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  • Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    Pour fêter dignement Noël : l’art de boire catholique

    stewart

    Et pour fêter dignement chaque Jour du Seigneur, si la messe est indispensable, faire de ce jour un jour de joie est également fondamental !

    Savez-vous que G.K. Chesterton rappelait que :

    Dans le catholicisme, la pinte, la pipe et la croix peuvent faire bon ménage.

    En cela, il s’inscrit dans une longue tradition catholique qui met en valeur les mets que Dieu nous permet de déguster. Par exemple, Saint Arnould, patron des brasseurs, disait :

    Issue de la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu, la bière est venue dans le monde.

    Pourtant dans notre société de culpabilisation (hélas, souvent à mauvais escient), fumer, boire… tue ! Le catholicisme à nouveau prend tout le monde à contre pied, en distinguant, donc en usant de la raison, et en rendant grâce. Pour illustrer notre propos, voici une autre citation de Chesterton :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le vin en n’en buvant pas excessivement.

    L’ordre qui aide à distinguer doit toujours être tendu comme une flèche vers Dieu ! Donc lorsque je bois, je remercie Dieu, je lui rend grâce,

    1. par mes paroles audibles et silencieuses de remerciement
    2. par l’action de ma volonté qui me permet d’exercer librement la vertu de la tempérance. D’ailleurs, si vous sentez que votre volonté commence à faiblir, en disant des choses que vous ne vouliez pas dire, en perdant une saine retenue, et ne sachant pas refuser un autre verre : Arrêtez tout !
    3. par l’amitié, en buvant en bonne compagnie, avec des frères, j’oserai dire des frères d’arme qui combattent le même combat, celui de la sainteté. L’élément à rechercher est donc toujours celui de la convivialité.

    Pour résumer, l’art de boire catholique existe bien, il conduit à partager de bons moments, de bons amusements, parfois des chaudes larmes,  mais toujours dans la vraie joie et en étant plein de gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne tant de choses merveilleuses, comme par exemple la bonne bière et le vin !

    Je laisse à Lorenzo Scupoli le soin de finir cet article, grâce à ce passage de son ouvrage « le combat spirituel » :

    Lorsque vous mangez ou que vous buvez, considérez que c’est Dieu qui donne la saveur à la nourriture, et ne prenant votre plaisir qu’en lui seul, dites-vous à vous-même :

    Réjouis-toi, mon âme, à la pensée qu’il n’y a point en-dehors de Dieu de contentement véritable, mais que, d’un autre côté, tu peux en toutes choses te réjouir uniquement en lui

    Bon Noël !

  • Anniversaire des hommes-adorateurs : Trinquons catholique !

    Anniversaire des hommes-adorateurs : Trinquons catholique !

    Photo Alex

    Déjà un an ! Trinquons ensemble donc !

    L’Encyclopædia Britannica fait remonter cette origine à l’antiquité :

    La coutume de boire la « santé » de la vie provient probablement de l’ancien rite religieux de boire en l’honneur des dieux et des morts. Au repas des Grecs et des Romains libations aux dieux, et banquets cérémoniels bu en l’honneur des dieux et des morts , en ajoutant la boisson à la santé de la vie doit avoir été étroitement liée à ces pratiques qui sont maintenant essentiellement devenus des libations

    Plus tard, au Moyen-Âge, à une époque ou l’empoisonnement dans la nourriture ou dans la boisson pouvait se produire lors de banquets où se trouvaient des ennemis, échanger un peu de son breuvage avec la personne en compagnie de laquelle on buvait était un signe de confiance mutuelle. Chacun devait ensuite boire la première gorgée en fixant l’autre dans les yeux afin de prouver qu’il n’avait pas de mauvaise intention.

    Ce serait suite à cette habitude que la tradition de cogner les verres remplis, permettant un échange de liquide entre les verres, serait parvenu jusqu’à nous. On attribue l’expression « tchin tchin » au bruit du choc des verres et celles concernant les vœux de santé à l’empoisonnement manqué. (toutefois d’autres versions existent)

    Pour nous catholiques, trinquer est également important et… bien plus encore !

    Les 5 sens en éveil

    Comme nous vous le rappelions dans l’article « l’art catholique de déguster le whisky« , Saint Thomas d’Aquin, le docteur angélique, écrivait :

    Nihil est in intellectu quod non sit prius in sensu. (Rien n’est dans l’intellect qui ne soit d’abord passé dans les sens)

    De Veritate, De veritate, Questio 2, art. 3, argumentum 19

    Si les 4 sens du toucher, du gout, de la vue et de l’odorat sont remarquablement en éveil durant la dégustation du verre, l’ouïe elle aussi est en éveil grâce à l’action de trinquer. Ainsi, en plus de mettre ses 5 sens en éveil, nous nous habituons à acquérir la condition indispensable à toute recherche de Vérité : l’encrage dans le réel, laquelle est la base de la scolastique,  » l’instrument nécessaire pour percer les confusions et dissiper les sophismes. » (Saint Pie X, Pascendi, 58)

    Une fois encore, grâce au verre qu’il tient à la main, le catholique peut pourfendre l’hérésie ! (petit rappel à l’usage des personnes bien intentionnées : nous ne pourfendons pas l’hérétique, nous buvons avec lui, et nous l’aimons !)

    L’action de grâce

    Pourquoi donc, l’antique coutume de boire en l’honneur… de Dieu serait-elle devenue obsolète ? Si le rapport au Réel via nos cinq sens nous permet d’avancer vers la Vérité, nous devons aussi regarder le réel en tant qu’il est connaissable à la lumière de la Révélation divine, c’est-à-dire de la la Parole de Dieu, la Sainte Bible. C’est ainsi porté par le don de la Foi (Seigneur, augmente en nous la Foi !) que nous pouvons remercier Dieu pour le bienfait qu’il nous procure sous la forme de la boisson dégustée, mais également pour la grâce de pouvoir la déguster entre frères.

    Libre à nous de trouver la formule, sachant que si elle est brève, elle pourra facilement être répétée par les convives. Par exemple vous pouvez dire :

    Ad Honorem Jesu ! (En l’honneur de Jésus)

    ou alors, en mémoire aussi des Cristeros, crier (plus ou moins fort, cela dépend de vos relations de voisinage):

     ¡Viva Cristo Rey! (Vive le Christ Roi !)

    … afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers ! et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. (Ph 2, 10-11)

    Quelle merveille d’avoir la grâce d’être catholique, vous ne trouvez pas ?

    (Merci au Père Alexandre Morard, de Point Cœur, pour la photo d’illustration. Cela lui vaudra de pouvoir encore trinquer en notre compagnie)

    art boire

  • L’art perdu de boire catholique.

    L’art perdu de boire catholique.

    frassattiNous remercions Sean P. Dailey de nous avoir permis de traduire son article « The lost art of catholic drinking », et de le publier ici-même ! Vous remarquerez l’opposition catholique/protestant : si elle est pertinente, elle est aussi le reflet de la société américaine. Notre lecture française peut nous faire penser à l’opposition catholique/laïque…

    Une dédicace également au Bienheureux Pier Georgio Frassati (en photo) qui aurait certainement apprécié l’article !

    « Boire protestant ou boire catholique, la différence est plus qu’une simple notion de quantité . Je n’ai pas de données scientifiques pour appuyer mes propos, et je n’ai pas non plus d’études officielles. Mais j’ai fait un bon bout de, dirons-nous , »études informelles », ce qui, pour une hypothèse de ce genre est probablement la meilleure voie.

    Pour commencer, qu’est-ce que « boire catholique » ? Notion difficile à cerner, mais voici un exemple historique.  Saint- Arnold ( 580-640 ), également connu sous le nom de Saint Arnould de Metz (voir notre article : Saint Arnould et la multiplication de la bière), était évêque de Metz au septième siècle. Très apprécié par ses contemporains,  il aurait prêché contre l’eau, qui, à son époque, pouvait se révéler extrêmement dangereuse en tant que boisson, en raison d’égouts insalubres – ou l’absence de système d’assainissement. Dans le même temps , il souvent vanté les avantages de la bière et lui est attribuée la phrase :

    De la sueur de l’homme et de l’amour de Dieu , la bière est venu dans le monde.

    Sages paroles , et le troupeau de Saint Arnold les appréciait . Après sa mort , le bon évêque fut enterré dans un monastère près de Remiremont , en France, où il s’était retiré . Cependant , il manquait à son troupeau et il pu revinir après de ses ouailles, en 641, après que ces derniers eurent obtenu l’approbation d’exhumer ses restes.  Ils le portèrent donc en procession vers Metz en direction de la basilique des Saints-Apôtres. Sur le chemin, un jour de grande chaleur, les pèlerins eurent soif et s’arrêtèrent dans une auberge afin de déguster une bonne bière. Malheureusement , l’aubergiste n’avait de quoi remplir qu’un seul godet, à partager entre tous. Les processionnaires décidèrent donc de boire à ce même godet chacun leur tour … et chacun fut rassasié !

    Que les choses soient claires : je ne dis pas que l’alcool catholique implique des miracles, ou qu’un miracle devrait se produire chaque fois les gens se réunissent pour en boire. Mais une bonne bièrecomme du bon vin d’ailleurs – est un petit miracle en soi , étant un don de Dieu à ses créatures qu’Il aime . Et comme l’a écrit GK Chesterton dans son ouvrage « orthodoxy » :

    Nous devons remercier Dieu pour la bière et le bordeaux en ne buvant pas trop d’eux .

    En d’autres termes , nous montrons notre gratitude à Dieu pour le vin et la bière en profitant de ces choses , dans la bonne humeur et une ambiance chaleureuse, mais ne pas en consommer excessivement .

    Tout ce qui constitue la notion d’excès, c’est à chaque personne d’en juger. C’est pourtant à ce moment là que peut apparaître la principale différence entre la consommation d’alcool chez les catholiques et chez les protestants. La consommation protestante peut conduire aller d’un extrême à l’autre : oscillant de trop à pas du tout, chacune étant une réaction à l’autre.

    • Certaines personnes , à juste titre, ne supportant plus le moralisme intransigeant des béats de l’abstinence, se mettent à boire de manière excessive .
    • D’autres, à juste titre également,  effrayé des habitudes malsaines des ivrognes, pratiquent une abstinence stricte .

    Mais il est vrai que chacune des deux parties semble en rester à la réaction, sachant qu’une  réaction n’est pas une solution. En y réfléchissant un peu , ils pourraient voir une troisième voie où ne se trouve ni ivresse ni abstinence, mais compatible avec une vie saine, honnête, une vie chrétienne équilibrée.

    C’est ici qu’apparaît l’art de boire catholique, la fameuse troisième voie, une voie qui nous engage dans des habitudes ancestrales appréciées par tout le monde, allant des paysans aux empereurs jusqu’à Jésus lui-même. et la spécificité de cette voie n’est pas en premier lieu une question de quantité. Je pense plutôt que l’élément principal est la convivialité . Quand des amis se réunissent pour boire un verre, que ce soit pour célébrer ou pour faire un deuil, cela doit toujours être pour vivre un temps en compagnie des autres. (Oui , il y a un temps et un lieu pour une bière solitaire, mais c’est l’exception.)

    Par exemple : Les interventions à la « conférence annuelle de Chesterton » ne sont elles-mêmes pas plus importantes que les discussions interminables qui s’en suivent, accompagnées de bière et de vin (même si nous avons tendance à adhérer à la règle de Hilaire Belloc, qui est d’éviter les boissons alcoolisées développées après la Réforme). Suite à ces rassemblements qui durent jusqu’à tard dans la nuit, nous tombons généralement dans le lit « agréablement cuits ». Je ne peux pas imaginer une conférence Chesterton sans cela. Et pourtant, je sais également combien il serait préjudiciable que nous retournions dans nos chambre complêtement ivres…

    Évitez chaque extrême – c’est comme ça que vous pourrez boire comme un catholique. C’est bien là l’art de boire catholique. Il y a beaucoup de nos frères qui considèrent une boisson alcoolisée en quelque sorte comme immorale , et beaucoup d’autres qui pensent que sa consommation doit se terminer par une belle gueule de bois. Mais l’approche équilibrée l’approche catholique – signifie passer un bon moment, bien rire, parfois pleurer un bon coup, mais toujours avec joie et gratitude pour la générosité de Dieu qui nous donne des merveilles telles que la bière et le bordeaux .

    Rappelez-vous que l’art perdu de boire catholique … ne peut rester perdu !  »

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  • Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    fathers-day-beer-lgNous, catholiques, devons savoir comment boire de l’alcool. Car les boissons alcoolisées, comme toutes les bonnes choses, peuvent devenir des objets d’abus, et peuvent entraîner dans l’enfer de l’alcoolisme toute personne qui n’exerce pas la vertu de la tempérance.

    Existe-t-il des règles qui permettent de se délecter de nos bons nectars nationaux et internationaux sans risquer de tomber dans l’alcoolisme ? Nous avons pu trouver une règle écrite par G.K. Chesterton, qui ne manquait pas une occasion de faire fonctionner sa raison, éclairée par sa foi. Voici ses conseils pour profiter sainement des boissons alcoolisées :

    La bonne règle en cette matière apparaîtra sans doute à l’exemple de beaucoup de bonnes règles comme un paradoxe. Buvez parce que vous êtes heureux, ne buvez jamais parce que vous êtes malheureux, ne buvez jamais lorsque vous vous sentez misérable sinon vous ressemblerez aux pauvres buveurs de « Gin » des bas quartiers, mais buvez au contraire alors que vous pourriez être parfaitement heureux sans boire, et vous ressemblerez aux joyeux paysans italiens. Ne buvez jamais parce que vous en avez besoin, car ce serait boire d’une manière rationnelle, c’est le chemin le plus sûr de la mort et de l’enfer, buvez au contraire parce que vous n’en avez pas besoin car c’est irrationnel et c’est l’antique santé du monde. »

     

  • Hilaire Belloc : Old Thunder

    Hilaire Belloc : Old Thunder

    Hilaire_Belloc_PortraitHilaire Belloc était un écrivain anglo-français du début du XXe siècle. Vous le décrire ? Cela serait long, contentons nous d’une liste à la Prévert : Il fut écrivain, historien, polémiste, homme politique, yachtsman réputé, … j’en passe !

    S’il était encore en vie, nous lui demanderions très certainement de nous faire l’honneur de devenir un de nos frères d’arme « homme-adorateur ». Nul doute que cet homme qui était surnommé  « sacré tonnerre » (Old Thunder) à cause de son tempérament impétueux, fut un exemple de virilité catholique, à l’heure où la société veut enterrer la masculinité, comme la féminité d’ailleurs.

    Homme politique, il ne cherchait pas l’esquive. Ainsi  au cours d’un discours de campagne, alors qu’un homme cherchait à le piéger en lui demandant de  justifier qu’il n’était pas un « papiste », il sortit un chapelet de sa poche et répondit :

    Messieurs, Je suis catholique. Je m’efforce autant que possible d’aller à la messe chaque jour. Ceci (sortant un chapelet de sa poche) est un chapelet. Chaque fois que je peux, je prie à genoux ces grains chaque jour. Si vous me rejetez à cause de ma religion, alors je remercierai Dieu de m’avoir épargné l’indignité de vous représenter à la Chambre.

    Devant cette franchise, la foule l’acclama et il remporta le scrutin. Cette parole forte et courageuse témoigne du caractère indispensable du culte du à Dieu, lui qui disait :

    Quand les hommes abandonnent le culte de Dieu et de ses saints, ils en arrivent vite au culte d’eux-mêmes.

    Puisqu’il était catholique, il était, comme son ami Chesterton, un bon vivant, et il aimait à le rappeler :

    Partout où brille le soleil du catholicisme, on trouve toujours des rires et du bon vin.

    C’est ce que j’ai toujours remarqué. Benedicamus Domino!

    The Catholic Sun

    Nous vous invitons donc à mieux le connaitre, lui qui illustrait tellement sa propre citation :

    L’Église est le foyer naturel de l’esprit humain.

    belloc– Découvrez « L’art de boire catholique »