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  • Mercredi des Cendres : importance de la mort

    Mercredi des Cendres : importance de la mort

    Le Mercredi des Cendres, le prêtre pourra nous dire durant l’imposition des cendres deux formules : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière! » ou « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile »

    cendresNous vous proposons de méditer cet extrait du sermon du mercredi des Cendres du Père Louis Bourdaloue, « roi des prédicateurs, prédicateur des rois », sur l’importance de la pensée de la mort :

     » C’est un principe dont les sages mêmes du  paganisme  sont  convenus,  que la grande science ou  la grande étude de la vie est la science ou l’étude de la mort ; et qu’il est impossible à l’homme de vivre dans l’ordre et de se maintenir dans une vertu solide et constante, s’il ne pense souvent qu’il doit mourir. Or, je trouve que toute notre vie, ou pour mieux dire tout ce qui peut être perfectionné dans  notre vie, et par la raison et par la foi, se rapporte à trois choses :

    • à nos passions,
    • à nos délibérations,
    • et à nos actions.

    Je m’explique. Nous avons dans le cours de la vie des passions à ménager, nous avons des conseils à prendre, et nous avons des devoirs à accomplir. En cela, pour me servir du terme de  l’Ecriture,  consiste tout  l’homme ; tout  l’homme, dis-je, raisonnable et chrétien : Hoc est enim omnis homo (1).

    • Des passions à ménager, en réprimant leurs saillies et en modifiant leurs violences ;
    • des conseils à prendre, en se préservant, et des erreurs qui les accompagnent, et des repentirs qui les suivent ;
    • des devoirs à accomplir, et dont la pratique doit être prompte et fervente.

    Or, pour tout cela, Chrétiens, je prétends que la pensée de la mort nous suffit, et j’avance trois propositions que je vous prie de bien comprendre :

    1. Je dis que la pensée de la mort est le remède le plus souverain pour amortir le feu de nos passions ;
    2. Je dis que la pensée de la mort est la règle la plus infaillible pour conclure sûrement dans nos délibérations
    3. Enfin, je dis que la pensée de la mort est le moyen le plus efficace pour nous inspirer une sainte ferveur dans nos actions ;

    Trois vérités dont je veux vous convaincre, en vous faisant sentir toute la force de ces paroles de mon texte : Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris.

    1. Vos passions vous emportent, et souvent il vous semble que vous n’êtes pas maîtres de votre ambition et de votre cupiditéMemento, souvenez-vous, et pensez ce que c’est que l’ambition et la cupidité d’un homme qui doit mourir.
    2. Vous délibérez sur une matière importante, et vous ne savez à quoi vous résoudre : Memento, souvenez-vous, et pensez quelle résolution il convient de prendre à un homme qui doit mourir.
    3. Les exercices de la religion vous fatiguent et vous lassent ; et vous vous acquittez négligemment de vos devoirsMemento, souvenez-vous, et pensez comment il importe de les observer à un homme qui doit mourir.

    Tel est l’usage que nous devons faire de la pensée de la mort.  (Intégralité du sermon et développement des trois vérités :  ici)

    1 Eccl., XII, 13.

  • La Mort : l’ultime combat contre les esprits de ténèbres (5/5)

    La Mort : l’ultime combat contre les esprits de ténèbres (5/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    jesus_demonsSi l’ennemi qui s’acharne à notre perte avec une activité que rien ne lasse se transforme en ange de lumière pour vous assaillir de vaines illusions, demeurez ferme et immobile dans la connaissance de votre néant, et dites-lui hardiment :

    Retourne, malheureux, dans les ténèbres d’où tu es sorti ; je ne mérite pas d’être favorisé de visions célestes ; je n’ai besoin que de la miséricorde de mon Jésus et des prières de la Vierge Marie, de Saint Joseph et des autres saints.

    Eussiez-vous les meilleurs motifs de croire que ces visions vous viennent du Ciel, gardez-vous d’y ajouter foi ; rejetez-les bien loin de vous. Cette résistance fondée sur le sentiment de votre indignité ne saurait déplaire au Seigneur. Si c’est lui qui agit en vous, il saura bien rendre son action évidente à vos yeux ; et vous n’y perdrez rien, car celui qui donne sa grâce aux humbles ne la retire point, quelques actes d’humilité qu’ils posent.

    Voilà les armes dont notre ennemi se sert généralement contre nous, à ce moment suprême.

    En outre, il nous tente chacun en particulier d’après les inclinations auxquelles il sait que nous sommes plus sujets. C’est pourquoi nous devons, avant l’approche du grand combat, nous armer et lutter vaillamment contre les passions qui nous attaquent avec plus de violence et qui exercent sur nous un plus grand empire, afin de remporter plus facilement la victoire à ce moment suprême qui ne laisse plus d’autre moment après lui, pour le pouvoir faire encore. « Vous combattrez contre eux jusqu’à leur complète destruction » (I Rois, XIV, 18).

  • La Mort : l’ultime combat contre le désespoir (3/5)

    La Mort : l’ultime combat contre le désespoir (3/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    christ-souriant-detailLe second assaut au moyen duquel le malin esprit cherche à nous abattre sans retour, c’est l’épouvante qu’il suscite en nous au souvenir de nos péchés, afin de nous précipiter dans l’abîme du désespoir.

    Dans ce danger, prenez pour règle infaillible que la pensée de vos péchés vient de la grâce et qu’elle vous est accordée pour votre salut, lorsqu’elle produit en vous des sentiments d’humilité, de repentir de vos péchés et de confiance en la bonté divine.

    Mais lorsque cette pensée vous jette dans l’inquiétude, la défiance et la pusillanimité, portât-elle sur des choses vraies et capables de faire croire que vous êtes damné et qu’il n’y a plus pour vous de salut à espérer, regardez-la comme un artifice du démon, humiliez-vous et redoublez de confiance en Dieu. C’est le moyen de vaincre votre ennemi avec ses propres armes et de rendre gloire à Dieu. Excitez-vous, je le veux bien, au repentir de vos péchés toutes les fois qu’ils vous reviendront à la mémoire, mais que ce soit pour en demander pardon au Seigneur avec une confiance sans bornes dans les mérites de sa Passion.

    Je suppose même que vous croyiez entendre Dieu vous dire au fond du cœur que vous n’êtes point du nombre de ses élus, ce n’est pas une raison pour rien perdre de votre confiance en lui. Dites-lui plutôt avec un sentiment profond d’humilité :

    Vous avez bien sujet de me réprouver à cause de mes péchés, mais j’ai plus de sujet encore d’espérer que votre miséricorde me les pardonnera.

    J’espère donc le salut d’une misérable créature vouée à la damnation par sa propre malice, mais aussi rachetée au prix de votre sang adorable.

    Je veux me sauver pour votre gloire, ô mon Rédempteur, et confiant en votre miséricorde infinie, je m’abandonne entre vos mains.

    Faites de moi ce qu’il vous plaira, pourvu que vous soyez mon unique maître : quand vous me tueriez, je ne laisserais pas d’avoir en vous une inébranlable confiance.

  • La Mort : l’ultime combat (1/5)

    La Mort : l’ultime combat (1/5)

    La mort…nous en parlons bien peu, et pourtant, s’il y a bien un combat à ne pas rater… c’est celui -là ! Laissons à nouveau Lorenzo Scupoli évoquer la chose : 

    De la résistance à opposer aux ennemis qui nous attaquent, au moment de la mort

     mort  Quoique toute notre vie soit ici-bas une guerre continuelle, la journée la plus importante et la plus périlleuse est celle où il nous faudra faire le grand passage du monde à l’éternité. Celui qui tombe en ce moment ne se relève plus. Le moyen à prendre pour vous trouver à cette heure dans de bonnes dispositions, c’est d’employer le temps que Dieu vous accorde à combattre vaillamment. Celui, en effet, qui combat bien durant la vie se prépare, par l’habitude acquise de la victoire, un triomphe facile à l’heure de la mort. De plus, pensez souvent à la mort, considérez-la d’un œil attentif ; c’est le moyen de la craindre moins, lorsqu’elle se présentera, et d’avoir alors l’esprit libre et prêt au combat.

    Les gens du monde évitent cette pensée pour ne pas interrompre le plaisir qu’ils prennent aux choses de la terre : attachés de devoir les quitter un jour serait un tourment pour eux. C’est ainsi que leur affection désordonnée, bien loin de diminuer, va toujours croissant ; et lorsque arrive pour eux le moment de dire adieu à cette vie et à tant d’objets chers à leur cœur, ils sont en proie à un tourment incroyable et d’autant plus horrible qu’ils ont joui plus longtemps des biens qu’ils vont quitter.

    Parfois aussi pour mieux vous préparer à ce moment terrible, représentez-vous seul et sans secours parmi les douleurs de la mort, et considérez les choses que je vais dire et qui pourraient alors vous tourmenter. Puis vous entretiendrez votre pensée des remèdes que je vais vous proposer, afin de vous mettre à même de mieux vous en servir à cette heure de suprême angoisse ; car il faut nécessairement apprendre à bien faire une chose qu’on ne peut faire qu’une fois, de peur de commettre une faute à jamais irréparable.

    Des quatre assauts que nos ennemis nous livrent à l’heure de la mort, et premièrement de la tentation contre la foi et de la manière d’y résister

    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    A suivre…