Étiquette : virilité

  • Virilité combattante et chasteté – 3ieme partie :  Eclosion de l’éros en agapè

    Virilité combattante et chasteté – 3ieme partie : Eclosion de l’éros en agapè

    Merci à notre ami Fabrice Hadjadj, qui nous permet d’utiliser ce très bel éloge de la virilité et de la chasteté en 4 parties : en voici la troisième partie !

    1. Vient notre seconde question : comment penser la chasteté comme vertu qui mène le sexe à sa perfection, si elle est de l’ordre d’une maîtrise rationnelle ? Rationaliser le sexe, n’est-ce pas le détruire ? Et pourtant, nous venons de le voir, le chaste est tout le contraire du châtré.

    La sexualité est le lieu où s’expérimente une perte de contrôle : coup de foudre devant la femme ; coup de vieux devant l’enfant. L’époux aussi bien que le père sont des personnes dépassées par l’autre genre et par l’autre génération. L’organe même du sexe est le symbole de ce dépassement (et non d’une domination phallocratique). Montaigne évoque dans ses Essais « l’indocile liberté de ce membre, s’ingérant si importunément lorsque nous n’en avons que faire, défaillant si importunément lorsque nous en avons le plus affaire, et contestant de l’autorité si impérieusement avec notre volonté »… Cette indocile liberté n’est pas qu’une peine qu’il faudrait surmonter. Elle possède aussi sa positivité qui, pour être humiliante, n’en est pas moins heureuse : elle manifeste que nous sommes pour l’autre, et tellement pour l’autre que l’autre nous hante, que nous en portons la marque jusqu’au milieu de notre corps, par notre nombril et notre sexe, qui nous rattache, l’un, à la mère, l’autre, à la femme.

    1. L’éros implique toujours une certaine passivité, un certain ravissement radical devant l’autre (c’est pourquoi Platon se refuser à le voir comme un dieu, et le considérait comme un intermédiaire entre les dieux et les hommes). Sa passion est en excès par rapport à la raison. Om tombe amoureux comme on tombe de sa chaire.

    Est-ce à dire que l’amour est toujours déraisonnable et nous fait chuter vers la bestialité ? Dans le Phèdre, Platon montre qu’il y a deux manières d’excéder la raison, par le bas, et par le haut, par le bestial et par le divin. Or, selon lui, le véritable éros a bien quelque chose de fou, mais sa folie est divine.

    Sous ce rapport, la chasteté permet à l’éros d’être lui-même : devant la beauté qui nous bouleverse, elle nous donne d’obéir à la folie divine et de ne pas sombrer dans une folie bestiale. Elle n’était pas le feu, mais, pour reprendre une expression de saint Jean Climaque, elle chasse le feu par le feu, le feu inférieur, qui consume sans brûler, par le feu supérieur, qui brûle sans se consumer.

    1. Lévinas a profondément médité cette transcendance donnée à même l’immanence de la sexualité, cette action supérieure de l’autre qui s’opère au sein de la passivité du désir. Selon lui, la dualité des sexes n’est essentiellement ni rivalité ni complémentarité, même si elle peut prendre secondairement ces aspects : la relation de l’homme et de la femme est une relation entre deux individus – d’où la rivalité possible – et une relation entre deux moitiés qui s’ajustent fonctionnellement pour transmettre la vie – d’où la complémentarité réelle. Mais ni la vision individualiste, ni la compréhension fonctionnaliste ne rendent raison la sexualité dans son essence.

    Dans son essence, la sexualité ne nous fait pas chercher « l’âme sœur », car ce serait encore inceste – ce qui veut littéralement dire « non-chaste ». Elle nous tourne vers l’autre irréductible : « Le pathétique de l’amour consiste dans une dualité insurmontable des êtres ; c’est une relation avec ce qui se dérobe à jamais. La relation ne neutralise pas ipso facto l’altérité, mais elle la conserve. L’autre en tant qu’autre n’est pas ici un objet qui devient nôtre ou qui devient nous, il se retire au contraire dans son mystère[1]. » L’union sexuelle n’abolit pas la différence sexuelle : elle l’intensifie, car la femme n’est jamais plus féminine que lorsqu’elle est amante, épouse et mère ; et elle la multiplie, car, à la différence sexuelle, elle ajoute la différence générationnelle, et cette seconde différence, loin de ramener l’autre à nous, nous tourne avec lui vers cet autre que nous deux qu’est notre enfant.

    1. Il n’y en a pas moins une ambiguïté de l’éros, ambiguïté liée au désir paradoxal, sinon contradictoire, de jouir de l’autre : jouir, selon Lévinas, c’est tout ramener à l’immanence de son plaisir, à cet océan dissolvant où il n’y a plus ni l’autre ni soi ; mais, dans la jouissance sexuelle, à la différence de la jouissance gastronomique, le désir veut malgré tout l’autre en tant qu’autre, au point qu’il nous échappe toujours, et que, dans son abandon même, il se dérobe à notre possession. Lévinas souligne ainsi « l’ambiguïté d’un événement qui se situe à la limite de l’immanence et de la transcendance. […] L’amour reste un rapport avec autrui, virant en besoin ; et ce besoin présuppose encore l’extériorité totale, transcendante de l’autre, de l’aimée. […] Jouissance du transcendant presque contradictoire dans ses termes, […] la possibilité de jouir d’Autrui, […] cette simultanéité du besoin et du désir, de la concupiscence et de la transcendance, tangence de l’avouable et de l’inavouable, constitue l’originalité de l’érotique qui, dans ce sens, est l’équivoque par excellence »[2].

    Ici peut s’entendre ce qu’est la chasteté. Elle consiste à reconnaître cette équivoque, et à faire en sorte que, dans l’éros, la concupiscence ne l’emporte pas sur la transcendance, mais soit plutôt emportée par elle. Sa maîtrise est en cela paradoxale. Elle n’est pas de l’ordre du contrôle, mais d’une sorte de maïeutique, d’une manière d’accompagner l’élan vers l’autre qui s’ouvre dans le sexe.

    Cette transcendance que la chasteté préserve, précisons-le, n’est pas d’abord celle de Dieu (cela relève plutôt de la foi). C’est la transcendance du féminin dans la femme, et de l’avenir dans l’enfant, c’est-à-dire d’un espace et d’un temps qui dépassent nos plans et nos plannings, qui sont à la fois les plus proches et les plus mystérieux, à la fois les nôtres (puisque je peux parler « des miens ») et jamais nôtres (puisque les miens ne sont pas ma propriété).

    1. Prolongeant cette perspective, on peut dire que la chasteté articule l’éros à l’agapè. Benoît XVI explique admirable, dans sa première encyclique, comment la charité réalise une postulation profonde du désir érotique : « Même si, initialement, l’éros est surtout sensuel, ascendant – fascination pour la grande promesse de bonheur –, lorsqu’il s’approche ensuite de l’autre, il se posera toujours moins de questions sur lui-même, il cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera “être pour” l’autre. C’est ainsi que le moment de l’agapè s’insère en lui ; sinon l’éros déchoit et perd aussi sa nature même[3]. »

    La chasteté empêche ainsi l’éros de se perdre et de sombrer dans la déchéance. Elle laisse la sexualité être ce qu’elle est ultimement : non pas le fait de former un tout clos sur lui-même, comme se le figure le romantisme, ni de réduire l’autre à un simple objet de concupiscence, comme se l’imagine la pornographie, mais un mouvement vers l’autre sans retour, le fait de s’ouvrir à l’infini, c’est-à-dire à la femme, à l’enfant, et, à travers eux, à Dieu qui les garantit dans leur altérité et leur avenir, et qui les recueille dans son incompréhensibilité.

    [1] Emmanuel Lévinas, Le Temps et l’Autre [1948], Fata Morgana, 1979, p. 78.

    [2] ID., Totalité et infini [1961], Le Livre de Poche, coll. « Biblio-essais », p. 285-286.

    [3] Benoît XVI, Deus caritas est, n. 7.

    A suivre… dernière partie, vendredi 26 janvier : Virilité combattante et chasteté –  4eme partie : La chasteté comme vertu guerrière

  • Virilité combattante et chasteté – 2eme partie : une confirmation du sexe

    Virilité combattante et chasteté – 2eme partie : une confirmation du sexe

    Merci à notre ami Fabrice Hadjadj, qui nous permet d’utiliser ce très bel éloge de la virilité et de la chasteté en 4 parties : en voici la seconde partie !

    1. La chasteté est une vertu, mais la rapporter à ce nom générique est ajouter à un mot désuet à un autre mot désuet, voire risible. Paul Valéry observait en 1934, lors d’une séance de l’Académie Française : « Ce mot est mort, ou, du moins, il se meurt. Vertu ne se dit plus qu’à peine. Aux esprits d’aujourd’hui, il ne vient plus s’offrir de soi, comme une expression spontanée de la pensée d’une réalité actuelle. » Quel mot l’a remplacé ? Celui de Valeur (d’une valeur qui n’est pas la vertu de courage – celle du chevalier valeureux – mais le produit d’une évaluation en vue d’un échange). Telle est la notion qui envahit désormais la morale et tend à nous la représenter comme un ensemble de règles générales qui s’imposent à l’individu depuis l’extérieur. De ce point de vue, celui de la valeur, la chasteté apparaît comme une norme religieuse ou sociale qui réprime la sexualité pour l’ordonner vers autre chose, un bien supérieur, comme on passerait la bride à un cheval sauvage pour le conduire chez le boucher qui vous en tirera une viande savoureuse.

    La vertu n’a pas ce sens, ni chez Aristote ni chez Thomas d’Aquin. Souvent, pour la définir, on reprend les termes de Cicéron : « La vertu est une disposition habituelle de l’âme qui la met en accord, comme naturellement, avec la raison. » Ces éléments, pour être exacts, ne permettent pas assez de distinguer la vertu de la valeur et laissent en suspens quelques questions décisives : Est-ce que cet accord avec la raison s’oppose à un accord avec le corps ? Comment s’acquiert-il ? Et quelle est la finalité de cette conformité rationnelle ?

    À la différence de la valeur, la vertu n’est pas de l’ordre de l’énoncé abstrait. Elle s’incarne, ou mieux, elle assume le dynamisme propre de la chair : « Tout ce qui est contraire à l’ordre naturel est vicieux[1] », écrit Thomas, et le premier péché qu’il oppose à la tempérance n’est pas la débauche – c’est l’insensibilité. Aussi la chasteté assume-t-elle la nature humaine de pied en cap, en chair, en os et en esprit, et, comme il est dans cette nature d’être soit d’un homme soit d’une femme, elle vient d’abord confirmer chacun dans son sexe, c’est-à-dire, par là même, son ordination à l’autre sexe. Si la vertu est bien « perfection de la puissance d’agir », la chasteté est la perfection même de la sexuation et de la sexualité. Si bien que l’on doit en conclure qu’une femme chaste est d’autant plus féminine, et qu’un homme chaste est d’autant plus masculin. Là où la chasteté comme valeur tend à une abstraite et angélique neutralisation, la chasteté comme vertu renforce le concret de la différence sexuelle.

     

    1. À définir la chasteté comme vertu, nous échappons au « gender » en évitant la dévaluation du sexe liée au spiritualisme, mais nous semblons y retourner en disant qu’une femme peut, selon qu’elle est plus ou moins chaste, être plus ou moins féminine. N’est-ce pas une variante du fameux « on ne naît pas femme, on le devient » ? D’où vient cet écart entre le donné biologique de notre sexe et son déploiement existentiel qu’il faille pour nous, seuls entre les animaux, une vertu pour le franchir ?

    Il vient d’abord de notre nature. Si les anges sont créés directement dans leur perfection naturelle, les vivants corporels, plante, bête ou homme, connaissent une croissance qui les fait aller de l’imparfait au parfait, de la jeunesse à la maturité (cette dernière se définissant par l’aptitude à engendrer un autre de son espèce). Bien que l’on soit conçu pâquerette, caniche ou Fabrice, on continue encore à le devenir. Mais, là où le caniche le devient spontanément, Fabrice doit le devenir délibérément : il est, mais il a à être, consentant à sa condition, à sa naissance, à son corps, à sa langue.

    Les bêtes s’accouplent par instinct, tandis que l’homme et la femme s’unissent par mariage, ou du moins dans un consentement à leur désir, à travers les rituels sociaux en vigueur (chez nous le rut laisse la place aux rites, toujours, même si ces rites sont ceux, dégradés, de la push-button society, induisant une relation pulsionnelle et virtuelle – les « nœuds » du mariage n’étant plus que la « connexion » d’un moment cool). La formule est donc moins celle de Beauvoir que celle de Pindare : « Deviens ce tu es. » En ce sens, la vertu en général correspond à une disposition acquise à entrer dans ce devenir, une assomption volontaire habituelle du dynamisme naturel de notre être – la vertu de chasteté en particulier réalisant l’assomption de notre dynamisme sexuel.

    Mais il y a encore une autre cause, plus mystérieuse, plus accidentelle, et même contre-nature, à cet écart entre le donné initial et son accueil fécond, c’est ce que le dogme catholique désigne sous le nom de péché originel. Une brisure s’est installée au fond de nous-mêmes, sans qu’il y ait de notre faute personnelle, et cette brisure affecte spécialement la sexualité (dans la Genèse, la femme succombe à la séduction du serpent parce qu’elle prétend lui répondre seul, sans en appeler à Adam, sans accepter par conséquent qu’elle est une femme, et donc seulement une moitié de l’humanité). La simple vertu naturelle et personnelle ne suffit pas pour surmonter une telle brisure. Il y faut la grâce, le don d’un autre plus grand que nous, de sorte que la chasteté suppose la charité, et qu’elle permet à Éros de s’ouvrir à Agapè comme à ce qui le sauve.

     

    1. Mais il n’est pas nécessaire de recourir au dogme du péché originel pour constater partout l’humanité en proie à la désexualisation. On a prétendu que notre société était obnubilée par le corps, obsédée par le sexe, magnifiant la chair et la matière au détriment de l’esprit. Le développement du numérique et des écrans suffit à prouver la fausseté de ce diagnostic.

    L’acte sexuel est sans cesse désexualisé – réduit par le marché à un acte de consommation, désincarné par la pornographie, technicisé par les biotechnologies. Cela pouvait paraître autrefois facile, il est désormais héroïque de vivre une vie selon son sexe. Le pire de tout, bien sûr, c’est ce qui s’appelle à travers une redondance obscène l’« hétérosexualité », laquelle se croit vertueuse, et sombre bien plus bas que l’homosexualité qu’elle dénonce. Car elle consiste à dire que, comme homme, on jouit avec des femmes ; mais en quoi, à rendre féminine la forme du sextoy, entre-t-on dans la réalité du sexe, dans son altérité, son avenir et sa fécondité ?

    La chasteté, en assumant la sexualité, et donc la chair dans ce qu’elle a de plus désirable, s’oppose radicalement à la virtualisation et la technicisation des rapports humains.

     

    1. Perfection du dynamisme de la nature, la vertu n’est pas pour elle-même : elle est pour la fin dernière. Thomas le déclare en une phrase qui a l’insigne mérite de pouvoir scandaliser tous les rabat-joie du moralisme coincé : « La tempérance a pour fin et pour règle la béatitude », laquelle « excède infiniment toute créature[2]. » Le puritain peut se retourner dans la tombe qu’il s’est bâtie de son vivant, la vérité est là : la tempérance ne nous modère que pour nous faire entrer dans l’excès divin.

    Dès lors, la chasteté, en tant que tempérance du sexe, ne fait pas que viser, mais prend pour « règle » le plaisir de Dieu. Avant d’essayer d’entendre ce mystère, cependant, le philosophe doit commencer par reconnaître ici le lieu fondamental où le surnaturel sauve l’ordre naturel, c’est-à-dire où la grâce guérit la sexualité et lui donne de se déployer à fond. Quelle est la fin propre de la sexualité ? Une communion féconde dans la chair. Or, nous l’avons déjà suggéré, cet acte de chair qui par essence est ouverture à la vie, tend à être réduit à son contraire, à virer au divertissement, à la fuite devant l’angoisse de la mort. Pourquoi cela ? C’est qu’il y va du pourquoi le plus fondamental. Philippe Muray l’exprime très bien : « Pourquoi ? Pourquoi nous nous reproduisons ? Pourquoi nous avons à nous reproduire ? Pourquoi cette volonté toute nue désormais que la possibilité de ne pas se reproduire est offerte elle aussi, techniquement, au genre humain ? C’est la question des questions en suspens à travers le temps. L’essence même du pourquoi[3]. »

    Non pas pourquoi vivre, comme le croyait Camus, mais : pourquoi donner la vie ? Les utopies politiques pouvaient jadis fournir un substitut de réponse : c’est pour la Nation, pour le Parti, pour le Progrès. Mais une fois ces espoirs mondains effondrés, que reste-t-il ? La question « toute nue » – comme un cri.

    Les bêtes ont le bonheur d’engendre par instinct. Elles ne se posent pas la question. Elle ne se demande pas s’il faut ou non perpétuer l’espèce. Cela se fait comme ça, sans recours à la métaphysique ni à la religion. Mais nous autres, pour procréer, du fait de la conscience que nous avons de la mort, et même, de nos jours, d’une extinction totale, nous cherchons une raison de le faire – une raison qui se dérobe de plus en plus au rationalisme. Au fond, dès lors qu’elle se veut lucide, la sexualité la plus naturelle exige, pour s’accomplir, une espérance surnaturelle.

    C’est précisément à cette exigence que satisfait la chasteté. Ordonnée à la vie éternelle, ajustant notre sensibilité à la foi que nos enfants ne sont pas seulement fait pour l’exploitation et la vermine, elle nous donne de continuer d’engendrer, même à l’heure du catastrophisme, même au milieu du désastre.

     A SUIVRE : « Virilité combattante et chasteté – 3eme partie :  Éclosion de l’éros en agapè »

     

    [1] Somme de Théologie, II-II, 142, 1.

    [2] II-II, 141, 6 et I-II, 5, 5.

    [3] Philippe Muray, Désaccord parfait, Gallimard, Tel, p. 238

  • La vertu est l’élément clef de la virilité

    La vertu est l’élément clef de la virilité

    cardinalLa vertu est l’élément clé de la virilité, comme son étymologie l’indique, en latin vertu se traduisant par virtus , qui signifie virilité .

    Ainsi nous voyons que pour être un « vrai homme »,  nous devons  posséder la vertu. Et puisque la vertu (nous parlons de la vertu naturelle) ne peut pas de manière innée être totalement possédée , tous les hommes doivent travailler afin de l’acquérir. Ainsi nous vous encourageons à croître dans la vertu, en les connaissant et en les travaillant.

    Mais qu’est-ce que la vertu ? C’est une disposition habituelle et ferme à faire le bien, ce qui permet à un homme non seulement à faire de bonnes actions, mais de donner le meilleur de lui-même. Être vertueux vous dispose à « être en mesure de faire le bien » :

    •  facilement
    •  rapidement
    •  constamment
    •  joyeusement

    Il y a deux façons de croître en vertu :

    • par la pratique
    • par la grâce

    Les vertus sont comme des compétences acquises par l’éducation, qui doivent ensuite être répétées . (Pensez que les vertus sont comme des muscles que vous devez renforcer.)

    4 vertus sont appelées « vertus cardinales », car elles sont considérées comme charnières pour l’action humaine et l’acquisition de toutes les autres vertus :

    • La tempérance
    • La prudence
    • La justice
    • La force

    Nous développerons par la suite les vertus naturelles évoquées, et bien sûr les surnaturelles,  infusées par notre Seigneur, c’est-à-dire les vertus théologales,  d’ici là… parlez-en à votre directeur spirituel !

  • Mgr Rey et la virilité : l’Autonomie

    Mgr Rey et la virilité : l’Autonomie

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014.  Suite à l’explication du « troisième A », l’Audace,  voici la quatrième et dernière partie : l’Autonomie.

    cowboyL’éducateur qu’est Saint Joseph, aide son enfant à devenir sujet de son histoire, à devenir autonome. Le mot éduquer a pour racine latine « ex » qui signifie « hors », et « ducere » qui signifie « guider ». Éduquer c’est « Guider hors de soi », « sortir de soi ». C’est un accouchement. L’Évangile utilise l’image d’une femme qui accouche dans les douleurs de l’enfantement. La douleur est associée à la joie.

    Finalement, ce qui fait la virilité de Saint Joseph, c’est d’être au service de Jésus pour qu’il puise pleinement être lui-même, pleinement à sa mission. La grande mission d’un père est de voir que son enfant a pu acquérir son indépendance.

    J’ai vécu en Afrique, et il y avait encore des processus d’initiation. Il faut retrouver les rites d’initiation. Autrefois, le service militaire pouvait constituer un certain rite d’initiation. En Afrique, dans certaines tribus que j’ai connues au Tchad, un enfant devenait adulte, donc autonome, à partir du moment où il allait avec son père dans la forêt. Il y vivait 4 jours. D’abord son père l’entraînait hors du village, puis l’adolescent devait construire seul sa baraque dans la forêt, apprendre à se nourrir lui-même, seul, et quand il revenait au village, il était devenu un adulte aux yeux des villageois. Il avait donné la preuve qu’il pouvait subvenir à lui-même, par lui-même.

    Nous sommes dans une société d’assistanat où on empêche les gens de vivre les rites d’initiations et d’acquérir une véritable autonomie.

    Le rôle d’un père est précisément d’être celui qui fait rentrer dans cette véritable autonomie, qui est le lieu de la véritable liberté.

    + Dominique Rey , le 1 Mai 2014

    Chers amis, une fois ce cycle achevé sur le thème de l’autonomie, nous vous invitons à le mettre en pratique, en participant à un des 16 pèlerinages des pères de famille qui se profilent !

    Votre serviteur…

    autonomie

  • Mgr Rey et la virilité : l’Audace

    Mgr Rey et la virilité : l’Audace

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014. Suite à l’explication du « deuxième A », l’Autorité,  voici la troisième partie : l’Audace.

    Empire-State-Building-by-Lewis_W_Hine

    Chez saint Joseph, il y une véritable audace. Lorsque l’Ange lui dit en songe de partir en Egypte pour éviter que l’enfant Jésus ne soit assassiné, il obtempère aux injonctions intérieures. Il y a chez lui de l’audace, du courage, du zèle. Saint Joseph n’est pas un personnage mièvre, doucereux, mais un être dont la virilité est attachée à l’exercice d’une vraie audace, qui l’amène à prendre des risques.

    J’ai rencontré un jour le fondateur d’une magnifique communauté au Brésil, un très bon ami qui s’appelle Padre Jonas. Padre Jonas, jeune salésien, arrive près de Sao Paulo il y a 40 ans, voulant évangéliser les jeunes. Il  commence par fonder un petit groupe de prière. Mais il réalise que s’il veut évangéliser les jeunes aujourd’hui, il doit utiliser les moyens de communication, alors il fait une émission de sur une radio locale. Puis il prend en main une seconde radio qui lui demande une émission, enfin, il décide de s’occuper de plusieurs radios… Quelques années après, il démarre une chaîne de télévision. Et aujourd’hui la communauté qu’il a fondée, qui s’appelle Cancao-Nova, entre Rio et Sao Paulo, a construit un immense hall de 100 000 places, gère une télévision de 50 millions de téléspectateurs, fait travailler 1000 personnes à plein temps et fournit des programmes (sans supports publicitaires), uniquement dédiés à l’évangélisation. Lorsque je lui ai demandé comment en 30 ans il avait connu un tel succès, il ma répondu : « pour réussir une fondation, il y a trois règles :

    1. il faut beaucoup de Foi,
    2. beaucoup de prière
    3. et  beaucoup de travail« .

    Beaucoup de Foi… beaucoup d’audace ! Notre société invite les chrétiens à poser des actes audacieux et courageux. On baigne beaucoup trop dans la sécurité, on cherche à se protéger. Je voyage parfois dans l’ouest des Etats-Unis, en Californie. Ce qui me frappe, c’est qu’il s’agit d’un peuple de conquérants, rempli d’audace. On peut prendre des risques au niveau économique et professionnel, mais les plus belles aventures sont les aventures spirituelles. Comme disait Simone Weil : « si tu vas au bout du monde, tu trouveras peut-être la trace de Dieu, mais si tu vas au bout de toi-même, tu trouveras Dieu Lui-même. »

    La grande aventure qu’est notre vie réclame énormément d’audace, de courage, de dépassement.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Autonomie

  • Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014. Suite à l’explication du « premier A », l’Admiration,  voici la deuxième partie : l’Autorité

    La virilité c’est l’exercice d’une autorité. On disait de Jésus : « Il parle avec autorité » (Luc 4, 32). L’autorité, c’est d’abord la cohérence. Quelqu’un qui a une autorité morale est quelqu’un qui dit quelque chose qu’il vit. Il y a adéquation entre son existence et ses paroles. C’est dans cette mesure qu’on disait de Jésus qu’Il parlait avec autorité.

    Il y a deux aspects dans l’autorité : un aspect « support » et un aspect « guide ».

    L’autorité comme support

    Le support que représente l’autorité peut être comparé à un échafaudage : dans l’éducation d’un enfant, il est important de donner des structures stables sur lesquelles l’enfant va s’adosser pour grandir en humanité. Il faut lui donner une colonne vertébrale. C’est aspect est « statique »

    L’autorité comme guide

    auto

    L’autorité relève également d’une dimension dynamique : celle de guider. L’autorité est celle du « passeur« , de « l’initiateur« , de celui qui tire en avant et ouvre la route. Cet aspect de l’autorité caractérise une mobilité.

    …à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudesfusionnellesgratifiant notre egonourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable.

    Je crois que la figure de Saint Joseph est liée à ces deux aspects. Comme tout père, par l’exercice de la paternité, il rappelle la Loi, qui permet de sortir de la dimension fusionnelle avec la mère. Aujourd’hui, à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, gratifiant notre ego, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable pour inviter à entrer dans un autre monde que celui de la mère. Le père invite au détachement, au dépassement, voire à l’arrachement. Par exemple, Jésus à Jérusalem, lors du recouvrement au Temple, est « arraché » à la cellule familiale, au point qu’il dira : « Il faut que je sois aux affaires de mon Père » (Luc 2, 49). Ce détachement affectif correspond à un premier acte d’intelligence de la part de Jésus qui discourt avec les docteurs de la Loi. L’émergence de l’intelligence va de pair avec la distanciation, l’éloignement du tissu familial.

    Saint Joseph rappelle la Loi, et en même temps, il aidera Jésus, dans son Incarnation, dans ce passage à une maturité humaine, et finalement à entrer dans son ministère public. La virilité, lorsqu’elle se fait service, aide l’autre à devenir lui-même, à devenir sujet de son histoire. On est père comme passeur. L’enfant ne nous appartient pas, mais il est un don de Dieu, il nous a été remis pour que nous l’aidions à accéder à une véritable liberté et à poser des choix par lui-même.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Audace

  • Mgr Rey et la virilité : l’Admiration

    Mgr Rey et la virilité : l’Admiration

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014  et nous a permis de le diffuser. L’année prochaine, soyez des nôtres le 1 mai 2015 ! Laissons lui la parole :

    Qu’est ce qui fait, à la fois ce mélange de force qui lui permet d’être un homme d’action qui prend des décisions difficiles, entraîne la Sainte Famille sur des chemins qui vont la conduire en Egypte puis en revenir, et d’autre part d’être toujours en retrait, dans l’humilité, dans la réserve ? Joseph n’a prononcé aucune parole dans l’Ecriture. Les seuls mots qui lui sont attribués, qui ne sont pas explicitement dits mais seulement suggérés par le texte : c’est lui qui a nommé son fils Jésus. De ses lèvres ne sont sorties aucune autre parole. J’aime rependre le proverbe touareg : « Quand le mot que tu va prononcer est moins important que le silence que tu va quitter, alors tais-toi ». Le silence de Joseph n’est pas le mutisme. Il est une surabondance de présence qui nous exonère de toute autre parole qui serait de trop. Toute parole serait débile face à La Parole, celle du Verbe fait chair.

    La virilité de Joseph est donc faite de ce subtil mélange entre la force d’un homme d’action, entreprenant, et quelque chose qui est de l’ordre de la douceur et de la délicatesse du cœur.

    Je retiens quatre A pour caractériser cette virilité de Joseph. Ces 4 aspects n’ont pas la prétention de tout récapituler qui est Joseph, tant le mystère de sa personne nous échappe, mais ils ouvrent des pistes de méditation et de conversion.

    admiration

    Admiration

    D’abord, cette virilité est source du premier A, source d’Admiration. C’est tellement important dans l’éducation qu’un enfant admire son père. Cette admiration est nécessaire à l’identification, autour d’une figure emblématique qui nous invite à le suivre, à marcher sur ses traces, à pouvoir, en quelque sorte, lui ressembler. Et cette admiration, Jésus devait l’avoir en considérant bien-sûr que Joseph était un homme marqué par la faute originelle. L’admiration n’est pas simplement liée à une apparence extérieure, mais à la noblesse d’âme. La beauté d’un être, c’est sa beauté intérieure. Joseph, comme tout père, est sujet d’admiration, dans la mesure où il est investi d’une grandeur intérieure. Concernant cette grandeur intérieure, j’utilise fréquemment la règle des 7 C. Pour être sujet d’admiration, il faut pouvoir honorer 7 C :

    1. La Charité. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra » (Jean 13, 35) Tout chrétien digne de ce nom est habité par la Charité, comme vertu théologale.
    2. La Conviction. Ce C est corrélatif du premier C. Il s’agit d’être structuré par des convictions. La foi donne une structure de vie, du caractère, une architecture à l’existence.
    3. La Cohérence. Le comportement du chrétien est appelé à être en adéquation avec ce qu’il confesse. On prêche plus par notre manière d’agir, que par nos convictions affichées.
    4. La Communion. Le chrétien doit être un homme de communion. Elle se réalisait, chez Saint Joseph, par l’amour qu’il avait pour sa femme Marie au point que, saisi d’un amour très profond pour elle, voyant que Dieu avait des projets sur Marie, il a voulu, par amour pour Marie, se retirer afin de donner pleine place à Dieu dans la vie de Marie. Mais le Seigneur lui a fait comprendre que son amour humain ne faisait pas obstacle au projet de Dieu, mais que Dieu voulait se servir de cet amour de communion. Jésus s’est nourri de cette communion familiale entre Marie et Joseph.
    5. La Connaissance. Saint Joseph était un homme « Juste », et nous savons qu’un homme « Juste » dans la tradition biblique était quelqu’un qui fréquentait assidûment le Temple, qui rentrait dans la justice de Dieu (au sens de justesse de Dieu). Il accomplissait parfaitement la Loi. Il initiait, comme tout bon juif, son enfant Jésus à l’enseignement de la Torah, donc à la connaissance de l’Ecriture.
    6. Le Charisme. On porte du fruit et on est utile à partir de son charisme. C’est particulièrement vrai pour ceux d’entre vous qui avez des hommes sous votre responsabilité. Jésus n’a pas fixé un programme : il a choisi des hommes. Chaque homme est doté d’un talent particulier, complémentaire de celui des autres. L’Eglise est riche de cette diversité de talents. Ce n’est pas la pointure de la chaussure qui détermine la taille du pied : il faut toujours partir du talent, du charisme, de la capacité de la personne avant de former une bonne équipe. Donc Joseph a un charisme particulier, il a reconnu son don, il a vu sa compétence. Il a découvert que sa vocation était de devenir père nourricier de Jésus
    7. La communication. Le rôle des parents est de transmettre la vie, mais aussi un patrimoine culturel et spirituel. C’est ce qu’a admirablement fait St Joseph vis-à-vis de son fils adoptif Jésus. Il y a un art de communiquer, qui n’est pas sans rapport avec le contenu de ce que l’on veut transmettre. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » (Victor Hugo)

    Le mot admiration peut-être pourtant ambiguë car le chrétien n’est pas celui qui brille sous les feux de la rampe, aux avant-postes de la scène. Il est celui qui se trouve en retrait et qui désigne la source de la lumière, au delà de lui-même. Il ne retient pas la lumière de manière un peu idolâtrique et narcissique pour dire « je suis le plus beau, je suis le plus grand », mais il est celui dont la beauté renvoie à la source même de toute beauté qu’est le Christ, à sa lumière éternelle.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Autorité

    BoaeSpNCQAAYqTt

  • Messieurs, halte au sentimentalisme !

    Messieurs, halte au sentimentalisme !

    Oui ! Dieu est amour ! Oui ! Dieu nous demande de l’aimer, d’aimer notre prochain, d’aimer nos ennemis ! Mais non : nous ne sommes pas condamnés à être des hommes conduits par le sentimentalisme, la sensiblerie, la faiblesse… Mais tout d’abord, connaissez-vous la définition que le Larousse donne du sentimentalisme ? « Attitude de quelqu’un qui se laisse guider par une sensibilité exacerbée. »

    eastwood clint

    Hommes catholiques : le Christ vous libère du sentimentalisme, car il vous conduit au vrai Amour ! La sensibilité exacerbée est une aliénation dont le Christ vous libère via la bonne nouvelle de l’Évangile, Lui seul doit être notre guide.

    Notre société nous présente un amour appartenant exclusivement au domaine du sentiment, marqué par la culture hollywoodienne, héritière du romantisme. Sentir, ressentir… sans le savoir, un grand nombre de catholiques se sont éloignés de la foi en acceptant le diktat du monde du ressenti. Les « bons » sentiments conduisent à tant d’aberrations, tant de chemins de souffrances… ils sont souvent un masque devant des faiblesses de la Volonté et/ou de l’Intelligence. Ces « bons » sentiments guident les choix de mariage (suivis de tant de divorces), les choix éducatifs (suivi d’une intelligence si peu formée), les choix de parrain/marraine (suivi d’une foi si peu transmise), etc…

    Pourtant l’amour n’est pas seulement un sentiment, mais un acte de volonté, une aptitude à se donner en vue du bien d’autrui, souvent d’ailleurs très loin de notre ressenti. Marthe Robin donnait cette définition de l’amour : « Aimer, ce n’est pas sentir, mais consentir« .

    Le 1 mai, lors de la journée des Hommes-Adorateur au Cannet-des-Maures, Mgr Rey nous rappelait l’importance de l’autorité liée à la virilité : « à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, nous faisant du bien, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable pour inviter à entrer dans un autre monde que celui de la mère. Ce rôle implique un détachement, un dépassement, voire un arrachement. » (son intervention sera bientôt publiée dans son intégralité sur ce site)

    Cet arrachement à la puissance du sentiment est une initiation à la puissance de l’Amour,  celle qui implique une décision, un jugement, une promesse. Cela est valable dans le mariage, dans la vie consacrée, dans la vie du chrétien. Lorsque le Pape Benoît XVI disait au clergé polonais en 2006 : « Le Christ a besoin de prêtres mûrs, virils, capables de cultiver une authentique paternité spirituelle« , il précisait que cette maturité, cette virilité étaient liées à la maturité affective d’un cœur adhérant à Dieu. Les conditions sont simples :

    • l’honnêteté avec soi-même,
    • l’ouverture envers le directeur spirituel
    • la confiance dans la miséricorde divine

    Mais avant cela, il ne demandait pas au jeunes prêtres de s’abandonner à leur ressenti, mais à porter « attention à la qualité de la prière personnelle et à une bonne formation théologique » lesquels « portent des fruits dans la vie »

    Cet article n’a pas une valeur de démonstration, mais son objectif est de nous aider à être libérés de l’aliénation du sentimentalisme. Pour cela, nous vous invitons donc à :

    • Rencontrer le Christ plus intensément à travers une prière guidée par un bon directeur spirituel, lequel vous permettra de prendre du recul sur votre ressenti et donc à le gouverner, sans l’opprimer.
    • Réaliser de plus en plus que le Christ nous parle à travers l’Eglise, à travers son « bon sens », et que la docilité envers ses préceptes aide notre humilité comme notre intelligence à grandir, puisque, humblement et activement, nous nous assujettissons à la Vérité, le Christ, notre Sauveur.

    Courage !

    PS : Le choix de la photo de Clint Eastwood est lié à sa prestation si virile et charitable dans « Gran Torino », mais nous nous gardons de faire de lui un modèle catholique !

  • Redevenir des hommes

    Redevenir des hommes

    L'homme tranquilleMes frères, soyons des hommes, soyons de vrais hommes !

    Ne soyons pas les êtres asexués que la société veut que nous soyons, ces êtres pseudo-angéliques qui conduisent à devenir des bêtes, comme le rappelait Blaise Pascal. C’est pourquoi il devient vital de repenser notre quotidien pour le viriliser. Notre bien, celui de la famille et celui de la société en dépendent.

    Je vous propose de travailler aujourd’hui trois facettes de la masculinité :

    La masculinité comme source d’autorité

    L’autorité est indissociable de l‘obéissance, et pour avoir l’autorité , il faut que celle-ci soit juste. L’autorité qui émane de la masculinité est au service des autres , au service de la justice : elle n’est jamais au service de celui qui l’exerce. C’est l’idéal chevaleresque qui apparaît ici : la cause juste qu’il sert ne lui rapporte rien, mais est orientée vers la protection du plus faible, le sens de la justice. (question : un homme politique qui ne protège pas le plus faible comme l’enfant à naître ou le vieillard est-il un homme ?)

    Ce combat est indissociable de l‘esprit de sacrifice, le Christ étant l’exemple parfait du sacrifice ultime, nous devons constamment avoir nos yeux rivés sur lui. Et ce n’est pas simple, c’est totalement lié à la notion de combat spirituel.

    Cette autorité retrouvée est celle du père, du prêtre, du chef…

    La masculinité comme source d’autonomie

    Comment être au service en n’étant pas autonome ? Non pas par orgueil, mais comme un serviteur inutile, afin de sincèrement libérer notre entourage de contingences matérielles dont le soucis doit être masculin (nous y reviendrons), nous devons apprendre l’autonomie, dans les petites choses, comme dans les grandes. Pour cela, nous devons humblement et constamment essayer ! OK, je ne sais pas faire, mais je vais essayer, seul ou avec l’aide d’une personne compétente sans avoir peur de l’échec.

    Et commençons par les petites choses : humblement, sans avoir peur du refus, proposons aux femmes, aux personnes âgées, à toute personne ayant besoin, notre aide pour  tenir une porte, pour porter des commissions, pour porter des bagages… Posons nous sans cesse la question : Jésus a-t-il eu peur de servir ? Et demandons lui de nous aider…

    la masculinité comme une capacité de refus d’être esclave des sentiments

    Il est nécessaire que notre raison gouverne nos sentiments, elle ne les efface pas mais sans cesse elle doit les assujettir à notre devoir. Nous oubliant nous même, nous devons vivre ce véritable combat qui agenouille nos sentiments devant la Vérité. C’est aussi un véritable combat ! Notre devoir, notre mission, notre vocation ne peuvent être entravés par des sentiments.

    Est-ce oublier l’amour ? Bien sûr que non, cette phrase de Benoit XVI au sujet de l’amour du prochain dans « Deus est caritas«  en est la parfaite illustration :

    J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ.

    C’est encore et exclusivement les yeux rivés vers le Christ que la masculinité peut se déployer…

    Les sacrements au service de la masculinité

    Le chemin de la masculinité vous parait-il ardu ? Si  oui c’est bon signe : c’est ce qui nous permet d’avoir recours aux sacrements. Les sacrements ont pour effet principal de produire la grâce de Dieu dans notre âme. La grâce est un don intérieur surnaturel, qui nous est donné sans aucun mérite de notre part, mais par les mérites de Jésus-Christ, en vue de la vie éternelle.

    Grâce aux Sacrements notre volonté est illuminée, se meut et est fortifiée, pour que nous fassions le bien et évitions le mal. Le combat spirituel ne peut être envisagé sans que notre volonté ne bénéficie des Sacrements.

    Nous vous invitons donc à recevoir très fréquemment les Sacrements de la Pénitence et de l‘Eucharistie, totalement indispensables pour qu’un homme soit un vrai homme.

     

    redeviens un homme