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  • Patrimoine et transmission père – fils

    Patrimoine et transmission père – fils

    Faisant écho au week-end Père-Fils des hommes adorateurs de Colmar, il semblait important d’évoquer la notion de patrimoine dans le cadre de la transmission père-fils.

    S’il est – légitimement – fréquent d’évoquer la transmission d’un père vers son fils de caractère d’ordre naturel, de valeurs, de spiritualité, on pense moins souvent à évoquer l’importance de la transmission de ce qu’on nous a nous même transmis : le patrimoine familial.

    Transmettre le 4ème commandement

    Avoir à cœur la transmission du patrimoine est vivre et aider ses enfants à vivre le 4ème commandement : « tu honoreras ton père et ta mère ». Ce commandement est si important que le catéchisme de l’Eglise catholique précise : « Le respect de ce commandement procure avec les fruits spirituels des fruits temporels de paix et de prospérité » (cf. CEC, nos 2197-2200). Loin d’être une considération matérialiste, bien au contraire, c’est remercier les ancêtres pour le dur labeur et souvent les énormes sacrifices qui leur ont permis de garder intact un patrimoine immobilier, des objets patrimoniaux, etc… souvent sans autre désir que de pouvoir transmettre.

    De même que le catéchisme de l’Eglise catholique indique que le patriotisme est un devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité (« L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité« . CEC, no 2239), le respect du patrimoine familial, à moindre échelle mais comme une pierre du patrimoine qu’est notre patrie, est une manière très incarnée de vivre ce devoir de reconnaissance et de charité.

    Mais il ne faut pas oublier que tout cela  serait bien superficiel si le désordre s’installait comme aimer plus le patrimoine que ses proches, que son prochain. C’est là que le patrimoine prend son sens, le matériel devant être au service spirituel. Ainsi le patrimoine doit en permanence être assujetti aux belles relations familiales, être le vecteur des valeurs qui ont pu construire une famille. De même que la citation d’Alexandre Dumas fils  « L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître », le patrimoine doit être au service de la famille, de ses valeurs.  Sa préservation est ce que le Pape François appelle « la culture d’une identité commune, d’une histoire qui se conserve et se transmet. » (Laudato si, §232)

    Faire fructifier ses talents

    Mais faire honneur à ses ancêtres, ce n’est pas figer, par peur d’abîmer, comme l’ouvrier qui a eu peur de son maître dans la paraboles des talents (Matthieu 25, 14-30).

    En deçà de la magnifique portée spirituelle de cette parabole, elle est aussi d’une grande valeur concernant le sujet que nous évoquons. En effet ce n’est pas la peur qui conduit l’action des deux ouvriers qui ont fait fructifier leurs talents, mais l’obéissance, et la confiance envers le maître qui a donné selon leur capacité (on n’est pas dans l’égalitarisme marxiste porté par notre époque).

    Si notre Seigneur nous demande de porter du fruit, car cela fait la gloire de son Père (« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » (Jean 15, 8)), faire fructifier ce nous avons transmis, comme ces bons serviteurs avec les talents, doit toujours être notre perspective. Cette perspective nous empêche d’ailleurs d’être aliénés au patrimoine, puisque nous devons le rendre mobile, l’articuler avec nos proches, avec nos descendants.

    En cela Saint Joseph est un guide certain pour préserver ce patrimoine, comme le Pape François le dit bien dans Laudato si : « Il peut aussi nous enseigner à protéger, il peut nous motiver à travailler avec générosité et tendresse pour prendre soin de ce monde que Dieu nous a confié. » (Laudato si, §242)

    Cela est toujours, bien sûr, à associer au discernement que notre intelligence formée et éclairée par la prière (à genoux devant le Saint Sacrement, chers hommes adorateurs !) doit en permanence mettre en place.

    Dépositaire de la création à travers le patrimoine

    N’oublions pas que tout cela en finalité est une réponse à la mission donnée par Dieu à l’homme, depuis le jardin d’Eden, d’être responsable de la création : « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde« . (Genèse 2, 15)

    Alors que le Pape François demande de préserver « la maison commune » (Laudato si, §13) qu’est la création, comment saurions nous exercer cette prouesse si nous ne sommes pas capable de préserver la maison commune d’une famille ? Evidemment, pour reprendre ses paroles à l’égard de l’environnement, nos attitudes ne doivent pas être « celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats » (Laudato si, §11), qui conduisent à la dilapidation du patrimoine familial et national, mais de nous sentir « intimement unis à tout ce qui existe« , afin que « la sobriété et le souci de protection jaillissent spontanément. » (Laudato si, §11)

    C’est dire que dans la perspective d’un bien à transmettre ou transmis, nous ne devons jamais oublier que « la propriété d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour le faire fructifier et en communiquer les bienfaits à autrui, et d’abord à ses proches. » (Catéchisme de l’Église catholique
    § 2405)

    Que donc la transmission de la préservation de nos patrimoines familiaux, quels qu’ils soient, soit bien présente dans notre éducation, comme le jaillissement d’un acte de gratitude à l’égard de nos ancêtres et de notre Créateur ! 

  • 2eme WE père-fils des hommes-adorateurs de Colmar

    2eme WE père-fils des hommes-adorateurs de Colmar

    Plus d’une douzaine de personnes étaient inscrites pour le WE père-fils qui a eu lieu le 1er septembre 2018

    Le thème retenu cette année était « la transmission » : que signifie transmettre, en quoi consiste cet acte, comment recevoir ce que l’on nous donne et que voulons-nous léguer aux plus jeunes? En tant que père, que grand-père, en tant qu’éducateur, plus généralement en tant qu’homme : nous sommes attendus!

    Le WE s’adressait à tout homme, célibataire, marié avec ou sans enfant, avec petits-enfants…

    ça, c’était pour la tête.

    Et pour les jambes, une superbe trace nous attendait sur le Taennchel, avec bivouac à l’abri Kuetzig Buech.

    Le sentier nous a réservé quelques surprises.

    Les retrouvailles avec nos familles ont eu lieu pour la messe à Notre Dame du Dusenbach à 10h45 dimanche.

    … Vous avez peut-être entendu parler de la famille Viollet : entre 1850 et 2018, on compte dans cette famille 9 religieux partis évangéliser à l’étranger, un saint (Jean-Charles Cornay), une sœur
    martyre en Chine, un dreyfusard catholique, un abbé proclamé Juste… c’est un exemple qui met en lumière que la transmission de la foi, sur plusieurs générations, permet l’éclosion de la grâce !

    A vous de jouer.

    Pour l’équipe d’organisation
    Didier Bresson

  • Les Hommes-Adorateurs de Colmar soutiennent et invitent au pèlerinage des Pères de Dusenbach les 17 et 18 mars !

    Les Hommes-Adorateurs de Colmar soutiennent et invitent au pèlerinage des Pères de Dusenbach les 17 et 18 mars !

    … Avec Saint Joseph, un cœur d’homme

    Départ samedi 17 mars 2018, 10h : Chapelle Notre Dame du Bon Secours à Wintzenheim (121 rue Clémenceau, Wintzenheim)

    Arrivée samedi soir : Sanctuaire Notre Dame du Dusenbach (Ribeauvillé) repas et nuit sur place

    Accompagnement spirituel : Frère Eric Bidot, Capucin (voir vidéo sur facebook)

    Au programme : Marche, topos, prières, confessions, adoration, messe…

    Les familles seront accueillies lors de la messe du dimanche 18 mars, à 10h45, suivie du pique-nique !

    Avec le soutien également des AFC CENTRE-ALSACE.

     

  • 2/3 septembre : c’était le premier WE père-fils des hommes-adorateurs !

    2/3 septembre : c’était le premier WE père-fils des hommes-adorateurs !

    Merci aux hommes adorateurs de Colmar pour cette belle initiative !

    Il est important de prendre le temps de mieux connaître son fils, de tenir toute sa place de père…

    Ainsi, les 2/3 septembre, nous avons pu rejoindre l’aventure pour un baroud père-fils : départ à 14H du col du Calvaire le samedi, au-dessus du lac blanc pour une randonnée sur l’après-midi. Celle-ci nous a conduit par le Tanet et le Gazon du Faing. Des temps collectifs puis père-fils ont alterné au cours de la randonnée.

    Bivouac au lieu-dit des Hautes Huttes pour un temps d’Adoration et la Sainte Messe, en la chapelle sainte Barbe. Puis dîner et veillée. Le lendemain, levée du camps et départ des Hauttes Huttes pour 9h45. Nous nous sommes retrouvés en famille à l’église ND de l’Assomption pour la Messe dominicale à 10h30. Ont suivis, dimanche midi, pique-nique pour les pèlerins et leur famille, avec les paroissiens, dans le parc de l’église.

    Face à l’aventure, le petit garçon puis l’adulte se demandent : en suis-je capable, y arriverai-je ? Tout homme a besoin de savoir « qu’il en est capable ». Sinon il cherchera des réponses pour sa masculinité blessée dans des caricatures, le machisme, ou les compensations (travail, sport, alcool etc …)C’est d’un homme ou dans la compagnie des hommes que le garçon apprend qui il est, et qu’il est validé dans son identité : Voilà pourquoi il faut que tu passes du temps avec ton fils.

    …à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, gratifiant notre ego, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable.

    Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Plus d’info ? C’est ici : Didier Bresson, didierbresson1@gmail.com

  • Pèlerinages des pères de famille 2014 en France

    Pèlerinages des pères de famille 2014 en France

    Dans toute la France, des pèlerinages des pères de famille existent… voici une petite rétrospective de l’année 2014, non exhaustive !

    Année 2014

    Du 13 au 15 juin 2014

    • Pèlerinage des pères de famille de Sainte-Anne d’Auray

    affiche pele auray

    Site : www.sainteanne-sanctuaire.com

    Mail organisation : pele.peme.sainteanne@gmail.com

    Du 21 au 22 juin 2014

    • Pèlerinage des pères de famille d’Ourscamp (60)

    affiche pele ourscamp

    Site : www.serviteurs.org

    Mail organisation : pele.ourscamp@gmail.com

    Du 4 au 6 Juillet 2014

    Là c’est le festival ! Vous avez le choix : 

    • Pèlerinage des pères de famille de Cotignac (83)

    cot

    Site : ppdfcotignac

    Mail organisation : page de contacts

    (Le contingent d’hommes-adorateurs du Luc-en-Provence y sera présent, vous pouvez le contacter ici : contact@hommes-adorateurs.fr )

    • Pèlerinage des pères de famille de Boulogne-sur-Mer (Nord-Pas de Calais, 59-62)

    pele pere nord

    Site : www.pelerinagendboulogne.org

    Mail organisation : pelendb@gmail.com

    • Pèlerinage des pères de famille de Vezelay (89)

    affiche pele vezelay

    Site : www.peresdefamille.org

    Mail : recherchez votre « chapître », les mails y sont associés.

    • Pèlerinage des pères de famille de Vendée (85)

    Diapositive1

    Site : peresdefamille.catho85.org

    Mail organisation : cech.chauveau@wanadoo.fr ou  davigo.loic@neuf.fr

    • Pèlerinage des pères de famille de l’Hérault (34)

    herault

    Site : peres.dauzac.org

    Mail organisation : contact

    • Pèlerinage des pères de famille du Grand-Est (67)

    affiche pele grand est

    Site : www.basiliquemarienthal.fr 

    Mail organisation : ppfgrandest@free.fr

    • Pèlerinage des pères de famille de Saumur à l’Ile-Bouchard (37)

    affiche pele bouchard

    Site : www.ilebouchard.com

    Mail organisation : page de contact 

    • Pèlerinage des pères de famille Fontgombault  –  Pellevoisin (36)

    pele pere pellevoisin

    Site : www.peledesperesindre.wordpress.com

    Mail organisation : peledesperes.indre@gmail.com

    • Pèlerinage des pères de famille Mont Saint Michel

    pele pere mont St michel

    Mail organisation : patrice.henry@bearingpoint.com ; bmellerio@aol.comghcoffin@wanadoo.frolivierduboisbaudry@gmail.comlaurent.portail@dbmail.com

    • Pèlerinage des pères de famille de Montligeon (61)

    pele pere montligeon

    Site : www.peresdefamillemontligeon.fr

    Mail organisation : info@peresdefamillemonligeon.fr 

    • Pèlerinage des pères de famille de Paray (71)

    pele pere paray

    Site : www.pelerinage-saint-joseph71.fr

    Mail organisation : pelerinage-saint-joseph71@laposte.net

    • Pèlerinage des pères de famille de Blain – Pontchateau (44)

    Site : www.peledesepoux.free.fr

    Mail organisation : lavignepierrelouis@gmail.com

    • Pèlerinage des pères de famille de Toulouse (31) vers l’Abbaye d’En-Calcat (81)

    Mail organisation : pelerinage.toulouse@wanadoo.fr

     Du 5 au 6 Juillet 2014

    • Pèlerinage des pères de famille de la Réunion ( La Rényon ) (974)

    affiche pele renyon

    Site : www.eglisealareunion.org

    Mail organisation : peresdefamille974@gmail.com

    Du 21 au 22 Septembre 2014

    • Pèlerinage des pères de famille d’Orléans (45)

    Site : sur www.orleans.catholique.fr

    Diapositive1

    Mail organisation :  à venir…

    • Pèlerinage des pères de famille d’Auvergne (Clermont, Riom, St Etienne, Moulins, Lyon,…)

    pele pere auvergne

    Qui fête cette année ses 25 ans ! Arrivée à Notre Dame de l’ermitage à Noirétable…

    Mail organisation : armel.jahan@9online.fr

    Du 27 au 28 Septembre 2014

    • Pèlerinage des pères de famille en Normandie (76)

    Site : sur www.rouen.catholique.fr

    Organisation : Pierre JULLIEN 06 60 30 47 72 et Renaud de BEZENAC : 06 64 14 84 84

    Du 18 au 19 Octobre 2014

    • Pèlerinage des pères de famille du pays de Gex à l’abbaye de Tamié (73)

    pele pere gex

    Mail organisation :  walter.grandpre@hotmail.com

    Le 18 Octobre 2014

    • Pèlerinage des pères de famille du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron (64) en direction de Notre-Dame d’Abet

    pele pere 64

    Mail organisation :  pelerinage64@gmail.com

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  • Mariage chrétien, comment haïr son père et sa mère ?

    Mariage chrétien, comment haïr son père et sa mère ?

    Nous remercions notre ami Yvan Pelletier, de la Faculté de Philosophie Université Laval de Québec, qui nous permis de publier ce texte sur le couple, qu’il a rédigé en vue de préparer des couples québécois au mariage :

    Le couple chrétien doit se libérer de la vision que le monde transmet habituellement du mariage

    Depuis le début, nous parlons de couple chrétien par ci, de mariage chrétien par là, et nous en promettons des merveilles. Peut-être que tu te dis que tu en connais en masse des couples mariés chrétiennement, et que ça ne les sauve pas de grand chose. Peut-être même que tes parents, mariés chrétiennement, ont abouti à un divorce et que cela t’handicape profondément, face à des relations d’amour avec un homme, avec une fem­me. Mais attention! Qu’est-ce que c’est que cela, un cou­ple d’esprit chrétien ? C’est quelque chose de merveilleux, mais que vous ne pouvez pas imaginer, tellement c’est différent de ce qu’on voit. Moi, je te dis: peut-être que tu n’as jamais vu un couple chrétien, tellement c’est rare, un couple véritablement animé par l’esprit de Jésus Christ. Un cou­ple chrétien, ça ne se fait pas par magie ; il ne suffit pas d’une cérémonie de mariage à l’église, en robe blanche et nœud papillon, avec les fleurs et les chants d’amour. Il ne suffit pas d’une bonne volonté ignorante. La foi vient de la prédication ; la mentalité chrétienne aussi, jusque dans le mariage

    Pour être à même de comprendre ce qui constitue le couple chrétien, il faut se libérer de la vision que le monde transmet habituellement du mariage. C’est dans la Parole de Dieu que nous pouvons trouver la nature chrétienne du couple, c’est-à-dire le plan de Dieu sur le couple.

    Le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme, et il dit : l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair.  (Mt 19, 4-5)

    pereQuitter son père et sa mère, cela ne se limite pas au fait matériel de sortir de leur maison. Pour te marier vraiment, pour faire un avec ta fem­me, tu as besoin de te libérer de l’attachement aux us et cou­tumes de ta première fa­mille, de rompre avec toutes les vraies et uniques façons de faire les choses ; sinon, tu vas toujours chercher à les imposer à ton conjoint comme la seule vérité : il n’y a qu’une seule façon et un seul temps correct de faire la vaisselle ! de faire le ménage ! le lavage, ça se fait le lundi à cinq heures du matin ! on ne se crie pas d’une pièce à l’autre ! ma mère faisait bien mieux la tarte au sirop que toi ! c’est ma mère qui fait les meilleurs spaghettis de Québec ! on met ses bottes talons au mur ! on ne se lève pas de table, on demande ce dont on a besoin ! Un mariage, c’est la rencontre de deux éduca­tions différentes, de deux mondes différents : il faut que ces deux mondes cessent d’exister pour qu’une nouvelle famille naisse, dans une communion véritable, et que le mari et la femme fassent véritablement une seule chair. Ta famille, dorénavant, c’est ta femme et tes enfants ; pas ton père et ta mère et tes frè­res et tes sœurs ; ça, c’est la famille de ton père.

    La rupture avec les parents doit être pro­fon­de, pour que le mariage devienne chrétien

    Tu sous-estimes certainement comment cette rupture doit être pro­fon­de, pour que le mariage devienne chrétien. Jésus, en tout cas, ne mâ­che pas ses mots:

    Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère… il ne peut être mon disciple. (Lc 14, 26)

    Qu’est-ce que c’est que cette haine de ton père et de ta mère si indispensable pour que tu sois chrétien, spécialement dans le mariage ? Haïr, ici, c’est renoncer à l’affection de tes parents, c’est ne plus ressentir un besoin absolu de leur approbation, de manière à pouvoir entrer dans une nouvelle réalité, dans un nouveau critère : la volonté de Dieu. Haïr tes parents, comme te le demande Jésus Christ, c’est le détachement de tes parents qui va te permettre, malgré leurs reproches, leurs pointes, ou n’importe laquelle de leurs réactions, en encourant même le risque qu’ils s’imaginent que tu ne les aimes pas ou même que tu les hais, de renoncer aux modèles païens du mariage qu’ils t’ont transmis et que tu as spontanément tendance à reproduire.

    Enfants de parents divorcés ?

    Car, quelle conception du mariage hérites-tu de tes parents et de la société qui t’entoure ? Tes parents sont-ils divorcés ? Alors tu portes une blessure affective grave : c’est presque impossible pour toi de croire à l’amour, à un amour qui dure. Car, là où tu aurais dû voir l’expérience de l’amour, tu as vu l’échec. Au fond de toi, le mariage conduit au divorce. Tu en as peur: “Suis-je normale de ne pas trop croire au mariage, ni à l’amour de mon ami ? Mes parents se sont mariés quand j’avais 7 ans et divorcés quand j’en avais 14.” Même s’ils ne sont pas divorcés, peut-être te conseillent-ils de ne pas te marier, pour avoir moins d’embarras quand ça va flopperOu de ne pas te marier tout de suite, d’essayer un peu avant. Or cela, c’est loin du couple chrétien!

    Haïr ses parents, c’est permettre une création si neuve que tu ne peux même pas la concevoir

    Comment as-tu vu tes parents ? Des personnes égales ? parallèles ? indépendantes ? Qui décidait, au fond, chez toi? N’était-ce pas ta mère, comme dans beaucoup de familles québécoises, qui fonc­tionnent sur le mo­dè­le d’un ma­triar­chat infor­mel ? Quelle était la valeur dominante, chez vous ?  que personne ne soit dérangé ? le confort ? la liberté de chacun ? Ta famille était-elle une juxtaposition de personnes qui vivent en parallèle, en tâchant de ne pas se nuire ? Haïr, c’est renoncer aux modèles que tu as reçus au sujet du mariage, aux modèles sur la façon d’être époux, épouse, père ou mère. Car ce que Dieu veut faire avec toi, si tu le veux, c’est une création si neuve que tu ne peux même pas la concevoir. Aussi, pour écouter ce qui suit, tu dois quitter tes schémas, tes idées préconçues, comme Abraham, qui a tout quitté pour entrer dans l’inconnu, avec Dieu pour guide.

    On a besoin d’haïr tout cela pour retrouver la vision biblique, judéo-chré­tienne, du couple. Comme à Abraham, il t’est dit : « Quitte ton père et ta mère, pour aller dans le pays, dans le mariage que je te montrerai. »

    à suivre…

  • Autorité paternelle et vouvoiement (1/2)

    Autorité paternelle et vouvoiement (1/2)

    pere familleAfin de nous aider à réfléchir à la notion d’autorité paternelle, et afin que cette réflexion s’inscrive dans la réalité de chaque famille, voici un extrait de l’ouvrage « le bénédicité » de Mgr Gaume, où il évoque le vouvoiement… Cet extrait aura au moins le mérite de mettre en perspective nos habitudes familiales à la lumière de l’histoire… sinon plus ! bonne méditation.

    Dégradé par le matérialisme, le langage de la famille a été déformé par la Révolution. La déformation particulière dont je veux te parler, c’est le tutoiement des père et mère par les enfants. Comme la révolution des mots n’est pas moins grave que celle des choses, je vais te signaler ce qu’il y a de choquant et d’antisocial dans cette formule révolutionnaire. Rappelons d’abord quelques vérités incontestables. La famille est la base de la société, qui n’est elle-même qu’un assemblage de familles. Ainsi, tant vaut la famille, tant vaut la société. La base de la famille, c’est l’autorité paternelle. Tant vaut l’autorité paternelle, tant vaut la famille. Que l’autorité paternelle soit respectée comme elle doit l’être, non-seulement la famille, mais la société même assure son existence et sa prospérité.(…)

    Par la raison contraire, toute nation chez laquelle s’affaiblit l’autorité paternelle, est une nation qui marche à sa ruine. Or, le respect de l’autorité paternelle n’est pas seulement dans les actes, il est dans les mots. Il n’est même dans les actes, que parce qu’il est dans les mots. De là viennent, chez les peuples chrétiens, les formules respectueuses placées dans la bouche des enfants, pour parler à leur père et à leur mère.
    Au nombre de ces formules la plus universelle et la plus caractéristique, est le Vous, au lieu du Tu. Je dis la plus universelle, jusqu’en 1792, elle régna seule dans toute la France. Elle se conserve encore dans presque toutes les provinces, parmi les populations de la campagne. Les villes elles-mêmes comptent encore un bon nombre de familles demeurées fidèles à l’ancienne tradition.

    Elle existe encore, sans exception, en Espagne, en Italie et même en Angleterre. Dans ce dernier pays, le plus traditionaliste de l’Europe, le tutoiement est inconnu. Si fiers qu’ils soient, jamais un maître, ni une maîtresse de maison, ne disent tu à leurs domestiques. Jamais un père ni une mère de famille ne disent tu à leurs enfants. Jamais, au grand jamais, la bouche d’un enfant ne s’est ouverte pour dire tu à son père ou à sa mère, ni même à ses frères ou à ses sœurs. Le contraire serait regardé comme une énormité, comme un odieux manque de respect et une absence complète d’éducation (1).

    Autrefois, il en était de même parmi nous. Au siècle de Louis XIV, qui passe pour l’époque la plus polie de notre histoire, le vous était universellement employé. Madame de Sévigné qui, sans doute, connaissait l’usage de la bonne compagnie, ne manquait pas de s’y conformer. En écrivant à sa fille, jamais elle ne la tutoie. Je t’ai dit que le vous est la formule la plus caractéristique du respect. Forcément elle exprime les rapports naturels de subordination d’une part, et d’autorité de l’autre ; par conséquent le respect de l’inférieur, pour tout ce qui lui est supérieur, soit par la nature, soit par l’âge, soit par la position sociale. Telle est l’autorité de cette formule, fondée sur le sentiment des convenances, que, même aujourd’hui on regarderait avec raison comme un homme mal élevé, pour ne rien dire de plus, celui qui oserait y manquer en parlant à un supérieur quelconque, à un vieillard ou même à un étranger.

    Dans le but de tout détruire et de tout refaire à son image, la Révolution française supprima le Vous, qu’elle ordonna de remplacer par le Tu. Cette formule d’une égalité sauvage, passa dans la langue officielle. Par crainte, par distraction ou par tout autre motif inconscient, quelques familles urbaines, d’ailleurs respectables, la laissèrent pénétrer dans leur foyer. C’est ainsi qu’on laissa baptiser les enfants, sous les noms des dieux païens, des déesses païennes, des héros païens et même des plantes. J’ai connu un chrétien de ce temps-là, qui répondait au nom de Carotte, parce qu’il était né le jour consacré à ce précieux tubercule.
    A l’époque actuelle, où la religion du mépris fait de si désolants progrès, où l’on travaille avec fièvre à nous ramener aux jours de 93, il nous semble plus urgent que jamais de protester contre le tutoiement,du moins dans le langage des enfants à leur père et à leur mère. Pour bannir à tout jamais cette formule, triste héritage de la Révolution, il suffit de montrer :

    1. qu’elle est honteuse dans son origine;
    2. absurde en elle-même
    3. funeste dans son application
    4. souverainement humiliante pour les pères et mères.

    Telle est, mon cher ami, la thèse que je prétends démontrer dans ma prochaine lettre. Comme tu peux en juger, ma démonstration ne manquera pas d’un certain intérêt ; demande à Dieu qu’il daigne la couronner de succès,

    SUITE

    (1) En parlant à Dieu, le Tu est employé dans les prières, à cause du Tu dans le latin. Il paraît que les plus anciennes traductions catholiques de la Bible en anglais emploient le Vous. Les Puritains protestants ont sans doute cru de bon goût et d’une plus scrupuleuse exactitude de se servir du Tu. — Au reste, qu’il en soit ce que l’on voudra, de cette exception ou d’autres encore, il est certain que dans notre langue française, le Vous est la forme obligée du respect.