Étiquette : pénitence

  • L’Avent, temps de purification et de pénitence

    L’Avent, temps de purification et de pénitence

    Pd009_jpg« L’Avent, qui signifie avènement, est une préparation à la venue du Sauveur, et, comme telle, une période de purification et de pénitence.  L’Eglise nous invite à méditer sur le triple avènement de Jésus :

    • sa venue sur terre par l’Incarnation,
    • son entrée dans les âmes par la grâce,
    • son apparition à la fin des temps pour juger tous les hommes.

    Mais c’est sur le premier avènement qu’elle attire surtout notre attention : elle nous rappelle les soupirs des patriarches et des prophètes, pour nous faire désirer avec eux la venue du Libérateur promis, et l’établissement ou l’affermissement de son royaume dans nos âmes. C’est donc un temps de saints désirs et d’ardentes supplications, où nous demandons à Dieu de faire descendre sur nous la rosée de la grâce et surtout le Rédempteur lui-même : Rorate, cæli, desuper, et nubes pluant justum !  Cette prière devient plus pressante, avec les grandes antiennes, O Emmanuel, Rex gloriæ, Oriens, etc., qui en nous rappelant les titres glorieux donnés au Messie par les prophètes et les principaux traits de sa mission, nous fait désirer la venue de Celui qui seul peut soulager notre détresse.

    Mais c’est aussi un temps de pénitence. L’Eglise nous y rappelle le jugement dernier auquel il faut nous préparer par l’expiation de nos péchés ; la prédication de S. Jean Baptiste nous invitant à faire pénitence pour préparer la voie au Sauveur : « Parate viam Domini, rectas facile semilas ejus » (Luc, III, 4). Autrefois on jeûnait trois fois par semaine, on le fait encore dans certains Ordres religieux, et si l’Eglise n’impose plus le jeûne à ses enfants, elle les exhorte à y suppléer par d’autres mortifications, et, pour le leur rappeler, célèbre les messes du temps en couleur violette, symbole de deuil. Ces saints désirs et ces pratiques de pénitence tendent évidemment à purifier l’âme et la préparent ainsi au règne de Jésus. »

    Adolphe Tanquerey, Précis de théologie Ascétique et Mystique

  • Vivez la minute héroïque

    Vivez la minute héroïque

    gableEn clin d’œil à mon épouse, qui estime que je devrais relire et mettre en pratique cet article, je confie à votre prière la force nécessaire aux hommes-adorateurs pour vivre cette minute… et particulièrement pour moi !

    La minute héroïque, elle a lieu chaque jour, c’est précisément l’heure de notre réveil. Il est si facile, je dirai même tentant, de prolonger cette minute… mais alors de la perdre ! José-Maria Escriva écrivait au sujet de cette minute :

    La minute héroïque : C’est l’heure précise de te lever. Sans hésitation : une pensée surnaturelle et… debout !

    La minute héroïque : tu as là une mortification qui renforce ta volonté et n’affaiblit pas ta nature.

    Mortification, le mot n’est guère à la mode, il se pourrait même que quelques sympathiques personnes me rappellent qu’on n’en parle plus depuis Vatican II. Jetons donc un œil au Catéchisme de l’Eglise Catholique :

      » Le chemin de la perfection passe par la Croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des Béatitudes « . (n. 2015)

    D’ailleurs Paul VI affirmait à ce propos dans la Constitution Apostolique Paenitemini du 17 février 1966 :

     » La vraie pénitence ne peut être séparée de l’ascétisme physique. La nécessité de mortifier la chair est manifeste si nous considérons la fragilité de notre nature dans laquelle, depuis le péché d’Adam, la chair et l’esprit ont des désirs opposés. Cet exercice de mortification corporelle – très éloigné de toute forme de stoïcisme – n’implique pas une condamnation de la chair que le Fils de Dieu a daigné nous donner. Au contraire, la mortification vise à la libération de l’homme, qui souvent, à cause de sa concupiscence, se trouve comme enchaîné par la partie sensible de son être « .

    Nous voyons bien maintenant combien la mortification, cette mort au vieil homme, à l’homme paresseux en nous qui ne veut pas avancer, qui ne veut pas grandir, conduit à une libération, condition sine qua non d’une vie à la recherche de la paix et de la béatitude.

    Revenons donc brièvement à cette minute héroïque, qui est aussi évoquée par le cardinal J. H. Newman :

    “Si vous me demandez ce qu’il vous faire pour être parfait, je dirai d’abord: ne restez pas au lit au-delà du temps fixé pour le lever ; donnez vos premières pensées à Dieu ; faites une bonne visite au Saint-Sacrement ; dites dévotement l’Angélus; mangez et buvez pour la gloire de Dieu ; récitez bien le chapelet ; soyez recueilli; chassez les mauvaises pensées ; faites pieusement votre méditation du soir ; examinez chaque jour votre conscience ; couchez-vous à l’heure fixée, et vous voilà déjà parfait.”

    Si vous, comme moi, avez des difficultés à vivre l’ascèse de la minute héroïque, tentons ensemble, pour suivre Jésus Christ sur le chemin de perfection qu’il a tracé pour nous, de vivre une autre minute héroïque : celle du coucher à l’heure fixée proposée par le cardinal Neuman. N’oubliant pas que les actes d’héroïsme ne sont possibles qu’avec la grâce, implorons Dieu pour qu’Il nous permette de vivre ces deux minutes héroïques… toujours ad majorem Dei Gloriam !

     

     

  • La pénitence, c’est…

    La pénitence, c’est…

    penitence detLa pénitence, c’est l’accomplissement exact de l’horaire que tu t’es fixé, même si ton corps oppose de la résistance ou si ton esprit prétend s’évader dans des rêveries chimériques. La pénitence, c’est se lever à l’heure. Et aussi ne pas remettre à plus tard, sans motif valable, une tâche qui est pour toi plus difficile ou coûteuse que d’autres.
    La pénitence consiste à savoir concilier tes obligations envers Dieu, envers les autres et envers toi-même, en te montrant exigeant envers toi-même pour trouver du temps pour chaque chose. Tu es pénitent lorsque tu te plies amoureusement à ton plan de prière, même si tu es épuisé, sans envie ou froid.

    La pénitence, c’est traiter toujours les autres avec la plus grande charité, en commençant par ton entourage. C’est apporter la plus grande délicatesse à t’occuper de ceux qui souffrent, des malades, de ceux qui traversent une épreuve. C’est répondre avec patience aux raseurs et aux importuns. C’est interrompre ou modifier nos plans lorsque les circonstances, les intérêts bons et justes des autres surtout, le requièrent.

    La pénitence consiste à supporter avec bonne humeur les mille petites contrariétés de la journée ; à ne pas abandonner ton occupation même si tu perds momentanément l’enthousiasme des débuts avec lequel tu l’avais entreprise ; à manger avec reconnaissance ce qu’on te sert, sans importuner par des caprices.

    La pénitence, pour les parents et, en général, pour tous ceux qui ont une mission de direction ou d’éducation, c’est corriger quand il faut le faire, en accord avec la nature de l’erreur et les conditions de celui qui a besoin de cette aide, par-delà les subjectivismes bornés et sentimentaux.

    L’esprit de pénitence nous amène à ne pas nous attacher d’une façon désordonnée à notre ébauche monumentale de projets futurs, dans laquelle nous aurions déjà prévu nos traits et nos coups de pinceau magistraux.

    Quelle joie nous donnons à Dieu lorsque nous savons renoncer à nos gribouillis et à nos coups de brosse d’artiste amateur et que nous permettons que ce soit Lui qui ajoute les traits et les couleurs qui Lui plaisent le plus !

    Amis de Dieu, 138

  • Le combat spirituel (2/5) : La défiance de nous-même

    Le combat spirituel (2/5) : La défiance de nous-même

    La défiance de nous-mêmes nous est tellement nécessaire en ce combat, que, sans elle, non seulement nous serions impuissants à remporter la victoire, mais nous ne saurions même pas surmonter la moindre de nos passions.

    pauvreCette vérité doit être d’autant plus profondément gravée dans notre esprit que notre nature corrompue nous pousse à concevoir une haute estime de nous-mêmes, à croire, malgré notre néant, que nous sommes quelque chose, et à présumer follement de nos forces. Point de vice que nous reconnaissions plus à contrecœur, point de vice non plus qui déplaise davantage aux yeux de Dieu. Le Seigneur veut nous voir pénétrés de cette vérité que toute grâce, toute vertu vient de lui comme de la source de tout bien, et que de nous-même nous sommes absolument incapables d’accomplir une action, d’avoir même une pensée qui lui soit agréable.

    Mais, quoique cette défiance soit un don de sa main divine, un don qu’il accorde à ceux qu’il aime, tantôt par de saintes inspirations, tantôt par d’amères épreuves, par des tentations violentes et presque insurmontables, par d’autres voies encore impénétrables à notre côté, nous l’obtiendrons infailliblement si, avec l’aide de la grâce, nous employons les quatre moyens que je vous propose.

    Le premier, c’est de considérer notre bassesse et notre néant, et de nous bien persuader que de nous-mêmes nous ne pouvons rien faire de méritoire pour le ciel.

    Le second, c’est de demander avec humilité et ferveur cette importante vertu à celui qui seul peut nous la donner. Nous confesserons d’abord que, non seulement nous ne l’avons pas, mais que de nous-mêmes nous sommes dans une entière impuissance de l’obtenir. Nous nous jetterons ensuite aux pieds du Seigneur avec une confiance inébranlable en sa bonté, et nous persévérerons dans la prière, jusqu’à ce qu’il plaise à sa divine Providence d’exaucer notre demande.

    Le troisième moyen, c’est de nous accoutumer peu à peu à nous défier de nous-mêmes et de notre propre jugement, à craindre la violente inclination de notre nature au péché, la multitude de nos ennemis, l‘incomparable supériorité de leurs forces, leur longue expérience du combat, leur astuce et les illusions qui les transforment à nos yeux en anges de lumière, les pièges enfin qu’ils nous tendent de toutes parts sur le chemin de la vertu.

    Le quatrième moyen, c’est de rentrer en nous-mêmes à chaque faute que nous commettons et de considérer attentivement jusqu’où va notre faiblesse. Si Dieu permet que nous fassions quelque chute, c’est afin qu’à la clarté de cette lumière, nous apprenions à mieux nous connaître, à nous mépriser nous-mêmes comme de viles créatures et à désirer d’être méprisés par les autres.

    Sans cette volonté, nous devons désespérer d’avoir jamais la défiance de nous-mêmes qui a pour fondement l’humilité et l’expérience de notre misère. La connaissance de soi-même est donc absolument nécessaire à quiconque veut s’approcher de la lumière éternelle, de la vérité incréée. Cette connaissance, la bonté divine la donne ordinairement aux superbes et aux superbes et aux présomptueux par la voie de l’expérience : il les laisse tomber dans l’une ou l’autre faute grave propres forces, afin que leur chute, en leur dévoilant leur faiblesse, leur apprenne à se défier d’eux-mêmes.

    Mais Dieu ne se sert ordinairement de ce remède extrême que lorsque les moyens plus doux n’ont pas obtenu l’effet qu’en attendait sa miséricorde. Il permet que l’homme tombe plus ou moins souvent, selon qu’il a plus ou moins d’orgueil, et si quelqu’un se rencontrait qui fût, comme la Sainte Vierge, entièrement exempt de ce vice, j’ose affirmer qu’il ne tomberait jamais.

    Lors donc qu’il arrive quelque chute, faites immédiatement un retour sur vous-même, demandez instamment à Notre Seigneur la lumière nécessaire pour vous connaître et vous défier entièrement de vous-même, si vous ne voulez pas retomber dans les mêmes fautes ou dans des fautes plus préjudiciables encore au salut de votre âme.

    Suite : La confiance en Dieu