à surmonter seule ses conflits et ses frustrations. (…)

    Il y a aujourd’hui dans le monde toute une armée d’âmes vertueuses qui n’ont pas encore atteint le point culminant de leur crise ; tout assoiffés qu’ils soient, ils n’osent pas encore venir se désaltérer au calice de Dieu. Ils ont froid, mais ils craignent de s’approcher de Lui, de peur que Ses Flammes ne les purifient en les illuminant ; ils suffoquent dans le sépulcre de leur médiocrité, mais ils craignent que leur Résurrection ne porte, comme celle du Seigneur, les cicatrices de la lutte. Ils sont nombreux qui vou­draient tendre un doigt vers Notre-Seigneur, et reculent de peur qu’Il ne saisisse leur main tout entière et n’afflige leur cœur. Mais ceux-là ne sont pas éloignés du Royaume. Déjà ils en ressentent le désir. Ils n’ont besoin que de courage pour dépasser la crise et par une apparente abdication, se retrouver à la fois captifs et vain­queurs en la Divinité. (…)

    En conclusion, disons que ce conflit entre la chair et l’esprit, entre la tyrannie de la vie temporelle et l’appel de l’éternité, entre l’amour du plaisir égoïste et le désir de paix spirituelle, nulle âme n’en est exempte. Mais si les êtres ne viennent pas à Dieu plus nombreux, c’est que leur amour pour Lui manque d’urgence et qu’ils ont réservé leurs forces à la satisfaction des désirs inférieurs. Quoi qu’ils fassent, cependant, ils ne pourront jamais lui échapper.

    Toute âme frustrée souffre uniquement de ce qu’elle a refusé d’entendre l’appel de la Divinité. « Il est vain de Le fuir, car Il est partout, Il paraît être votre ennemi, et Il est votre citadelle, Il semble vous frapper, et Lui seul peut vous guérir. »

    Continuerez-vous à fuir jusqu’à ce qu’il soit trop tard ? Mourrez-vous avant que meurent vos péchés ? Ou consentirez-vous à désirer Dieu avant que vos passions ne soient toutes épuisées ? Pourquoi ne pas remettre dès maintenant vos âmes souillées entre Ses Mains Purificatrices ? Il est notre seule Voie, si nous le fuyons nous sommes perdus ; Il est notre seule Lumière, si nous le cachons, nous devenons aveugles. Il est notre Vie, si nous le quittons, nous mour­rons. Est-ce parce que nous craignons que les cendres de notre passé ne nous étouffent à jamais ? Ou parce que nous n’avons rien à donner et que toutes nos années de vie se sont vainement écoulées ?

    Qu’importe ! Si nous ne pouvons pas Lui offrir notre vertu, offrons-Lui du moins notre péché.

    Vous tous qui êtes abattus et déprimés, sachez qu’Il ne vous a mis si bas que pour inspirer le désir de sa grandeur.