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  • Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    stewart

    Et pour fêter dignement chaque Jour du Seigneur, si la messe est indispensable, faire de ce jour un jour de joie est également fondamental !

    Savez-vous que G.K. Chesterton rappelait que :

    Dans le catholicisme, la pinte, la pipe et la croix peuvent faire bon ménage.

    En cela, il s’inscrit dans une longue tradition catholique qui met en valeur les mets que Dieu nous permet de déguster. Par exemple, Saint Arnould, patron des brasseurs, disait :

    Issue de la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu, la bière est venue dans le monde.

    Pourtant dans notre société de culpabilisation (hélas, souvent à mauvais escient), fumer, boire… tue ! Le catholicisme à nouveau prend tout le monde à contre pied, en distinguant, donc en usant de la raison, et en rendant grâce. Pour illustrer notre propos, voici une autre citation de Chesterton :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le vin en n’en buvant pas excessivement.

    L’ordre qui aide à distinguer doit toujours être tendu comme une flèche vers Dieu ! Donc lorsque je bois, je remercie Dieu, je lui rend grâce,

    1. par mes paroles audibles et silencieuses de remerciement
    2. par l’action de ma volonté qui me permet d’exercer librement la vertu de la tempérance. D’ailleurs, si vous sentez que votre volonté commence à faiblir, en disant des choses que vous ne vouliez pas dire, en perdant une saine retenue, et ne sachant pas refuser un autre verre : Arrêtez tout !
    3. par l’amitié, en buvant en bonne compagnie, avec des frères, j’oserai dire des frères d’arme qui combattent le même combat, celui de la sainteté. L’élément à rechercher est donc toujours celui de la convivialité.

    Pour résumer, l’art de boire catholique existe bien, il conduit à partager de bons moments, de bons amusements, parfois des chaudes larmes,  mais toujours dans la vraie joie et en étant plein de gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne tant de choses merveilleuses, comme par exemple la bonne bière et le vin !

    Je laisse à Lorenzo Scupoli le soin de finir cet article, grâce à ce passage de son ouvrage « le combat spirituel » :

    Lorsque vous mangez ou que vous buvez, considérez que c’est Dieu qui donne la saveur à la nourriture, et ne prenant votre plaisir qu’en lui seul, dites-vous à vous-même :

    Réjouis-toi, mon âme, à la pensée qu’il n’y a point en-dehors de Dieu de contentement véritable, mais que, d’un autre côté, tu peux en toutes choses te réjouir uniquement en lui

    Bon Noël !

  • L’art perdu de boire catholique.

    L’art perdu de boire catholique.

    frassattiNous remercions Sean P. Dailey de nous avoir permis de traduire son article « The lost art of catholic drinking », et de le publier ici-même ! Vous remarquerez l’opposition catholique/protestant : si elle est pertinente, elle est aussi le reflet de la société américaine. Notre lecture française peut nous faire penser à l’opposition catholique/laïque…

    Une dédicace également au Bienheureux Pier Georgio Frassati (en photo) qui aurait certainement apprécié l’article !

    « Boire protestant ou boire catholique, la différence est plus qu’une simple notion de quantité . Je n’ai pas de données scientifiques pour appuyer mes propos, et je n’ai pas non plus d’études officielles. Mais j’ai fait un bon bout de, dirons-nous , »études informelles », ce qui, pour une hypothèse de ce genre est probablement la meilleure voie.

    Pour commencer, qu’est-ce que « boire catholique » ? Notion difficile à cerner, mais voici un exemple historique.  Saint- Arnold ( 580-640 ), également connu sous le nom de Saint Arnould de Metz (voir notre article : Saint Arnould et la multiplication de la bière), était évêque de Metz au septième siècle. Très apprécié par ses contemporains,  il aurait prêché contre l’eau, qui, à son époque, pouvait se révéler extrêmement dangereuse en tant que boisson, en raison d’égouts insalubres – ou l’absence de système d’assainissement. Dans le même temps , il souvent vanté les avantages de la bière et lui est attribuée la phrase :

    De la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu , la bière est venu dans le monde.

    Sages paroles , et le troupeau de Saint Arnold les appréciait . Après sa mort , le bon évêque fut enterré dans un monastère près de Remiremont , en France, où il s’était retiré . Cependant , il manquait à son troupeau et il pu revinir après de ses ouailles, en 641, après que ces derniers eurent obtenu l’approbation d’exhumer ses restes.  Ils le portèrent donc en procession vers Metz en direction de la basilique des Saints-Apôtres. Sur le chemin, un jour de grande chaleur, les pèlerins eurent soif et s’arrêtèrent dans une auberge afin de déguster une bonne bière. Malheureusement , l’aubergiste n’avait de quoi remplir qu’un seul godet, à partager entre tous. Les processionnaires décidèrent donc de boire à ce même godet chacun leur tour … et chacun fut rassasié !

    Que les choses soient claires : je ne dis pas que l’alcool catholique implique des miracles, ou qu’un miracle devrait se produire chaque fois les gens se réunissent pour en boire. Mais une bonne bièrecomme du bon vin d’ailleurs – est un petit miracle en soi , étant un don de Dieu à ses créatures qu’Il aime . Et comme l’a écrit GK Chesterton dans son ouvrage « orthodoxy » :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le bordeaux en ne buvant pas trop d’eux .

    En d’autres termes , nous montrons notre gratitude à Dieu pour le vin et la bière en profitant de ces choses , dans la bonne humeur et une ambiance chaleureuse, mais ne pas en consommer excessivement .

    Tout ce qui constitue la notion d’excès, c’est à chaque personne d’en juger. C’est pourtant à ce moment là que peut apparaître la principale différence entre la consommation d’alcool chez les catholiques et chez les protestants. La consommation protestante peut conduire aller d’un extrême à l’autre : oscillant de trop à pas du tout, chacune étant une réaction à l’autre.

    • Certaines personnes , à juste titre, ne supportant plus le moralisme intransigeant des béats de l’abstinence, se mettent à boire de manière excessive .
    • D’autres, à juste titre également,  effrayé des habitudes malsaines des ivrognes, pratiquent une abstinence stricte .

    Mais il est vrai que chacune des deux parties semble en rester à la réaction, sachant qu’une  réaction n’est pas une solution. En y réfléchissant un peu , ils pourraient voir une troisième voie où ne se trouve ni ivresse ni abstinence, mais compatible avec une vie saine, honnête, une vie chrétienne équilibrée.

    C’est ici qu’apparaît l’art de boire catholique, la fameuse troisième voie, une voie qui nous engage dans des habitudes ancestrales appréciées par tout le monde, allant des paysans aux empereurs jusqu’à Jésus lui-même. et la spécificité de cette voie n’est pas en premier lieu une question de quantité. Je pense plutôt que l’élément principal est la convivialité . Quand des amis se réunissent pour boire un verre, que ce soit pour célébrer ou pour faire un deuil, cela doit toujours être pour vivre un temps en compagnie des autres. (Oui , il y a un temps et un lieu pour une bière solitaire, mais c’est l’exception.)

    Par exemple : Les interventions à la « conférence annuelle de Chesterton » ne sont elles-mêmes pas plus importantes que les discussions interminables qui s’en suivent, accompagnées de bière et de vin (même si nous avons tendance à adhérer à la règle de Hilaire Belloc, qui est d’éviter les boissons alcoolisées développées après la Réforme). Suite à ces rassemblements qui durent jusqu’à tard dans la nuit, nous tombons généralement dans le lit « agréablement cuits ». Je ne peux pas imaginer une conférence Chesterton sans cela. Et pourtant, je sais également combien il serait préjudiciable que nous retournions dans nos chambre complêtement ivres…

    Évitez chaque extrême – c’est comme ça que vous pourrez boire comme un catholique. C’est bien là l’art de boire catholique. Il y a beaucoup de nos frères qui considèrent une boisson alcoolisée en quelque sorte comme immorale , et beaucoup d’autres qui pensent que sa consommation doit se terminer par une belle gueule de bois. Mais l’approche équilibrée l’approche catholique – signifie passer un bon moment, bien rire, parfois pleurer un bon coup, mais toujours avec joie et gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne des merveilles telles que la bière et le bordeaux .

    Rappelez-vous que l’art perdu de boire catholique … ne peut rester perdu !  »

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  • G.K. Chesterton : l’arme du rire

    G.K. Chesterton : l’arme du rire

    chesterireJ’étais un jour couché sur l’herbe à l’ombre d’une église de village, en compagnie d’un curieux personnage.Il faisait partie des adeptes d’une religion pour lors dans toute sa fraîcheur, qui ne craignait pas de s’intituler Higher Thought, ou Pensée supérieure, et où je me trouvais suffisamment initié pour discerner déjà une certaine tonalité générale d’altitude et de supériorité, tout en souhaitant d’atteindre bientôt le degré plus ésotérique où les rudiments de la « pensée » me seraient enfin perceptibles.

    Mon compagnon était de beaucoup le plus amusant de ce groupe d’excentriques, car, quel que fût le niveau de sa pensée, il leur était fort supérieur par l’étendue de ses expériences, ayant navigué sous les tropiques, tandis qu’ils cogitaient en banlieue. On l’accusait même de quelque tartarinade, mais j’avais eu plaisir à me promener avec lui dans les bois, où son visage bronzé, ses sourcils hirsutes et sa barbe pointue me représentaient assez bien l’image du dieu Pan.

    Étendus sur le gazon, nous contemplions sans mot dire la cime des grands arbres et le clocher de l’église, tandis qu’autour de nous la chaude après-midi d’été s’adoucissait aux approches du soir. Tache imperceptible sur la pureté du ciel, un oiseau lointain chantait, et une brise molle se coulait, sans faire bouger une feuille, entre les branches des antiques vergers de la vieille Angleterre.

    Soudain, mon voisin rompit le silence. « Savez-vous, me dit-il, pourquoi ce clocher se dresse de la sorte ? » J’exprimai un respectable agnosticisme, et il poursuivit d’un air dégagé : « Oh ! toujours la même chose — l’obélisque, le culte du phallus. » Je levai les yeux sur lui, et, tandis qu’il ricanait dans sa barbe de bouc, ce n’est plus Pan que je vis, c’est le Diable en personne. Il n’y a pas de mot pour rendre l’énorme, l’insane, la perverse incongruité d’un propos pareil en un pareil lieu et un pareil moment.

    Une minute, je ressentis toutes les passions de ceux qui brûlaient des sorcières ; puis le sentiment d’une absurdité plus énorme encore se leva en moi comme une aurore. « Bien sûr, répondis-je après un instant de réflexion, bien sûr, sans le culte phallique, on aurait bâti l’église la tête en bas. » J’en aurais ri pendant des heures. Mon interlocuteur n’en fut pas offensé, car il n’avait pas l’épiderme fragile. Nous nous étions rencontrés par hasard, et ne nous sommes jamais revus ; il doit être mort, à l’heure qu’il est. Mais son nom m’est resté : il se faisait appeler Louis de Rougemont.

    L’image de l’église villageoise du Kent en équilibre sur la pointe de son clocher me revient à l’esprit chaque fois que l’on me parle d’origines païennes ; elle évoque à ma rescousse le rire salubre des géants et me met en humeur aussi charitable envers toute la gent des critiques et des archéologues qu’envers ce pauvre Rougemont. Mais cette énormité me demeure aussi un salutaire rappel de la mesure à observer en parlant des temples païens aussi bien que des églises chrétiennes ; mesure que nos modernes païens ne conservent pas toujours.

    G.K. Chesterton, Extrait de l’Homme éternel

  • Je suis catholique car le catholicisme est vrai !

    Je suis catholique car le catholicisme est vrai !

    Très bel extrait de Twelve Modern Apostles and Their Creeds (1926) de G.K. Chesterton :

    catholique

    « Il n’existe pas d’autre exemple d’institution intelligente continue qui réfléchit sur la nature humaine depuis deux milles ans comme l’est l’Église. 

    Son expérience couvre naturellement presque toutes les expériences possibles et particulièrement presque toutes les erreurs. Le résultat est une carte dans laquelle toutes les voies sans issue et les mauvais chemins sont clairement signalés, toutes les voies ont été marquées comme inutiles par la meilleure de toutes les preuves : la preuve de l’expérience de ceux qui sont allés dans ces voies.

    Sur cette carte de l’esprit, les erreurs sont marquées comme au fer rouge des exceptions. La plus grande partie de la carte consiste en des terrains de jeux et de joyeux terrains de chasse où l’esprit peut avoir autant de liberté qu’il veut ; sans mentionner le nombre de champs de batailles intellectuelles dans lesquels la bataille est indéfiniment ouverte et indécise. En revanche, elle prend la responsabilité définitive de marquer certaines routes comme ne menant nulle part, ou menant à la destruction, à un mur ou à un précipice absolu. Par ces moyens, elle préserve les hommes de perdre leur temps ou leurs vies sur des chemins qui ont été trouvés futiles ou désastreux encore et encore, dans le passé, mais qui autrement pourraient capturer des voyageurs encore et encore dans le futur. L’Église prend elle-même la responsabilité d’avertir son peuple contre ces routes sans issues. Et c’est de ces voies que dépend réellement notre propos.

    Elle défend dogmatiquement l’humanité de ses pires ennemis, ces monstres horribles et voraces des anciennes erreurs. Cependant, toutes ces fausses idées ont une manière de paraître relativement nouvelles, spécialement pour une nouvelle génération. La première proposition paraît toujours innocente et plausible. Je donnerai deux exemples. Il paraît innocent de dire, comme la plupart des gens aujourd’hui l’ont dit : « Les actes sont mauvais uniquement s’ils nuisent à la société ». Suivez cette philosophie, et tôt ou tard, vous vivrez dans l’inhumanité d’une ruche ou d’une ville de la lande établissant l’esclavage comme le moyen le plus efficace et le plus économique de production, ainsi que la torture des esclaves à la recherche de preuves car l’individu n’est rien face à l’État, déclarant qu’un homme innocent doit mourir, tout comme le dirent les meurtriers du Christ.

    Alors peut-être vous reviendrez aux définitions catholiques et vous découvrirez que l’Église, bien qu’elle dise qu’il est de notre devoir de travailler pour la société, dit aussi d’autres choses qui interdisent l’injustice individuelle. Ou encore, il paraît pieux de dire : « Notre conflit moral devrait finir par une victoire du spirituel sur le matériel ». Suivez cette hérésie et vous finirez peut-être dans la folie des manichéens, disant que le suicide est bon parce qu’il est un sacrifice, que la perversion sexuelle est bonne parce quelle ne produit pas la vie, que le démon fit le soleil et la lune parce qu’ils sont matériels.

    Alors peut-être commencerez-vous à deviner pourquoi le catholicisme insiste tant sur l’existence de mauvais comme de bons esprits ; et sur le fait que la matière peut elle aussi être sacrée, comme lors de l’Incarnation ou lors de la Messe, dans le sacrement de mariage ou la résurrection des corps.

    Maintenant, il n’y a aucune autre association d’esprit au monde comme l’Eglise qui soit si attentive à protéger les esprits de mal tourner. Le policier arrive en retard quand il essaye d’empêcher les hommes de mal tourner. Le docteur arrive trop tard, car il vient pour enfermer un fou, et non plus pour conseiller un homme sain afin d’éviter la folie. Toutes les autres sectes ou écoles de pensée sont inadaptées face à ce but. Ce n’est pas parce que chacune d’elle ne peut pas contenir de vérité, mais plutôt et précisément parce que chacune d’elle ne contient qu’une quantité négligeable de la vérité ; et se contente de contenir cette parcelle de vérité seulement. Aucune de ces sectes ou philosophies n’est dépositaire de l’ensemble de la vérité. Aucune d’elles ne prétend réellement veiller dans toutes les directions à la fois. L’Église n’est pas seulement armée contre les hérésies du passé, ni même du présent, mais également contre celles à venir qui pourront être à l’opposé exacte de celles d’aujourd’hui. Le catholicisme n’est pas ritualisme : il combattra dans le futur toutes sortes d’exagérations idolâtres ou superstitieuses. Le catholicisme n’est pas ascétisme : il a réprimé encore et encore dans le passé les exagérations fanatiques et cruelles de l’ascétisme. Le catholicisme n’est pas simplement une mystique, il défend aujourd’hui la raison humaine contre le pur mysticisme des Pragmatistes. Ainsi, quand le monde devint puritain au dix-septième siècle, l’Église fut accusée – à partir d’arguments fallacieux selon lesquels le péché était facilité par le laxisme du confessionnal – de pousser la charité trop loin. Maintenant que le monde n’est plus puritain, mais païen, c’est l’Église qui partout proteste contre le laxisme païen contre les bonnes mœurs. Elle fait ce que les puritains voulaient faire, mais seulement lorsque cela est devenu réellement nécessaire. Selon toute probabilité, tout ce qu’il y a de meilleur dans le protestantisme survivra uniquement dans le catholicisme ; et en ce sens, tous les catholiques seront encore puritains quand tous les puritains seront païens.

    Ainsi par exemple, en un sens mal compris, le catholicisme reste en dehors de toute querelle comme celle du darwinisme à Dayton. Il reste en dehors de la dispute parce qu’il englobe l’ensemble de la question, tout comme une maison entoure deux meubles incongrus. Ce n’est pas une propagande sectaire de dire que l’Église était avant et sera après, au delà de toutes ces thèses, dans tous les domaines. Le catholicisme est impartial dans ce combat entre le fondamentalisme et la théorie des origines des espèces. Que l’on remonte à l’origine précédant cette Origine, parce que cette notion est plus fondamentale que le fondamentalisme. Cette compréhension réside dans le catholicisme qui sait d’où vient la Bible. Il sait aussi où vont la plupart des théories sur l’Évolution. Il sait qu’il y avait beaucoup d’autres faux évangiles que les quatre Évangiles, et que les autres furent éliminés par la seule autorité de l’Église catholique. Il sait qu’il y a beaucoup d’autres théories sur l’Évolution en plus de la théorie de Darwin ; et que la plus récente sera très vraisemblablement éliminée par une science plus récente. L’Église n’accepte pas, selon l’expression conventionnelle, les conclusions de la science, pour la simple et bonne raison que la science n’a pas conclu ! Conclure, c’est fermer ; et l’homme de science n’est pas du tout susceptible de fermer ses recherches ! Il ne croit pas, selon la formule conventionnelle, ce que la Bible dit, pour la simple raison que la Bible ne dit rien dans son sens scientifique. Vous ne pouvez pas mettre la Bible sur le banc des témoins et lui demander ce qu’elle signifie vraiment en rapport avec l’évolution ! La controverse fondamentaliste détruit elle-même le fondamentalisme. La Bible en elle-même ne peut être une base d’accord alors qu’elle est cause de désaccord ; elle ne peut être la base commune des chrétiens quand certains la prennent de manière allégorique et d’autres littéralement. Le catholique s’y réfère comme quelque chose qui peut parler à l’esprit vivant, consistant et permanent dont j’ai parlé ; l’esprit le plus élevé de l’homme conduit par Dieu.

    Chaque instant fait croître en nous la nécessité d’une rencontre avec l’Esprit Immortel. Il y a quelque chose qui continue de maintenir les quatre piliers du monde, pendant que nous faisons nos expérimentations sociales ou bâtissons nos Utopies. Par exemple, nous devons avoir un accord définitif, ne serait-ce que sur le truisme [la vérité évidente] de la fraternité humaine, qui seul résistera à la réaction de la brutalité humaine. Rien n’est plus susceptible maintenant d’arriver, que la corruption de nos gouvernements représentatifs qui mènera à la lâche partition de la richesse et au piétinement de toutes les valeurs d’égalité par un orgueil païen. Nous devons avoir des truismes partout reconnus comme véritables. Nous devons prévenir le retour de la morne répétition des erreurs anciennes. Nous devons rendre le monde intellectuel plus sûr pour la démocratie. Cependant dans les conditions de l’anarchie mentale moderne, ni cela, ni aucune idée n’est sûre, exactement comme les protestants en ont appelé à la Bible contre les prêtres, en ne réalisant pas que la Bible aussi pouvait être questionnée, et que de même, les républicains en ont appelé au peuple contre les rois, sans réaliser que le peuple aussi peut-être défié. Il n’y a pas de fin à la dissolution des idées qui étaient acceptées comme vraies, la destruction de tous les tests de vérité est devenue possible depuis que les hommes ont abandonné la volonté de conserver la Vérité centrale et civilisatrice, qui renferme toutes les vérités et ainsi nous rendre capable de démasquer et réfuter toutes les erreurs. Depuis lors, chaque groupe a fabriqué sa vérité et a passé son temps à la transformer en erreur. Nous n’avons plus rien d’autres que des idéologies ; ou en d’autres termes des monomanies. Mais l’Église n’est pas une idéologie, c’est un lieu de rencontre ; le lieu d’étude et de procès des idéologies de ce monde. »

  • Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    fathers-day-beer-lgNous, catholiques, devons savoir comment boire de l’alcool. Car les boissons alcoolisées, comme toutes les bonnes choses, peuvent devenir des objets d’abus, et peuvent entraîner dans l’enfer de l’alcoolisme toute personne qui n’exerce pas la vertu de la tempérance.

    Existe-t-il des règles qui permettent de se délecter de nos bons nectars nationaux et internationaux sans risquer de tomber dans l’alcoolisme ? Nous avons pu trouver une règle écrite par G.K. Chesterton, qui ne manquait pas une occasion de faire fonctionner sa raison, éclairée par sa foi. Voici ses conseils pour profiter sainement des boissons alcoolisées :

    La bonne règle en cette matière apparaîtra sans doute à l’exemple de beaucoup de bonnes règles comme un paradoxe. Buvez parce que vous êtes heureux, ne buvez jamais parce que vous êtes malheureux, ne buvez jamais lorsque vous vous sentez misérable sinon vous ressemblerez aux pauvres buveurs de « Gin » des bas quartiers, mais buvez au contraire alors que vous pourriez être parfaitement heureux sans boire, et vous ressemblerez aux joyeux paysans italiens. Ne buvez jamais parce que vous en avez besoin, car ce serait boire d’une manière rationnelle, c’est le chemin le plus sûr de la mort et de l’enfer, buvez au contraire parce que vous n’en avez pas besoin car c’est irrationnel et c’est l’antique santé du monde. »

     

  • Bienheureux Charles d’Autriche, homme et monarque exemplaire

    Bienheureux Charles d’Autriche, homme et monarque exemplaire

    Les Hommes-Adorateurs vous invitent à prendre exemple sur un autre homme bienheureux, Charles d’Autriche, véritable exemple de chrétien, père, mari et monarque.

    chalresEn 1916, Charles d’Autriche succèda à son grand-oncle,  l’empereur François-Joseph, en devenant empereur d’Autriche, roi apostolique de Hongrie et roi de Bohême, à l’âge de 29 ans. Au sujet de sa vocation il disait : 

    Être roi, ce n’est pas satisfaire une ambition, mais se sacrifier pour le bien du peuple tout entier

    Son désir de sainteté était très grand et il était partagé par son épouse Zita a qui il a déclaré le jour de leur mariage :

    Maintenant nous devons nous conduire l’un l’autre au ciel

    Sa vie était placée sous le signe de l’Eucharistie et il s’était engagé à suivre les enseignements du Christ dans sa vie privée et publique.

    Empereur, Il s’est distingué par son action sociale et a tout tenté tout pour faire cesser la guerre.  Cette action sociale lui a valu d’être surnommé « l’empereur du peuple » en créant, notamment le premier ministère des affaires sociales au monde. Au service de la Justice et de la Vérité, tel le Christ il s’attire la haine des mondains, aux premiers rangs desquels se trouvaient les franc-maçons, qui voulaient (et veulent toujours) effacer les racines chrétiennes de l’Europe (1), et les nantis (la plupart du temps ces deux catégories représent(ai)ent les mêmes personnes).

    Cette haine machiavélique le conduit à abandonner l’exercice du pouvoir, même s’il n’a jamais abdiqué. Exilé en 1918 dans l’île de Madère, il y finit ses jours dans la pauvreté.

    charles mort

    Sur son lit de mort, il répéta la devise de toute sa vie:

    Je m’engage toujours, en toutes choses, à connaître le plus clairement possible la volonté de Dieu et à la respecter, et cela de la manière la plus parfaite.

    Dans une de ses lettres au pape Benoît XV du 28 février 1919, il écrivit :

    Dans les épreuves que la Divine Providence m’a envoyées, j’ai conservé le sentiment d’avoir toujours fait mon devoir et de n’avoir voulu en toute chose que le bonheur de mes sujets, de même que la plus grande gloire de Dieu et le triomphe de notre Sainte Mère l’Eglise .

    Béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 2004, ce dernier dira de lui :

    Il était un homme d’une intégrité morale certaine et d’une foi solide, qui a toujours cherché le mieux pour ses peuples, et dans ses actes de gouvernement s’est conformé à la doctrine sociale de l’Église.

    Il a entretenu les idéaux de justice et de paix avec un appel constant à la sainteté. Il était un chrétien, un père, un mari, un monarque exemplaire.

    Si le monde peut voir un échec apparent dans sa vie, c’est qu’il voit aussi dans la Passion de Notre Seigneur un échec, vision erronée de la victoire imprimée sur notre monde par le Prince du mensonge. Mais la vie de Charles d’Autriche, sur les traces du Christ, est magnifiquement illustrée par la phrase de notre ami G.K. Chesterton :

    Rien n’échoue comme le succès (Hérétique)

     

    Bienheureux Charles d’Autriche,  

    suppliez le Christ de nous donner humblement de servir la Justice et de la Vérité,

    comme vous, puisant inlassablement dans le trésor de l’Eucharistie.

    Amen

    charles famille

    (1) «Le combat qui se livre actuellement conditionne l’avenir de la société. Il oppose deux cultures: l’une fondée sur l’Évangile et l’autre sur la tradition de l’humanisme républicain. Et ces deux cultures sont fondamentalement opposées. Ou la vérité est révélée et intangible, d’un Dieu à l’origine de toutes choses, ou elle trouve son fondement dans les constructions de l’Homme, toujours remises en question parce que perfectibles à l’infini» (Paul Gourdeau, ancien grand maître du Grand Orient de France, 1990)

  • Monseigneur Rey bénit les débits de boissons

    Monseigneur Rey bénit les débits de boissons

    rey domEn cette période de préparation de la fête de Noël, Monseigneur Rey, sous la paternité duquel sont les Hommes-Adorateursa bénit des commerces du centre-ville du Muy (83), dont les débits de boissons.

    C’est une bonne occasion se rappeler les règles du bien boire de Chesterton, afin de toujours conserver la noblesse qui doit être celle du catholique, y compris pendant les fêtes. Et puis, n’oublions jamais de rendre grâce à Dieu pour nos si bons breuvages !

    La bénédiction officielle de la bière