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  • Hommes catholiques : défendez-vous !

    Hommes catholiques : défendez-vous !

    Caïn AbelSuite à l’insertion d’un intéressant ADDENDUM issu de « Il est vivant » sur la légitimité pour un chrétien de prendre les armes par Monseigneur Ravel, revoici un article que vous connaissez déjà sur la défense catholique : bonne lecture !

    Hommes catholiques,vous n’avez jamais douté de la valeur de la vie, et de l’interdiction qui en découle, ce que Dieu nous enseigne depuis la Genèse : 

    Je demanderai compte du sang de chacun de vous … Qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé. Car à l’image de Dieu l’homme a été fait (Gn 9, 5-6).

    Nous savons ce que cela veut dire, de l’interdiction qui en découle de tuer, de la vie naissante (avortement) jusqu’à la mort naturelle (euthanasie).

    Mais pouvons-nous, devons-nous nous défendre, défendre nos familles, nos proches ? Devons-nous être des pleutres, des couards ? Devons-nous simplement tendre l’autre joue, quoi qu’il arrive ? 

    En effet le Christ nous dit :

    Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. (Mat. 5 38-39)

    Écoutons Saint Augustin à ce sujet :

    Or de même que le soufflet reçu sur la joue exprime tous les outrages qui ne peuvent être réparés que par le châtiment, ainsi ce que le Seigneur dit ici du vêtement comprend toutes les injures qui peuvent être réparées sans recourir à la vengeance ; et ce précepte doit s’entendre de la disposition du cœur, et non de ce qu’il faut faire en réalité.

    Le Christ nous enseigne en effet à supporter les humiliations, mais pas à accepter les injustices, d’ailleurs il l’a montré lui-même lorsque un garde du grand prêtre l’a frappé, il n’a pas tendu l’autre joue mais a dit :

     Si J’ai mal parlé, montre ce que J’ai dit de mal; mais, si J’ai bien parlé, pourquoi Me frappes-tu? (Jean, 18, 23)

    Il est donc clair que Jésus ne veut pas que nous nous vengions, que nous ripostions, abolissant ainsi la loi du talion. C’est donc l’opposé d’être couard, car il faut beaucoup de force et de courage pour refréner son désir de vengeance. Qu’en est-il donc de la défense de notre vie, de celle du plus faible ?

    Le catéchisme de l’Eglise Catholique nous enseigne :

    L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel . Il est donc légitime d’insister sur le respect de son propre droit à la vie . (2264)

    defenseIl cite Saint Thomas d’Aquin :

    Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite… Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7)

    Aimer  son prochain comme soi-même implique de s’aimer soi-même, donc de se défendre. Mais nous n’avons pas simplement la possibilité de défendre l’innocent, nous en avons l’obligation !

    En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité. (2265)

    Il n’est pas question d’objection de conscience si la vie de ceux qui sont sous notre responsabilité, notre famille, est en jeu. L’idéologie doit alors céder la place au réel : sauver des innocents. Nous donc avons le droit et le devoir de faire tout ce qui est nécessaire pour rendre l’agresseur inoffensif, même si cela signifie le tuer .

    Tuer un agresseur ?

    Le sujet est grave, et la réponse suivante n’est pas celle du rédacteur, ni des « hommes-adorateurs », mais celle de l’Eglise.

    Pour conserver sa propre vie, l’Eglise nous dit « Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel« . De même que la défense de ceux qui sont sous notre responsabilité « La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire« .

    La loi française est en adéquation avec l’enseignement de l’Eglise (à ce sujet) puisqu’elle dit :

    N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, effectue dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte (art 122-5 CP)

    Mais l’action des disciples du Christ que nous sommes n’est pas limitée à un cadre légal, elle est toujours en rapport avec la charité : c’est celle-ci qui doit nous presser à défendre notre prochain, non pas à la vengeance ni au désir d’en « découdre ».

    Quelle que soit votre réaction, elle doit toujours être héroïque :

    • Soit parce que vous surmontez une hargne qui crie vengeance dans votre cœur afin de rester calme et surtout de demander la grâce de pardonner (quelque soit la souffrance qui a été infligée).
    • Soit parce que vous surmontez une haine naissante pour vous limiter à une réponse appropriée et non excessive.
    • Soit parce que vous surmontez une peur qui vous empêche de défendre le plus faible.
    • Soit parce que vous sortez d’une votre vie confortable et tranquille pour défendre la vie d’autrui.

    N’oubliez jamais, suivre le Christ, c’est emprunter la porte étroite, celle de l’amour de nos frères et surtout… celle de l’amour de nos ennemis.

    Même lorsque notre poing percute le visage de l’agresseur, nous ne devons jamais oublier cela. 

    Et n’oublions jamais que les Sacrements sont là pour vous donner la force nécessaire pour suivre les préceptes d’amour.

    Addendum : Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées, répond à Il est vivant à une question sur la légitimité pour un chrétien de prendre les armes (entretien publié par Il est vivant ! n°315, mai 2014) :

    L.R. Dans certaines circonstances, oui. Soit au nom de la nation (s’il est mobilisé), soit à l’intérieur de là nation, en cas de remise en cause du politique dans ses fondements (si l’État devient totalitaire par exemple).
    IEV Mais dans l’Évangile, Jésus prône la non-violence… 
    L.R. Je n’ai jamais lu cela dans l’Évangile. Au contraire, Jésus dit que ce sont les violents qui s’emparent du Royaume de Dieu ! La violence, c’est l’incarnation d’un mouvement de vie qui déborde dans un monde traversé par le péché. C’est une démesure. Certains chrétiens, confondant christianisme et sagesse stoïcienne, pensent qu’il ne faut jamais de démesure. Les saints pensent autrement. Il y a une démesure de l’amour : « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » (saint Augustin). La croix est une démesure de l’amour. C’est une violence extrême. Si on est dans la vie, une vie bien incarnée, il y a de la violence. Dans l’Évangile, il y a des moments où Jésus se met en colère. Ce n’est pas une colère pulsionnelle bien sûr mais réfléchie. Par exemple, dans l’épisode des vendeurs chassés du Temple : Jésus constate l’objet du scandale et ce n’est que le lendemain qu’il chasse les vendeurs du Temple avec colère.
    Jésus est venu pour la vie, et pour que nous l’ayons en plénitude. Il est obligé de mettre une force démesurée, la violence, au service de l’amour. Mais une violence maîtrisée, évangélisée.

     

  • Non à la victimisation !

    Non à la victimisation !

    Selon Jean-Marie Apostolidès, depuis mai 68, la figure héroïque a été remplacée par l’exaltation victimaire multiculturaliste : toutes les communautés y ont naturellement besoin d’un ennemi infantile commun pour fonctionner : le « raciste » qui, dans notre société contemporaine, assume le même rôle que le diable au Moyen Âge.

    « Par l’école, les valeurs de la victimisation sont transmises, discutées, valorisées. Bref, la génération candide a réalisé passivement le rêve de ses parents. Mais cette docilité de surface fait problème, car elle s’accompagne d’une fragilité psychologique se traduisant souvent par un sentiment d’impuissance à modifier le cours des choses. La génération candide se tient dans la dimension de la mémoire car l’Histoire lui fait peur ».

    Jean-Marie Apostodès, Héroïsme et victimisation – 

    Hélas, chez de nombreux chrétiens, pessimisme et victimisation ont été de rigueur durant de nombreuses années. Quelles peuvent être les raisons de ce pessimisme qui conduit à la victimisation ? Tentation à laquelle on succombe ? Manque de Foi ? Manque de Force ?

    La tentation de la victimisation

    Elle peut être réelle, et être un vrai combat que le Seigneur permet pour la sainteté de certaines personnes. Elle n’est pas un pêché,  car c’est le consentement qui conduit au pêché. Ne vous troublez point, ne culpabilisez pas si la tentation est là : la tentation est au contraire un occasion de se rapprocher de Dieu.

    Saint Augustin nous dit à ce sujet que « La tentation est un feu, dans lequel l’or se purifie et la paille se consume, le juste se perfectionne et le pécheur trouve sa perte ; c’est une tempête qui jette l’un à bord et engloutit l’autre. «  (In ps. 62. Exhort. ad martyr.)

    La solution : C’est Jésus qui nous la donne : « Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation ». Il nous demande donc de veiller comme de bons soldats

    victimisation

    Un manque Foi

    Notre Dieu est ressuscité ! Ne l’oublions jamais, et c’est Lui qui nous apporte l’Espérance, pas le monde ! Le chrétien qui consent au pessimisme et à la victimisation n’est, hélas, donc plus chrétien, mais mondain

    Benoit XVI écrivait dans « Spe Salvi » : « En ce sens, il est vrai que celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf. Ep 2, 12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (cf. Jn 13, 1 et 19, 30) »

    La solution : La Foi est une vertu théologale,c’est-à-dire un don de Dieu, une grâce qu’il n’appartient pas à l’homme de faire naître ou de produire. C’est une vertu surnaturelle qui ne nécessite pas d’être travaillée comme les vertus naturelles : on dit qu’elle est infuse. Il est simplement « nécessaire » de prier pour l’avoir et pour la renforcer ! « Seigneur augmente en nous la Foi »  (Lc 17,5-6) est une excellente prière quotidienne à avoir ! Ensuite le don appelle une réponse de l’homme.

    Un manque de Force

    La force est un don de l’Esprit-Saint (il faut donc la demander), mais est également une vertu (à travailler !) appelée « vertu des vertus ».

    Concernant cette distinction don/vertu, le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus précisait qu’il n’y a pas d’opposition : « La théologie s’est plu à chercher les relations des dons avec les vertus, avec les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit. C’est ainsi que la sagesse s’unit à la charité, l’intelligence et la science à la foi, la crainte de Dieu à l’espérance, la piété à la justice, la force à la vertu de force, le conseil à la prudence. »

    Le don de la force

    Le pape François évoquait le don de la Force lors de sa catéchèse du Par ce quatrième don, l’Esprit de Dieu vient à notre secours, au secours de nos manquements. La force est un don des plus précieux (…) Ce don doit être la toile de fond de notre être chrétien. Il doit alimenter une sainteté vécue dans l’ordinaire de la vie quotidienne. »

    La solution : La Prière, encore la prière ! Suppliez l’Esprit-Saint de vous envoyer ce don !

    La vertu de la force

    La force est une vertu morale, c’est à dire acquise par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, comme l’indique le catéchisme de l’Eglise Catholique. Il précise également que cette vertu « dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1808)

    Deux facultés caractérisent la vertu de force : « résister » et « entreprendre ».

    • La résistance aux difficultés est associée à la capacité d’offrande à Dieu d’offrande de celles-ci, en résistant au désir de se prendre pour une victime.
    •  Entreprendre nécessite de faire preuve d’initiative, de décider puis d’exécuter la décision

    La solution : Mieux connaitre la vertu de la force, et la travailler, par exemple via un sport qui permet de se dépasser, de surmonter la fatigue. Si la personne n’est pas capable de se dépasser dans le domaine physique, il lui sera difficile de se dépasser dans sa lutte ascétique. 

    Voilà notre programme contre la victimisation : Foi et Force, et maintenant… en avant !

  • Ordonnons nos passions par des attitudes fermes

    Ordonnons nos passions par des attitudes fermes

    vertuC’est, entre-autres, ce que nous permet de vivre l’acquisition des vertus. Ceci est tellement essentiel que nous vous proposons de lire et de méditer ce passage du Catéchisme de l’Eglise Catholique : 

    Les vertus humaines

    1804 – Les vertus humaines sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent nos actes, ordonnent nos passions et guident notre conduite selon la raison et la foi. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.

    Les vertus morales sont humainement acquises. Elles sont les fruits et les germes des actes moralement bons ; elles disposent toutes les puissances de l’être humain à communier à l’amour divin.

    Distinction des vertus cardinales

    1805 Quatre vertus jouent un rôle charnière. Pour cette raison on les appelle  » cardinales  » ; toutes les autres se regroupent autour d’elles. Ce sont : la prudence, la justice, la force et la tempérance.  » Aime-t-on la rectitude ? Les vertus sont les fruits de ses travaux, car elle enseigne tempérance et prudence, justice etcourage  » (Sg 8, 7). Sous d’autres noms, ces vertus sont louées dans de nombreux passages de l’Écriture.

    1806 La prudence est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir.  » L’homme avisé surveille ses pas  » (Pr 14, 15).  » Soyez sages et sobres en vue de la prière  » (1 P 4, 7). La prudence est la  » droite règle de l’action « , écritsaint Thomas (s. th. 2-2, 47, 2) après Aristote. Elle ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation. Elle est dite auriga virtutum : elle conduit les autres vertus en leur indiquant règle et mesure. C’est la prudence qui guide immédiatement le jugement de conscience. L’hommeprudent décide et ordonne sa conduite suivant ce jugement. Grâce à cette vertu, nous appliquons sans erreur les principes moraux aux cas particuliers et nous surmontons les doutes sur le bien à accomplir et le mal à éviter.

    1807 La justice est la vertu morale qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. La justice envers Dieu est appelée  » vertu de religion « . Envers les hommes, elle dispose à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l’harmonie quipromeut l’équité à l’égard des personnes et du bien commun. L’homme juste, souvent évoqué dans les Livres saints, se distingue par la droiture habituelle de ses pensées et la rectitude de sa conduite envers le prochain.  » Tu n’auras ni faveur pour le petit, ni complaisance pour le grand ; c’est avec justice que tujugeras ton prochain  » (Lv 19, 15).  » Maîtres, accordez à vos esclaves le juste et l’équitable, sachant que, vous aussi, vous avez un Maître au ciel  » (Col 4, 1).

    1808 La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d’affronter l’épreuve et lespersécutions. Elle dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause.  » Ma force et mon chant, c’est le Seigneur  » (Ps 118, 14).  » Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde  » (Jn 16, 33).

    1809 La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une sainediscrétion et  » ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur  » (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament :  » Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits  » (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée  » modération  » ou  » sobriété « . Nous devons  » vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent  » (Tt 2, 12).

    Bien vivre n’est autre chose qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son agir. On Lui conserve un amour entier (par la tempérance) que nul malheur ne peut ébranler (ce qui relève de la force), qui n’obéit qu’à Lui seul (et ceci est la justice), qui veille pour discerner toutes choses de peur de se laisser surprendre par la ruse et le mensonge (et ceci est la prudence) (S. Augustin, mor. eccl. 1, 25, 46 : PL 32, 1330-1331).

    Les vertus et la grâce

    1810 Les vertus humaines acquises par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, sont purifiées et élevées par la grâce divine. Avec l’aide de Dieu, elles forgent le caractère et donnent aisance dans la pratique du bien. L’homme vertueux est heureux de les pratiquer.

    1811 Il n’est pas facile pour l’homme blessé par le péché de garder l’équilibre moral. Le don du salut par le Christ nous accorde la grâce nécessaire pour persévérer dans la recherche des vertus. Chacun doit toujours demander cette grâce de lumière et de forcerecourir aux sacrementscoopérer avec le Saint-Espritsuivre ses appels à aimer le bien et à se garder du mal.

    vertu CEC

     

  • La force véritable et parfaite

    La force véritable et parfaite

    forceTiré du « Paradis de l’âme » de Saint Albert le Grand :

    1 – La force véritable et parfaite consiste à être maître de son âme quand on est tenté par l’orgueil ou l’envie, la colère, la luxure ou l’avarice, la vaine gloire et la complaisance en soi-même, ou par les plaisirs inférieurs : l’âme raisonnable ne consent jamais à toutes ces tentations qu’elle réprime aussitôt. Voilà pourquoi il est dit au livre des Proverbes (ch. 16, v. 32) : « Celui qui supporte patiemment vaut mieux qu’un héros, et celui qui se domine soi-même est supérieur au guerrier qui prend des villes ». Cette force-là, Samson, très courageux cependant, ne l’a pas eue ;  sans doute, il mit en pièces un lion (Juges, ch. 14, v. 6), et avec une mâchoire d’âne il terrassa un millier de Philistins (ch. 15, v. 15, 16), mais ensuite, parce qu’il aimait une femme, Dalila, toute force lui fut retirée (ch. 16, v. 4, 17, 20).

    2 – Il a la vraie force, celui qui préserve ses membres et ses sens de tout ce qui est défendu. David ne fut point vraiment fort, lui qui, après avoir tué le lion comme l’ours, et aussi Goliath (Ier Livre des Rois, ch. 17, v. 36, v. 50), n’eut pas la force de retenir ses yeux et de réprimer des regards coupables (IIe Livre des Rois, ch. 11, v. 2). Quoi donc ! Certains ont de la force, et ils en ont beaucoup, quand il s’agit de jeûner, de veiller, de châtier leur corps par des cilices et des disciplines ; et ils sont impuissants à arrêter leurs pas sur le chemin du vice, à préserver leurs mains d’œuvres mauvaises ; ils ne peuvent se retenir d’entendre des paroles nuisibles, et beaucoup moins encore d’en proférer eux-mêmes ! Saint Jacques avait raison de dire : « Toute espèce d’animaux, d’oiseaux, de reptiles, etc., peut se dompter, et a été domptée, en fait, par l’homme ; mais la langue, personne ne peut la dompter : c’est un fléau qu’on n’arrête pas ; elle est remplie d’un venin mortel » (ch. 3, v. 7-8). Et cependant, si on ne maîtrise pas sa langue, il n’y a pas de religion véritable. « Quelqu’un s’imagine-t-il être religieux sans mettre un frein à sa langue ? Il se trompe lui-même, et sa religion est vaine » (ch. 1, v. 26).

    3 – Le fait de savourer les douceurs spirituelles conduit à la vraie force ; car l’âme en est fortifiée en vue du bien à faire, pour supporter aussi les adversités, et pour être victorieuse du vice et de tout ce qui lui est nuisible. Jonathas a figuré à l’avance ce goût des délices de l’esprit ; après avoir mangé un peu de miel, ses yeux furent illuminés et il eut la force de poursuivre ses ennemis (IerLivre des Roisch. 14, v. 28). Et Moïse fut tellement réconforté par la suavité que son âme éprouvait de la vision de Dieu et de son entretien avec lui, que, durant quarante jours, il n’eut pas besoin de nourriture. (Exode, ch. 24, v. 18).

    4 – La fonction de la force, c’est d’affermir l’intelligence dans la connaissance de Dieu, et la volonté dans l’amour de Dieu et du prochain, de fortifier l’âme au milieu des adversités pour qu’elle ne s’en effraie pas, et en plein succès, afin qu’elle ne s’y laisse pas amollir ; de même, la force excite l’âme à l’exercice continuel du bien, et elle la soutient au point que le mal ne la domine jamais. Cette dernière force, Tobie l’avait en partage ; l’autre était celle de Mathathias et d’Éléazar, de Job et de Daniel. Saint Paul et saint Etienne eurent la première. Celui qui reconnaît en soi-même quelque chose de cela, peut être sans inquiétude : il a la preuve qu’il possède la vraie force.

    5 – Et une preuve, au contraire, d’une force qui n’est pas la vraie, mais qui est très mauvaise, c’est de commettre contre Dieu quantité de gros péchés. Saint Anselme dit à ce propos : « Pécher, ce n’est pas être libre, ce n’est pas non plus une partie de la liberté », pécher, c’est bien plus une impuissance qu’un pouvoir, car le malheur et le mal ont sur une personne d’autant plus d’empire qu’elle est capable de faire ce qui n’est pas de son intérêt. « Malheur à vous qui pouvez boire beaucoup de vin, disait le prophète Isaïe, et qui n’êtes forts que pour vous enivrer » (ch. 5, v. 11). Les persécuteurs de l’Église, rois et princes, ont eu jadis cette puissance ; elle est aujourd’hui encore, et elle sera toujours celle de l’Antéchrist et de ses associés.

    musclez votre vie spirituelle

  • Eucharistie : Aliment source de Force

    Eucharistie : Aliment source de Force

    adoration

    Arrivant au terme de notre semaine centrée sur la vertu de la force, en voici le sommet, l’Aliment céleste qui nous fortifie, que nous adorons : Jésus-Christ Hostie.

    A son sujet, Pie XII disait :

    Toute âme chrétienne a besoin de l’Eucharistie, selon la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jean, VI, 54-55).

    La Communion eucharistique a donc pour effet d’alimenter l’union sanctifiante et vivifiante de l’âme avec Dieu, de maintenir et de fortifier la vie spirituelle et intérieure, d’empêcher que durant le voyage et le combat de cette terre les fidèles ne viennent à manquer de la vie que le baptême leur a communiquée.

    Pie XII, discours aux époux : Eucharistie, Aliment céleste, 17 juin 1939

     Plus récemment, Benoit XVI insistait également sur le rapport entre la force et l’Eucharistie, sur son caractère vital :

    Nous ne disions pas seulement de belles choses à propos de l’Eucharistie, mais surtout que nous vivions de sa force.

    Benoit XVI, le 2 octobre 2005

    Cette force vitale, il la souligne lorsqu’il reprend lors de l’angélus du dimanche 26 juin 2011 cette citation des anciens martyrs d’Abitène :

    Sine Dominico non possumus sans le Dominicum 

    c’est-à-dire « sans l’Eucharistie dominicale, nous ne pouvons pas vivre« . Cela est précisément lié à la nature de la force reçu lors de notre participation à l’Eucharistie : 

    En participant à l’Eucharistie, nous vivons de façon extraordinaire la prière que Jésus a faite et fait continuellement pour chacun afin que le mal, que nous rencontrons tous dans notre vie, ne l’emporte pas et qu’agisse en nous la force transformante de la mort et de la résurrection du Christ

    Benoit XVI, le 28 juin 2011

    Cette force transformante de l’Eucharistie nous permet de vivre les actes de résistance héroïques actuellement nécessaires :

    Dans une culture toujours plus individualiste qui est celle dans laquelle nous sommes plongés dans les sociétés occidentales et qui tend à se répandre dans le monde entier, l’Eucharistie constitue une sorte d’«antidote» qui œuvre dans les esprits et dans les cœurs des croyants et sème continuellement en eux la logique de la communion, du service, du partage, en somme la logique de l’Evangile.

    Benoit XVI, Angélus du dimanche 26 juin 2011

    Restons donc à genoux au pied du tabernacle pour adorer notre Dieu, et recevons cette force indispensable que décrit si bien Saint Josemaría Escrivá de Balaguer :

    Notre Dieu a décidé de demeurer dans le Tabernacle pour nous alimenter, pour nous fortifier, pour nous diviniser, pour rendre efficace notre tâche et notre effort.

    Quand le Christ passe, n° 151

    Il devient alors évident, comme l’a dit Benoit XVI lors de l’Angélus du 28 août 2005, que :

    L’adoration n’est pas un  luxe, mais une priorité.

  • Les vertus alliées de la force : la magnanimité

    Les vertus alliées de la force : la magnanimité

    A la lecture du Père Tanquerey dans son Précis de théologie ascétique et mystique travaillons cette semaine la vertu de force, et ses 4 vertus alliées : deux qui nous aident à faire les choses difficiles, à savoir la magnanimité et la magnificence ; deux qui nous aident à bien souffrir, la patience et la constance. Aujourd’hui, travaillons la magnanimité :

    La magnanimité, qu’on appelle encore grandeur d’âme, oBen-Huru noblesse de caractère, est une disposition noble et généreuse à entreprendre de grandes choses pour Dieu et le prochain. Elle diffère de l’ambition, qui est au contraire essentiellement égoïste, et cherche à s’élever au-dessus des autres par l’autorité ou les honneurs ; le désintéressement est le caractère distinctif de la magnanimité : elle veut rendre service aux autres.

    1. Elle suppose donc une âme noble, ayant un idéal élevé, des idées généreuses ; une âme courageuse qui sait mettre sa vie en harmonie avec ses convictions.
    2. Elle se manifeste, non seulement par de nobles sentiments, mais par de nobles actions, et cela dans tous les ordres :
      • dans l’ordre militaire, par des actions d’éclat ;
      • dans l’ordre civique, par de grandes réformes ou de grandes entreprises industrielles, commerciales ou autres ;
      • dans l’ordre surnaturel, par un idéal élevé de perfection sans cesse poursuivi, par des efforts généreux pour se vaincre et se surpasser, pour acquérir des vertus solides, pratiquer l’apostolat sous toutes ses formes, fonder et diriger des œuvres ;
      • tout cela sans craindre de compromettre sa fortune, sa santé, sa réputation et même sa vie.

    Le défaut opposé est la pusillanimité qui, par crainte excessive d’un échec, hésite et demeure dans l’inaction. Pour éviter des bévues, on commet en réalité la plus grande des maladresses : on ne fait rien ou presque rien, et ainsi on gaspille sa vie. Il est évident qu’il vaut mieux s’exposer à quelques méprises que de rester dans l’inaction.

    Demain :  la magnificence

  • La vertu de force, vertu des vertus

    La vertu de force, vertu des vertus

    arnoldschwarzeneggerLa force (en latin fortitudo) est (avec la prudence, la tempérance et la justice) l’une des quatre vertus cardinales. (Les vertus théologales sont la foi, l’espérance et la charité). A ce sujet, Jean-Paul II disait :

    Nous avons besoin de force pour être des hommes. En effet, l’homme n’est vraiment prudent que s’il possède la vertu de force. Prions pour ce don du Saint-Esprit, le don de la force.

    Cette article est sa définition, que le Père Tanquerey dans son  Précis de théologie ascétique et mystique donne admirablement :

    « Cette vertu, qu’on appelle force d’âme, force de caractère, ou virilité, chrétienne, est une vertu morale surnaturelle qui affermit l’âme dans la poursuite du bien difficile, sans se laisser ébranler par la peur, pas même par la crainte de la mort.

    • Son objet est de réprimer les impressions de la crainte qui tend à paralyser nos efforts vers le bien, et de modérer l’audace qui, sans elle, deviendrait facilement de la témérité.
    • Ses actes se ramènent à deux principaux : entreprendre et endurer des choses difficiles.
    1. La force consiste tout d’abord à entreprendre et exécuter des choses difficiles : il y a en effet, sur le chemin de la vertu et de la perfection, des obstacles nombreux, difficiles à vaincre, sans cesse renaissants. Il faut n’en avoir pas peur, aller même au devant d’eux, faire courageusement l’effort nécessaire pour les surmonter : c’est le premier acte de la vertu de force. Cet acte suppose :
      1. de la décision, pour se résoudre promptement à faire son devoir coûte que coûte ;
      2. du courage, de la générosité pour faire des efforts proportionnés aux difficultés et qui sache grandir avec celles-ci ;
      3. de la constance, pour continuer l’effort jusqu’au bout, malgré la persistance et les retours offensifs de l’ennemi.
    2. Mais il faut aussi savoir souffrir pour Dieu les épreuves nombreuses et difficiles qu’il nous envoie, les souffrances, les maladies, les railleries, les calomnies dont on est la victime. C’est souvent plus difficile encore que d’agir : sustinere difficilius est quam aggredi, dit S. Thomas, et il en donne trois raisons.
      1. Tenir bon suppose qu’on est attaqué par un ennemi supérieur, tandis que celui qui attaque se sent supérieur à son adversaire ;
      2. celui qui soutient le choc est déjà aux prises avec les difficultés et en souffre, celui qui attaque ne fait que les prévoir ; or un mal présent est plus redoutable que celui qu’on prévoit ;
      3. l’endurance suppose qu’on demeure immobile et inflexible sous le choc, pendant un temps notable, par exemple quand on est cloué au lit par une longue maladie, ou qu’on éprouve de violentes ou longues tentations ; celui qui entreprend une chose difficile donne un effort momentané, qui généralement ne dure pas aussi longtemps. »