Mois : février 2014

  • Message de Monseigneur Rey aux hommes

    Message de Monseigneur Rey aux hommes

    rey 3L’idée de rassembler des hommes une fois par mois pour un repas fraternel suivi d’un temps d’adoration a surgi l’été dernier dans le cœur de pères de familles pérégrinant sur les chemins brûlants de la Provence, vers les sanctuaires de Notre-Dame de Grâces et de Saint-Joseph du Bessillon à Cotignac. Au terme de ce pèlerinage, ces pères tombent à genoux devant la statue de Marie et déposent dans son sein toutes leurs joies et toutes leurs peines.
    .
    Désormais, ils se réunissent chaque premier jeudi du mois, pour déposer dans le Cœur eucharistique du Christ tout ce qui fait leur vie et leur personne. Cet agenouillement, cette adoration, sont tout le contraire d’un acte de faiblesse. Contre « les idolâtries d’hier et d’aujourd’hui… S’agenouiller devant l’Eucharistie est une profession de liberté » rappelait Benoît XVI en 2008, car « celui qui s’incline devant Jésus ne peut et ne doit se prosterner devant aucun pouvoir terrestre, aussi fort soit-il. Nous les chrétiens nous ne nous agenouillons que devant Dieu, devant le Très Saint Sacrement, parce qu’en lui nous savons et nous croyons qu’est présent le seul Dieu véritable, qui a créé le monde et l’a tant aimé au point de lui donner son Fils unique. »
    .
    L’adoration constitue donc pour les hommes adorateurs comme un acte de résistance contre tous les asservissements charriés par notre époque. Ils y affirment aussi leur identité masculine, qu’ils ont célébrée virilement d’abord autour d’une table bien garnie, avant de s’offrir au Christ et de se laisser attirer par Lui dans le Cœur à cœur auquel Il les invite. Dans cette prière, comme le disait encore Benoît XVI, leur âme d’hommes continue à se nourrir « d’amour, de vérité, de paix; elle se nourrit d’espérance, parce que Celui devant lequel nous nous prosternons ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme. » La liberté, la paix et l’espérance qu’ils ont gagnées alors qu’ils se prosternaient devant leur Sauveur, ils peuvent ensuite les transmettre à tous ceux qu’ils aiment et les répandre dans tous les combats de leur vie.
    .
    C’est dans cet esprit, enfin, qu’ils veulent aussi faire de leur site internet un instrument de formation pour les hommes catholiques.
    .
    Que Dieu bénisse les hommes adorateurs et que cette initiative se répande partout où des cœurs généreux et virils sont prêts à se tourner vers Dieu !
    .
    Mgr Dominique Rey, le 28 février 2014
    ado Rey

     

  • Autorité paternelle et vouvoiement (2/2)

    Autorité paternelle et vouvoiement (2/2)

    BB00 dr5 6.tif

    Voici la deuxième partie de l’extrait de l’ouvrage « le bénédicité » de Mgr Gaume, où il évoque le vouvoiement. La première partie a eu le mérite de susciter des réactions, donc de provoquer des réflexions. Puisse celle-ci continuer, sans peur, à nous aider à mettre en perspective nos habitudes familiales à la lumière de l’histoire et… au delà des modes !

    Lien vers la première partie

    Je monte aujourd’hui sur ma chaire de professeur, pour te démontrer à toi et à tous, la thèse annoncée à la fin de ma dernière lettre. J’en reprends les quatre parties dans l’ordre indiqué, et sans préambule, je dis :

    1° Le tutoiement, surtout des enfants aux parents, est une formule honteuse dans son origine.

    Cette formule, inconnue dans notre histoire, a pour auteurs des hommes dont on ne peut prononcer le nom sans rougir. Ces hommes sont les sans-culottes de 93. Tel est le nom qu’eux mêmes se donnaient. Ces misérables plagiaires des anciens Brutus, voulant nous ramener à la sauvagerie païenne, donnèrent à l’Europe le spectacle humiliant d’une nation en délire; et, par une longue suite de parodies ridicules et atroces, jetèrent la France dans un cloaque de sang et de boue. Venons aux preuves : comme toutes les mesures révolutionnaires, la modification républicaine du langage fut réclamée au nom de l’antiquité païenne.
    Un des démocrates s’exprime ainsi : « Les Spartiates, les Grecs et les Romains disaient Tu et non pas Vous ; si nous voulons la liberté, parlons-en le langage. Je propose donc à tous les bons citoyens, à tous les amis de la liberté, d’adopter le langage pur et simple de la Nature ». La motion est accueillie avec faveur, et on décrète sous peine de mort, qu’à l’exemple des peuples libres de l’antiquité, tout le monde se tutoie. « L’esprit de fanatisme, d’orgueil et de féodalité, est-il dit, nous a fait contracter l’habitude de nous servir de la seconde personne du pluriel, lorsque nous parlons à un seul.
    « Beaucoup de maux résultent de cet abus. Il oppose une barrière à l’intelligence des sans-culottes ; il entretient la morgue et éloigne les vertus fraternelles. En conséquence, tous les républicains seront tenus à l’avenir de tutoyer, sans distinction, ceux ou celles à qui ils parleront en un seul, sous peine d’être déclarés suspects et ennemis de l’égalité. »

    Au malheureux déclaré suspect, tu sais que de plein droit revenait l’échafaud. En vertu de ce décret., sanctionné par la mort et digne des Saturnales du paganisme, maîtres et serviteurs, parents et enfants, supérieurs et inférieurs, n’employaient plus en se parlant que le tu du sans-culottisme. J’ajoute en passant qu’en vertu du même principe égalitaire, un décret défendit d’appeler les domestiques, domestiques : on devait leur donner le nom d’officieux et d’officieuses. (…). Mais cette formule révolutionnaire n’est pas seulement honteuse dans son origine ; elle est encore absurde en elle-même.

    2° Absurde en elle-même, cette formule a pour but d’établir une égalité contre nature.

    Tant qu’il sera vrai que les père et mère, sont les père et mère de leurs enfants, il sera vrai qu’ils sont de droit naturel, divin et humain, les supérieurs de leurs enfants. Par une conséquence forcée, il sera également vrai qu’entre eux et leurs enfants toute égalité est contre nature. Il en résulte que la formule qui tend à établir et à manifester cette égalité, est radicalement absurde.
    Que les parents ne disent pas : Nous autorisons le tutoiement pour faire de nos enfants nos amis et gagner ainsi, quand ils seront plus avancés en âge, leur affection et leur confiance. Rien n’est plus chimérique qu’une pareille prétention, parce que rien n’est plus faux qu’un pareil raisonnement.
    D’abord, l’amitié est un sentiment qui suppose l’égalité. Or, nous venons de voir que l’égalité entre les parents et les enfants, est radicalement impossible. Ainsi, en voulant faire de leurs enfants leurs amis, les parents oublient leur dignité, et abdiquent, autant qu’ils peuvent, leur titre imprescriptible de père et de mère : ce qui est absurde en soi. Ensuite, on peut ajouter coupable devant Dieu- L’autorité paternelle et maternelle n’est pas une propriété : c’est un dépôt. Les parents en doivent compte à Dieu de qui vient toute paternité. Il ne leur appartient pas d’en céder la moindre partie. Confiée tout entière, elle leur sera redemandée tout entière.
    Ainsi tout acte, toute concession, toute formule qui tendrait à l’affaiblir, doit être l’objet de leur vigilance et de leur réprobation.
    Quant à la confiance et à l’affection plus grandes qu’on prétend obtenir par le tutoiement, c’est une nouvelle illusion. Le tutoiement n’est bon qu’à produire une familiarité déplacée : rien de plus. Tenons pour certain, d’après l’expérience de tous les siècles, que la confiance et l’affection des enfants sont toujours en raison directe de leur respect filial pour leur père et pour leur mère.
    Loin d’affaiblir ou d’étouffer dans le cœur des enfants la confiance et l’affection, le respect filial en est le véritable principe. Plus un enfant respectera son père et sa mère, plus il sera disposé à leur ouvrir son coeur, à leur être agréable, à demander avec abandon et à recevoir humblement leurs conseils.
    A-t-on des preuves que dans les siècles passés, et même avant la révolution de 93, alors que le tutoiement était inconnu, les enfants avaient pour leur père et mère, moins d’affection et moins de confiance que ceux d’aujourd’hui? Qu’on dise si, même à l’heure qu’il est, dans les familles qui ont conservé le Vous respectueux, les enfants sont moins confiants, moins respectueux, moins dociles, qu’ils ne le sont dans celles, où se perpétue le Tu révolutionnaire.

    Honteuse dans son origine, absurde en soi, la formule du tutoiement est encore funeste dans son application.

    3° Funeste dans son application.

    L’esprit d’insubordination est la grande plaie de notre époque : personne ne veut plus obéir. Voilà ce qu’on entend répéter chaque jour avec effroi. Cet esprit d’insubordination est tellement général, et nous menace de tant de calamités, qu’il est plus nécessaire aujourd’hui que jamais, de veiller avec un soin jaloux au maintien du principe d’autorité. Assemblage de famille, la société si profondément ébranlée ne se raffermira, qu’autant que la famille elle-même sera redevenue une école de respect. Elle ne le redeviendra pas, si dans le langage, comme dans les actes, tout ne respire l’autorité d’une part et le respect filial de l’autre.
    Or, la formule du tutoiement loin d’affermir l’ordre hiérarchique divinement établi, pour la conservation de la famille et de la société, est propre à l’affaiblir et à le ruiner. Dès le bas âge, elle tend à placer l’enfant sur je ne sais quel pied d’égalité avec son père et sa mère. Développé avec les années, ce germe funeste engendrera une familiarité malsaine qui, aux jours de l’adolescence, deviendra l’esprit d’insubordination.
    Puis, comme conséquence inévitable, ce que nous voyons trop souvent, les impertinences et les révoltes des enfants, les larmes des mères, les emportements des pères. Tel est le juste salaire de l’imprudence avec laquelle on a négligé de faire respecter, dès l’enfance, l’autorité paternelle, en laissant pénétrer dans le foyer domestique, entre autres principes d’insubordination, le tutoiement révolutionnaire.

    4° Outrageante pour les parents.

    La malheureuse formule que nous combattons n’est pas seulement honteuse, absurde et funeste à la famille, il faut ajouter qu’elle est souverainement outrageante pour les parents : tant pis pour eux s’ils ne s’en aperçoivent pas. Pour tout homme de bon sens, il est incompréhensible qu’un père et une mère, soucieux de leur dignité, puissent en tolérer l’usage.
    Entrons d’abord dans l’intérieur de la famille. Si les enfants ont un précepteur ou une institutrice, il est inouï qu’on leur permette de les tutoyer : une pareille inconvenance sauterait aux yeux de tous.
    Sortons du foyer domestique et supposons-nous dans une assemblée, composée de personnes respectables à un titre quelconque. Toutes les fois que les enfants ont à répondre à une ou l’autre de ces personnes, ils se servent invariablement du Vous; s’ils osaient employer le Tu, l’assemblée tout entière en serait choquée. Elle prendrait ces enfants pour de petits sauvages ou de petits sans-culottes. Leurs parents rougiraient, et, le moment venu, les jeunes impertinents seraient l’objet d’une sévère mais juste réprimande.
    Parmi les membres de l’assemblée les personnes à qui les enfants doivent le plus de respect sont, à coup sûr, leur père et leur mère. Eh bien, par une anomalie choquante, c’est à eux que dans leur langage ils en témoignent le moins. À leur égard, ils se permettent ce qui leur est strictement défendu à l’égard des étrangers. Et il y a des pères et des mères qui n’y voient aucune inconvenance ! Que dis-je ? Ils trouvent même de bon goût que leurs fils et leurs filles les tutoient !
    Veux-tu que je te dise sans phrase ce que cela signifie ? Cela signifie que ces aveugles parents trouvent tout naturel que leur enfant emploie, pour leur parler, la même formule dont il se sert pour appeler son valet ou son chien! Mon Dieu, éclairez-les : car ils ne savent ce qu’ils font.

  • Les sept piliers de la vie spirituelle catholique

    Les sept piliers de la vie spirituelle catholique

    Voici un très bref article, sous forme d’une liste à la Prévert, tellement essentielle que nous nous contenterons d’une énumération aujourd’hui.

    Une seule question : ces sept piliers sont-ils présents dans notre vie ?

    Les sept piliers de le vie spirituelle catholque,

    d’après Matthiew Kelly

    • LA CONFESSION
    • LA PRIÈRE QUOTIDIENNE
    • LA MESSE
    • LA BIBLE
    • LE JEÛNE
    • LES LECTURES SPIRITUELLES
    • LE ROSAIRE

    7 piliers

  • Twittons avec virilité

    Twittons avec virilité

    twitterTwitter, facebook… vous avez certainement eu l’occasion de participer à quelques discussions, ou de les surprendre. Nous y avons essentiellement surpris de « bons » ou « mauvais » sentiments, y compris dans nos propos, mais y avons nous, en tant que chrétiens, servi la Vérité ? Ces parvis, comme tout lieu où nous nous trouvons, doivent trouver des disciples du Christ. Nous vous proposons donc une série de règles, que les hommes catholiques doivent respecter sur les réseaux sociaux. Mais avant tout n’oublions pas que notre virilité doit nous soustraire aux pulsions, au sentimentalisme, étant caractérisé par les efforts que nous pouvons faire avec une volonté renforcée par la grâce de Dieu, pour servir la Vérité, s’agenouiller devant Elle.

    Nous devons donc avoir à l’esprit plusieurs éléments de taille :

    • La forme : la courtoisie 
    • La Relation : Nous sommes face à un interlocuteur, un frère éloigné de la foi ou pas, avec qui nous souhaitons communiquer, mais pas terrasser verbalement.
    • L’objet : Notre objectif n’est pas d’avoir raison, mais de servir une Vérité qui nous dépasse.
    • Nous-même : nous devons être conscient de notre faiblesse, demander l’aide à Dieu et demander pardon lorsque c’est nécessaire.

    La courtoisie

    Elle est un premier élément pour sortir de nous-même, nous assujettissant à des règles de savoir-vivre, qui commencent au minimum par « bonjour » et finissent par « au revoir » avec un remerciement pour l’échange. Ces règles nous évitent déjà une première réaction pulsionnelle, et nous rappelle que nous sommes face à un être humain, un frère.

    Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? (Mathieu 5, 47)

    L’interlocuteur

    Nous ne sommes ni face à une machine, ni face à un ennemi, mais face à un être humain. Nous devons aimer cette personne, et implorer Dieu pour qu’il nous donne la force de l’aimer, c’est à dire de vouloir son bien.

    Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs(…). Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-il pas autant ? (Mathieu 5, 44. 46)

    Pas facile non ? Normal, on ne demande pas des choses faciles aux disciples du Christ. Et si nous chutons, si, par exemple, des noms d’oiseaux sortent violemment par notre clavier : soyons rassurés, nous sommes des êtres humains, des hommes. C’est à ce moment qu’on dégaine le mot « pardon« . Et surtout, n’oublions pas d’implorer le pardon du Christ lors de notre confession fréquente (au minimum une fois par mois pour un homme-adorateur) pour cela.

    Nous avons donc un combat à mener sans ennemis ? Oui assurément, il y a un ennemi, mais ce n’est pas notre interlocuteur, c’est le mensonge.

    Le culte de la Vérité

    De tout évangélisateur on attend qu’il ait le culte de la vérité, d’autant plus que la vérité qu’il approfondit et communique n’est autre que la vérité révélée et donc, plus que tout autre, parcelle de la vérité première qu’est Dieu lui-même. (Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 78)

    facebook.jpg

    Le mensonge est porté par le Prince du mensonge, qui est aussi  « le Satan, le séducteur du monde entier  » (Ap 12, 9). Restons humbles, aimants, priants, car nous ne pouvons remporter seuls ce combat. L’ennemi n’agit pas qu’en face de nous, mais également en nous. Le risque premier, nous le voyons, n’est pas de servir le mensonge clairement, mais tout d’abord de commencer par ne pas servir la Vérité. Comment ? En laissant la place exclusivement à nos sentiments. Combien de fois nous pouvons lire des tweets de personnes ayant de « bons sentiments » exclusivement orientées par leurs ressentis ou une par une pseudo-vérité imprimée par notre monde ?

    Nous ne sommes pas là pour exprimer notre ressenti ! Pour nous défouler ! Mon coeur saigne de voir tant de paroles non chrétiennes dans la bouche de mes frères…

    Lorsque nous voyons que nous sommes énervés, assujettis à des pulsions, à nos émotions, peu de chance que la Vérité nous gouverne : nous ne pouvons être assujetti aux émotions et à la Vérité en même temps. Prenons alors du recul, du temps, prions. Remettons-nous en question. Si nous sommes troublés, discutons-en avec notre directeur spirituel, cherchons des réponses dans la Bible, chez les docteurs de l’Eglise, les Pères de l’Eglise, dans les textes du Magistère : Courageusement, laissons-nous bousculer, laissons nous convertir.

    Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet, l’aigle de Meaux, soulignait l’importance de la morale chrétienne à ce sujet, puisqu’elle « nous oblige à dompter nos passions emportées et à mortifier nos sens, trop subtils séducteurs de notre raison. Elle a sur ce sujet des précautions inouïes. Elle va éteindre dans le fond du cœur l’étincelle qui peut causer un embrasement » (Avent du Louvre, 1665, O.O. t. IV, p. 664)

    N’oublions-pas : le culte de la Vérité est emprunt de paix.

    Notre faiblesse

    Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet n’a pas connu twitter ni facebook, mais ses conseils visant à déraciner nos passions sont d’une grande actualité :

    Donc, pour arracher la racine, cessons de nous prendre aux autres d’un mal qui vient de nous-mêmes. Ne parlons plus des flatteurs qui nous environnent par le dehors ; parlons d’un flatteur qui est au dedans, par lequel tous les autres sont autorisés. Toutes nos passions sont des flatteuses, nos plaisirs sont des flatteurs : surtout notre amour-propre est un grand flatteur qui ne cesse de nous applaudir au dedans. (Sermon pour le mardi de la IIIe semaine de carême sur la charité fraternelle)

    C’est donc bien en étant préparé au combat spirituel et en le vivant courageusement que nous pouvons petit à petit nous soustraire à nos pulsions, aux sentiments qui nous empêchent de contempler, de nous agenouiller devant le seule chose, que dis-je, le seul Être, qui puisse être adoré : La Vérité, c’est-à-dire notre Seigneur Jésus-Christ, Lui qui a dit :

    Je suis le chemin la Vérité et la Vie (Jean, 14, 6)

  • Bienheureux Ivan Merz, « Sacrifice-Eucharistie-Apostolat »

    Bienheureux Ivan Merz, « Sacrifice-Eucharistie-Apostolat »

    merz

    Ivan Merz (1886-1928) était un jeune laïc croate qui avait pour devise :

    Sacrifice-Eucharistie-Apostolat

    Il suivit tout d’abord des études à l’Académie militaire de Wiener Neustadt, qu’il abandonna rapidement en raison de la corruption qui y régnait, pour entreprendre des études universitaires à Vienne. Mais, en 1916, il fut enrôlé dans l’armée et envoyé sur front italien, où il passa la majeure partie des années 1917 et 1918. Il écrivit dans son journal à cette période :

    Il serait affreux que cette guerre ne me soit d’aucune utilité spirituelle. Il ne faut pas que je vive comme je vivais avant la guerre. Je dois commencer une vie nouvelle et régénérée dans l’âme d’un catholicisme, tel que je le perçois maintenant.

    Il étudie la philosophie à Vienne puis la littérature française à la Sorbonne, passe son doctorat à Zagreb, et devient professeur. Sa vie, définie comme un « fruit spirituel spontané », nourrie de la prière et de l’Eucharistie.

    Par sa participation fréquente à la Sainte Messe, en se nourrissant du Corps du Christ et de la Parole de Dieu, il trouva l’impulsion pour devenir l’apôtre des jeunes. Veillant aussi à former une élite d’apôtres afin qu’ils travaillent au « renouvellement de toutes choses dans le Christ« .

     

    Il fut le promoteur du mouvement liturgique en Croatie et le pionnier de l’Action catholique selon les directives de Pie XI, s’impliquant activement dans « l’union croate des Aigles« , une organisation de jeunesse dont il est rapidement élu président également un mouvement pour les jeunes et qu’il anima jusqu’à sa mort. Aussitôt il lui donne une impulsion nouvelle et des orientations inspirées de la Croisade des enfants, dont il reprend la devise : « Sacrifices-Eucharistie-Apostolat »

    A ce sujet il disait :

    L’Eucharistie et le Pape doivent devenir la racine, la source et l’origine pour les Aigles 

    Son amour pour la liturgie faisait de lui un homme non ballotté par ses sentiments mais les ordonnant à la Gloire de Dieu. A ce sujet il écrivait :

    Grâce à la liturgie, tout catholique devient grand et universel, il laisse de côté ses intérêts personnels et commence à avoir les mêmes sentiments que l’Église… C’est sur la base de la liturgie que le chrétien s’éduque.

    Jean-Paul II disait de lui :

    Jeune homme brillant, il sut multiplier les riches talents naturels dont il était doté et il obtint de nombreux succès humains:  sa vie peut être qualifiée de vie bien réussie. Mais la raison pour laquelle il est aujourd’hui inscrit dans l’Album des bienheureux n’est pas celle-ci. Ce qui l’introduit dans le chœur des bienheureux est son succès devant Dieu. La grande aspiration de toute sa vie, en effet, a été celle de « ne jamais oublier Dieu, de toujours désirer s’unir à Lui ». Dans chacune de ses activités, il rechercha « l’aspect sublime de la connaissance du Christ Jésus » et il se laissa « conquérir » par Lui (cf. Ph 3, 8.12).

  • Autorité paternelle et vouvoiement (1/2)

    Autorité paternelle et vouvoiement (1/2)

    pere familleAfin de nous aider à réfléchir à la notion d’autorité paternelle, et afin que cette réflexion s’inscrive dans la réalité de chaque famille, voici un extrait de l’ouvrage « le bénédicité » de Mgr Gaume, où il évoque le vouvoiement… Cet extrait aura au moins le mérite de mettre en perspective nos habitudes familiales à la lumière de l’histoire… sinon plus ! bonne méditation.

    Dégradé par le matérialisme, le langage de la famille a été déformé par la Révolution. La déformation particulière dont je veux te parler, c’est le tutoiement des père et mère par les enfants. Comme la révolution des mots n’est pas moins grave que celle des choses, je vais te signaler ce qu’il y a de choquant et d’antisocial dans cette formule révolutionnaire. Rappelons d’abord quelques vérités incontestables. La famille est la base de la société, qui n’est elle-même qu’un assemblage de familles. Ainsi, tant vaut la famille, tant vaut la société. La base de la famille, c’est l’autorité paternelle. Tant vaut l’autorité paternelle, tant vaut la famille. Que l’autorité paternelle soit respectée comme elle doit l’être, non-seulement la famille, mais la société même assure son existence et sa prospérité.(…)

    Par la raison contraire, toute nation chez laquelle s’affaiblit l’autorité paternelle, est une nation qui marche à sa ruine. Or, le respect de l’autorité paternelle n’est pas seulement dans les actes, il est dans les mots. Il n’est même dans les actes, que parce qu’il est dans les mots. De là viennent, chez les peuples chrétiens, les formules respectueuses placées dans la bouche des enfants, pour parler à leur père et à leur mère.
    Au nombre de ces formules la plus universelle et la plus caractéristique, est le Vous, au lieu du Tu. Je dis la plus universelle, jusqu’en 1792, elle régna seule dans toute la France. Elle se conserve encore dans presque toutes les provinces, parmi les populations de la campagne. Les villes elles-mêmes comptent encore un bon nombre de familles demeurées fidèles à l’ancienne tradition.

    Elle existe encore, sans exception, en Espagne, en Italie et même en Angleterre. Dans ce dernier pays, le plus traditionaliste de l’Europe, le tutoiement est inconnu. Si fiers qu’ils soient, jamais un maître, ni une maîtresse de maison, ne disent tu à leurs domestiques. Jamais un père ni une mère de famille ne disent tu à leurs enfants. Jamais, au grand jamais, la bouche d’un enfant ne s’est ouverte pour dire tu à son père ou à sa mère, ni même à ses frères ou à ses sœurs. Le contraire serait regardé comme une énormité, comme un odieux manque de respect et une absence complète d’éducation (1).

    Autrefois, il en était de même parmi nous. Au siècle de Louis XIV, qui passe pour l’époque la plus polie de notre histoire, le vous était universellement employé. Madame de Sévigné qui, sans doute, connaissait l’usage de la bonne compagnie, ne manquait pas de s’y conformer. En écrivant à sa fille, jamais elle ne la tutoie. Je t’ai dit que le vous est la formule la plus caractéristique du respect. Forcément elle exprime les rapports naturels de subordination d’une part, et d’autorité de l’autre ; par conséquent le respect de l’inférieur, pour tout ce qui lui est supérieur, soit par la nature, soit par l’âge, soit par la position sociale. Telle est l’autorité de cette formule, fondée sur le sentiment des convenances, que, même aujourd’hui on regarderait avec raison comme un homme mal élevé, pour ne rien dire de plus, celui qui oserait y manquer en parlant à un supérieur quelconque, à un vieillard ou même à un étranger.

    Dans le but de tout détruire et de tout refaire à son image, la Révolution française supprima le Vous, qu’elle ordonna de remplacer par le Tu. Cette formule d’une égalité sauvage, passa dans la langue officielle. Par crainte, par distraction ou par tout autre motif inconscient, quelques familles urbaines, d’ailleurs respectables, la laissèrent pénétrer dans leur foyer. C’est ainsi qu’on laissa baptiser les enfants, sous les noms des dieux païens, des déesses païennes, des héros païens et même des plantes. J’ai connu un chrétien de ce temps-là, qui répondait au nom de Carotte, parce qu’il était né le jour consacré à ce précieux tubercule.
    A l’époque actuelle, où la religion du mépris fait de si désolants progrès, où l’on travaille avec fièvre à nous ramener aux jours de 93, il nous semble plus urgent que jamais de protester contre le tutoiement,du moins dans le langage des enfants à leur père et à leur mère. Pour bannir à tout jamais cette formule, triste héritage de la Révolution, il suffit de montrer :

    1. qu’elle est honteuse dans son origine;
    2. absurde en elle-même
    3. funeste dans son application
    4. souverainement humiliante pour les pères et mères.

    Telle est, mon cher ami, la thèse que je prétends démontrer dans ma prochaine lettre. Comme tu peux en juger, ma démonstration ne manquera pas d’un certain intérêt ; demande à Dieu qu’il daigne la couronner de succès,

    SUITE

    (1) En parlant à Dieu, le Tu est employé dans les prières, à cause du Tu dans le latin. Il paraît que les plus anciennes traductions catholiques de la Bible en anglais emploient le Vous. Les Puritains protestants ont sans doute cru de bon goût et d’une plus scrupuleuse exactitude de se servir du Tu. — Au reste, qu’il en soit ce que l’on voudra, de cette exception ou d’autres encore, il est certain que dans notre langue française, le Vous est la forme obligée du respect.

  • L’homme pour la femme : chef naturel mais non tyran naturel.

    L’homme pour la femme : chef naturel mais non tyran naturel.

    Mamie et PapiLes rôles des femmes et des hommes ne sont pas interchangeables… et impossible de parler de l’un sans parler de l’autre car l’un éclaire l’autre. C’est là une merveille anthropologique : sans hommes, pas de femmes et sans femmes, pas d’hommes ! Chers frères d’armes du combat spirituel, soyons de plus en plus des hommes pour que les femmes soient de plus en plus des femmes : pour votre épanouissement, celui de votre épouse, celui de vos enfants, celui de la société !

    Un ami des hommes-adorateurs, Yvan Pelletier de la Faculté de Philosophie Université Laval de Québec, a écrit ce texte édifiant, une analyse des écrits d’Edith Stein sur les rôles respectifs de la femme et de l’homme :

    Dès l’origine, homme et femme sont appelés à collaborer à une mission commune : traduire en image la divinité et, à cette fin, prolonger l’oeuvre de la création, dominer et tourner au bien humain l’ensemble de l’univers matériel. Or nécessairement collaboration implique coordination. Quelqu’un doit discerner et décider comment se déroulera concrètement la collaboration. Aucune collaboration ne se passe de chef. Et par conséquent, d’obéissance à un chef. Édith Stein voit très bien que cette assistance à l’homme à laquelle est vouée la femme, que cet appel de la nature à donner son être et sa vie à un mari, passe par l’obéissance. C’est leur nature spécifique qui confie à l’homme le commandement sur la femme et la famille, et qui veut que la femme obéisse à son mari.

    La participation à la vie du mari implique, par analogie, la subordination dans l’obéissance, telle qu’elle est ordonnée par la parole de Dieu.

    Edith Stein, L’éthos…

    C’est à l’homme, en premier, et à la femme, en second et à titre d’assistant, que Dieu, par les lois qu’il a imposées à la nature, confie de dominer la terre.

    L’homme et la femme sont destinés à dominer la terre, c’est-à-dire à connaître les choses de cette terre, à en jouir et à leur donner forme par un acte créateur. Cependant, cette oeuvre civilisatrice est assignée à l’homme comme sa mission première, et la femme est placée à ses côtés en tant qu’aide.

    Edith Stein, L’éthos…

    Voilà qui porte chaque homme à concrétiser cette mission dans la réalisation d’un objet plus spécifique qui devient sa mission à lui, l’objet de sa vie, son ambition. D’elle-même, la femme est indifférente à pareil objet, réticente même à toute forme de spécialisation susceptible de distraire du développement harmonieux du tout de la personne. Mais en répondant à cet appel de la nature qui la fait l’aide adéquate de tel homme en particulier, sa femme, la voilà qui prend à cœur la mission, l’objet qui passionne et mobilise son mari. Elle voudra tout faire pour que son mari réussisse dans son entreprise. Cela se fera toutefois bien sûr sous sa gouverne.

    L’homme est, par nature, au service immédiat de son objet; la femme se met au service du dit objet par amour pour lui, et il convient donc que cela se produise sous la conduite de ce dernier.

    Edith Stein, L’éthos…

    Cependant, l’obéissance naturelle de la femme ne se confine pas dans le contexte du travail de son mari. Même ce qui relève principalement d’elle, donner le jour à des enfants et leur donner l’éducation fondamentale, elle le fait naturellement sous l’autorité de son mari. Dans cette mission, le mari est à son tour l’assistant : il en pourvoit le cadre et les instruments, la maison, la nourriture et le vêtement; de même que la sécurité. Mais même là il reste le chef naturel et la femme trouvera son bonheur à enfanter et éduquer sous son autorité.

    Que le devoir d’obéissance dépasse ce cadre et s’étende aussi à ce qui ressortit au domaine immédiat de la femme : au foyer et à l’éducation, cela découle moins de la spécificité féminine que de la vocation naturelle de l’homme, qui est d’être le chef et le protecteur de la femme. À cette destination naturelle correspond également l’inclination naturelle de la femme à obéir et à servir.

    Edith Stein, L’éthos…

    Édith Stein se sent même à l’aise de paraphraser à l’appui une déclaration très forte de l’Iphigénie de Goethe : « C’est obéissante que je me suis toujours sentie merveilleusement libre. »
    Pour elle, cela ne fait pas de doute : la nature a consacré l’homme comme chef de la famille et comme chef de la femme. Et cela ne fait pas plus de doute, ni ne constitue plus d’injustice que dans le cas du corps animal, où sans aucun conteste les autres membres reconnaissent la tête pour leur chef et collaborent en lui obéissant au bien du corps entier.

    De même que, dans un organisme individuel, tous les membres sont dirigés par la tête et qu’ainsi se trouve maintenue l’harmonie de l’ensemble, de même, dans un organisme étendu, il doit y avoir un chef et, dans un organisme sain, il ne saurait y avoir de querelle pour déterminer qui est la tête, qui sont les membres et quelles sont leurs fonctions respectives.

    Edith Stein, La vocation

    Chef naturel oui, mais non tyran naturel. L’homme répond à sa nature quand il commande à sa femme. Mais il y répond plus complètement quand il la commande comme on commande à un être libre, égal. Et même supérieur en discernement et en expérience en certains domaines. À la maison, la prudence du mari résidera en ‘décidant’ la plupart du temps ce que sa femme lui aura ‘suggéré’, elle qui est plus présente aux affaires familiales, aux besoins de toute la maisonnée, aux problèmes particuliers de chaque enfant.

    Étant donné que l’homme n’est pas parfait, qu’il est une créature dotée de divers dons et pourvue de nombreuses imperfections, sa suprême sagesse consistera à contrebalancer ses imperfections par les dons du membre qui le complète, de même que la suprême sagesse politique du souverain consistera à laisser gouverner le ministre dont il aura reconnu la supériorité. Mais il est essentiel pour la santé de l’organisme que cela se fasse sous la conduite du chef. Si le corps se rebelle contre la tête, l’organisme prospérera tout aussi peu que si la tête laisse dépérir le corps.

    Edith Stein, La vocation

     

  • Que le soldat de Jésus-Christ évite ce qui peut troubler la paix de son cœur.

    Que le soldat de Jésus-Christ évite ce qui peut troubler la paix de son cœur.

    Voici a nouveau un extrait de l’ouvrage préféré de Saint François de Sales, « le combat spirituel », de Lorenzo Scupoli, chapitre XXV :

    Que le soldat de Jésus-Christ, qui a résolu de combattre et de vaincre ses ennemis, doit éviter, autant qu’il lui est possible, ce qui peut troubler la paix de son cœur.

    Lorsque nous avons perdu la paix du cœur, nous devons mettre tout en œuvre pour la recouvrer, mais quoi qu’il arrive en ce monde, rien n’est capable de nous la ravir, ni de la troubler malgré nous. Il faut, à la vérité, que nous conservions de la douleur de nos fautes, mais cette douleur doit être tranquille, modérée, comme je l’ai dit plusieurs fois. Il faut de même que nous ayons compassion des autres pécheurs ; et que du moins intérieurement nous gémissions de leur perte ; il faut aussi que notre compassion soit tendre, mais sans chagrin et sans trouble, comme étant l’effet d’une charité très pure.

    photo-priere_500-45cd9Pour ce qui regarde une infinité de maux auxquels nous sommes sujets en ce monde, tels que sont les maladies, les plaies, la mort, la perte de nos amis et de nos proches, la peste, la guerre, les embrasements, et plusieurs autres accidents fâcheux, que les hommes appréhendent comme contraires à la nature, toujours ennemie des souffrances ; nous pouvons, avec le secours de la grâce non seulement les accepter de la main de Dieu, mais nous en faire sujets de joie, en les regardant ou comme des punitions salutaires pour les pécheurs, ou comme des occasions de mérite pour les Justes. Ces deux considérations sont que Dieu même prend plaisir à nous affliger ; mais il est certain que tant que notre volonté sera soumise à la sienne, nous demeurerons avec un esprit tranquille au milieu des afflictions les plus rudes. Sachez au reste, que toute inquiétude lui déplaît, parce que, de quelque nature qu’elle soit, elle n’est jamais sans quelque défaut, et vient toujours d’un mauvais principe, qui est l’amour-propre. Tâchez donc de prévenir de loin ce qui peut vous inquiéter, et préparez-vous de bonne heure à le supporter avec patience. Considérez que les maux présents, quelque terribles qu’ils paraissent, ne sont pas effectivement des maux ; qu’ils ne sauraient nous priver des biens véritables, que Dieu les envoie, ou les permet pour les raisons que nous avons dites, ou pour d’autres qui ne peuvent être que très justes.

    En conservant de la sorte un esprit toujours égal parmi les divers accidents de cette vie, vous profiterez beaucoup : sans cela vos exercices réussiront mal, et vous n’en tirerez aucun fruit. De plus, tant que vous aurez l’esprit inquiet, vous demeurerez exposé aux insultes de l’ennemi, sans pouvoir connaître quelle est la voie sûre et le droit chemin de la vertu. Le démon fait tous ses efforts pour bannir la paix du cœur, parce qu’il fait que Dieu demeure dans la paix, et que c’est dans la paix qu’il opère de grandes choses. De là vient qu’il n’est point de ruse dont il ne se serve pour nous la ravir ; et qu’afin de nous surprendre, il se contrefait, il nous inspire des desseins qui paraissent bons, mais qui sont méchants en effet, et qu’on reconnaît à plusieurs marques, surtout en ce qu’ils troublent la paix intérieure. Pour remédier à un mal si dangereux, lorsque l’ennemi s’efforce d’exciter en nous quelque mouvement, ou quelque désir nouveau, ne lui ouvrons pas d’abord notre cœur, renonçons premièrement à toutes affections qui peuvent naître de l’amour-propre : offrons à Dieu ce nouveau désir ; prions-le instamment de nous faire connaître s’il vient de lui ou du démon, n’oublions pas de consulter là-dessus notre Directeur.

    Lors même que nous sommes sûrs qu’un désir qui se forme dans notre cœur, est un mouvement de l’esprit de Dieu, nous ne devons pas nous mettre en devoir de l’exécuter, qu’auparavant nous n’ayons mortifié la trop grande envie que nous avons qu’il soit accompli. Car une bonne œuvre précédée par cette sorte de mortification, est bien plus agréable à Dieu, que si elle se faisait avec une ardeur et un empressement naturel, et souvent la bonne œuvre lui plait beaucoup moins que la seule mortification. Ainsi rejetant les mauvais désirs, et n’exécutant les bons qu’après avoir réprimé tous les mouvements de la nature, nous conserverons notre cœur dans une tranquillité parfaite.

    Il est encore besoin pour cela de mépriser de certains remords intérieurs, qui semblent venir de Dieu, parce que ce sont des reproches que notre conscience nous fait sur de véritables défauts ; mais qui viennent effectivement du malin esprit, selon qu’on en peut juger par les suites. Si les remords de conscience servent à nous humilier, s’ils nous rendent plus fervents dans la pratique des bonnes œuvres, s’ils ne diminuent point la confiance qu’il faut avoir en la miséricorde divine, nous devons les recevoir avec action de grâce, comme des faveurs du Ciel. Mais s’ils nous causent du trouble, s’ils nous abattent le courage, s’ils nous rendent paresseux, timides, lents à nous acquitter de nos devoirs, nous devons croire que ce sont des suggestions de l’ennemi, et faire les choses à l’ordinaire sans daigner les écouter.Mais outre cela, comme il arrive le plus souvent que nos inquiétudes naissent des maux de cette vie, pour nous en défendre, nous avons deux choses à faire.

    • L’une est de considérer ce que ces maux sont capables de détruire en nous, si c’est l’amour de la perfection, ou l’amour-propre : s’ils ne détruisent que l’amour-propre, qui est notre capital ennemi, nous ne devons pas nous en plaindre ; nous devons plutôt les accepter avec joie et avec reconnaissance, comme des grâces que Dieu nous fait, comme des secours qu’il nous envoie, mais s’ils peuvent nous détourner de la perfection, et nous rendre la vertu odieuse, il ne faut pas pour cela nous décourager, ni perdre la paix du cœur, comme nous verrons bientôt.
    • L’autre chose est qu’élevant notre esprit à Dieu, nous recevions indifféremment tout ce qui nous vient de sa main, persuadés que les croix mêmes qu’il nous présente, ne peuvent être pour nous que les sources d’une infinité de biens, que nous négligeons, parce qu’ils nous sont inconnus.

     

  • Pour que la défaite devienne une grande victoire

    Pour que la défaite devienne une grande victoire

    Voici un texte de José-Maria Escriva (Amis de Dieu, Point 186), qui nous stimule dans le combat spirituel… en avant !

    jose mariaSi, par malheur, on vient à tomber, il faut se relever aussitôt. Avec l’aide de Dieu, qui ne nous sera pas refusée si nous en prenons les moyens, nous devons arriver le plus vite possible au repentir, à la franchise empreinte d’humilité, à la réparation, de sorte que la défaite momentanée se transforme en une grande victoire de Jésus-Christ.

    Habituez-vous aussi à situer la lutte en des points éloignés des murailles de la forteresse. Nous ne pouvons pas être en permanence en porte-à-faux, à la frontière du mal : nous devons éviter avec force d’âme le volontaire in causa, nous devons repousser le plus petit manque d’amour, et favoriser l’aspiration à un apostolat chrétien, assidu et fécond, dont la sainte pureté sera l’assise et l’un des fruits les plus caractéristiques. Nous devons en outre remplir notre temps d’un travail intense et consciencieux, en cherchant à découvrir Dieu, tant il est vrai que nous ne devons jamais perdre de vue que nous avons été achetés à grand prix et que nous sommes le temple de l’Esprit Saint.

    Quels autres conseils vous proposer ? Eh bien les procédés qui ont toujours été utilisés par les chrétiens qui avaient réellement la prétention de suivre le Christ, les mêmes procédés qu’utilisèrent les hommes qui perçurent les premiers le souffle de Jésus :

    • la fréquentation assidue du Seigneur dans l’Eucharistie,
    • l’invocation filiale de la très Sainte Vierge,
    • l’humilité,
    • la tempérance,
    • la mortification des sens, car on ne peut pas regarder ce qu’il n’est pas licite de désirer, faisait remarquer saint Grégoire le Grand,
    • et la pénitence.

    Vous allez me dire qu’il s’agit là purement et simplement du résumé de toute vie chrétienne. À vrai dire, il n’est pas possible de séparer la pureté, qui est amour, de l’essence de notre foi, qui est charité, sursaut d’amour sans cesse renouvelé pour Dieu, qui nous a créés, nous a rachetés et nous prend continuellement par la main, même si maintes et maintes fois, nous ne nous en rendons pas compte. Il ne peut pas nous abandonner Sion disait : Yahvé m’a abandonné, le Seigneur m’a oublié. Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi, je ne t’oublierai jamais. Ces paroles ne vous causent-elles pas un immense plaisir ?

    combat spi

  • La tempérance pour devenir un homme

    La tempérance pour devenir un homme

    La tempérance, maîtrise de soi, est une vertu à cultiver,  voici la définition qu’en donnait Jean-Paul II lors de l’audience du 22 novembre 1978.

    temp« On ne peut être vraiment prudent, ni vraiment juste, ni vraiment fort, si l’on ne possède pas aussi la vertu de tempérance.

    On peut dire que cette vertu conditionne indirectement toutes les autres vertus. Mais il faut dire aussi que toute les autres vertus sont indispensables pour que l’homme soit tempérant (ou sobre). Le terme même de tempérance semble se rapporter en quelque sorte à ce qui est hors de l’homme.

    En effet, est tempérant, dit-on, celui qui n‘abuse pas de nourriture, de boisson, de plaisirs, celui qui ne boit pas trop d’alcool, qui ne laisse pas sa conscience s’anéantir par la drogue, etc. Cette référence à des éléments extérieurs à l’homme a son fondement dans l’homme.

    C’est comme si en chacun de nous existait un moi supérieur et un moi inférieur. Dans notre moi inférieur s’exprime notre corps et tout ce qui lui appartient : ses besoins, ses désirs, ses passions, celles des sens avant tout. La vertu de tempérance permet à chaque homme de faire triompher son moi supérieur sur son moi inférieur. Est-ce là une humiliation de notre corps ? Une diminution ? Non, au contraire ! Cette maîtrise met en valeur le corps. La vertu de tempérance fait en sorte que le corps et nos sens trouvent la juste place qui leur revient dans notre être humain. Possède la vertu de tempérance celui qui sait se maîtriser, celui qui ne permet pas à ses passions de l’emporter sur la raison, sur la volonté et aussi sur le coeur. L’homme qui sait se maîtriser ! S’il en est ainsi, il est facile de comprendre la valeur fondamentale et le caractère indispensable de la vertu de tempérance. Oui, elle est indispensable pour que l’homme soit pleinement homme.  »