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  • Aimer le Pape ?

    Aimer le Pape ?

    « Ce Pape est merveilleux ! Non, il ne me plait pas ! » Avez-vous entendu, lu ce genre de considérations ? Certainement, les médias, par exemple, ont bien illustré à ce sujet ce qu’est l’amour sensible pour notre Pape actuel ! Cet amour sensible irrite même le Pape François qui a déclaré dans le 4 mars 2014 dans le Corriere della sera « dans chaque idéalisation, il y a une agression. Dépeindre le pape comme une sorte de superman, une espèce de star, me semble offensant. »  En effet, aucune de ces considérations « sentimentales » (positives ou négatives) ne doivent être celles du catholique. A ce sujet, nous n’avons rien trouvé de mieux que la magnifique allocution de Saint Pie X à ce sujet, bonne lecture !

    pape armes

    « Pour aimer le Pape, il suffit de réfléchir à ce qu’il est.

    Le Pape est le gardien du dogme et de la morale ; il est le dépositaire des principes qui rendent vertueuses les familles, grandes les nations, saintes les âmes ; il est le conseil des princes et des peuples ; il est le chef sous lequel nul ne se sent tyrannisé, parce qu’il représente Dieu lui-même ; il est le père par excellence, qui réunit en lui tout ce qu’il peut y avoir d’aimant, de tendre, de divin.

    Et comment doit-on aimer le Pape ? Non par des paroles seulement, mais par des actes et avec sincérité. Quand on aime quelqu’un, on cherche à se conformer en tout à ses pensées, à exécuter ses volontés et à interpréter ses désirs.

    Et si Notre-Seigneur Jésus-Christ disait de lui-même : Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole, ainsi pour montrer notre amour au Pape il est nécessaire de lui obéir.

    pie XEt c’est pourquoi, quand on aime le Pape, on ne s’arrête pas à discuter sur ce qu’il conseille ou exige, à chercher jusqu’où va le devoir rigoureux de l’obéissance, et à marquer la limite de cette obligation.

    Quand on aime le Pape, on n’objecte pas qu’il n’a point parlé assez clairement, comme s’il était obligé de redire directement à l’oreille de chacun sa volonté clairement exprimée tant de fois non seulement de vive voix, mais par des lettres et d’autres documents publics ; on ne met pas en doute ses ordres, sous le facile prétexte, de qui ne veut pas obéir, qu’ils n’émanent pas effectivement de lui, mais de son entourage !

    On ne limite pas le champ où il peut et doit exercer sa volonté ; on n’oppose pas à L’autorité du Pape celle d’autres personnes, si doctes soient-elles, qui diffèrent d’avis avec le Pape. D’ailleurs, quelle que soit leur science, la sainteté leur fait défaut, car il ne saurait avoir de sainteté là où il y a dissentiment avec le Pape« .

    Saint Pie X allocution aux membres de l’Union apostolique, 18 novembre 1912

  • L’éducation par l’expérience

    L’éducation par l’expérience

    En tant que partenaires du colloque du 1 février 2014 : « Les parents, premiers et principaux éducateurs », dans cette même thématique, nous vous proposons une catéchèse de Benoit XVI sur Saint Jérôme, Père de l’Eglise, qui souligne combien les parents sont les principaux éducateurs des enfants, les premiers maîtres de vie. Pères, nous y voyons combien notre exemple d’homme est indispensable. Bonne lecture !

    jerome » On ne peut passer sous silence, l’apport de Jérôme en matière de pédagogie chrétienne. Il se propose de former « une âme qui doit devenir le temple du Seigneur ».

    En une intuition profonde, il conseille de la préserver du mal et des occasions de péché, d’exclure les amitiés équivoques ou causes de dissipation.

    Surtout, il exhorte les parents

    • à créer une ambiance de sérénité et de joie autour de leurs enfants,
    • à les stimuler dans leurs études et dans leur travail, sans oublier les félicitations et l’émulation,
    • à les encourager à surmonter les difficultés,
    • à favoriser leurs bonnes habitudes et à les empêcher d’en prendre de mauvaises, parce que (et ici il cite une phrase de Publilius Syrus entendue à l’école) « c’est à grand-peine que tu réussirais à te corriger de ces choses auxquelles tu es en train de t’habituer tranquillement ».

    Les parents sont les principaux éducateurs des enfants, les premiers maîtres de vie.

    Avec beaucoup de clairvoyance, Jérôme s’adressant à la mère d’une jeune fille avant de se tourner vers le père, les avertit, presque comme s’il exprimait une exigence fondamentale de toute créature humaine qui se présente à l’entrée dans la vie : « Qu’elle trouve en toi sa maîtresse, et qu’elle te regarde avec admiration en sa jeunesse inexpérimentée. Ni en toi, ni en son père, qu’elle ne voit jamais aucun acte qui la porte au péché s’il était imité. Souvenez-vous […] que vous pouvez l’éduquer davantage par l’exemple que par la parole ».

    Parmi les principales intuitions de Jérôme comme pédagogue, il faut signaler l’importance qu’il attribuait à

    • une saine éducation intégrale dès le début de la petite enfance,
    • l’importance particulière reconnue aux parents,
    • la nécessité du sérieux de la formation morale et religieuse,
    • l’exigence des études pour une formation humaine plus complète.
    • De plus, un aspect assez inattendu dans ces temps antiques mais que notre auteur considérait comme vital est la promotion de la femme, à qui il reconnaît le droit à une formation complète : humaine, intellectuelle, religieuse, professionnelle.

    jerome champaigneEt nous voyons bien aujourd’hui comment l’éducation intégrale de la personnalité, l’éducation à la responsabilité devant Dieu et devant les hommes, est la véritable condition de tout progrès, de toute paix, de toute réconciliation et de toute exclusion de la violence. L’éducation devant Dieu et devant les hommes : c’est la Sainte Écriture qui nous présente le guide de l’éducation et, en cela, du véritable humanisme.

    Il n’est pas possible de conclure ces rapides remarques sur la grandeur de ce Père de l’Église sans souligner l’efficacité de sa contribution à la sauvegarde de ce qui était positif et valable dans les éléments d’antiques cultures hébraïque, grecque et romaine passés dans la civilisation chrétienne en train de naître. Jérôme a reconnu et assimilé les valeurs artistiques, la richesse des sentiments et l’harmonie des images présentes dans les classiques, qui éduquent le cœur et l’imagination à de nobles sentiments. Par-dessus tout, il a mis au centre de sa vie et de son activité la Parole de Dieu, qui montre à l’homme les sentiers de la vie et lui révèle les secrets de la sainteté. De tout cela, nous pouvons, encore aujourd’hui, lui être profondément reconnaissants.

    Le texte complet http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071114_fr.html

    Site du colloque du 1 février 2014 : « Les parents, premiers et principaux éducateurs »

  • Les papes et le patriotisme

    Les papes et le patriotisme

    Suite à l’enseignement du 16 janvier 2014 du Père Jacques Baudry, aumônier du contingent d’hommes-adorateurs du Luc, voici les citations qu’il a utilisé lors de son enseignement sur le devoir chrétien du patriotisme :

    Amour de la patrie

    Le Pape Léon XIII, l’initiateur des grandes encycliques de la doctrine sociale, affirme :

    L’amour surnaturel de l’Eglise et l’amour naturel de la patrie procèdent du même et éternel principe. Tous les deux ont Dieu pour auteur et pour cause première; d’où il suit qu’il ne saurait y avoir entre les devoirs qu’ils imposent de répugnance ou de contradiction.

    (Encyclique « Sapientiae Christianae », 1890)

    La même encyclique nous dit que par une loi de la nature il nous est commandé expressément d’aimer et de défendre la patrie où nous sommes nés, jusqu’au risque de sa propre vie.

    Le Pape Benoit XV écrivait : 

    Si la charité s’étend à tous les hommes, même à nos ennemis, elle veut que soient aimés par nous d’une manière particulière ceux qui nous sont unis par les liens d’une commune patrie.

    (Lettre du 15 juillet 1919).

    Le Pape Pie XII, ajoute : 

    Il existe un ordre établi par Dieu selon lequel il faut porter un amour plus intense et faire du bien de préférence à ceux à qui l’on est uni par des liens spéciaux. Le Divin Maître Lui-même donna l’exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie en pleurant sur “l’imminente destruction de la Cité sainte”.

    (Encyclique « Summi Pontificatus », 1939)

    Le Pape Jean-Paul II disait aux évêques argentins :

    L’universalité, dimension essentielle dans le peuple de Dieu, ne s’oppose pas au patriotisme et n’entre pas en conflit avec lui, ce qui veut dire qu’aimer tous les hommes n’empêche ni ne crée de conflits de quelque façon que ce soit avec l’amour que nous devons à la patrie elle-même. Au contraire, ajoute-t-il, il l’intègre en le renforçant par les valeurs qu’il possède, et particulièrement l’amour à sa propre patrie, si nécessaire jusqu’au sacrifice. (…)

    A la lumière de la théologie du peuple de Dieu s’éclaire d’une plus grande clarté la double condition du chrétien, non pas opposée mais complémentaire. En effet, il est membre de l’Eglise, laquelle est reflet et annonce de la Cité de Dieu, et il est à la fois citoyen d’une patrie terrestre, concrète, de laquelle il reçoit tout des richesses de langue et de culture, de tradition et d’histoire, de caractère et de façon de voir l’existence, les hommes et le monde. Cette espèce de citoyenneté chrétienne et spirituelle n’exclut ni ne détruit ce qui est humain. La paix vraiment durable doit être le fruit mur de l’intégration réussie de patriotisme et d’universalité.

    Nous vous proposons de clore cette liste non exhaustive de citations de papes sur le patriotisme par une phrase émanant d’un docteur de l’Eglise, Saint Augustin, qui illustre bien la notion d’ordre dont découle le patriotisme :

    Aime tes parents et plus que tes parents ta patrie, et plus que ta patrie aime Dieu seul

    Amour de la France

    Comment ne pas clore cet article par cette phrase de Saint Pie X, au sujet de la France ?

    pie XVous direz aux français qu’ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »
    A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d’Israël : que personne ne s’est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s’est éloigné de Dieu.
    Ce n’est pas un rêve, mais une réalité ; je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai la certitude du plein triomphe. »

    (Lettre à Mgr Touchet, évêque d’Orléans, lors de la lecture du décret de béatification de Jeanne d’Arc, 13 décembre 1908)