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  • La vertu est l’élément clef de la virilité

    La vertu est l’élément clef de la virilité

    cardinalLa vertu est l’élément clé de la virilité, comme son étymologie l’indique, en latin vertu se traduisant par virtus , qui signifie virilité .

    Ainsi nous voyons que pour être un « vrai homme »,  nous devons  posséder la vertu. Et puisque la vertu (nous parlons de la vertu naturelle) ne peut pas de manière innée être totalement possédée , tous les hommes doivent travailler afin de l’acquérir. Ainsi nous vous encourageons à croître dans la vertu, en les connaissant et en les travaillant.

    Mais qu’est-ce que la vertu ? C’est une disposition habituelle et ferme à faire le bien, ce qui permet à un homme non seulement à faire de bonnes actions, mais de donner le meilleur de lui-même. Être vertueux vous dispose à « être en mesure de faire le bien » :

    •  facilement
    •  rapidement
    •  constamment
    •  joyeusement

    Il y a deux façons de croître en vertu :

    • par la pratique
    • par la grâce

    Les vertus sont comme des compétences acquises par l’éducation, qui doivent ensuite être répétées . (Pensez que les vertus sont comme des muscles que vous devez renforcer.)

    4 vertus sont appelées « vertus cardinales », car elles sont considérées comme charnières pour l’action humaine et l’acquisition de toutes les autres vertus :

    • La tempérance
    • La prudence
    • La justice
    • La force

    Nous développerons par la suite les vertus naturelles évoquées, et bien sûr les surnaturelles,  infusées par notre Seigneur, c’est-à-dire les vertus théologales,  d’ici là… parlez-en à votre directeur spirituel !

  • RENTRÉE SCOLAIRE : Apprendre à un enfant à se défendre ?

    RENTRÉE SCOLAIRE : Apprendre à un enfant à se défendre ?

    Nous avons la joie de publier cet article d’un ami contributeur du site des hommes-adorateurs sur la légitime défense, bonne lecture !

    defense enfant - CopieL’apprentissage de l’accueil des vertus se fait d’abord par l’exercice légitime de la légitime défense. C’est-à-dire de l’apprentissage de la vie chrétienne et donc de la défense de sa dignité. La légitime défense de la vie et de sa vie chrétienne comme découlant de la loi naturelle qui nous donne d’ être des hommes libres et respectés, de croire et de professer une foi, et pour nous La Foi (Cf Lumen Gentium), … est avant tout un devoir qui dans l’ordre de la croissance, qu’est aussi la sainteté, est premier. Parce que la légitime défense est fondamentalement raisonnable et le martyr fondamentalement déraisonnable, pas intrinsèquement mais parce qu’il dépasse la raison, comme la Foi dépasse la raison mais ne se contredisent pas. Donc il est raisonnable de dire à un enfant brimé par sa classe de se défendre et de le défendre (je ne m’attache pas au comment). Car s’il est brimé c’est qu’il ne sait pas, ne dispose pas des armes légitimes à la préservation de sa dignité, qui lui est due. A cet enfant il serait déraisonnable de l’engager à l’offrande, au martyr, car l’on offre que ce que l’on a à offrir.

    Concrètement l’enfant en question ne dispose pas de sa dignité car il est en apprentissage de celle-ci. La défendre justement lui permettra de l’acquérir comme un bien propre. Si l’enfant, car déjà saint, c’est-à dire d’une maturité telle qu’il se sait toujours pauvre et dans la main de Dieu et se recevant de Lui, possède déjà sa propre dignité d’enfant de Dieu, alors seulement librement, volontairement, comme le ferait un adulte, cet enfant peut s’offrir poussé par la grâce à subir les outrages de sa classe pour Jésus.

    Ce qui est de l’ordre de l’héroïcité des vertus, ne peut-être exigé d’une personne extérieure et à fortiori d’un éducateur, d’un responsable. La Sainteté et donc le martyr est le fruit d’une croissance. Ce serait dans le cas présent une grave erreur de sa part et témoignerai de sa non compréhension de la parole de Dieu concernant le fait que tendre sa joue gauche après la droite, est de l’ordre du « conseil évangélique » pour la Perfection (Jésus ici donne le but à atteindre, pas ce qu’il faut faire quand on y est pas encore arrivé : tendre sa joue, après l’autre alors qu’en fait on vous l’arrache n’est pas une offrande, mais de la faiblesse : ce qui se combat avec la vertu de force). Il s’adresse à ceux, qui sous la motion de l’Esprit Saint, il est donné par ce même esprit de témoigner, concrètement témoigner de ce qu’ils reçoivent de Lui et pas d’eux-mêmes. Le martyr est d’abord une invitation divine, puis une libre réponse de l’homme à celle-ci. Car il est du martyr comme de l’Amour divin qui ne peut être contraint et inconscient, absolument.

    La bonne nouvelle c’est que si vous êtes confronté à une situation de martyr et que vous dîtes « semper parati », toujours prêt, c’est l’Esprit Saint, Himself, qui vous fera témoigner et même endurer, ce qui ne peut l’être humainement. Ce qui explique les récits véridiques de la « légende dorée » par exemple d’un Saint Laurent qui déclare sur le gril : retournez-moi je ne suis pas assez grillé de ce côté-ci !

    Sans l’Esprit Saint par une Grâce particulière, personnelle et actuelle ni moi, ni vous n’irons au martyr, déjà la légitime défense est un sacré défi, alors le martyr n’en parlons pas. Mais nous sommes sacrément assistés  !

    defense enfant - Copie (2)

  • Non à la victimisation !

    Non à la victimisation !

    Selon Jean-Marie Apostolidès, depuis mai 68, la figure héroïque a été remplacée par l’exaltation victimaire multiculturaliste : toutes les communautés y ont naturellement besoin d’un ennemi infantile commun pour fonctionner : le « raciste » qui, dans notre société contemporaine, assume le même rôle que le diable au Moyen Âge.

    « Par l’école, les valeurs de la victimisation sont transmises, discutées, valorisées. Bref, la génération candide a réalisé passivement le rêve de ses parents. Mais cette docilité de surface fait problème, car elle s’accompagne d’une fragilité psychologique se traduisant souvent par un sentiment d’impuissance à modifier le cours des choses. La génération candide se tient dans la dimension de la mémoire car l’Histoire lui fait peur ».

    Jean-Marie Apostodès, Héroïsme et victimisation – 

    Hélas, chez de nombreux chrétiens, pessimisme et victimisation ont été de rigueur durant de nombreuses années. Quelles peuvent être les raisons de ce pessimisme qui conduit à la victimisation ? Tentation à laquelle on succombe ? Manque de Foi ? Manque de Force ?

    La tentation de la victimisation

    Elle peut être réelle, et être un vrai combat que le Seigneur permet pour la sainteté de certaines personnes. Elle n’est pas un pêché,  car c’est le consentement qui conduit au pêché. Ne vous troublez point, ne culpabilisez pas si la tentation est là : la tentation est au contraire un occasion de se rapprocher de Dieu.

    Saint Augustin nous dit à ce sujet que « La tentation est un feu, dans lequel l’or se purifie et la paille se consume, le juste se perfectionne et le pécheur trouve sa perte ; c’est une tempête qui jette l’un à bord et engloutit l’autre. «  (In ps. 62. Exhort. ad martyr.)

    La solution : C’est Jésus qui nous la donne : « Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation ». Il nous demande donc de veiller comme de bons soldats

    victimisation

    Un manque Foi

    Notre Dieu est ressuscité ! Ne l’oublions jamais, et c’est Lui qui nous apporte l’Espérance, pas le monde ! Le chrétien qui consent au pessimisme et à la victimisation n’est, hélas, donc plus chrétien, mais mondain

    Benoit XVI écrivait dans « Spe Salvi » : « En ce sens, il est vrai que celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf. Ep 2, 12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (cf. Jn 13, 1 et 19, 30) »

    La solution : La Foi est une vertu théologale,c’est-à-dire un don de Dieu, une grâce qu’il n’appartient pas à l’homme de faire naître ou de produire. C’est une vertu surnaturelle qui ne nécessite pas d’être travaillée comme les vertus naturelles : on dit qu’elle est infuse. Il est simplement « nécessaire » de prier pour l’avoir et pour la renforcer ! « Seigneur augmente en nous la Foi »  (Lc 17,5-6) est une excellente prière quotidienne à avoir ! Ensuite le don appelle une réponse de l’homme.

    Un manque de Force

    La force est un don de l’Esprit-Saint (il faut donc la demander), mais est également une vertu (à travailler !) appelée « vertu des vertus ».

    Concernant cette distinction don/vertu, le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus précisait qu’il n’y a pas d’opposition : « La théologie s’est plu à chercher les relations des dons avec les vertus, avec les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit. C’est ainsi que la sagesse s’unit à la charité, l’intelligence et la science à la foi, la crainte de Dieu à l’espérance, la piété à la justice, la force à la vertu de force, le conseil à la prudence. »

    Le don de la force

    Le pape François évoquait le don de la Force lors de sa catéchèse du Par ce quatrième don, l’Esprit de Dieu vient à notre secours, au secours de nos manquements. La force est un don des plus précieux (…) Ce don doit être la toile de fond de notre être chrétien. Il doit alimenter une sainteté vécue dans l’ordinaire de la vie quotidienne. »

    La solution : La Prière, encore la prière ! Suppliez l’Esprit-Saint de vous envoyer ce don !

    La vertu de la force

    La force est une vertu morale, c’est à dire acquise par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, comme l’indique le catéchisme de l’Eglise Catholique. Il précise également que cette vertu « dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1808)

    Deux facultés caractérisent la vertu de force : « résister » et « entreprendre ».

    • La résistance aux difficultés est associée à la capacité d’offrande à Dieu d’offrande de celles-ci, en résistant au désir de se prendre pour une victime.
    •  Entreprendre nécessite de faire preuve d’initiative, de décider puis d’exécuter la décision

    La solution : Mieux connaitre la vertu de la force, et la travailler, par exemple via un sport qui permet de se dépasser, de surmonter la fatigue. Si la personne n’est pas capable de se dépasser dans le domaine physique, il lui sera difficile de se dépasser dans sa lutte ascétique. 

    Voilà notre programme contre la victimisation : Foi et Force, et maintenant… en avant !

  • Ordonnons nos passions par des attitudes fermes

    Ordonnons nos passions par des attitudes fermes

    vertuC’est, entre-autres, ce que nous permet de vivre l’acquisition des vertus. Ceci est tellement essentiel que nous vous proposons de lire et de méditer ce passage du Catéchisme de l’Eglise Catholique : 

    Les vertus humaines

    1804 – Les vertus humaines sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent nos actes, ordonnent nos passions et guident notre conduite selon la raison et la foi. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.

    Les vertus morales sont humainement acquises. Elles sont les fruits et les germes des actes moralement bons ; elles disposent toutes les puissances de l’être humain à communier à l’amour divin.

    Distinction des vertus cardinales

    1805 Quatre vertus jouent un rôle charnière. Pour cette raison on les appelle  » cardinales  » ; toutes les autres se regroupent autour d’elles. Ce sont : la prudence, la justice, la force et la tempérance.  » Aime-t-on la rectitude ? Les vertus sont les fruits de ses travaux, car elle enseigne tempérance et prudence, justice etcourage  » (Sg 8, 7). Sous d’autres noms, ces vertus sont louées dans de nombreux passages de l’Écriture.

    1806 La prudence est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir.  » L’homme avisé surveille ses pas  » (Pr 14, 15).  » Soyez sages et sobres en vue de la prière  » (1 P 4, 7). La prudence est la  » droite règle de l’action « , écritsaint Thomas (s. th. 2-2, 47, 2) après Aristote. Elle ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation. Elle est dite auriga virtutum : elle conduit les autres vertus en leur indiquant règle et mesure. C’est la prudence qui guide immédiatement le jugement de conscience. L’hommeprudent décide et ordonne sa conduite suivant ce jugement. Grâce à cette vertu, nous appliquons sans erreur les principes moraux aux cas particuliers et nous surmontons les doutes sur le bien à accomplir et le mal à éviter.

    1807 La justice est la vertu morale qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. La justice envers Dieu est appelée  » vertu de religion « . Envers les hommes, elle dispose à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l’harmonie quipromeut l’équité à l’égard des personnes et du bien commun. L’homme juste, souvent évoqué dans les Livres saints, se distingue par la droiture habituelle de ses pensées et la rectitude de sa conduite envers le prochain.  » Tu n’auras ni faveur pour le petit, ni complaisance pour le grand ; c’est avec justice que tujugeras ton prochain  » (Lv 19, 15).  » Maîtres, accordez à vos esclaves le juste et l’équitable, sachant que, vous aussi, vous avez un Maître au ciel  » (Col 4, 1).

    1808 La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d’affronter l’épreuve et lespersécutions. Elle dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause.  » Ma force et mon chant, c’est le Seigneur  » (Ps 118, 14).  » Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde  » (Jn 16, 33).

    1809 La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une sainediscrétion et  » ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur  » (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament :  » Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits  » (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée  » modération  » ou  » sobriété « . Nous devons  » vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent  » (Tt 2, 12).

    Bien vivre n’est autre chose qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son agir. On Lui conserve un amour entier (par la tempérance) que nul malheur ne peut ébranler (ce qui relève de la force), qui n’obéit qu’à Lui seul (et ceci est la justice), qui veille pour discerner toutes choses de peur de se laisser surprendre par la ruse et le mensonge (et ceci est la prudence) (S. Augustin, mor. eccl. 1, 25, 46 : PL 32, 1330-1331).

    Les vertus et la grâce

    1810 Les vertus humaines acquises par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, sont purifiées et élevées par la grâce divine. Avec l’aide de Dieu, elles forgent le caractère et donnent aisance dans la pratique du bien. L’homme vertueux est heureux de les pratiquer.

    1811 Il n’est pas facile pour l’homme blessé par le péché de garder l’équilibre moral. Le don du salut par le Christ nous accorde la grâce nécessaire pour persévérer dans la recherche des vertus. Chacun doit toujours demander cette grâce de lumière et de forcerecourir aux sacrementscoopérer avec le Saint-Espritsuivre ses appels à aimer le bien et à se garder du mal.

    vertu CEC

     

  • Les vertus alliées de la force : la constance

    Les vertus alliées de la force : la constance

    A la lecture du Père Tanquerey Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constance. Aujourd’hui, travaillons la constance :

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    La constance dans l’effort consiste à lutter et à souffrir jusqu’au bout, sans succomber à la lassitude, au découragement ou à la mollesse.

    1. L’expérience montre en effet, qu’après des efforts réitérés, on se fatigue de faire le bien, on s’ennuie d’avoir toujours à tendre sa volonté. Et cependant la vertu n’est pas solide, tant qu’elle n’a pas la sanction du temps, qu’elle n’est pas affermie par des habitudes profondément enracinées. Ce sentiment de lassitude produit souvent le découragement et la mollesse : l’ennui que l’on éprouve à renouveler ses efforts détend les énergies de la volonté, et produit un certain affaissement moral ou découragement ; alors l’amour de la jouissance et le regret d’en être sevré, reprennent le dessus, et on se laisse aller au courant de ses mauvaises tendances.
    2. Pour réagir contre cette faiblesse :
      1. il faut tout d’abord se souvenir que la persévérance est un don de Dieu, qui s’obtient par la prière ; nous devons donc le demander avec instance, en union avec Celui qui a été constant jusqu’à la mort, et par l’intercession de celle que nous appelons avec raison la Vierge fidèle.
      2. Il faut ensuite renouveler ses convictions sur la brièveté de la vie et la durée sans fin de la récompense, qui couronnera nos efforts : si nous avons toute l’éternité pour nous reposer, cela vaut bien quelques efforts et quelques ennuis sur terre. Si, malgré tout, nous nous sentons faibles et vacillants, c’est le cas de demander avec instance la grâce de constance dont nous sentons si vivement le besoin, en redisant la prière d’Augustin : Da, Domine, quod jubes, et jube quod vis.
      3.  Enfin on se remet courageusement à l’œuvre avec une nouvelle ardeur, appuyé sur la grâce toute puissante de Dieu, et cela malgré le peu de succès apparent de nos essais, en nous rappelant que Dieu nous demande l’effort et non le succès. Toutefois n’oublions pas que nous avons parfois besoin d’une certaine détente, de repos et de diversion. La constance n’exclut donc pas le repos légitime ; le tout c’est de le prendre en conformité avec la volonté de Dieu, selon les prescriptions de la règle ou d’un sage directeur.
  • Les vertus alliées de la force : la patience

    Les vertus alliées de la force : la patience

    patienceA la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constanceAujourd’hui, travaillons la patience :

    La patience est une vertu chrétienne qui nous fait supporter avec égalité d’âme, par amour pour Dieu et en union avec Jésus-Christ, les souffrances physiques ou morales. Tous nous souffrons assez pour être des saints, si nous savons le faire vaillamment et pour des motifs surnaturels ; mais beaucoup ne souffrent qu’en se plaignant, en maugréant, parfois même en maudissant la Providence ; d’autres souffrent par orgueil ou cupidité et perdent ainsi le fruit de leur patience. Le vrai motif qui doit nous inspirer,

    • c’est la soumission à la volonté de Dieu
    • et, pour nous y aider, l’espoir de la récompense éternelle qui couronnera notre patience.

    Mais le stimulant le plus puissant, c’est la méditation de Jésus souffrant et mourant pour nous. Si lui, l’innocence même, a enduré si héroïquement tant de tortures physiques et morales, et cela par amour pour nous, pour nous racheter et nous sanctifier, n’est-il pas juste que nous, qui sommes coupables et avons par nos péchés causé ses souffrances, consentions à souffrir avec lui et dans les mêmes intentions que lui, pour collaborer avec lui à l’œuvre de notre purification et de notre sanctification, et avoir part à sa gloire après avoir eu part à ses souffrances ? Les âmes nobles et généreuses y ajoutent un motif d’apostolat : elles souffrent pour compléter la Passion du Sauveur Jésus, et travailler ainsi à la rédemption des âmes. Là est le secret de la patience héroïque des Saints et de leur amour pour la croix.

    Les degrés de patience correspondent aux trois stages de la vie spirituelle.

    1. Au début, on accepte la souffrance, comme venant de Dieu, sans murmure et sans révolte, soutenu par l’espérance des biens célestes ; on l’accepte pour réparer ses fautes et purifier son cœur, pour maîtriser ses penchants déréglés, en particulier la tristesse et l’abattement ; on l’accepte, malgré les répugnances de la sensibilité, et si on demande que le calice s’éloigne, on ajoute que, malgré tout, on se soumet à la volonté divine.
    2. Au second degré, on embrasse les souffrances avec ardeur et détermination, en union avec Jésus-Christ, et pour se conformer davantage à ce divin Chef. On aime donc à parcourir avec lui la voie douloureuse qu’il a suivie de la crèche au Calvaire, on l’admire, on le loue, on l’aime dans tous les états douloureux où il a passé : dans le dénuement où il s’est condamné à son entrée dans le monde, sa résignation dans l’humble crèche qui lui sert de berceau, où il souffre encore plus de l’ingratitude des hommes que du froid de la saison ; les souffrances de l’exil ; les obscurs travaux de la vie cachée ; les labeurs, les fatigues et les humiliations de la vie publique, mais surtout, les souffrances physiques et morales de sa longue et douloureuse passion. Armé de cette pensée : « Christo igitur passo in carne, et vos eadem cogitatione armamini » (I Petr., IV, 1) on se sent plus courageux en face de la douleur ou de la tristesse ; on s’étend amoureusement sur la croix, à côté de Jésus et par amour pour lui : « Christo confixus sum cruci » (Galat., II, 19) ; quand on souffre davantage, on jette un regard compatissant et amoureux sur lui, et on l’entend nous dire : « Beati qui lugent … beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam » ; l’espoir de partager sa gloire dans le ciel rend plus supportables les crucifiements qu’on subit avec lui : « Si tamen compatimur ut et conglorificemur » (Rom., VIII, 17). On en vient même parfois, comme S. Paul, à se réjouir de ses misères et de ses tribulationsi sachant bien que souffrir avec le Christ, c’est le consoler et compléter sa passion, c’est l’aimer plus parfaitement sur terre et se préparer à jouir davantage de son amour dans l’éternité (II Cor., XII, 9 ; VII, 4).
    3. Et ceci nous mène au troisième degré, le désir et l’amour de la souffrance, pour Dieu qu’on veut ainsi glorifier, et pour les âmes à la sanctification desquelles on veut travailler. C’est ce qui convient aux parfaits et surtout aux âmes apostoliques, aux religieux, aux prêtres et aux âmes d’élite. C’est cette disposition qu’avait Notre Seigneur en s’offrant à son Père comme victime dès son entrée dans le monde et qu’il exprimait en proclamant son désir d’être baptisé du baptême douloureux de sa passion (Luc, XII, 50). Par amour pour lui, et afin de lui mieux ressembler, les âmes parfaites entrent dans les mêmes sentiments : car, nous dit S. Ignace, comme les gens du monde, qui sont attachés aux choses de la terre, aiment et cherchent avec beaucoup d’empressement les honneurs, la réputation et l’éclat parmi les hommes… de même ceux qui s’avancent dans la voie de l’esprit et qui suivent sérieusement Jésus-Christ, aiment et désirent avec ardeur tout ce qui est contraire à l’esprit du monde… de sorte que, si cela pouvait se faire sans aucune offense de Dieu et sans scandale du prochain, ils voudraient souffrir des affronts, des faux témoignages et des injures, être regardés et traités comme des insensés, sans toutefois en avoir donné le sujet, tant ils ont de désir de se rendre semblables en quelque manière à Notre Seigneur Jésus-Christ… afin qu’avec le secours de sa grâce nous tâchions de l’imiter autant qu’il sera possible, et de le suivre en toutes choses, puisqu’il est la voie véritable qui conduit les hommes à la vie. Il n’y a évidemment que l’amour de Dieu et du divin crucifié qui puisse faire aimer de la sorte les croix et les humiliations.

    Faut-il aller plus loin, s’offrir à Dieu comme victime et demander positivement à Dieu des souffrances exceptionnelles, soit pour réparer la gloire de Dieu, soit pour obtenir quelque insigne faveur ? Assurément il y a eu des Saints qui l’ont fait, et aujourd’hui encore il y a des âmes généreuses qui sont portées à le faire. Mais d’une façon générale on ne peut prudemment conseiller ces demandes : elles prêtent trop à l’illusion et sont souvent inspirées par une générosité irréfléchie qui vient de la présomption. On les fait, dit le P. de Smedt, en des moments de ferveur sensible, et, le temps de cette ferveur une fois passé, on se sent trop faible pour exécuter les actes héroïques de soumission et d’acceptation qu’on avait faits si énergiques en imagination. De là des tentations très rudes de découragement ou même des murmures contre la divine Providence… c’est là une source de beaucoup d’ennuis et, d’embarras pour les directeurs de ces âmes. Il ne faut donc pas demander de soi-même des souffrances ou épreuves spéciales ; si on s’y sent porté, on consultera un directeur sage, et on ne fera rien sans son approbation.

    Demain : la constance

  • Les vertus alliées de la force : la magnificence

    Les vertus alliées de la force : la magnificence

    A la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constanceAujourd’hui, travaillons la magnificence :

    vatican

    Quand on a une âme noble et un grand cœur, on pratique la magnificence ou la munificence, qui nous porte à faire de grandes œuvres, et par là même les grandes dépenses que ces œuvres entraînent.

    1. Parfois c’est l’orgueil ou l’ambition qui inspire ces œuvres ; ce n’est pas alors une vertu. Mai quand on a en vue la gloire de Dieu ou le bien de ses semblables, on surnaturalise ce désir naturel des grandeurs, et, au lieu de capitaliser constamment ses ressources, on dépense noblement son argent en de grandes et nobles entreprises, œuvres d’art, monuments publics, constructions d’églises, d’hôpitaux, d’écoles et d’universités, en un mot, de tout ce qui favorise le bien public : c’est alors une vertu, qui nous fait triompher de l’attache naturelle qu’on a pour l’argent et du désir d’augmenter ses revenus.
    2. C’est une vertu excellente qu’il faut recommander aux riches, en leur montrant que le meilleur emploi des richesses que la Providence leur à confiées est d’imiter la libéralité et la magnificence de Dieu dans ses œuvres. Que d’institutions catholiques végètent aujourd’hui faute de ressources ! N’y a-t-il pas là un noble emploi pour les fonds qu’on a pu accumuler, et n’est-ce pas le meilleur moyen de se bâtir une riche demeure dans le ciel ? Et que d’autres institutions sont à créer ? Chaque génération apporte son contingent de besoins nouveaux : tantôt ce sont des églises et des écoles à bâtir, tantôt les ministres du culte à entretenir ; parfois ce sont des misères publiques à soulager ; d’autrefois des œuvres nouvelles à fonder, patronages, syndicats, caisses de prévoyance et de retraites, etc. Il y à là un vaste champ ouvert à toutes les activités et à toutes les bourses.
    3. Il n’est même pas besoin d’être riche pour pratiquer cette vertu. S. Vincent de Paul ne l’était pas ; et cependant est-il un seul homme qui ait pratiqué autant et aussi sagement que lui une munificence vraiment royale à l’égard de toutes les misères de son siècle, et fondé des œuvres qui ont eu autant de succès durable ? Quand on a l’âme noble, on trouve des ressources dans la charité publique, et il semble que la Providence se mette au service des grands dévouements, quand on sait se confier en elle et observer les lois de la prudence ou suivre les mouvements du Saint Esprit.

    Les défauts opposés sont la lésinerie et la profusion.

    1. La lésinerie ou mesquinerie arrête les élans du cœur, ne sait pas proportionner les dépenses à l’importance de l’œuvre à entreprendre et ne fait rien que de petit ou d’étroit.
    2. La profusion au contraire nous pousse à faire des dépenses excessives, à prodiguer son argent sans compter, sans proportion avec l’œuvre entreprise, et parfois même en allant au delà de ses ressources. On l’appelle encore prodigalité.

    C’est à la prudence qu’il appartient de tenir le juste milieu entre ces deux excès.

    Demain :  la patience

  • Les vertus alliées de la force : la magnanimité

    Les vertus alliées de la force : la magnanimité

    A la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constance. Aujourd’hui, travaillons la magnanimité :

    La magnanimité, qu’on appelle encore grandeur d’âme, oBen-Huru noblesse de caractère, est une disposition noble et généreuse à entreprendre de grandes choses pour Dieu et le prochain. Elle diffère de l’ambition, qui est au contraire essentiellement égoïste, et cherche à s’élever au-dessus des autres par l’autorité ou les honneurs ; le désintéressement est le caractère distinctif de la magnanimité : elle veut rendre service aux autres.

    1. Elle suppose donc une âme noble, ayant un idéal élevé, des idées généreuses ; une âme courageuse qui sait mettre sa vie en harmonie avec ses convictions.
    2. Elle se manifeste, non seulement par de nobles sentiments, mais par de nobles actions, et cela dans tous les ordres :
      • dans l’ordre militaire, par des actions d’éclat ;
      • dans l’ordre civique, par de grandes réformes ou de grandes entreprises industrielles, commerciales ou autres ;
      • dans l’ordre surnaturel, par un idéal élevé de perfection sans cesse poursuivi, par des efforts généreux pour se vaincre et se surpasser, pour acquérir des vertus solides, pratiquer l’apostolat sous toutes ses formes, fonder et diriger des œuvres ;
      • tout cela sans craindre de compromettre sa fortune, sa santé, sa réputation et même sa vie.

    Le défaut opposé est la pusillanimité qui, par crainte excessive d’un échec, hésite et demeure dans l’inaction. Pour éviter des bévues, on commet en réalité la plus grande des maladresses : on ne fait rien ou presque rien, et ainsi on gaspille sa vie. Il est évident qu’il vaut mieux s’exposer à quelques méprises que de rester dans l’inaction.

    Demain :  la magnificence

  • La vertu de force, vertu des vertus

    La vertu de force, vertu des vertus

    arnoldschwarzeneggerLa force (en latin fortitudo) est (avec la prudence, la tempérance et la justice) l’une des quatre vertus cardinales. (Les vertus théologales sont la foi, l’espérance et la charité). A ce sujet, Jean-Paul II disait :

    Nous avons besoin de force pour être des hommes. En effet, l’homme n’est vraiment prudent que s’il possède la vertu de force. Prions pour ce don du Saint-Esprit, le don de la force.

    Cette article est sa définition, que le Père Tanquerey dans son  Précis de théologie ascétique et mystique donne admirablement :

    « Cette vertu, qu’on appelle force d’âme, force de caractère, ou virilité, chrétienne, est une vertu morale surnaturelle qui affermit l’âme dans la poursuite du bien difficile, sans se laisser ébranler par la peur, pas même par la crainte de la mort.

    • Son objet est de réprimer les impressions de la crainte qui tend à paralyser nos efforts vers le bien, et de modérer l’audace qui, sans elle, deviendrait facilement de la témérité.
    • Ses actes se ramènent à deux principaux : entreprendre et endurer des choses difficiles.
    1. La force consiste tout d’abord à entreprendre et exécuter des choses difficiles : il y a en effet, sur le chemin de la vertu et de la perfection, des obstacles nombreux, difficiles à vaincre, sans cesse renaissants. Il faut n’en avoir pas peur, aller même au devant d’eux, faire courageusement l’effort nécessaire pour les surmonter : c’est le premier acte de la vertu de force. Cet acte suppose :
      1. de la décision, pour se résoudre promptement à faire son devoir coûte que coûte ;
      2. du courage, de la générosité pour faire des efforts proportionnés aux difficultés et qui sache grandir avec celles-ci ;
      3. de la constance, pour continuer l’effort jusqu’au bout, malgré la persistance et les retours offensifs de l’ennemi.
    2. Mais il faut aussi savoir souffrir pour Dieu les épreuves nombreuses et difficiles qu’il nous envoie, les souffrances, les maladies, les railleries, les calomnies dont on est la victime. C’est souvent plus difficile encore que d’agir : sustinere difficilius est quam aggredi, dit S. Thomas, et il en donne trois raisons.
      1. Tenir bon suppose qu’on est attaqué par un ennemi supérieur, tandis que celui qui attaque se sent supérieur à son adversaire ;
      2. celui qui soutient le choc est déjà aux prises avec les difficultés et en souffre, celui qui attaque ne fait que les prévoir ; or un mal présent est plus redoutable que celui qu’on prévoit ;
      3. l’endurance suppose qu’on demeure immobile et inflexible sous le choc, pendant un temps notable, par exemple quand on est cloué au lit par une longue maladie, ou qu’on éprouve de violentes ou longues tentations ; celui qui entreprend une chose difficile donne un effort momentané, qui généralement ne dure pas aussi longtemps. »

     

  • Les vertus joyeuses et exubérantes de la foi, de l’espérance et de la charité

    Les vertus joyeuses et exubérantes de la foi, de l’espérance et de la charité

    chestertonLa différence réelle entre le paganisme et le christianisme est parfaitement résumée par la différence qui existe entre les vertus païennes, ou naturelles, et ces trois vertus que l’Église de Rome appelle vertus de la Grâce. Les vertus païennes, ou rationnelles, sont des choses telles que la justice, et la tempérance, et le christianisme les a adoptées. Les trois vertus mystiques que le christianisme n’a pas adoptées mais inventées, sont la foi, l’espérance et la charité. Toute une rhétorique chrétienne facile et creuse pourrait être facilement déversée sur ces trois mots, mais je désire me confiner aux deux faits qui sont évidents à leurs propos. Le premier fait évident (fortement en contraste avec l’idée qu’on se fait du païen dansant) – le premier fait évident, dis-je, c’est que les vertus païennes telles que la justice et la tempérance sont les vertus tristes, et que les vertus mystiques de la foi, l’espérance et la charité sont les vertus joyeuses et exubérantes. Et le second fait évident, qui est encore plus évident, c’est que les vertus païennes sont les vertus raisonnables, et que les vertus chrétiennes de foi, d’espérance et de charité sont dans leur essence aussi déraisonnables qu’elles puissent l’être.

    Comme le mot déraisonnable est sujet à mauvaise interprétation, la chose peut être plus précisément exposée en disant que chacune de ces vertus chrétiennes, ou vertus mystiques, implique un paradoxe dans sa propre nature, et que ceci n’est pas vrai des vertus typiquement païennes ou rationnelles. La justice consiste à découvrir une certaine chose qui est due à un certain homme, et à la lui donner. La tempérance consiste aux limites propres d’une indulgence particulière et à y adhérer. Mais la charité signifie pardonner ce qui est impardonnable, ou alors ce n’est pas une vertu du tout . L’espérance signifie espérer quand les choses sont sans espoir, ou ce n’est pas une vertu du tout . Et la foi signifie croire l’incroyable, ou ce n’est pas une vertu du tout.

    Il est amusant, en effet, de relever la différence dans la manière dont la tendance de l’esprit moderne traite ces trois paradoxes. La charité est une vertu à la mode à notre époque ; elle a été allumée par le gigantesque arc enflammé de Dickens. L’espérance est une vertu aujourd’hui ; notre attention a été arrêtée dessus par le son inattendu de la trompette d’argent de Stevenson. Mais la foi est rebelle à toute mise au goût du jour , et il est habituel de chaque côté d’utiliser contre elle le fait qu’elle est un paradoxe. Chacun répète moqueusement la fameuse définition enfantine sur la foi qui est  » le pouvoir de croire ce que nous savons être faux ». Cependant, elle n’est pas un atome plus paradoxale que l’espérance ou la charité. La charité est le pouvoir de défendre ce que nous savons être indéfendable. L’espérance, c’est le pouvoir d’être gai dans des circonstances que nous savons désespérées. Il est vrai qu’il existe un état d’espoir qui appartient aux perspectives brillantes et au matin ; mais ce n’est pas la vertu d’espérance. La vertu d’espérance n’existe que lors d’un tremblement de terre ou d’une éclipse. Il est vrai qu’il existe une chose crûment appelée charité, qui signifie la charité envers le pauvre méritant ; mais la charité envers une personne méritante, n’est pas du tout de la charité, mais la justice. C’est celui qui ne mérite rien qui en a besoin, et l’idéal soit n’existe pas, soit existe seulement pour lui. Pour des raisons pratiques, c’est au moment du désespoir que nous avons besoin de l’homme habité par l’espérance, et cette vertu soit n’existe pas du tout, soit commence à exister à ce moment-là. C’est exactement au moment où l’espérance cesse d’être raisonnable, qu’elle commence à être utile.(…)

    La signification générale de mon propos concernant les trois vertus dont j’ai parlées va maintenant, je l’espère, être suffisamment claire. Elles sont toutes les trois paradoxales, elles sont toutes trois pratiques, et elles sont toutes trois paradoxales parce qu’elles sont pratiques. C’est la pression de l’extrême besoin et la terrible connaissance des choses telles quelles sont, qui a amené les hommes à poser ces énigmes et à mourir pour elles. Quelque puisse être la signification de la contradiction, c’est un fait que la seule sorte d’espérance qui ait une quelconque utilité dans une bataille est une espérance qui se moque de l’arithmétique . Quelque puisse être la signification de la contradiction, c’est un fait que la seule sorte de charité qu’un esprit faible souhaite, ou qu’un esprit généreux ressente, c’est la charité qui pardonne les péchés qui sont comme l’écarlate . Quelque puisse être la signification de la foi, elle doit toujours signifier une certitude sur quelque chose qu’on ne peut prouver .Comme par exemple, nous croyons par la foi à l’existence des autres personnes.

    Source : G.K. Chesterton : « Hérétiques », chapitre : le paganisme et M. Lowes Dickinson.

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