
Veni Creator
Mentes tuorum visita,



Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014 et nous a permis de le diffuser. L’année prochaine, soyez des nôtres le 1 mai 2015 ! Laissons lui la parole :
Qu’est ce qui fait, à la fois ce mélange de force qui lui permet d’être un homme d’action qui prend des décisions difficiles, entraîne la Sainte Famille sur des chemins qui vont la conduire en Egypte puis en revenir, et d’autre part d’être toujours en retrait, dans l’humilité, dans la réserve ? Joseph n’a prononcé aucune parole dans l’Ecriture. Les seuls mots qui lui sont attribués, qui ne sont pas explicitement dits mais seulement suggérés par le texte : c’est lui qui a nommé son fils Jésus. De ses lèvres ne sont sorties aucune autre parole. J’aime rependre le proverbe touareg : « Quand le mot que tu va prononcer est moins important que le silence que tu va quitter, alors tais-toi ». Le silence de Joseph n’est pas le mutisme. Il est une surabondance de présence qui nous exonère de toute autre parole qui serait de trop. Toute parole serait débile face à La Parole, celle du Verbe fait chair.
La virilité de Joseph est donc faite de ce subtil mélange entre la force d’un homme d’action, entreprenant, et quelque chose qui est de l’ordre de la douceur et de la délicatesse du cœur.
Je retiens quatre A pour caractériser cette virilité de Joseph. Ces 4 aspects n’ont pas la prétention de tout récapituler qui est Joseph, tant le mystère de sa personne nous échappe, mais ils ouvrent des pistes de méditation et de conversion.
D’abord, cette virilité est source du premier A, source d’Admiration. C’est tellement important dans l’éducation qu’un enfant admire son père. Cette admiration est nécessaire à l’identification, autour d’une figure emblématique qui nous invite à le suivre, à marcher sur ses traces, à pouvoir, en quelque sorte, lui ressembler. Et cette admiration, Jésus devait l’avoir en considérant bien-sûr que Joseph était un homme marqué par la faute originelle. L’admiration n’est pas simplement liée à une apparence extérieure, mais à la noblesse d’âme. La beauté d’un être, c’est sa beauté intérieure. Joseph, comme tout père, est sujet d’admiration, dans la mesure où il est investi d’une grandeur intérieure. Concernant cette grandeur intérieure, j’utilise fréquemment la règle des 7 C. Pour être sujet d’admiration, il faut pouvoir honorer 7 C :
Le mot admiration peut-être pourtant ambiguë car le chrétien n’est pas celui qui brille sous les feux de la rampe, aux avant-postes de la scène. Il est celui qui se trouve en retrait et qui désigne la source de la lumière, au delà de lui-même. Il ne retient pas la lumière de manière un peu idolâtrique et narcissique pour dire « je suis le plus beau, je suis le plus grand », mais il est celui dont la beauté renvoie à la source même de toute beauté qu’est le Christ, à sa lumière éternelle.
Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon
Suite la semaine prochaine : l’Autorité


Messieurs, avouons-le, beaucoup d’entre nous rêvent de se mettre dans la peau de James Bond !
Certes, cet agent secret semble au prime abord peu vertueux : il apparaît en premier lieu qu’il n’a ni la grâce, ni la volonté de vivre la sexualité et le plaisir sexuel au sein de l’amour conjugal, comme moyen de parfaire l’union corporelle et spirituelle entre homme et femme pour la vie (avec la joie de savoir cet acte ouvert à la vie naissante). C’est une vertu fondamentale que Bond ne connait pas : La vertu de chasteté (qui comporte l’intégrité de la personne et l’intégralité du don, voir CEC 2337).
Mais au second abord, ce qui plait tant aux hommes chez 007 est sûrement une série de vertus que nous vous invitons à découvrir… et à vivre !
Cette vertu induit un ordre :
Elle induit également la notion de l’autonomie, si importante pour un homme.
N’oublions pas que n’importe qui peut commencer quelque chose, mais bien moins peuvent la terminer. (Attention, la persévérance n’est pas l’obstination, si on réalise qu’on s’est trompé, on change !). James Bond nous montre donc que la persévérance n’est pas une option de la virilité , mais une nécessité.
Bond est toujours à la pointe de la technologie, mais jamais son esclave : il ne flâne pas sur internet pour passer le temps, ne discute pas pour meubler sa solitude avec son casque bluetooth dans la rue… Partout où Bond est , il est là réellement là, effectivement là. La technologie n’est réellement qu’un accessoire au service de sa mission.
Comme tout bon praticien de la guerre , Bond n’entre pas dans une bataille sans connaître son ennemi .
C’est bien la vocation de tout chrétien, comme le disait Bossuet : « faisons ce que l’on fait dans la guerre ; et avant que d’entrer dans la mêlée, avançons-nous avec le Sauveur pour reconnaître ces ennemis qui marchent contre nous si résolument. »
La connaissance est la clé de la victoire, toutefois, nous avons un avantage sur Bond, nous pouvons compter sur bien plus que sur la connaissance de Q ou de M : sur celle que nous donne la Révélation et sur l’aide permanente de Jésus-Christ notre Sauveur, lui qui a dit : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde « (Jean 16:33) « .
Cette connaissance est fondamentale et en adéquation avec la grâce, nos actes en témoignent, comme Jean-Paul II le soulignait : « L’Action nous fait saisir, du point de vue du croyant utilisant l’instrument philosophique, qu’il existe une merveilleuse harmonie entre la nature et la grâce, entre la raison et la foi » (lettre de Jean-Paul II à Mgr Bernard Panafieu, le 19 février 1993)

La diligence consiste à faire tout le travail que l’on doit, ni plus, ni moins, et est opposée à la négligence.
L’homme a toujours été habitué à s’habiller en fonction des occasions, mais un désir de simplification a conduit à la négligence vestimentaire. S’il est vrai que la vie intérieure prime, elle doit aussi s’exprimer à l’extérieur, et la tenue vestimentaire est aussi une expression importante!
Comme Bond était toujours agréablement habillé en vue d’une mission excellemment accomplie, il est pour nous, hommes chrétiens un exemple de diligence vestimentaire pour effectuer la plus grande chose qu’il soit : vivre le Saint Sacrifice de la Messe. Ainsi, en nous habillant, nous redécouvrons, montrons et respectons la sacralité du mystère de Dieu qui se fait présent et qui agit de manière spéciale dans les Sacrements institués par le Christ, gardés et célébrés avec dévotion dans l’Église tout au long des siècles. Par le soin particulier dans l’habillement alors utilisé nous exprimons la distinction entre le sacré et le profane dans la vie quotidienne au milieu d’une tendance générale à la désacralisation de toute chose.
Bond sait se battre, et cela s’acquiert. Mgr le Gal indiquait sur le site du diocèse aux armées, que la pratique du sport (donc de combat) implique l’acquisition d’une force morale par :
Avez vous déjà vu Bond craquer, pleurnicher sous la pression de sa mission ? Il incarne un homme qui garde la tête froide dans toutes les situations. Les grands hommes ont la force intérieure pour prendre des décisions graves avec confiance et maîtrise de soi même tout espoir semble disparus.
Notre confiance est bien entendue non pas liée à de l’orgueil, mais à l’union de plus en plus forte avec le Christ : « Il n’y a pas de difficultés, d’épreuves, d’incompréhensions qui doivent nous faire peur si nous demeurons unis à Dieu comme les sarments sont unis à la vigne, si nous ne perdons pas notre amitié avec lui, si nous lui faisons toujours plus de place dans notre vie » Pape François, homélie de la messe célébrée le 28 avril 2013
Messieurs, si ces vertus isolées de James Bond, cet espion imaginaire, évoquent beaucoup pour nous, combien plus encore notre seul héros, le Christ, vrai Dieu, vrai homme, réellement présent à chaque instant à nos côtés, doit inspirer nos actes !
Vous voulez accepter une mission périlleuse ? En avez-vous le courage ? Ayez la volonté de suivre le Christ, dès maintenant, aujourd’hui. Attention, cela n’est pas sans danger : « L’annonce de Jésus n’est pas une patine : elle va jusqu’aux os, au cœur, elle va en notre sein et nous change. Et cela, l’esprit du monde ne le tolère pas et c’est pour cela qu’il y a des persécutions » Pape François, Mai 2013

Selon Jean-Marie Apostolidès, depuis mai 68, la figure héroïque a été remplacée par l’exaltation victimaire multiculturaliste : toutes les communautés y ont naturellement besoin d’un ennemi infantile commun pour fonctionner : le « raciste » qui, dans notre société contemporaine, assume le même rôle que le diable au Moyen Âge.
« Par l’école, les valeurs de la victimisation sont transmises, discutées, valorisées. Bref, la génération candide a réalisé passivement le rêve de ses parents. Mais cette docilité de surface fait problème, car elle s’accompagne d’une fragilité psychologique se traduisant souvent par un sentiment d’impuissance à modifier le cours des choses. La génération candide se tient dans la dimension de la mémoire car l’Histoire lui fait peur ».
Jean-Marie Apostodès, Héroïsme et victimisation
Hélas, chez de nombreux chrétiens, pessimisme et victimisation ont été de rigueur durant de nombreuses années. Quelles peuvent être les raisons de ce pessimisme qui conduit à la victimisation ? Tentation à laquelle on succombe ? Manque de Foi ? Manque de Force ?
Elle peut être réelle, et être un vrai combat que le Seigneur permet pour la sainteté de certaines personnes. Elle n’est pas un pêché, car c’est le consentement qui conduit au pêché. Ne vous troublez point, ne culpabilisez pas si la tentation est là : la tentation est au contraire un occasion de se rapprocher de Dieu.
Saint Augustin nous dit à ce sujet que « La tentation est un feu, dans lequel l’or se purifie et la paille se consume, le juste se perfectionne et le pécheur trouve sa perte ; c’est une tempête qui jette l’un à bord et engloutit l’autre. « (In ps. 62. Exhort. ad martyr.)
La solution : C’est Jésus qui nous la donne : « Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation ». Il nous demande donc de veiller comme de bons soldats…
Notre Dieu est ressuscité ! Ne l’oublions jamais, et c’est Lui qui nous apporte l’Espérance, pas le monde ! Le chrétien qui consent au pessimisme et à la victimisation n’est, hélas, donc plus chrétien, mais mondain.
Benoit XVI écrivait dans « Spe Salvi » : « En ce sens, il est vrai que celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf. Ep 2, 12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (cf. Jn 13, 1 et 19, 30) »
La solution : La Foi est une vertu théologale,c’est-à-dire un don de Dieu, une grâce qu’il n’appartient pas à l’homme de faire naître ou de produire. C’est une vertu surnaturelle qui ne nécessite pas d’être travaillée comme les vertus naturelles : on dit qu’elle est infuse. Il est simplement « nécessaire » de prier pour l’avoir et pour la renforcer ! « Seigneur augmente en nous la Foi » (Lc 17,5-6) est une excellente prière quotidienne à avoir ! Ensuite le don appelle une réponse de l’homme.
La force est un don de l’Esprit-Saint (il faut donc la demander), mais est également une vertu (à travailler !) appelée « vertu des vertus ».
Concernant cette distinction don/vertu, le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus précisait qu’il n’y a pas d’opposition : « La théologie s’est plu à chercher les relations des dons avec les vertus, avec les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit. C’est ainsi que la sagesse s’unit à la charité, l’intelligence et la science à la foi, la crainte de Dieu à l’espérance, la piété à la justice, la force à la vertu de force, le conseil à la prudence. »
Le pape François évoquait le don de la Force lors de sa catéchèse du Par ce quatrième don, l’Esprit de Dieu vient à notre secours, au secours de nos manquements. La force est un don des plus précieux (…) Ce don doit être la toile de fond de notre être chrétien. Il doit alimenter une sainteté vécue dans l’ordinaire de la vie quotidienne. »
La solution : La Prière, encore la prière ! Suppliez l’Esprit-Saint de vous envoyer ce don !
La force est une vertu morale, c’est à dire acquise par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, comme l’indique le catéchisme de l’Eglise Catholique. Il précise également que cette vertu « dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1808)
Deux facultés caractérisent la vertu de force : « résister » et « entreprendre ».
La solution : Mieux connaitre la vertu de la force, et la travailler, par exemple via un sport qui permet de se dépasser, de surmonter la fatigue. Si la personne n’est pas capable de se dépasser dans le domaine physique, il lui sera difficile de se dépasser dans sa lutte ascétique.

En ce jour de la sortie du film Cristeros, les Hommes-Adorateurs vous invitent à prendre exemple sur un homme bienheureux, le Père Pro, qui, comme Anaclet Gonzalez Flores, lutta contre un gouvernement socialiste qui ne respectait pas la liberté religieuse. S’il n’apparaît pas dans le film à ne pas manquer, sa vie exemplaire mérite d’être plus connue, sans oublier qu’il passa quelques temps dans le diocèse de Fréjus-Toulon, diocèse d’origine des Hommes-Adorateurs !

Le bienheureux Miguel Agustin Pro,(1891-1927) était un prêtre jésuite mexicain.
Au cours de la persécution religieuse des socialistes contre les catholiques, guerre des Cristeros, il fut exécuté sans jugement lors de la persécution religieuse des années 1920 au Mexique.
La persécution l’obligea à se former en vue du sacerdoce en Europe, mais il désirait le martyr. Entre autre, il fit un passage à Hyères, en convalescence, au sein du diocèse de Fréjus-Toulon. Loin de son pays, il désirait la grâce du martyr :
Je n’ai jamais si bien compris, écrit-il, la valeur de la souffrance. II est bon de souffrir et de n’être vu que de Dieu… Il faut pourtant que je guérisse. Je veux rentrer au Mexique, où je mourrai martyr. Je veux des âmes!… J’offrirais volontiers dès maintenant le sacrifice de ma vie. Mais le bon Dieu a-t-il vraiment besoin de moi au Mexique?… Voyons si la grâce du martyre finira par m’être donnée.
Ce désir du martyr était (il doit toujours l’être d’ailleurs) indissociable d’une joie immense ! S’il était le plus assidu à la prière, le plus studieux lors des études, il était également le plus joyeux des compagnons lors de ses temps libres.
Une fois de retour au Mexique, il exerce un ministère clandestin intense : célébration de la messe clandestines, administration des sacrements, prédications de retraites, encouragement aux fidèles, visites des malades, soin des pauvres, secours aux prisonniers, etc…
Il écrivait :
Pour sauver le Mexique, des prêtres devront se sacrifier, et en grand nombre… Ce n’est peut-être qu’une simple imagination, mais il me semble que Notre-Seigneur a pleinement accepté mon offrande.
Il savait que son don de lui-même allait le conduire à l’offrande de sa vie :
L’ordre a paru de m’arrêter, écrit-il; mais l’ordre n’a pas encore été exécuté. La raison c’est que je ne me cache pas du tout. Je fais ce que j’ai à faire à la lumière du jour et même à la lumière électrique, puisque l’autre ne me suffit pas.
Toutefois, les tentatives d’arrestations se multiplient, ce qui lui donne l’occasion, non sans humour, de se faufiler entre les mailles des filets tendus contre lui.
Le 13 novembre 1927, suite à un attentat manqué contre un candidat franc-maçon à la présidence du Mexique, le père Pro et ses deux frères Humberto et Robert sont arrêtés. Leur innocence ne fait aucun doute, mais le gouvernement veut faire un exemple pour l’église catholique. Sans jugement, Miguel et Humberto Pro sont fusillés le 23 novembre 1927.
Sur le chemin de sa cellule au poteau d’exécution, le Père Pro rassure et pardonne à son geôlier.
Au moment de son exécution, les bras en croix, il crie, proclame une dernière fois : « Vive le Christ-Roi ».
exécution du Père Pro
Un soldat l’achève
Puissions-nous aussi suivre le Christ Roi sans peur, avec une grande confiance en Lui, car Lui seul peut faire de nous de véritables héros, des martyrs de son Saint Nom !
ORAISON
Dieu et Père qui avez accordé à votre fils Miguel Agustín, dans sa vie et dans son martyre, de chercher avec enthousiasme votre plus grande gloire et le salut des hommes; accordez-nous, à son exemple, de vous servir et de vous glorifier en accomplissant nos obligations quotidiennes avec fidélité et joie, et en aidant efficacement notre prochain. Nous vous demandons aussi, Père Saint, que, si c’est votre volonté, nous puissions bientôt vénérer le Bienheureux Miguel Agustín, comme un nouveau Saint de l’Église.
Par Jésus Christ Notre Seigneur

Oui ! Dieu est amour ! Oui ! Dieu nous demande de l’aimer, d’aimer notre prochain, d’aimer nos ennemis ! Mais non : nous ne sommes pas condamnés à être des hommes conduits par le sentimentalisme, la sensiblerie, la faiblesse… Mais tout d’abord, connaissez-vous la définition que le Larousse donne du sentimentalisme ? « Attitude de quelqu’un qui se laisse guider par une sensibilité exacerbée. »

Hommes catholiques : le Christ vous libère du sentimentalisme, car il vous conduit au vrai Amour ! La sensibilité exacerbée est une aliénation dont le Christ vous libère via la bonne nouvelle de l’Évangile, Lui seul doit être notre guide.
Notre société nous présente un amour appartenant exclusivement au domaine du sentiment, marqué par la culture hollywoodienne, héritière du romantisme. Sentir, ressentir… sans le savoir, un grand nombre de catholiques se sont éloignés de la foi en acceptant le diktat du monde du ressenti. Les « bons » sentiments conduisent à tant d’aberrations, tant de chemins de souffrances… ils sont souvent un masque devant des faiblesses de la Volonté et/ou de l’Intelligence. Ces « bons » sentiments guident les choix de mariage (suivis de tant de divorces), les choix éducatifs (suivi d’une intelligence si peu formée), les choix de parrain/marraine (suivi d’une foi si peu transmise), etc…
Pourtant l’amour n’est pas seulement un sentiment, mais un acte de volonté, une aptitude à se donner en vue du bien d’autrui, souvent d’ailleurs très loin de notre ressenti. Marthe Robin donnait cette définition de l’amour : « Aimer, ce n’est pas sentir, mais consentir« .
Le 1 mai, lors de la journée des Hommes-Adorateur au Cannet-des-Maures, Mgr Rey nous rappelait l’importance de l’autorité liée à la virilité : « à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, nous faisant du bien, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable pour inviter à entrer dans un autre monde que celui de la mère. Ce rôle implique un détachement, un dépassement, voire un arrachement. » (son intervention sera bientôt publiée dans son intégralité sur ce site)
Cet arrachement à la puissance du sentiment est une initiation à la puissance de l’Amour, celle qui implique une décision, un jugement, une promesse. Cela est valable dans le mariage, dans la vie consacrée, dans la vie du chrétien. Lorsque le Pape Benoît XVI disait au clergé polonais en 2006 : « Le Christ a besoin de prêtres mûrs, virils, capables de cultiver une authentique paternité spirituelle« , il précisait que cette maturité, cette virilité étaient liées à la maturité affective d’un cœur adhérant à Dieu. Les conditions sont simples :
Mais avant cela, il ne demandait pas au jeunes prêtres de s’abandonner à leur ressenti, mais à porter « attention à la qualité de la prière personnelle et à une bonne formation théologique » lesquels « portent des fruits dans la vie »
Cet article n’a pas une valeur de démonstration, mais son objectif est de nous aider à être libérés de l’aliénation du sentimentalisme. Pour cela, nous vous invitons donc à :
Courage !
PS : Le choix de la photo de Clint Eastwood est lié à sa prestation si virile et charitable dans « Gran Torino », mais nous nous gardons de faire de lui un modèle catholique !

C’est, entre-autres, ce que nous permet de vivre l’acquisition des vertus. Ceci est tellement essentiel que nous vous proposons de lire et de méditer ce passage du Catéchisme de l’Eglise Catholique :
1804 – Les vertus humaines sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent nos actes, ordonnent nos passions et guident notre conduite selon la raison et la foi. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.
Les vertus morales sont humainement acquises. Elles sont les fruits et les germes des actes moralement bons ; elles disposent toutes les puissances de l’être humain à communier à l’amour divin.
1805 Quatre vertus jouent un rôle charnière. Pour cette raison on les appelle » cardinales » ; toutes les autres se regroupent autour d’elles. Ce sont : la prudence, la justice, la force et la tempérance. » Aime-t-on la rectitude ? Les vertus sont les fruits de ses travaux, car elle enseigne tempérance et prudence, justice etcourage » (Sg 8, 7). Sous d’autres noms, ces vertus sont louées dans de nombreux passages de l’Écriture.
1806 La prudence est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir. » L’homme avisé surveille ses pas » (Pr 14, 15). » Soyez sages et sobres en vue de la prière » (1 P 4, 7). La prudence est la » droite règle de l’action « , écritsaint Thomas (s. th. 2-2, 47, 2) après Aristote. Elle ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation. Elle est dite auriga virtutum : elle conduit les autres vertus en leur indiquant règle et mesure. C’est la prudence qui guide immédiatement le jugement de conscience. L’hommeprudent décide et ordonne sa conduite suivant ce jugement. Grâce à cette vertu, nous appliquons sans erreur les principes moraux aux cas particuliers et nous surmontons les doutes sur le bien à accomplir et le mal à éviter.
1807 La justice est la vertu morale qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. La justice envers Dieu est appelée » vertu de religion « . Envers les hommes, elle dispose à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l’harmonie quipromeut l’équité à l’égard des personnes et du bien commun. L’homme juste, souvent évoqué dans les Livres saints, se distingue par la droiture habituelle de ses pensées et la rectitude de sa conduite envers le prochain. » Tu n’auras ni faveur pour le petit, ni complaisance pour le grand ; c’est avec justice que tujugeras ton prochain » (Lv 19, 15). » Maîtres, accordez à vos esclaves le juste et l’équitable, sachant que, vous aussi, vous avez un Maître au ciel » (Col 4, 1).
1808 La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d’affronter l’épreuve et lespersécutions. Elle dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. » Ma force et mon chant, c’est le Seigneur » (Ps 118, 14). » Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
1809 La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une sainediscrétion et » ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur » (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament : » Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits » (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée » modération » ou » sobriété « . Nous devons » vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent » (Tt 2, 12).
Bien vivre n’est autre chose qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son agir. On Lui conserve un amour entier (par la tempérance) que nul malheur ne peut ébranler (ce qui relève de la force), qui n’obéit qu’à Lui seul (et ceci est la justice), qui veille pour discerner toutes choses de peur de se laisser surprendre par la ruse et le mensonge (et ceci est la prudence) (S. Augustin, mor. eccl. 1, 25, 46 : PL 32, 1330-1331).
1810 Les vertus humaines acquises par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, sont purifiées et élevées par la grâce divine. Avec l’aide de Dieu, elles forgent le caractère et donnent aisance dans la pratique du bien. L’homme vertueux est heureux de les pratiquer.
1811 Il n’est pas facile pour l’homme blessé par le péché de garder l’équilibre moral. Le don du salut par le Christ nous accorde la grâce nécessaire pour persévérer dans la recherche des vertus. Chacun doit toujours demander cette grâce de lumière et de force, recourir aux sacrements, coopérer avec le Saint-Esprit, suivre ses appels à aimer le bien et à se garder du mal.

En clin d’œil à mon épouse, qui estime que je devrais relire et mettre en pratique cet article, je confie à votre prière la force nécessaire aux hommes-adorateurs pour vivre cette minute… et particulièrement pour moi !
La minute héroïque, elle a lieu chaque jour, c’est précisément l’heure de notre réveil. Il est si facile, je dirai même tentant, de prolonger cette minute… mais alors de la perdre ! José-Maria Escriva écrivait au sujet de cette minute :
La minute héroïque : C’est l’heure précise de te lever. Sans hésitation : une pensée surnaturelle et… debout !
La minute héroïque : tu as là une mortification qui renforce ta volonté et n’affaiblit pas ta nature.
Mortification, le mot n’est guère à la mode, il se pourrait même que quelques sympathiques personnes me rappellent qu’on n’en parle plus depuis Vatican II. Jetons donc un œil au Catéchisme de l’Eglise Catholique :
» Le chemin de la perfection passe par la Croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des Béatitudes « . (n. 2015)
D’ailleurs Paul VI affirmait à ce propos dans la Constitution Apostolique Paenitemini du 17 février 1966 :
» La vraie pénitence ne peut être séparée de l’ascétisme physique. La nécessité de mortifier la chair est manifeste si nous considérons la fragilité de notre nature dans laquelle, depuis le péché d’Adam, la chair et l’esprit ont des désirs opposés. Cet exercice de mortification corporelle – très éloigné de toute forme de stoïcisme – n’implique pas une condamnation de la chair que le Fils de Dieu a daigné nous donner. Au contraire, la mortification vise à la libération de l’homme, qui souvent, à cause de sa concupiscence, se trouve comme enchaîné par la partie sensible de son être « .
Nous voyons bien maintenant combien la mortification, cette mort au vieil homme, à l’homme paresseux en nous qui ne veut pas avancer, qui ne veut pas grandir, conduit à une libération, condition sine qua non d’une vie à la recherche de la paix et de la béatitude.
Revenons donc brièvement à cette minute héroïque, qui est aussi évoquée par le cardinal J. H. Newman :
“Si vous me demandez ce qu’il vous faire pour être parfait, je dirai d’abord: ne restez pas au lit au-delà du temps fixé pour le lever ; donnez vos premières pensées à Dieu ; faites une bonne visite au Saint-Sacrement ; dites dévotement l’Angélus; mangez et buvez pour la gloire de Dieu ; récitez bien le chapelet ; soyez recueilli; chassez les mauvaises pensées ; faites pieusement votre méditation du soir ; examinez chaque jour votre conscience ; couchez-vous à l’heure fixée, et vous voilà déjà parfait.”
Si vous, comme moi, avez des difficultés à vivre l’ascèse de la minute héroïque, tentons ensemble, pour suivre Jésus Christ sur le chemin de perfection qu’il a tracé pour nous, de vivre une autre minute héroïque : celle du coucher à l’heure fixée proposée par le cardinal Neuman. N’oubliant pas que les actes d’héroïsme ne sont possibles qu’avec la grâce, implorons Dieu pour qu’Il nous permette de vivre ces deux minutes héroïques… toujours ad majorem Dei Gloriam !

Nous remercions Mgr Giraud, évêque de Soissons, pour son très beau message du 1 Mai, encourageant la création de richesse par les entrepreneurs.
A l’origine de tant de difficultés humaines, le chômage constitue un drame majeur pour notre département. Il représente aussi un défi et c’est pourquoi ce quatrième message du 1er mai a pour objet de souligner le lien entre travail et entreprises. Au cours de mes 43 visites pastorales, j’ai découvert de nombreuses entreprises, petites ou grandes, de plasturgie, de transport, d’informatique, de services, des sucreries, scieries, fermes, verreries… Des ouvriers, des employés, des membres de comités d’entreprise ou des délégués du personnel, des syndicalistes, des DRH et des chefs d’entreprise m’ont fait découvrir ce qu’ils vivent : leurs activités et lieux de travail, leurs projets et inquiétudes, leurs luttes communes aussi.
En analysant, en inventant, en prenant des risques, en coordonnant des compétences, il revient aux entrepreneurs de créer de la richesse et de la partager par le travail. Or, comme le disait l’un d’entre eux : « la désespérance guette aussi des entrepreneurs dans les périodes difficiles car le droit à l’échec n’est pas reconnu ». L’Église catholique souhaite donc soutenir, encourager, tous ceux qui œuvrent pour le bien commun en entreprenant. Certes, ce n’est pas le rôle premier d’un évêque que de résoudre des questions sociales, économiques ou financières, mais je souhaite, comme cela est déjà arrivé, faciliter ou rendre possible une parole, une médiation.
L’Église diocésaine, comme association qui emploie 35 salariés, connaît elle aussi ce que vit une entreprise : ses soucis financiers, ses tensions, ses questions de formation ou de recrutement, ses retards et ses points d’excellence, ses négociations. C’est ainsi qu’elle s’est dotée récemment d’accords collectifs. Tout en étant une réalité autre, l’Église se situe aussi dans le monde de l’entreprise.
Depuis 1891 et l’œuvre du pape Léon XIII, l’Église catholique s’efforce d’appliquer et de diffuser un enseignement social intégral. Cette « doctrine sociale de l’Église » n’est ni une idéologie, ni un catéchisme politique, ni un projet de société, ni une doctrine économique, ni un modèle utopique, mais une réflexion sur les réalités complexes de l’existence de l’homme en société. Cette réflexion est conduite à la lumière de l’Évangile ; cet enseignement fait partie intégrante de l’annonce de l’Évangile. A ce titre, le pape Paul VI affirmait que « Le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde nous apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile. » Sans prétendre répondre à tous les problèmes présents, l’Église apporte donc une contribution spécifique. Les principes qu’elle a développés ont souvent été repris : le respect de la dignité et des droits de la personne humaine, le bien commun et la solidarité, la destination universelle des biens, le principe de subsidiarité qui conserve à chacun sa responsabilité. Elle propose également une méthode : « écouter, analyser, décider »… suite sur le site du diocèse de Soissons