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  • Combat spirituel : Le signe de la croix

    Combat spirituel : Le signe de la croix

    Le signe de la croix, ne doit pas être un simple geste sans âme, ni non plus un geste superstitieux. Le cardinal Ratzinger en donnait la définition suivante :

    C’est le signe de notre appartenance au Christ. Ce geste se fait au début de la messe et à la fin de la messe. Il nous rappelle que Dieu est un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il se fait aussi au début et à la fin de toutes prières que nous disons.

    L’esprit de la liturgie édition ad Solem

    20041226_37Le catéchisme de l’Église catholique nous rappelle également que

    le signe de la Croix nous fortifie dans les tentations et dans les difficultés

    Monseigneur Gaume, dans son ouvrage intitulé « le signe de la croix » écrivait :

    Le signe de la croix est l’arme de précision contre le démon. Instruits immédiatement par les apôtres, les premiers chrétiens le savaient. En lutte permanente contre Satan, dans toute la puissance de son règne et la cruauté de sa rage (…) ils avaient sans cesse recours à l’infaillible moyen de dissiper le charme fascinateur, et de parer les trait enflammés de l’ennemi. De là, l’usage continuel du signe de la croix, devenu pour eux un exorcisme de tous les instants : quacumque nos conversatio exercet, frontem crucis signaculo terimus.

    Il ajoute :

    Catholique, le signe de la croix est mon blason. Il me dit, il dit à tous la noblesse de ma race, son antiquité, ses services, ses gloires, ses vertus. Et je n’en serais pas fier ! Je renierais le sang illustre qui coule dans mes veines ! Indigne de porter un grand nom, je répudierais lâchement la loi de solidarité, jetant mes armoiries dans la boue et au vent le riche héritage de mes aïeux!

    Que sans cesse des armoiries de la Croix nous habillent, laissant resplendir la noblesse des êtres sauvés par le Christ que nous sommes !

  • Les chrétiens sont nés pour le combat

    Les chrétiens sont nés pour le combat

    boxe-francaise19 – Dans ce déluge universel d’opinions, c’est la mission de l’Eglise de protéger la vérité et d’arracher l’erreur des âmes, et cette mission, elle  doit la remplir saintement et toujours, car à sa garde ont été confiés l’honneur de Dieu et le salut des hommes. Mais, quand les circonstances en font une nécessité, ce ne sont pas seulement les prélats qui doivent veiller à l’intégrité de la foi, mais, comme le dit saint Thomas:  » Chacun est tenu de manifester publiquement sa foi, soit pour instruire et encourager les autres fidèles, soit pour repousser les attaques des adversaires « .

    20 – Reculer devant l’ennemi et garder le silence, lorsque de toutes parts s’élèvent de telles clameurs contre la vérité, c’est le fait d’un homme sans caractère, ou qui doute de la vérité de sa croyance. Dans les deux cas, une telle conduite est honteuse et elle fait injure à Dieu ; elle est incompatible avec le salut de chacun et avec le salut de tous ; elle n’est avantageuse qu’aux seuls ennemis de la foi; car rien n’enhardit autant l’audace des méchants que la faiblesse des bons.

    21 – D’ailleurs, la lâcheté des chrétiens mérite d’autant plus d’être blâmée, que souvent il faudrait bien peu de chose pour réduire à néant les accusations injustes et réfuter les opinions erronées; et, si l’on voulait s’imposer un plus sérieux labeur, on serait toujours assuré d’en avoir raison. Après tout, il n’est personne qui ne puisse déployer cette force d’âme où réside la propre vertu des chrétiens; elle suffit souvent à déconcerter les adversaires et à rompre leurs desseins. De plus, les chrétiens sont nés pour le combat. Or, plus la lutte est ardente, plus, avec l’aide de Dieu, il faut compter sur la victoire : Ayez confiance, j’ai vaincu le monde. Il n’y a point à objecter ici que Jésus-Christ, protecteur et vengeur de l’Eglise, n’a pas besoin de l’assistance des hommes. Ce n’est point parce que le pouvoir lui fait défaut, c’est à cause de sa grande bonté qu’il veut nous assigner une certaine part d’efforts et de mérites personnels, lorsqu’il s’agit de nous approprier et de nous appliquer les fruits du salut procuré par sa grâce.

    Léon XIII, Sapientae Christianae

     

  • Voulons-nous tenir une binette ou une épée ?

    Voulons-nous tenir une binette ou une épée ?

    braveLa plupart des pèlerinages des pères de familles se profilent, et la question reste entière : que vais-je aller faire là-dedans ? J’ai tout de même bien d’autres choses à faire que de marcher, dormir à la belle étoile, avoir faim et soif, être courbaturé, rencontrer des personnes improbables… tout cela pour ne pas faire l’essentiel : être auprès de mon épouse, de mes enfants, faire le jardin, repeindre une pièce de la maison…

    C’est pourtant vrai qu’il y a tant à faire… pour être un gentil garçon.

    Seulement voilà, franchement, le pèlerinage me fait quitter ma maison, ma famille, mes habitudes, mon confort quoi ! Tous les autres week-end de l’année, je suis prêt à sacrifier ce temps pour une ballade, retrouver des amis, participer à une fête, mais pour un pèlerinage, je préfère redevenir le gentil garçon qui ne peut se permettre de quitter la demeure familiale.

    Binette ou épée ?

    La question est donc la suivante : Où profondément mon désir me porte-t-il : manier avec résignation un pinceau ou une binette ou porter fièrement une épée au milieu d’un champ de bataille ? Si toute l’année notre devoir d’état nous pousse à utiliser pinceaux ou binettes, notre aspiration profonde, notre masculinité, notre paternité nous demande de prendre l’épée, d’être ces guerriers de Jésus-Christ. Laissons John Eldredge (Dans l’ouvrage « Indomptable, le secret de l’âme masculine ») nous évoquer la chose :

    idompt

    « Avant tout le guerrier a une vision, il vise un but qui transcende sa vie, il défend une cause qui l’emporte sur sa propre préservation. La racine de tout nos malheurs et de notre faux ego est celle-ci : nous cherchions à sauver notre vie et nous l’avons perdue. Jésus Christ appelle l’homme à dépasser ce stade, car, dit-Il, « quiconque perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera » (Marc 8, 35) » 

    Il ajoute :

    « L’homme doit avoir un combat à mener ; il doit se fixer une noble mission pour sa vie, une mission qui transcende la foyer et la famille. Il doit défendre une cause, même jusqu’à la mort s’il le faut. »

    Tendu vers la cible

    C’est bien là l’enjeu de ce pèlerinage, car le père n’est pas uniquement celui qui permet à la famille de subvenir à ses besoins, recroquevillé sur un foyer qui devient alors moyen et finalité, mais il est également le leader tendu vers l’extérieur, cette flèche qui, partant elle-même vers la cible, l’indique à toute sa famille. Cette cible merveilleuse, c’est le Christ.

    Et c’est bien notre devoir que d’aller de toutes nos forces à la fin pour laquelle nous avons été créés, c’est-à-dire à Dieu. Ferdinand-Antonin Vuillermet, dans « Soyez des hommes. A la conquête de la virilité » en parle merveilleusement bien :

    « Ce chemin du devoir, c’est le chemin douloureux du Calvaire. Pour en gravir les pentes abruptes et rocailleuses à la suite de Celui qui, le premier les a parcourues, portant sa croix, il faut peiner,se meurtrir les genoux, verser ses sueurs et un peu de son sang. Mais qu’importe les souffrances à l’âme qui a compris sa tâche ? Elle sait qu’elle va à la lumière, à la perfection, à Dieu et par conséquent au plein épanouissement de tout son être dans la beauté ! Pour atteindre ce but elle est prête à affronter toutes les douleurs, tous les sacrifices, la mort même. Et à ceux qui sont tentés de la plaindre, elle répète les nobles paroles qu’adressait au connétable de Bourbon, Bayard mourant : « Je ne suis point à plaindre. Monseigneur, je meurs en faisant mon devoir. C’est de vous qu’il faut avoir pitié, vous qui portez les armes contre votre prince, votre patrie et vos serments. » »

    En route !

    Chers amis, voulez-vous laisser l’épée du combat spirituel du fourreau, engoncée de confort et de toiles d’araignée ou la saisir à pleine main, implorant le Seigneur de la diriger ?  Si vous voulez la saisir, consultez vite la liste des pèlerinages des pères de famille, et … en avant !

    guerrier

  • Halte au « Club Med Catho » pour hommes, passons au combat spirituel !

    Halte au « Club Med Catho » pour hommes, passons au combat spirituel !

    Chers frères en Christ, chers hommes-adorateurs,
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    Suite à quelques discussions avec des hommes-adorateurs, quelques-uns d’entre vous ont témoigné de leurs difficultés pour continuer à adorer dans le groupe, et songent à ne plus nous rejoindre lors de nos rencontres, à cause de l’aridité qu’ils ressentent face au Saint Sacrement.
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    C’est réellement une grande joie que d’entendre cela !
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    Depuis le début, nous insistons sur le fait que nos rencontres ne sont pas (exclusivement) sous le signe d’un temps de partage sympa, une sorte de « Club Med Catho » pour hommes, mais bel et bien sous celui du combat spirituelpour la plus grande Gloire de Dieu et le salut du monde.
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    Le combat que certains vivent en ce moment est un très très bon signe : le Seigneur nous appelle à aller plus loin, dans notre prière les uns pour les autres, et dans notre supplication pour la victoire. Il nous appelle devant Lui pour devenir des hommes, car c’est seulement face à Lui que l’homme chrétien peut se libérer de la vision que le monde transmet de la masculinité. Si vous ne ressentez rien devant le Saint Sacrement, n’oubliez pas cette phrase de Marthe Robin : « Aimer ce n’est pas sentir mais consentir« .
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    C’est en effet une grâce que le Seigneur nous fait en nous montrant nos limites humaines, car c’est alors que nous pouvons le supplierl’implorer de donner les forces nécessaires à notre Volonté pour l’adorer en esprit et en Vérité.
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    C’est seulement en implorant le Seigneur que nous pourrons trouver la force de l’adorer, cette nécessité, cette priorité que décrit Benoit XVI.
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    S’il est moins plaisant également de nous retrouver au niveau humain, cela doit aussi être une joie : nous pouvons entrer dans une véritable Charité les uns pour les autres, au delà du ressenti. L’homme-adorateur n’est pas là pour avoir des sentiments (s’ils sont là, tant mieux !), ni entretenir des susceptibilités, des rancunes, des vexations, mais pour AIMER, puisant à la source de l’Amour surnaturel de Jésus. C’est un combat que nous menons, pas des retrouvailles dans un salon de thé !
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    Alors soyons joyeux aussi si nous avons les pieds de plomb pour nous retrouver, pour adorer, si nous avons désiré abandonner ce rendez-vous amoureux, car le Christ nous invite à un plus âpre combat spirituel !
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    Quoi qu’il en soit, dans tous les combatsnous devons rester unisnous serrer les coudes : s’il vous plait, si vous avez besoin d’aide, sollicitez-moi, sollicitons-nous les uns les autres, sollicitez vos curés. (c’est sûrement le moment de se décider à choisir un directeur spirituel). C’est normal et important de demander de l’aide durant le combat spirituel, nous avons besoin les uns des autres (devant une bonne bière ou un bon whisky, c’est encore mieux !).
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    Priez pour moi, votre humble serviteur… j’en ai bien besoin pour tenir.
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    Je vous dédicace à tous l’image ci-dessous… à très vite !
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    Grégory 

    agonie

  • EXCLU hommes-adorateurs : déstockage d’armes à bas prix

    EXCLU hommes-adorateurs : déstockage d’armes à bas prix

    clint Harry21Vous recherchez

    • Famas,
    • LRU (Lance Roquette Unitaire),
    • PAAMS (Système d’armes principal des frégates Horizon),
    • Missiles (ASTER, MILAN, AASM, ANL, ASMPA, EXOCET, M51, M45, MDCN, METEOR, MICA, MMP),
    • Drone (Harfang, Reaper, Predator, SDTI, Male, Neuron, Talarion, Drogen, Sperwer),

    nous  ne pouvons rien pour vous.

    Nos armes ont une porté supérieure.

    Si cela vous intéresse, voici les promotions du moment, les armes spirituelles, issues du catalogue de Sainte Catherine de Bologne :

    • Faire preuve de soin et d’attention en accomplissant toujours le bien
    • Croire que seuls nous ne pourrons jamais faire quelque chose de vraiment bon
    • Avoir confiance en Dieu et, par amour pour lui, ne jamais craindre la bataille contre le mal, que ce soit dans le monde, ou en nous-mêmes ;
    • Méditer souvent les événements et les paroles de la vie de Jésus, surtout sa passion et sa mort 
    • Se rappeler que nous devons mourir ;
    • Garder à l’esprit la mémoire des biens du paradis ;
    • Connaître les Saintes Écritures, en les portant toujours dans son cœur pour qu’elles orientent toutes les pensées et toutes les actions

    Nous ne serons trop vous conseiller également l’arme de poing qui a toujours fait ses preuves lors des assauts de l’ennemi, à toujours conserver dans sa poche : le chapelet

    Au sujet de sa portée, lisez bien ceci :

    « Le Révérend Père Jean Amât, de l’ordre de Saint-Dominique, prêchait le Carême dans un lieu de ce royaume d’Aragon; on lui amena une jeune fille possédée du démon; après l’avoir plusieurs fois exorcisée, mais en vain, il lui mit son Rosaire au cou, et aussitôt elle se mit à faire de cris et des hurlements épouvantables, disant : « Otez-moi, ôtez- moi ces grains qui me tourmentent« . Enfin le père, par compassion pour la pauvre fille, lui ôta son Rosaire du cou. La nuit suivante, lorsque le Révérend Père était dans son lit à se reposer, les mêmes démons qui possédaient cette fille vinrent à lui, tout écumants de rage, pour se saisir de sa personne; mais avec son Rosaire qu’il tenait fortement à la main, malgré les efforts qu’ils firent pour le lui ôter, il les fouetta admirablement bien et les chassa en disant : « Sainte Marie, Notre-Dame du saint Rosaire, à mon aide ! » Lorsque, le lendemain, il allait à l’église, il rencontra cette pauvre fille encore possédée; un des démons qui étaient en elle se mit à dire en se moquant de lui : « Ah ! frère, si tu n’avais point eu ton Rosaire, nous t’aurions bien accommodé ». Alors le Révérend Père jette derechef son Rosaire au cou de la fille, disant : « Par les très sacrés Noms de Jésus et de Marie, Sa Sainte Mère, et par la vertu du Très Saint Rosaire, je vous commande, esprits malins, de sortir de ce corps tout à l’heure »; aussitôt ils furent contraints d’obéir, et elle fut délivrée. Ces histoires nous marquent quelle est la force du Saint Rosaire pour vaincre toutes sortes de tentations des démons et toutes sortes de péchés, parce que les grains bénits du Rosaire les mettent en fuite (…) »  Extrait du Secret Admirable du Très Saint Rosaire, par Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

    Un conseil ? Prenez tout… c’est gratuit !

  • Les démons sont déjà rompus et défaits

    Les démons sont déjà rompus et défaits

    Sermon du premier dimanche de Carême de Mgr Bossuet au couvent des Minimes, extrait de la troisième et dernière partie expliquant que les démons sont déjà rompus et défaits :

     » ChartresIl semble que je sois ici obligé de me contredire moi-même, et de détruire en cette dernière partie ce que j’ai établi dans les deux autres. Car après vous avoir fait voir que notre ennemi est fort et terrible, il faut maintenant vous dire au contraire qu’il est faible et facile à vaincre. Comment concilier ces deux choses, si ce n’est en vous disant, chrétiens, qu’il est fort contre les lâches et les timides, mais très-faible et impuissant pour les courageux ? En effet, nous voyons, dans les saintes Lettres, qu’il nous y est représenté tantôt fort, tantôt faible, tantôt fier et tantôt tremblant ; et il n’y eut jamais une bête plus monstrueuse.

    C’est un lion rugissant qui se rue sur nous ; c’est un serpent qui rampe par terre, et il n’est rien de plus aisé que d’en éviter les approches. « Il tourne autour de vous pour vous dévorer ; » voilà qui est terrible : Circuit quaerens [quem devoret (1)]. « Mais résistez-lui seulement, et il se mettra en fuite : » Resistite diabolo, et fugiet a vobis (2). Ecoutez comme il parle à notre Sauveur; c’est une remarque de saint Basile de Séleucie : Quid mihi et tibi est, Jesu, Fili Dei Altissimi (3) ? « Qu’y a-t-il entre toi et moi, Jésus Fils de Dieu ? » Voilà un serviteur qui parle bien insolemment à son maître (4) ; mais il ne soutiendra pas longtemps sa fierté. « Et je te prie, dit-il, ne me tourmente pas : » Obsecro te, ne me torqueas. Venisti ante tempus torquere nos (5). Voyez comme il tremble sous les coups de fouet. Que si j’avais assez de loisir pour repasser sur toutes les choses qui nous l’ont fait paraître terrible, il me serait aisé de vous y montrer des marques visibles de faiblesse.

    Il est vrai qu’il a ses forces entières ; mais celui qui les lui a laissées pour son supplice, ainsi que nous avons dit, lui a mis un frein dans les mâchoires, et ne lui lâche la bride qu’autant qu’il lui plaît, ou pour exercer ses serviteurs, ou pour se venger de ses ennemis. Il a une puissance fort vaste, et son empire s’étend bien loin; mais saint Augustin nous apprend que ce commandement lui tient lieu de peine : Pœna enim ejus est ut in potestate habeat eos qui Dei praecepta contemnunt (6). Et en effet, s’il est véritable que d’être ennemi de Dieu ce soit la souveraine misère, celui qui en est le chef n’est-il pas par conséquent le plus misérable? Enfin est-il rien de plus méprisable que toute cette grandeur qu’il affecte, puisqu’avec cette intelligence qui le rend superbe et toutes ces qualités extraordinaires, nous lui semblons néanmoins dignes d’envie ? et, tout impuissants que nous sommes, il désespère de nous pouvoir vaincre, s’il n’y emploie les ruses et la surprise : de laquelle, certes, messieurs, ayant été si bien avertis, est-il rien de plus aisé que de l’éviter, « pourvu que nous marchions en plein jour comme des enfants de lumière : » Ut filii lucis ambulate (7)?

    Que si vous voulez savoir sa faiblesse, non plus, messieurs, par raisonnement, mais par une expérience certaine, écoutez parler Tertullien dans son admirable Apologétique : voici une proposition bien hardie, et dont vous serez étonnés. II reproche aux gentils que toutes leurs divinités sont des esprits malfaisants, et pour leur faire entendre cette vérité, il leur donne le moyen de s’en éclaircir par une expérience bien convaincante. Edatur [hic] aliquis sub tribunalibus vestris, quem daemone agi constet (8): O juges! qui nous tourmentez avec une telle inhumanité, c’est à vous que j’adresse ma parole : qu’on me produise devant vos tribunaux ; je ne veux pas que ce soit en un lieu caché, mais à la face de tout le monde : qu’on y produise « un homme qui soit notoirement possédé du démon; » je dis notoirement possédé, et que la chose soit très constante : quem daemone agi constet : alors que l’on fasse venir quelque fidèle, je ne demande pas qu’on fasse un grand choix ; que l’on prenne le premier venu, « pourvu seulement qu’il soit chrétien : » jussus a quolibet christiano : si en présence de ce chrétien il n’est contraint non-seulement de parler, mais encore de vous confesser ce qu’il est et d’avouer sa tromperie, » n’osant mentir à un chrétien, » christiano mentiri non audentes (messieurs, remarquez ces paroles) ; « là même » , là même, sans plus différer, sans aucune nouvelle procédure, faites mourir ce chrétien impudent qui n’aura pu soutenir par l’effet une promesse si extraordinaire : » ibidem iliiua christiani ^/rocacissimi sanguincm jundite.  O joie, ô ravissement des fidèles, d’entendre une telle proposition, faite si hautement et avec une telle énergie par un homme si posé et si sérieux, et vraisemblablement de l’avis de toute l’Église, dont il soutenait l’innocence ! Quoi donc ! cet esprit trompeur, ce père de mensonge oublie ce qu’il est, et n’ose mentira un chrétien : christiano mentiri non audentes ! Devant un chrétien ce front de fer s’amollit ; forcé par la parole d’un fidèle, il dépose son impudence; et les chrétiens sont si assurés de le faire parler à leur gré, qu’ils s’y engagent au péril de leur vie, en présence de leurs propres juges. Qui ne se rirait donc de cet impuissant ennemi, qui cache tant de faiblesse sous une apparence si fière? Non, non, mes frères, ne le craignons pas : Jésus, notre capitaine, l’a mis en déroute; il ne peut plus rien contre nous, si nous ne nous rendons lâchement à lui.

    C’est nous-mêmes que nous devons craindre ; ce sont nos vices et nos passions, plus dangereuses que les démons mêmes, bel exemple de l’Écriture : Saül possédé du malin esprit ; David le chassait au son de sa lyre, ou plutôt par la sainte mélodie des louanges de Dieu, qu’il faisait perpétuellement résonner dessus. Chose étrange, messieurs! pendant que le démon se retirait, Saül devenait plus furieux : il tâche de percer David de sa lance (9) ; tant il est véritable qu’il y a quelque chose en nous qui est pire que le démon même, qui nous tente de plus près et qui nous jette dans un combat plus dangereux ! Chrétiens, c’est « la convoitise qui nous tente, dit saint Jacques (10), et qui nous attire. » Ah! modérons-la par le jeûne, châtions-la par le jeune, disciplinons-la par le jeune.

    O jeûne, tu es la terreur des démons ; tu es la nourriture de l’âme, tu lui donnes le goût des plaisirs célestes, tu désarmes le diable, tu amortis les passions : ô jeûne, médecine salutaire contre les dérèglements de nos convoitises, malheureux ceux qui te rejettent, et qui t’observent en murmurant contre une précaution si nécessaire ! Loin de nous, mes frères, de tels sentiments : jeûnons, jeûnons d’esprit et de corps. Comme nous retranchons pour un temps au corps sa nourriture ordinaire, ôtons aussi à l’àme les vanités dont nous la epaissons tous les jours, relirons-nous des conversations et des divertissements mondains ; modérons nos ris et nos jeux, faisons succéder en leur place le soin d’écouter l’Évangile qui retentit de toutes parts dans les chaires : c’est le son de cet Évangile qui fait trembler les démons… Sanctifions le jeûne par l’oraison ; purifions l’oraison par le jeûne. L’oraison est plus pure qui vient d’un corps exténué et d’une âme dégoûtée des plaisirs sensibles.

    Assez de bals, assez de danses, assez de jeux, assez de folies. Donnons place à des voluptés et plus chastes et plus sérieuses. Voici, mes frères, une grande joie que Dieu nous donne pour ce carême. (…)

    bossuet jeune

    (1) 1 Pierre, 5, 8

    (2) Jacques 4, 7

    (3) Luc 8, 28

    (4) Orat., 23

    (5) Matthieu 8, 29

    (6) De Genes. cont. Manich., livre 2, n.26

    (7) Ephes. 5, 8

    (8) Apolog. n.3

    (9) 1 Rois 16, 23 ; 19, 10

    (10) Jacques 1, 14

  • Ruses et détours des démons

    Ruses et détours des démons

    bossuetSermon du premier dimanche de Carême de Mgr Bossuet au couvent des Minimes, extrait de la deuxième partie sur les ruses et détours des démons :

    Puisque l’ennemi dont nous parlons est si puissant et si orgueilleux, vous croirez peut-être, messieurs, qu’il vous attaquera par la force ouverte, et que les finesses s’accordent mal avec tant de puissance et tant d’audace. En effet, saint Thomas remarque (1) que le superbe entreprend hautement les choses, et cela, dit ce grand docteur, parce qu’il veut contrefaire le courageux, qui a coutume d’agir ouvertement dans ses desseins, et qui est ennemi de la surprise et des artifices. Il serait donc malaisé d’entendre de quelle sorte Satan aime les finesses, « lui qui est le a prince de tous les superbes, » comme l’appelle l’Écriture sainte : Ipse est rex super universos filios superbiae (2), si cette même Écriture ne nous apprenait que c’est un superbe envieux, Invidia diaboli (3) et par conséquent trompeur et malin. Car encore qu’il soit véritable que l’envie soit une espèce d’orgueil, néanmoins tout le monde sait que c’est un orgueil lâche et timide, qui se cache, qui fuit le jour, qui, ayant honte d’elle-même, ne parvient à ses fins que par de secrètes menées : et de là vient qu’une noire envie rongeant éternellement le cœur de Satan, et le remplissant de fiel et d’amertume contre nous, elle le contraint d’avoir recours à la fraude, à la tromperie, à des artifices malicieux ; il ne lui importe pas, pourvu qu’il nous perde. (…)

    C’est, mes frères, cette noire envie, mère des fraudes et des tromperies, qui fait que Satan marche contre nous par une conduite cachée et impénétrable. Il ne brille pas comme un éclair, il ne gronde pas comme un tonnerre; il ressemble à une vapeur pestilente qui se coule au milieu de l’air par une contagion insensible et imperceptible à nos sens : il inspire son venin dans le cœur ; ou, pour me servir, chrétiens, d’une autre comparaison qui lui convient mieux, il se glisse comme un serpent : c’est ainsi que l’Écriture l’appelle (4) ; et Tertullien nous décrit ce serpent par une expression admirable : Abscondat se itaque serpens, totamque prudentiam suam in latebrarum ambagibus torqueat : « Il se cache autant qu’il peut, il resserre en lui-même par mille détours sa prudence malicieuse : » c’est-à-dire qu’il use de conseils cachés et de ruses profondément recherchées. C’est pourquoi Tertullien poursuit en ces mots : «  Il se retire, dit-il, dans les lieux profonds, il ne craint rien tant que de paraître : quand il montre la tête, il cache la queue ; il ne se remue jamais tout entier, mais il se développe par plis tortueux, bête ennemie du jour et de la clarté : » Alte habitet, in cœca detrudatur, per anfractus seriem suam evolvat, tortuose procedat , nec semel totus, lucifuga bestia (5).

    C’est Satan, c’est Satan, messieurs, qui nous est représenté par ces paroles ; c’est lui qui ne se déplie jamais tout entier : il étale la belle apparence, et il cache la suite funeste : il rampe quand il est loin, et il mord sitôt qu’il est proche. Prenez garde à vous, mes chers frères, crie le grand apôtre saint Paul, «  prenez garde que vous ne  soyez trompés [par] Satan : car nous n’ignorons pas ses pensées : » Ut non circumveniamur a Satana ; non enim ignoramus cogitationes ejus (6). Non, non, nous n’ignorons pas ses pensées ; nous savons que sa malice est ingénieuse ; que son esprit inventif, raffiné par un long usage, excité par sa haine invétérée, n’agit que par des artifices fins et déliés et par des machines imprévues. Ah! mes frères, qui pourrait vous dire toutes les profondeurs de Satan, et par quels artifices ce serpent coule ?

    S’il vous trouve déjà agités, il vous prend par le penchant de l’inclination. Votre cœur est-il déjà effleuré par quelque commencement d’amour, il souffle cette petite étincelle jusqu’à ce qu’elle devienne un embrasement : il vous pousse de la haine à la rage, de l’amour au transport, et du transport à la folie. Que s’il vous trouve éloignés du crime, jouissant des saintes douceurs d’une bonne conscience, ne croyez pas qu’il vous propose d’abord l’impudicité : il n’est pas si grossier, dit saint Chrysostome : Multo, multo utitur condescensu ut nos ad mala praecipitet (7). « Il use, dit-il, avec nous d’une grande condescendance. » Que veut dire cette parole? Dieu se rabaisse… Satan se rabaisse aussi à sa mode. Il voudrait bien, mes frères, vous rendre d’abord aussi méchants que lui, s’il pouvait : car que « désire ce vieil adultère, sinon de corrompre l’intégrité des âmes innocentes (8) » et de les porter dès le premier pas à la dernière infamie ? Mais vous n’êtes pas encore capables d’une si grande action, il vous y faut mener pas à pas : c’est pourquoi il se rabaisse, dit saint Chrysostome, il s’accommode à votre faiblesse, il use avec vous de condescendance. (…)  Judas et l’avarice : [Inspirons-lui] le dessein de se porter à vendre son maître. Le crime est horrible ! Allons par degrés : qu’il le vole premièrement ; après, qu’il le vende. Voilà l’appât; il y a donné, il est à nous. Poussons, poussons de l’avarice au larcin, du larcin à la trahison, à la corde et au désespoir.

    Mes chers frères, éveillez-vous, et ne vous laissez pas séduire à Satan ; car vous êtes bien avertis, et vous n’ignorez pas ses pensées : Non enim ignoramus cogitationes ejus (9) C’est pourquoi il vous est aisé de le vaincre : c’est par où il faut conclure en peu de paroles. (A suivre)

    (1) Luc 4, 13

    (2) Job 16, 25

    (3) Sagesse 2, 24

    (4) Ap. 12, 9

    (5) Advers. Valent., n.3

    (6) 2 Cor. 2, 2

    (7) Hom. 87, in Math.

    (8) Saint Augustin, in Ps 39, n.1

    (9) 2 Cor. 2, 2

  • Force et puissance des démons

    Force et puissance des démons

    Sermon du premier dimanche de Carême de Mgr Bossuet au couvent des Minimes, extrait de la première partie sur la force et la puissance des démons :

    bossuet« Tirés du néant, et c’est assez dire : de là, messieurs, il est arrivé que les premiers des anges (1) se sont endormis en eux-mêmes dans la complaisance de leur beauté. La douceur de leur liberté les a trop charmés, ils en ont voulu faire une épreuve malheureuse et funeste; et, déçus par leur propre excellence, ils ont oublié la main libérale qui les avait comblés de ses grâces. L’orgueil s’est emparé de leurs puissances : ils n’ont pas voulu se soumettre à Dieu, et, ayant quitté, les malheureux, cette première bonté, qui n’était pas moins l’appui de leur bonheur que le principe de leur être, vous étonnerez-vous si tout est allé en ruine, ni s’il s’en est suivi un changement si épouvantable ? Dieu l’a permis de la sorte.

    Tremblons, tremblons, mes frères, et soyons saisis de frayeur en voyant ce tragique exemple, et de la faiblesse de la créature, et de la justice divine. Hélas! on a beau nous avertir, nous courons tous les jours aux occasions du péché les plus pressantes, les plus dangereuses ; nous ne veillons non plus sur nous-mêmes que si nous étions impeccables; et nous croyons pouvoir conserver sans peine, parmi tant de tentations, ce que des créatures si parfaites ont perdu dans une telle tranquillité. Est-ce folie ? est-ce enchantement ? est-ce que nous n’entendons pas quels malheurs le péché apporte ? pendant que nous voyons à nos yeux ces esprits si nobles défigurés si étrangement par un seul crime, que d’anges de lumière ils sont faits tout d’un coup anges de ténèbres, d’enfants ils sont devenus ennemis irréconciliables ; et étant ministres immortels des volontés divines ils sont enfin réduits à cette extrémité de misère, qu’il n’y a plus pour eux d’occupation que dans l‘infâme emploi de tromperies hommes. Quelle vengeance ! quel changement ! c’est le péché qui l’a fait, et nous ne le craignons pas! n’est-ce pas être bien aveugles ? Mais revenons à notre sujet, et jugeons de la force de nos ennemis par la perfection de leur nature.

    C’est le grand apôtre saint Paul qui nous y exhorte par ces excellentes [paroles : ] « Revêtez-vous, dit-il, des armes de Dieu, « parce que vous n’avez pas à combattre la chair ni le sang, » ni aucune force visible : Non est nobis colluctatio adversus carnem et sanguinem, sed adversus principes et potestates, adversus mundi rectores, contra spiritualia nequitiae in caelestibus (2) ; » mais contre « des principautés et des puissances, et des malices spirituelles : » spiritualia nequitiae. Pourquoi exagère-t-il en termes si forts leur nature spirituelle ? c’est à cause que dans les corps, outre la partie agissante, il y en a aussi une autre qui souffre, que nous appelons la matière : c’est pourquoi les actions des causes naturelles, si nous les comparons à celles des anges, paraîtront languissantes et engourdies, à cause de la matière qui ralentit toute leur vertu. Au contraire, ces ennemis invisibles, qui s’opposent à notre bonheur, ne sont pas, dit-il, de chair ni de sang : tout y est dégagé, tout y est esprit ; c’est-à-dire, tout y est force, tout y est vigueur : ils sont de la nature de ceux dont il est écrit « qu’ils portent le monde (3). » Et de là nous devons conclure que leur puissance est très-redoutable.

    Mais vous croirez peut-être que leur ruine les a désarmés, et qu’étant tombés de si haut, ils n’ont pu conserver leurs forces entières. Désabusez-vous, chrétiens; tout est entier en eux, excepté leur justice et leur sainteté, et conséquemment leur béatitude. En voici la raison solide, tirée des principes de saint Augustin : c’est que la félicité des esprits ne se trouve ni dans une nature excellente, ni dans un sublime raisonnement, ni dans la force, ni dans la vigueur; mais elle consiste seulement à s’unir à Dieu par un amour chaste et persévérant. Quand donc ils se séparent de lui, ne croyez pas qu’il soit nécessaire que Dieu change rien en leur nature pour punir leur égarement; il suffit, dit saint Augustin, pour se venger d’eux, qu’il les abandonne à eux-mêmes : Quia sua superbia sibi placerunt, Dei justifia sibi donarentur (4) . De cette sorte, ces anges rebelles que l’honneur de leur nature a enflés, que leurs grandes connaissances ont rendus superbes jusqu’à vouloir s’égaler à Dieu, ne perdront pas pour cela leurs dons naturels. Non, ils leur seront conservés; mais il y aura seulement cette différence, que ce qui leur servait d’ornement, cela même leur tournera en supplice par une opération cachée de la main de Dieu, qui se sert comme il lui plaît de ses créatures, tantôt pour la jouissance d’une souveraine félicité, tantôt pour l’exercice de sa juste et impitoyable vengeance.

    Par conséquent, messieurs, il ne faut pas croire que leurs forces soient épuisées par leur chute. Toute l’Écriture les appelle forts. « Les forts, dit David, se sont jetés sur moi : » Irruerunt in me fortes (5) ; par où saint Augustin entend les démons (6). Jésus-Christ appelle Satan « le fort armé : » fortis armatus (7) . Non-seulement il a sa force, c’est à-dire sa nature et ses facultés, mais encore ses armes lui sont conservées, c’est-à-dire ses inventions et ses connaissances : fortis armatus. Ailleurs il le nomme « le prince du monde : » princeps hujus mundi (8) et saint Paul, « gouverneur du monde : » mundi rectores (9). Et nous apprenons de Tertullien que les démons faisaient parer leurs idoles des robes dont se revêtaient les magistrats, qu’ils faisaient porter devant eux les faisceaux et les autres marques d’autorité publique, comme étant, dit-il, « les vrais magistrats et les princes naturels du siècle : Daemones magistratus sunt saeculi (10) . » Satan n’est pas seulement le prince, le magistrat et le gouverneur du siècle ; mais, pour ne laisser aucun doute de sa redoutable puissance, saint Paul nous enseigne qu’il « en est le dieu : » deus hujus sœculi (11). En effet, il fait le dieu sur la terre, il affecte d’imiter le Tout-Puissant. Il n’est pas en son pouvoir de faire comme lui de nouvelles créatures, pour les opposer à son Maître ; voici ce qu’invente son ambition : il corrompt celles de Dieu, dit Tertullien (12), et les tourne autant qu’il peut contre leur auteur ; enflé démesurément de ses bons succès, il se fait rendre enfin des honneurs divins; il exige des sacrifices, il reçoit des vœux, il se fait ériger des temples, comme un sujet rebelle qui, par mépris ou par insolence, affecte la même grandeur que son souverain : Ut Dei Domini placita cum contumelia affectans (13).

    Telle est la puissance de notre ennemi; et ce qui la rend plus terrible, c’est la violente application avec laquelle il unit ses forces dans le dessein de notre ruine. Tous les esprits angéliques, comme remarque très-bien saint Thomas (14), sont très arrêtés dans leurs entreprises : car au lieu que les objets ne se présentent à nous qu’à demi, si bien que, par de secondes réflexions, nous avons de nouvelles vues qui rendent nos résolutions chancelantes, les anges, au contraire, dit saint Thomas, embrassent tout leur objet du premier regard avec toutes ses circonstances ; et ensuite leur résolution est fixe, déterminée et invariable. Mais s’il y a en eux quelque pensée forte, et où leur intelligence soit tout appliquée, c’est sans doute celle de nous perdre. « C’est un ennemi qui ne dort jamais, jamais il ne laisse sa malice oisive : » Pervicacissimus hostis ille nunquam malitiae suae otium facit : quand même vous le surmontez, vous ne domptez pas son audace, mais vous enflammez son indignation : Tunc plurimum accenditur, dum extinguitur (15) : « Quand son feu semble tout à fait éteint, c’est alors qu’il se rallume avec plus de force. » Ce superbe, ayant entrepris de traiter d’égal avec Dieu, pourra-t-il jamais croire qu’une créature impuissante soit capable de lui résister ? et si, renversé comme il est dans les cachots éternels, il ne cesse pas néanmoins par une vaine opiniâtreté de traverser autant qu’il peut les desseins de Dieu; s’il se roidit contre lui, bien qu’il sache que tous ses efforts seront inutiles, que n’osera-t-il pas contre nous, dont il a si souvent expérimenté la faiblesse ?

    Ainsi je vous avertis, mes chers frères, de ne vous relâcher jamais, et de vous tenir toujours en défense. Tremblez même dans la victoire : c’est alors qu’il fait ses plus grands efforts, et qu’il remue ses machines les plus redoutables. Le voulez-vous voir clairement dans l’histoire de notre évangile ? Il attaque trois fois le Fils de Dieu : trois fois repoussé honteusement, il ne peut encore perdre courage. « Il le laisse, dit l’Écriture, jusqu’à un autre temps : Recessit ab illo usque ad tempus (16) » ; surmonté et non abattu, ni désespérant de le vaincre ; mais attendant une heure plus propre et une occasion plus pressante. Dieu ! que dirons-nous ici, chrétiens ? Si une résistance si vigoureuse ne ralentit pas sa fureur,  quand pourrons-nous espérer de trêve avec lui ? Et si la guerre est continuelle, si un ennemi si puissant veille sans cesse contre nous avec tous ses anges, qui pourrait assez exprimer combien soigneuse, combien vigilante, combien prévoyante et inquiète doit être à tous moments la vie chrétienne ? Et nous nous endormons!… Je ne m’étonne pas si nous vivons sous sa tyrannie, ni si nous tombons dans ses pièges, ni si nous sommes enveloppés dans ses embûches et dans ses finesses.  » (à suivre)

    bossuet vie chretienne

    (1) Advers. Marcion., lib. II, n. 9.

    (2) Ephes., 6, 12

    (3) Job, 9, 13

    (4) De Civit. Dei, lib XIV, cap. XV

    (5) Ps. 58, 4

    (6) In Ps. 58, Enarr. I, n. 6

    (7) Luc 11, 21

    (8) Jean, 12, 31

    (9) Ephes. 6, 12

    (10) De idolol. n. 18

    (11) 2 Cor. 4, 4

    (12) De idolol. n. 4

    (13) Tertull., ad Uxor., n.8

    (14) Part I, Question 58, art. 3

    (15) Tertull., De Paenit., n.7

    (16) Luc 6, 13

  • Participons à ce combat admirable contre les démons !

    Participons à ce combat admirable contre les démons !

    En ce premier dimanche de Carême, voici un extrait du sermon du premier dimanche de Carême de Mgr Bossuet au couvent des Minimes :

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    C’est le dessein du Fils de Dieu de tenir ses fidèles toujours en action, toujours occupés, et vigilants, et animés, jamais relâchés ni oisifs : et parce que, comme de tous les emplois celui de la guerre est le plus actif, de là vient qu’il nous enseigne dans son Écriture, que « notre vie est une milice (1) », et que comme nous sommes toujours dans le combat, aussi ne devons-nous jamais cesser d’être sur nos gardes : Sobrii estote et vigilate (2) [« Soyez sobres, et veillez. »]. L’Évangile de ce jour nous fait bien connaître cette vérité. Nous y voyons Jésus conduit au désert, pour y être tenté du diable ; c’est-à-dire notre capitaine qui descend au champ de bataille pour venir aux mains avec nos ennemis invisibles. Ductus [est in desertum, ut tentaretur a diabolo.]

    Ne croyez pas, mes frères, que nous devions être spectateurs oisifs de ce combat admirable : nous sommes engagés bien avant dans cette querelle, et le Fils de Dieu ne permet aux démons d’entreprendre aujourd’hui sur sa personne, qu’afin de nous faire entendre par son exemple ce qu’ils machinent tous les jours contre nous-mêmes. Que s’il est ainsi, chrétiens, que nous soyons obligés à combattre, faisons ce que l’on fait dans la guerre ; et avant que d’entrer dans la mêlée, avançons-nous avec le Sauveur pour reconnaître ces ennemis qui marchent contre nous si résolument. Si nous sommes soigneux de les observer dans l’évangile de cette journée, nous remarquerons aisément leur puissance, qui les rend superbes et audacieux. Ils entreprennent, messieurs, contre le Fils de Dieu même, ils tentent de le mettre à leurs pieds ; peut on voir une audace plus emportée ? Ils l’enlèvent en un moment du désert sur le pinacle du Temple, Jésus-Christ le permettant de la sorte pour l’instruction de ses fidèles : n’est-ce pas une force terrible? S’ils sont forts et entreprenants, ils ne sont pas moins rusés ni malicieux. La haine invétérée qu’ils ont contre nous les oblige de recourir à des artifices également subtils et malins. Ils tentent Jésus-Christ de gourmandise après un jeûne de quarante jours : Dic ut lapides isti panes fiant : [Dites que ces pierres deviennent  des pains] et ils tachent de le porter à la vaine gloire, après une action d’une patience héroïque : n’était-ce pas un dessein plausible et une finesse bien inventée?

    Tout cela, chrétiens, nous doit faire peur, puisque nous avons à nous défendre , dans le même temps, et de la violence et de la surprise, et de la force et des ruses. Et néanmoins ce même évangile, qui nous représente ces ennemis avec cet appareil redoutable, nous découvre aussi d’une même vue qu’il n’est rien de plus aisé que de les vaincre ; puisque nous voyons clairement et toutes leurs forces abattues, et toutes leurs finesses éludées par une simple parole. Voilà, mes frères, en peu de mots, ce que nous apprend l’Évangile de l’état de nos ennemis et de leur armée. Si vous regardez leur marche hardie, et leur contenance fière et présomptueuse, vous verrez d’abord leur force et leur puissance ; si vous observez de plus près leur marche, vous reconnaîtrez aisément leurs ruses et leurs détours ; et enfin si vous pénétrez jusqu’au fond, vous verrez qu’avec leur mine superbe et leur appareil redoutable, ils sont déjà rompus et défaits; et qu’étant encore tremblants et effrayés de leur déroute, il est très facile de les mettre en fuite. (…)  Suite

    (1) Job, 7, 1

    (2) 1 Pierre 5, 8

  • Pour que la défaite devienne une grande victoire

    Pour que la défaite devienne une grande victoire

    Voici un texte de José-Maria Escriva (Amis de Dieu, Point 186), qui nous stimule dans le combat spirituel… en avant !

    jose mariaSi, par malheur, on vient à tomber, il faut se relever aussitôt. Avec l’aide de Dieu, qui ne nous sera pas refusée si nous en prenons les moyens, nous devons arriver le plus vite possible au repentir, à la franchise empreinte d’humilité, à la réparation, de sorte que la défaite momentanée se transforme en une grande victoire de Jésus-Christ.

    Habituez-vous aussi à situer la lutte en des points éloignés des murailles de la forteresse. Nous ne pouvons pas être en permanence en porte-à-faux, à la frontière du mal : nous devons éviter avec force d’âme le volontaire in causa, nous devons repousser le plus petit manque d’amour, et favoriser l’aspiration à un apostolat chrétien, assidu et fécond, dont la sainte pureté sera l’assise et l’un des fruits les plus caractéristiques. Nous devons en outre remplir notre temps d’un travail intense et consciencieux, en cherchant à découvrir Dieu, tant il est vrai que nous ne devons jamais perdre de vue que nous avons été achetés à grand prix et que nous sommes le temple de l’Esprit Saint.

    Quels autres conseils vous proposer ? Eh bien les procédés qui ont toujours été utilisés par les chrétiens qui avaient réellement la prétention de suivre le Christ, les mêmes procédés qu’utilisèrent les hommes qui perçurent les premiers le souffle de Jésus :

    • la fréquentation assidue du Seigneur dans l’Eucharistie,
    • l’invocation filiale de la très Sainte Vierge,
    • l’humilité,
    • la tempérance,
    • la mortification des sens, car on ne peut pas regarder ce qu’il n’est pas licite de désirer, faisait remarquer saint Grégoire le Grand,
    • et la pénitence.

    Vous allez me dire qu’il s’agit là purement et simplement du résumé de toute vie chrétienne. À vrai dire, il n’est pas possible de séparer la pureté, qui est amour, de l’essence de notre foi, qui est charité, sursaut d’amour sans cesse renouvelé pour Dieu, qui nous a créés, nous a rachetés et nous prend continuellement par la main, même si maintes et maintes fois, nous ne nous en rendons pas compte. Il ne peut pas nous abandonner Sion disait : Yahvé m’a abandonné, le Seigneur m’a oublié. Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi, je ne t’oublierai jamais. Ces paroles ne vous causent-elles pas un immense plaisir ?

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