Étiquette : alcool

  • Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    stewart

    Et pour fêter dignement chaque Jour du Seigneur, si la messe est indispensable, faire de ce jour un jour de joie est également fondamental !

    Savez-vous que G.K. Chesterton rappelait que :

    Dans le catholicisme, la pinte, la pipe et la croix peuvent faire bon ménage.

    En cela, il s’inscrit dans une longue tradition catholique qui met en valeur les mets que Dieu nous permet de déguster. Par exemple, Saint Arnould, patron des brasseurs, disait :

    Issue de la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu, la bière est venue dans le monde.

    Pourtant dans notre société de culpabilisation (hélas, souvent à mauvais escient), fumer, boire… tue ! Le catholicisme à nouveau prend tout le monde à contre pied, en distinguant, donc en usant de la raison, et en rendant grâce. Pour illustrer notre propos, voici une autre citation de Chesterton :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le vin en n’en buvant pas excessivement.

    L’ordre qui aide à distinguer doit toujours être tendu comme une flèche vers Dieu ! Donc lorsque je bois, je remercie Dieu, je lui rend grâce,

    1. par mes paroles audibles et silencieuses de remerciement
    2. par l’action de ma volonté qui me permet d’exercer librement la vertu de la tempérance. D’ailleurs, si vous sentez que votre volonté commence à faiblir, en disant des choses que vous ne vouliez pas dire, en perdant une saine retenue, et ne sachant pas refuser un autre verre : Arrêtez tout !
    3. par l’amitié, en buvant en bonne compagnie, avec des frères, j’oserai dire des frères d’arme qui combattent le même combat, celui de la sainteté. L’élément à rechercher est donc toujours celui de la convivialité.

    Pour résumer, l’art de boire catholique existe bien, il conduit à partager de bons moments, de bons amusements, parfois des chaudes larmes,  mais toujours dans la vraie joie et en étant plein de gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne tant de choses merveilleuses, comme par exemple la bonne bière et le vin !

    Je laisse à Lorenzo Scupoli le soin de finir cet article, grâce à ce passage de son ouvrage « le combat spirituel » :

    Lorsque vous mangez ou que vous buvez, considérez que c’est Dieu qui donne la saveur à la nourriture, et ne prenant votre plaisir qu’en lui seul, dites-vous à vous-même :

    Réjouis-toi, mon âme, à la pensée qu’il n’y a point en-dehors de Dieu de contentement véritable, mais que, d’un autre côté, tu peux en toutes choses te réjouir uniquement en lui

    Bon Noël !

  • Anniversaire des hommes-adorateurs : Trinquons catholique !

    Anniversaire des hommes-adorateurs : Trinquons catholique !

    Photo Alex

    Déjà un an ! Trinquons ensemble donc !

    L’Encyclopædia Britannica fait remonter cette origine à l’antiquité :

    La coutume de boire la « santé » de la vie provient probablement de l’ancien rite religieux de boire en l’honneur des dieux et des morts. Au repas des Grecs et des Romains libations aux dieux, et banquets cérémoniels bu en l’honneur des dieux et des morts , en ajoutant la boisson à la santé de la vie doit avoir été étroitement liée à ces pratiques qui sont maintenant essentiellement devenus des libations

    Plus tard, au Moyen-Âge, à une époque ou l’empoisonnement dans la nourriture ou dans la boisson pouvait se produire lors de banquets où se trouvaient des ennemis, échanger un peu de son breuvage avec la personne en compagnie de laquelle on buvait était un signe de confiance mutuelle. Chacun devait ensuite boire la première gorgée en fixant l’autre dans les yeux afin de prouver qu’il n’avait pas de mauvaise intention.

    Ce serait suite à cette habitude que la tradition de cogner les verres remplis, permettant un échange de liquide entre les verres, serait parvenu jusqu’à nous. On attribue l’expression « tchin tchin » au bruit du choc des verres et celles concernant les vœux de santé à l’empoisonnement manqué. (toutefois d’autres versions existent)

    Pour nous catholiques, trinquer est également important et… bien plus encore !

    Les 5 sens en éveil

    Comme nous vous le rappelions dans l’article « l’art catholique de déguster le whisky« , Saint Thomas d’Aquin, le docteur angélique, écrivait :

    Nihil est in intellectu quod non sit prius in sensu. (Rien n’est dans l’intellect qui ne soit d’abord passé dans les sens)

    De Veritate, De veritate, Questio 2, art. 3, argumentum 19

    Si les 4 sens du toucher, du gout, de la vue et de l’odorat sont remarquablement en éveil durant la dégustation du verre, l’ouïe elle aussi est en éveil grâce à l’action de trinquer. Ainsi, en plus de mettre ses 5 sens en éveil, nous nous habituons à acquérir la condition indispensable à toute recherche de Vérité : l’encrage dans le réel, laquelle est la base de la scolastique,  » l’instrument nécessaire pour percer les confusions et dissiper les sophismes. » (Saint Pie X, Pascendi, 58)

    Une fois encore, grâce au verre qu’il tient à la main, le catholique peut pourfendre l’hérésie ! (petit rappel à l’usage des personnes bien intentionnées : nous ne pourfendons pas l’hérétique, nous buvons avec lui, et nous l’aimons !)

    L’action de grâce

    Pourquoi donc, l’antique coutume de boire en l’honneur… de Dieu serait-elle devenue obsolète ? Si le rapport au Réel via nos cinq sens nous permet d’avancer vers la Vérité, nous devons aussi regarder le réel en tant qu’il est connaissable à la lumière de la Révélation divine, c’est-à-dire de la la Parole de Dieu, la Sainte Bible. C’est ainsi porté par le don de la Foi (Seigneur, augmente en nous la Foi !) que nous pouvons remercier Dieu pour le bienfait qu’il nous procure sous la forme de la boisson dégustée, mais également pour la grâce de pouvoir la déguster entre frères.

    Libre à nous de trouver la formule, sachant que si elle est brève, elle pourra facilement être répétée par les convives. Par exemple vous pouvez dire :

    Ad Honorem Jesu ! (En l’honneur de Jésus)

    ou alors, en mémoire aussi des Cristeros, crier (plus ou moins fort, cela dépend de vos relations de voisinage):

     ¡Viva Cristo Rey! (Vive le Christ Roi !)

    … afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers ! et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. (Ph 2, 10-11)

    Quelle merveille d’avoir la grâce d’être catholique, vous ne trouvez pas ?

    (Merci au Père Alexandre Morard, de Point Cœur, pour la photo d’illustration. Cela lui vaudra de pouvoir encore trinquer en notre compagnie)

    art boire

  • De la mesure à garder dans le boire

    De la mesure à garder dans le boire

    Pour fêter aujourd’hui la Saint Benoît, voici des éléments de réflexion sur l’art de boire catholique, éclairé par la sainte Règle, fin de pouvoir boire en son honneur !

    sous bock grand - Copie

    De la mesure à garder dans le boire

    « Chacun a reçu de Dieu un dont qui lui est propre, en sorte que la disposition de l’un n’est pas celle de l’autre. » Et c’est pourquoi nous avons un certain scrupule à fixer par des règlements le vivre d’autrui. Toutefois, considérant les exigences des santés délicates, nous accorderons une hémine de vin à chacun comme portion suffisante pour la journée. Mais les frères auxquels Dieu donnerait d’en supporter la privation, peuvent être assurés d’en recevoir la récompense. Au contraire, Si les nécessités du climat, si un travail exceptionnel ou les chaleurs estivales réclament un supplément, le supérieur en jugera et décidera : surtout, qu’il soit prudent et n’accorde pas le vin à volonté, de peur qu’on ne soit gagné par l’ivresse. Sans doute lisons-nous que le vin n’est nullement fait pour les moines, mais il n’est guère possible de les en persuader dans les temps où nous vivons. Convenons du moins de n’en pas boire à satiété, mais de rester en deçà, car le vin fait déraisonner même les sages.

    Là où les conditions du pays demandent qu’on renonce à se procurer la mesure fixée plus haut, parce que le vin est rare ou qu’il n’y en a pas du tout, ceux qui habitent cette région devront bénir Dieu et se bien garder de murmurer. C’est vraiment notre suprême recommandation, qu’on se tienne franc de tout murmure. 

  • L’art catholique de déguster le Whisky

    L’art catholique de déguster le Whisky

    Très bonne lecture de notre article (très apprécié !) sur l’art catholique de déguster le whisky… Ad honorem Jesus !

    Adeptes de l’art de boire catholique, la fameuse troisième voie entre l’abstinence craintive et la consommation excessive, nous vous proposons un article qui vous invite à déguster un des merveilleux bienfaits dont notre Seigneur nous a gratifié : le whisky. L’art de boire le whisky est un art thomiste, c’est à dire emprunt de réalisme philosophique. Nous osons même dire qu’en dégustant convenablement un bon whisky, nous prenons de bonnes habitudes qui peuvent permettre à notre intelligence de mieux fonctionner, condition importante pour devenir « Coopérateur de la Vérité » (3 Jn 8), de cette « Vérité qui rend libre » (Jean 8, 32), de cette Vérité qui est Jésus Christ (Jean 14, 6). La lecture de cet article doit être emprunt de la connaissance et de la mise en pratique de la vertu de tempérance, bien sûr !

    L’éducation des sens est donc un principe très catholique au service de la Vérité car, comme l’écrivait Saint Thomas d’Aquin :

    Nihil est in intellectu quod non sit prius in sensu. (Rien n’est dans l’intellect qui ne soit d’abord passé dans les sens)

    De Veritate, De veritate, Questio 2, art. 3, argumentum 19

    whiskyUn bon whisky se déguste donc avec ses 5 sens, en action de grâce pour la beauté de chaque information qui pénètre notre intelligence par chacun de ces sens.

    Avant de se lancer dans la dégustation, il est important d’avoir :

    • Le whisky (!)
    • Un verre tulipe incolore, qui permet de conserver les arômes et d’apprécier visuellement le whisky. (le verre tulipe à couvercle étant le nec plus ultra !)
    • Les amis avec lesquels nous devons savourer ces bons moments et échanger nos impressions.

    Commençons par l’audition et le toucher : s’ils n’apparaissent généralement pas dans les descriptifs de dégustation, ils ont leur importance également :

    L’ouïe : Seigneur, nous te rendons grâce pour ce que tu  nous permets d’entendre

    C’est par ce sens que commence et finit toute dégustation : tout d’abord en écoutant le bruit de l’ouverture de la bouteille, puis celui du whisky qui coule doucement dans le verre, enfin les échanges entre amis sur la qualité du breuvage.

    Le toucher : Seigneur, nous te rendons grâce pour ce que tu nous permets de sentir par le toucher

    Ce sens est en contact avec le verre à dégustation, nous rassurant sur un choix correct.

    Viennent ensuite les sens classiques de la dégustation :

    La vue : Seigneur, nous te rendons grâce pour ce que tu nous permets de voir

    Distillery Speyside ScotlandCe sens nous permet de nous émerveiller devant :

    • la couleur qui s’observe en regardant a travers le verre incolore rempli une source de lumière. Une fois l’émerveillement et l’action de grâce passé, sachez que la couleur peut nous donner des informations sur le type de fût dans lequel le whisky a vieilli, ainsi que sur son âge (le whisky non vieilli, new spirit, est incolore à sa sortie de l’alambic).
    • la viscosité du whisky qui s’apprécie en observant les traces laissées à la surface du verre (appelées « jambes » ou legs en anglais) lorsqu’on l’agite dans un mouvement circulaire. Prenons garde une fois encore de ne pas analyser trop vite, mais simplement de nous émerveiller tel un enfant. Sachez toutefois que la viscosité nous donne des indices sur le type de fût utilisé et sur la durée de vieillissement.

    L’odorat : Seigneur, nous te rendons grâce pour ce que tu nous permets de sentir

    Ce sens nous donne des informations étagées via :

    • le premier nez qui permet de déceler les arômes les plus volatils en plaçant son nez plus ou moins loin du verre sans effectuer de mouvement de main.
    • le second nez  qui permet de déceler d’autre arômes en effectuant des mouvements rotatifs avec le verre. On peut également recouvrir le verre quelques secondes avec sa main (ou avec le couvercle si vous avez un verre tulipe à couvercle) afin de concentrer ces arômes. On conseille généralement de laisser tomber une à deux gouttes d’eau dans le whisky en mouvement afin qu’il « s’ouvre », l’idéal étant d’ajouter de l’eau de la source ayant servi à brasser le whisky (difficile si on ne déguste pas à la distillerie !).

    Addendum : Suite à de judicieuses remarques de @MichelJanva et @phmaxence, je précise que les hommes-adorateurs ne mettent pas cette goutte d’eau, non pas qu’ils ne veulent pas « ouvrir » le whisky, mais simplement pour ne pas risquer de gâcher ce qui sera perçu par l’ultime sens qui couronne la dégustation :

    Le goût : Seigneur, nous te rendons grâce pour ce que tu nous permets de goûter

    Ce sens nous donne des informations également étagées :

    • l’attaque en bouche est le moyen de distinguer les whiskys gras des secs. Il sert également à évaluer l’harmonie du whisky entre sa saveur  et l’approche olfactive précédente.
    • le milieu de bouche permet de détailler les qualités du whisky. Si celles-ci se renforcent, on le qualifie de linéaire, si par contre elles changent, on le dit complexe ;
    • la finale conduit à apprécier la longueur du whisky ainsi que le retour de nez. Ce dernier est un mécanisme de la perception olfactive qui permet de sentir les aliments une fois dans la bouche. C’est l’ultime partie de la dégustation qui peut parfois réserver de très bonnes surprises !

    Comme toute soirée entre amis peut et doit se terminer par une prière de remerciement, des telles dégustations appellent à coup sûr une grande action de grâce, la tempérance étant déjà une belle action de grâce en soi.

    cherterbellPour finir et pour sourire, une petite histoire (probablement inventée) qui met en scène nos amis G.K Chesterton et Hilaire Belloc :

    Lors d’une excursion en Ecosse, ils décidèrent de se prêter à une expérience de dégustation de whisky.

    Le premier soir, ils commandèrent chacun un whisky « basique » mélangé à 50% avec de l’eau de source. Ils renouvelèrent l’expérience plusieurs fois, jusqu’à tard dans la nuit et se couchèrent. Le lendemain matin, ils eurent mal à la tête.

    Le second soir, ils commandèrent cette fois-ci chacun un irish-whiskey mélangé à 50% avec de l’eau de source. Ils renouvelèrent l’expérience plusieurs fois, jusqu’à tard dans la nuit et se couchèrent. Le lendemain matin, ils eurent mal à la tête.

    Le troisième soir, ils commandèrent chacun un Single Malt Scotch Whisky mélangé à 50% avec de l’eau de source. Ils renouvelèrent l’expérience plusieurs fois, jusqu’à tard dans la nuit et se couchèrent. Le lendemain matin, ils eurent mal à la tête.

    Ils en conclurent que l’eau de source était de mauvaise qualité.

     

  • L’art perdu de boire catholique.

    L’art perdu de boire catholique.

    frassattiNous remercions Sean P. Dailey de nous avoir permis de traduire son article « The lost art of catholic drinking », et de le publier ici-même ! Vous remarquerez l’opposition catholique/protestant : si elle est pertinente, elle est aussi le reflet de la société américaine. Notre lecture française peut nous faire penser à l’opposition catholique/laïque…

    Une dédicace également au Bienheureux Pier Georgio Frassati (en photo) qui aurait certainement apprécié l’article !

    « Boire protestant ou boire catholique, la différence est plus qu’une simple notion de quantité . Je n’ai pas de données scientifiques pour appuyer mes propos, et je n’ai pas non plus d’études officielles. Mais j’ai fait un bon bout de, dirons-nous , »études informelles », ce qui, pour une hypothèse de ce genre est probablement la meilleure voie.

    Pour commencer, qu’est-ce que « boire catholique » ? Notion difficile à cerner, mais voici un exemple historique.  Saint- Arnold ( 580-640 ), également connu sous le nom de Saint Arnould de Metz (voir notre article : Saint Arnould et la multiplication de la bière), était évêque de Metz au septième siècle. Très apprécié par ses contemporains,  il aurait prêché contre l’eau, qui, à son époque, pouvait se révéler extrêmement dangereuse en tant que boisson, en raison d’égouts insalubres – ou l’absence de système d’assainissement. Dans le même temps , il souvent vanté les avantages de la bière et lui est attribuée la phrase :

    De la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu , la bière est venu dans le monde.

    Sages paroles , et le troupeau de Saint Arnold les appréciait . Après sa mort , le bon évêque fut enterré dans un monastère près de Remiremont , en France, où il s’était retiré . Cependant , il manquait à son troupeau et il pu revinir après de ses ouailles, en 641, après que ces derniers eurent obtenu l’approbation d’exhumer ses restes.  Ils le portèrent donc en procession vers Metz en direction de la basilique des Saints-Apôtres. Sur le chemin, un jour de grande chaleur, les pèlerins eurent soif et s’arrêtèrent dans une auberge afin de déguster une bonne bière. Malheureusement , l’aubergiste n’avait de quoi remplir qu’un seul godet, à partager entre tous. Les processionnaires décidèrent donc de boire à ce même godet chacun leur tour … et chacun fut rassasié !

    Que les choses soient claires : je ne dis pas que l’alcool catholique implique des miracles, ou qu’un miracle devrait se produire chaque fois les gens se réunissent pour en boire. Mais une bonne bièrecomme du bon vin d’ailleurs – est un petit miracle en soi , étant un don de Dieu à ses créatures qu’Il aime . Et comme l’a écrit GK Chesterton dans son ouvrage « orthodoxy » :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le bordeaux en ne buvant pas trop d’eux .

    En d’autres termes , nous montrons notre gratitude à Dieu pour le vin et la bière en profitant de ces choses , dans la bonne humeur et une ambiance chaleureuse, mais ne pas en consommer excessivement .

    Tout ce qui constitue la notion d’excès, c’est à chaque personne d’en juger. C’est pourtant à ce moment là que peut apparaître la principale différence entre la consommation d’alcool chez les catholiques et chez les protestants. La consommation protestante peut conduire aller d’un extrême à l’autre : oscillant de trop à pas du tout, chacune étant une réaction à l’autre.

    • Certaines personnes , à juste titre, ne supportant plus le moralisme intransigeant des béats de l’abstinence, se mettent à boire de manière excessive .
    • D’autres, à juste titre également,  effrayé des habitudes malsaines des ivrognes, pratiquent une abstinence stricte .

    Mais il est vrai que chacune des deux parties semble en rester à la réaction, sachant qu’une  réaction n’est pas une solution. En y réfléchissant un peu , ils pourraient voir une troisième voie où ne se trouve ni ivresse ni abstinence, mais compatible avec une vie saine, honnête, une vie chrétienne équilibrée.

    C’est ici qu’apparaît l’art de boire catholique, la fameuse troisième voie, une voie qui nous engage dans des habitudes ancestrales appréciées par tout le monde, allant des paysans aux empereurs jusqu’à Jésus lui-même. et la spécificité de cette voie n’est pas en premier lieu une question de quantité. Je pense plutôt que l’élément principal est la convivialité . Quand des amis se réunissent pour boire un verre, que ce soit pour célébrer ou pour faire un deuil, cela doit toujours être pour vivre un temps en compagnie des autres. (Oui , il y a un temps et un lieu pour une bière solitaire, mais c’est l’exception.)

    Par exemple : Les interventions à la « conférence annuelle de Chesterton » ne sont elles-mêmes pas plus importantes que les discussions interminables qui s’en suivent, accompagnées de bière et de vin (même si nous avons tendance à adhérer à la règle de Hilaire Belloc, qui est d’éviter les boissons alcoolisées développées après la Réforme). Suite à ces rassemblements qui durent jusqu’à tard dans la nuit, nous tombons généralement dans le lit « agréablement cuits ». Je ne peux pas imaginer une conférence Chesterton sans cela. Et pourtant, je sais également combien il serait préjudiciable que nous retournions dans nos chambre complêtement ivres…

    Évitez chaque extrême – c’est comme ça que vous pourrez boire comme un catholique. C’est bien là l’art de boire catholique. Il y a beaucoup de nos frères qui considèrent une boisson alcoolisée en quelque sorte comme immorale , et beaucoup d’autres qui pensent que sa consommation doit se terminer par une belle gueule de bois. Mais l’approche équilibrée l’approche catholique – signifie passer un bon moment, bien rire, parfois pleurer un bon coup, mais toujours avec joie et gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne des merveilles telles que la bière et le bordeaux .

    Rappelez-vous que l’art perdu de boire catholique … ne peut rester perdu !  »

    – Vous avez aimé cet article ?

    Vous aimerez certainement :

     

  • La tempérance pour devenir un homme

    La tempérance pour devenir un homme

    La tempérance, maîtrise de soi, est une vertu à cultiver,  voici la définition qu’en donnait Jean-Paul II lors de l’audience du 22 novembre 1978.

    temp« On ne peut être vraiment prudent, ni vraiment juste, ni vraiment fort, si l’on ne possède pas aussi la vertu de tempérance.

    On peut dire que cette vertu conditionne indirectement toutes les autres vertus. Mais il faut dire aussi que toute les autres vertus sont indispensables pour que l’homme soit tempérant (ou sobre). Le terme même de tempérance semble se rapporter en quelque sorte à ce qui est hors de l’homme.

    En effet, est tempérant, dit-on, celui qui n‘abuse pas de nourriture, de boisson, de plaisirs, celui qui ne boit pas trop d’alcool, qui ne laisse pas sa conscience s’anéantir par la drogue, etc. Cette référence à des éléments extérieurs à l’homme a son fondement dans l’homme.

    C’est comme si en chacun de nous existait un moi supérieur et un moi inférieur. Dans notre moi inférieur s’exprime notre corps et tout ce qui lui appartient : ses besoins, ses désirs, ses passions, celles des sens avant tout. La vertu de tempérance permet à chaque homme de faire triompher son moi supérieur sur son moi inférieur. Est-ce là une humiliation de notre corps ? Une diminution ? Non, au contraire ! Cette maîtrise met en valeur le corps. La vertu de tempérance fait en sorte que le corps et nos sens trouvent la juste place qui leur revient dans notre être humain. Possède la vertu de tempérance celui qui sait se maîtriser, celui qui ne permet pas à ses passions de l’emporter sur la raison, sur la volonté et aussi sur le coeur. L’homme qui sait se maîtriser ! S’il en est ainsi, il est facile de comprendre la valeur fondamentale et le caractère indispensable de la vertu de tempérance. Oui, elle est indispensable pour que l’homme soit pleinement homme.  »

     

  • Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    fathers-day-beer-lgNous, catholiques, devons savoir comment boire de l’alcool. Car les boissons alcoolisées, comme toutes les bonnes choses, peuvent devenir des objets d’abus, et peuvent entraîner dans l’enfer de l’alcoolisme toute personne qui n’exerce pas la vertu de la tempérance.

    Existe-t-il des règles qui permettent de se délecter de nos bons nectars nationaux et internationaux sans risquer de tomber dans l’alcoolisme ? Nous avons pu trouver une règle écrite par G.K. Chesterton, qui ne manquait pas une occasion de faire fonctionner sa raison, éclairée par sa foi. Voici ses conseils pour profiter sainement des boissons alcoolisées :

    La bonne règle en cette matière apparaîtra sans doute à l’exemple de beaucoup de bonnes règles comme un paradoxe. Buvez parce que vous êtes heureux, ne buvez jamais parce que vous êtes malheureux, ne buvez jamais lorsque vous vous sentez misérable sinon vous ressemblerez aux pauvres buveurs de « Gin » des bas quartiers, mais buvez au contraire alors que vous pourriez être parfaitement heureux sans boire, et vous ressemblerez aux joyeux paysans italiens. Ne buvez jamais parce que vous en avez besoin, car ce serait boire d’une manière rationnelle, c’est le chemin le plus sûr de la mort et de l’enfer, buvez au contraire parce que vous n’en avez pas besoin car c’est irrationnel et c’est l’antique santé du monde. »

     

  • Monseigneur Rey bénit les débits de boissons

    Monseigneur Rey bénit les débits de boissons

    rey domEn cette période de préparation de la fête de Noël, Monseigneur Rey, sous la paternité duquel sont les Hommes-Adorateursa bénit des commerces du centre-ville du Muy (83), dont les débits de boissons.

    C’est une bonne occasion se rappeler les règles du bien boire de Chesterton, afin de toujours conserver la noblesse qui doit être celle du catholique, y compris pendant les fêtes. Et puis, n’oublions jamais de rendre grâce à Dieu pour nos si bons breuvages !

    La bénédiction officielle de la bière 

     

  • Saint Arnould et la multiplication de la bière

    Saint Arnould et la multiplication de la bière

    En juillet 642, à Champigneulles, eût lieu le miracle de Saint Arnould.

    miracle biereUne chaude journée de juillet, alors que les fidèles transportaient les reliques du saint Arnould, patron des brasseurs, ils eurent soif. la provision de cervoise était épuisée. Il n’ y en avait plus qu’un reste au fond d’un vase. Ni vivres, ni rafraîchissements pour restaurer une si grande multitude. L’un des pèlerin, le duc Nothon, pria :

    Par son intercession puissante, que Saint Arnould nous apporte ce dont nous manquons

    Immédiatement, la petite provision de cervoise se multiplia miraculeusementOn parvint sans peine à désaltérer tout le monde une fois arrivé à Metz, et le soir et le lendemain.

    A notre époque encore, bénit soit le Seigneur pour continuer à nous donner de si bons breuvages !

    Armé de la vertu de la tempérance et des « règles du bien-boire » de Chesterton, remercions Dieu dans le secret de notre cœur et en public à chaque fois que nous levons notre verre… ou notre pinte !

     

  • La bénédiction officielle de la bière

    La bénédiction officielle de la bière

    Nous, catholiques, nous ne buvons pas pour être heureux, mais parce que nous sommes heureux ! Nous vous conseillons de toujours « boire catholique », bien sûr

    En plus de nous aider à acquérir les vertus qui nous permettent de consommer la boisson avec tempérance, notre Sainte Mère l’Eglise nous donne également des bénédictions pour nous aider à être saint, en profitant saintement des boissons que Dieu nous permet de boire !

    V. Notre Salut est dans le nom du Seigneur
    R. Qui a fait le Ciel et la Terre
    V. Le Seigneur soit avec vous.
    R. Et avec votre esprit.

    Prions.

    Bénis +, O Seigneur, cette bière nouvelle, qu’il t’a plu de tirer de la tendresse du grain: puisse-t-elle offrir au genre humain un remède salutaire : fais que, par l’invocation de Ton saint nom, quiconque en boive recouvre la santé du corps et la protection de son âme. Au nom du Christ notre Seigneur.

    Amen.

    En Latin:

    V. Adjutorium nostrum in nomine Domini.
    R. Qui fecit caelum et terram.

    V. Dominus vobiscum.
    R. Et cum spiritu tuo.

    Oremus.

    Bene+dic, Domine, creaturam istam cerevisae, quam ex adipe frumenti producere dignatus es: ut sit remedium salutare humano generi: et praesta per invocationem nominis tui sancti, ut, quicumque ex ea biberint, sanitatem corporis, et animae tutelam percipiant. Per Christum Dominum nostrum.

    Amen

    (Rituale Romanum – n° 58)