Mois : février 2014

  • Charles de Bonchamps, brave et magnanime

    Charles de Bonchamps, brave et magnanime

    Les hommes-adorateurs vous invitent à prendre exemple sur un homme vendéen, dont la bravoure n’avait d’égale que sa magnanimité. Puissions nous le voir en exemple…

     Charles de Bonchamps (1760-1793) était commandant des armées vendéennes pendant l‘insurrection du peuple vendéen contre la République durant la Révolution française. Militaire dès l’âge de 16 ans, servit dans la guerre d’Amérique et combattit les anglais jusqu’en Inde. Brillant officier, il se marie en 1789, année durant laquelle il choisi de quitter l’armée n’estimant pas les idées révolutionnaires (comme tout catholique).

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    A la suite de la conscription aux armées révolutionnaires, les paysans vendéens se révoltent pour Dieu et pour le Roi et vinrent le chercher pour qu’il soit à leur tête. En 1793 avec Maurice-Louis-Joseph Gigot d’Elbée il est désigné général de l’armée catholique et royale de Vendée. Pour l’honneur de Dieu et du Roi, lui et ses troupes combattent durant des mois. S’en suivent de nombreuses batailles, des joutes fratricides entre bleus et blancs qui saignent l’ouest du pays.

    Sa dernière bataille fut celle de Cholet.  Au sujet de celle-ci Klébert déclara :

    Jamais les Vendéens n’ont livré un combat si opiniâtre, si bien ordonné ; ils combattent comme des tigres et leurs adversaires comme des lions

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    Bonchamps y est mortellement blessé mais gracie les prisonniers républicains. A cet ordre, donné sur son lit de mort, de toutes parts les soldats s’écrièrent : « Grâce ! Grâce ! Bonchamps l’ordonne !« . Et 5000 prisonniers furent sauvés.  Son geste de clémence offre la réponse la plus sublime à la folie meurtrière de la RévolutionUne de ses dernières paroles fut :

    J’ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie. J’ai su pardonner

    Bonchamps meurt le 18 octobre à 11 heures du soir à la Meilleraie près de Varades. Monsieur de Barante, rédacteur des Mémoires de Madame de La Rochejaquelein, prétend que quelques jours après les républicains l’exhument pour lui trancher la tête et l’envoyer à la Convention.

     

  • Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    Les règles du « bien-boire » de Chesterton

    fathers-day-beer-lgNous, catholiques, devons savoir comment boire de l’alcool. Car les boissons alcoolisées, comme toutes les bonnes choses, peuvent devenir des objets d’abus, et peuvent entraîner dans l’enfer de l’alcoolisme toute personne qui n’exerce pas la vertu de la tempérance.

    Existe-t-il des règles qui permettent de se délecter de nos bons nectars nationaux et internationaux sans risquer de tomber dans l’alcoolisme ? Nous avons pu trouver une règle écrite par G.K. Chesterton, qui ne manquait pas une occasion de faire fonctionner sa raison, éclairée par sa foi. Voici ses conseils pour profiter sainement des boissons alcoolisées :

    La bonne règle en cette matière apparaîtra sans doute à l’exemple de beaucoup de bonnes règles comme un paradoxe. Buvez parce que vous êtes heureux, ne buvez jamais parce que vous êtes malheureux, ne buvez jamais lorsque vous vous sentez misérable sinon vous ressemblerez aux pauvres buveurs de « Gin » des bas quartiers, mais buvez au contraire alors que vous pourriez être parfaitement heureux sans boire, et vous ressemblerez aux joyeux paysans italiens. Ne buvez jamais parce que vous en avez besoin, car ce serait boire d’une manière rationnelle, c’est le chemin le plus sûr de la mort et de l’enfer, buvez au contraire parce que vous n’en avez pas besoin car c’est irrationnel et c’est l’antique santé du monde. »

     

  • Le rugby : combat et sacrifice

    Le rugby : combat et sacrifice

    Spéciale dédicace à mon beau-père, grand amateur de rugby, et au RCT, notre grand club varois !

    Août 1995, l’International Board, sous la pression de l’hémisphère Sud, gomme de ses statuts toute référence alors obligatoire à l’amateurisme : le rugby devient alors un sport professionnel. Depuis, la gestion du rugby est orientée par des structures capitalistes afin d’accroître ses ressources et profits, ce qui peut transformer un joueur un acteur au service d’une vente de spectacle.

    Alors le rugby… , c’est fini ? NON ! Il ne devient corrompu que lorsqu’il devient une fin en soit, l’objet d’un culte de dieux du stade ou de l’argent qui en découle, mais il est empreint d’éternité dès qu’il est le moyen de devenir meilleur, en tant que rugbyman comme en tant que spectateur attentif aux valeurs des joueurs.

    rives10Nous pourrons par la suite développer différentes vertus que porte ce sport, mais aujourd’hui nous évoquerons le rugby comme une école de combat et d’esprit de sacrifice. Comment ne pas avoir à l’esprit, avec cette thématique du combat, Jean-Pierre Rives lors du match France-Galles du Tournoi des V Nations en 1983, maculé du sang de Blanco. Jean-Pierre Rive a toujours été remarqué par ses valeurs, celle du combat notamment, allant jusqu’au bout de lui-même, c’est à dire se dépassant et surtout s’oubliant, pour la victoire. Les photos issues de ce match sont de belles illustrations de sa carrière.

    C’est bien là l’essence du rugby :

    • combattre en se dépassant,
    • se dépasser en s’oubliant,
    • s’oublier en se sacrifiant,
    • se sacrifier et devenir soi-même.

    Combattre en se dépassant

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    Le combat n’est jamais facile. Tout le monde s’accorde à dire qu’il nécessite le dépassement. C’est bien là que le combat le plus rude apparait : le combat contre soi-même en vue du dépassement. Lorenzo Scupoli, insistait : « C’est la guerre plus rude, attendu qu’en se combattant soi-même on trouve en soi-même un adversaire« . C’est bien là le moyen d’avoir un tampon efficace et viril : avoir le raffut ciblé… sur soi-même !

     

    Se dépasser en s’oubliant

    Cela peut paraître étonnant, mais pour combattre efficacement il est indispensable de s’oublier, afin d’avoir sa volonté ciblée sur l’objectif. Le savoir et le mettre en pratique nécessitent l’usage de deux facultés de l’âme : L’Intelligence et la Volonté. Mais si nous pouvons être capable de nous oublier profondément, courageusement, l’exercice ne peut se limiter qu’à une seule partie de notre être, mais doit également toucher notre âme par le combat spirituel. Comment imaginer se battre farouchement en étant un demi-combattant ? 

    S’oublier en se sacrifiant

    C’est bien là qu’arrive la notion de sacrifice, si évidente en rugby. Elle est pourtant à l’esprit de tout le monde lorsqu’on voit des demis de mêlée se jeter dans les jambes d’un Chabal ou d’un Lomu en pleine puissance pour les bloquer. Le sacrifice est une folie mais une nécessité pour la victoire. C’est une folie, car on n’a pas envie d’avoir mal, mais la douleur du sacrifice s’offre souvent à nous dans un match. C’est peut-être que pense Walter Spanghero lorsqu’il affirme : « Un match qui ne fait pas mal est un match raté« .

    christ

    Nous parlons de sacrifice ? Qu’on ait la foi ou pas, l’image de Jésus-Christ s’impose, avec son corps déchiré par les coups de fouet, sa tête inondée de sang et transpercée par les épines. Pourquoi a-t-il vécu cela ? « Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; (…) Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Esaïe 53, 4). Ce sacrifice est bien actuel, il le revit à chaque messe pour nous, et il nous y attend pour nous donner la force de le suivre, de l’imiter en tout, jusqu’au sacrifice.

    Se sacrifier et devenir soi-même

    Car en s’oubliant, en se sacrifiant, nous devenons nous-même.  Par les petits sacrifices qui nous aident à nous libérer de nos passions, de notre confort, de nos pêchés, le Christ nous rend libre de le suivre, libre, de ce fait, de devenir nous-mêmes. Comment devenir nous-même si nous ne connaissons pas notre Dieu, notre Créateur et Père ?

    Le rugby peut devenir  l‘objet d’un culte, confondant le moyen et le but, asservissant ses fidèles. Mais il peut et doit surtout nous donner la force d’être des hommes libres, nous donnant la bonne habitude (c’est ce qu’on appelle une vertu) de combattre le bon combat, celui qui nous tend vers notre Sauveur, le Christ.

    Mais n’oublions pas que ce combat nécessite que nous soyons de vrais hommes : si on veut le vivre de tout notre être, il ne peut se vivre sans la grâce de Dieu, qui nous délivre dans ses Sacrements, afin que notre volonté soit illuminée, se meuve et soit fortifiée, pour faire le bien et éviter le mal.

    Battons-nous farouchement, ne soyons pas des demi-combattants !

     

     

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  • Redevenir des hommes

    Redevenir des hommes

    L'homme tranquilleMes frères, soyons des hommes, soyons de vrais hommes !

    Ne soyons pas les êtres asexués que la société veut que nous soyons, ces êtres pseudo-angéliques qui conduisent à devenir des bêtes, comme le rappelait Blaise Pascal. C’est pourquoi il devient vital de repenser notre quotidien pour le viriliser. Notre bien, celui de la famille et celui de la société en dépendent.

    Je vous propose de travailler aujourd’hui trois facettes de la masculinité :

    La masculinité comme source d’autorité

    L’autorité est indissociable de l‘obéissance, et pour avoir l’autorité , il faut que celle-ci soit juste. L’autorité qui émane de la masculinité est au service des autres , au service de la justice : elle n’est jamais au service de celui qui l’exerce. C’est l’idéal chevaleresque qui apparaît ici : la cause juste qu’il sert ne lui rapporte rien, mais est orientée vers la protection du plus faible, le sens de la justice. (question : un homme politique qui ne protège pas le plus faible comme l’enfant à naître ou le vieillard est-il un homme ?)

    Ce combat est indissociable de l‘esprit de sacrifice, le Christ étant l’exemple parfait du sacrifice ultime, nous devons constamment avoir nos yeux rivés sur lui. Et ce n’est pas simple, c’est totalement lié à la notion de combat spirituel.

    Cette autorité retrouvée est celle du père, du prêtre, du chef…

    La masculinité comme source d’autonomie

    Comment être au service en n’étant pas autonome ? Non pas par orgueil, mais comme un serviteur inutile, afin de sincèrement libérer notre entourage de contingences matérielles dont le soucis doit être masculin (nous y reviendrons), nous devons apprendre l’autonomie, dans les petites choses, comme dans les grandes. Pour cela, nous devons humblement et constamment essayer ! OK, je ne sais pas faire, mais je vais essayer, seul ou avec l’aide d’une personne compétente sans avoir peur de l’échec.

    Et commençons par les petites choses : humblement, sans avoir peur du refus, proposons aux femmes, aux personnes âgées, à toute personne ayant besoin, notre aide pour  tenir une porte, pour porter des commissions, pour porter des bagages… Posons nous sans cesse la question : Jésus a-t-il eu peur de servir ? Et demandons lui de nous aider…

    la masculinité comme une capacité de refus d’être esclave des sentiments

    Il est nécessaire que notre raison gouverne nos sentiments, elle ne les efface pas mais sans cesse elle doit les assujettir à notre devoir. Nous oubliant nous même, nous devons vivre ce véritable combat qui agenouille nos sentiments devant la Vérité. C’est aussi un véritable combat ! Notre devoir, notre mission, notre vocation ne peuvent être entravés par des sentiments.

    Est-ce oublier l’amour ? Bien sûr que non, cette phrase de Benoit XVI au sujet de l’amour du prochain dans « Deus est caritas«  en est la parfaite illustration :

    J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ.

    C’est encore et exclusivement les yeux rivés vers le Christ que la masculinité peut se déployer…

    Les sacrements au service de la masculinité

    Le chemin de la masculinité vous parait-il ardu ? Si  oui c’est bon signe : c’est ce qui nous permet d’avoir recours aux sacrements. Les sacrements ont pour effet principal de produire la grâce de Dieu dans notre âme. La grâce est un don intérieur surnaturel, qui nous est donné sans aucun mérite de notre part, mais par les mérites de Jésus-Christ, en vue de la vie éternelle.

    Grâce aux Sacrements notre volonté est illuminée, se meut et est fortifiée, pour que nous fassions le bien et évitions le mal. Le combat spirituel ne peut être envisagé sans que notre volonté ne bénéficie des Sacrements.

    Nous vous invitons donc à recevoir très fréquemment les Sacrements de la Pénitence et de l‘Eucharistie, totalement indispensables pour qu’un homme soit un vrai homme.

     

    redeviens un homme

     

     

     

  • La beauté de la sainte pureté

    La beauté de la sainte pureté

    Voici un très beau texte de José Maria Escriva, qui est d’une aide utile pour notre combat pour la pureté !

    Sans l’aide divine, comment mener une vie droite ? Dieu veut notre humilité. Il veut que nous lui demandions son aide, par l’entremise de notre Mère, qui est aussi la sienne. A l’instant même, dans la solitude « accompagnée » de ton cœur, tu dois dire à la sainte Vierge, avec des paroles silencieuses: ma Mère, mon pauvre cœur se rebelle parfois… Mais si vous m’aidez… — Et Elle t’aidera pour que tu le gardes pur, ce cœur, et pour que tu poursuives ce chemin sur lequel Dieu t’a appelé : la Vierge t’aidera toujours à accomplir la Volonté de Dieu. (Forge, 315)

    Nous devons être aussi purs que possible ; et sans crainte en ce qui concerne le corps, parce que le sexe est quelque chose de saint et de noble en tant que participation au pouvoir créateur de Dieu, et de ce fait destiné au mariage. Et c’est ainsi que, purs et sans crainte, vous donnerez par votre conduite le témoignage des possibilités et de la beauté de la sainte pureté ! (…)

    Prenez un soin tout particulier de la chasteté et des autres vertus qui forment sa suite — la modestie et la pudeur — et qui en sont en quelque sorte la sauvegarde. Ne négligez pas si légèrement ces règles qui sont si efficaces afin d’être toujours dignes du regard de Dieu :

    • la surveillance attentive des sens et du cœur ;
    • le courage — le courage de la couardise — de fuir les occasions,
    • la fréquentation assidue des sacrements et, en tout premier lieu, de la confession sacramentelle;
    • la croyance pleine et entière dans l’efficacité de la direction spirituelle personnelle,
    • la peine, la contrition, puis la réparation des fautes,
    • tout cela étant imprégné de l’onction d’une tendre dévotion pour Notre Dame, afin qu’elle nous obtienne de Dieu le don d’une vie sainte et pure. (Amis de Dieu, 185)
  • Bienheureux Charles d’Autriche, homme et monarque exemplaire

    Bienheureux Charles d’Autriche, homme et monarque exemplaire

    Les Hommes-Adorateurs vous invitent à prendre exemple sur un autre homme bienheureux, Charles d’Autriche, véritable exemple de chrétien, père, mari et monarque.

    chalresEn 1916, Charles d’Autriche succèda à son grand-oncle,  l’empereur François-Joseph, en devenant empereur d’Autriche, roi apostolique de Hongrie et roi de Bohême, à l’âge de 29 ans. Au sujet de sa vocation il disait : 

    Être roi, ce n’est pas satisfaire une ambition, mais se sacrifier pour le bien du peuple tout entier

    Son désir de sainteté était très grand et il était partagé par son épouse Zita a qui il a déclaré le jour de leur mariage :

    Maintenant nous devons nous conduire l’un l’autre au ciel

    Sa vie était placée sous le signe de l’Eucharistie et il s’était engagé à suivre les enseignements du Christ dans sa vie privée et publique.

    Empereur, Il s’est distingué par son action sociale et a tout tenté tout pour faire cesser la guerre.  Cette action sociale lui a valu d’être surnommé « l’empereur du peuple » en créant, notamment le premier ministère des affaires sociales au monde. Au service de la Justice et de la Vérité, tel le Christ il s’attire la haine des mondains, aux premiers rangs desquels se trouvaient les franc-maçons, qui voulaient (et veulent toujours) effacer les racines chrétiennes de l’Europe (1), et les nantis (la plupart du temps ces deux catégories représent(ai)ent les mêmes personnes).

    Cette haine machiavélique le conduit à abandonner l’exercice du pouvoir, même s’il n’a jamais abdiqué. Exilé en 1918 dans l’île de Madère, il y finit ses jours dans la pauvreté.

    charles mort

    Sur son lit de mort, il répéta la devise de toute sa vie:

    Je m’engage toujours, en toutes choses, à connaître le plus clairement possible la volonté de Dieu et à la respecter, et cela de la manière la plus parfaite.

    Dans une de ses lettres au pape Benoît XV du 28 février 1919, il écrivit :

    Dans les épreuves que la Divine Providence m’a envoyées, j’ai conservé le sentiment d’avoir toujours fait mon devoir et de n’avoir voulu en toute chose que le bonheur de mes sujets, de même que la plus grande gloire de Dieu et le triomphe de notre Sainte Mère l’Eglise .

    Béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 2004, ce dernier dira de lui :

    Il était un homme d’une intégrité morale certaine et d’une foi solide, qui a toujours cherché le mieux pour ses peuples, et dans ses actes de gouvernement s’est conformé à la doctrine sociale de l’Église.

    Il a entretenu les idéaux de justice et de paix avec un appel constant à la sainteté. Il était un chrétien, un père, un mari, un monarque exemplaire.

    Si le monde peut voir un échec apparent dans sa vie, c’est qu’il voit aussi dans la Passion de Notre Seigneur un échec, vision erronée de la victoire imprimée sur notre monde par le Prince du mensonge. Mais la vie de Charles d’Autriche, sur les traces du Christ, est magnifiquement illustrée par la phrase de notre ami G.K. Chesterton :

    Rien n’échoue comme le succès (Hérétique)

     

    Bienheureux Charles d’Autriche,  

    suppliez le Christ de nous donner humblement de servir la Justice et de la Vérité,

    comme vous, puisant inlassablement dans le trésor de l’Eucharistie.

    Amen

    charles famille

    (1) «Le combat qui se livre actuellement conditionne l’avenir de la société. Il oppose deux cultures: l’une fondée sur l’Évangile et l’autre sur la tradition de l’humanisme républicain. Et ces deux cultures sont fondamentalement opposées. Ou la vérité est révélée et intangible, d’un Dieu à l’origine de toutes choses, ou elle trouve son fondement dans les constructions de l’Homme, toujours remises en question parce que perfectibles à l’infini» (Paul Gourdeau, ancien grand maître du Grand Orient de France, 1990)

  • La spiritualité conjugale

    La spiritualité conjugale

    P1020605La spiritualité conjugale existe-t-elle ? La réponse est affirmative, mais prenons garde à ne pas l’imaginer comme lisse, angéliqueasexuée. Comme deux pièces d’un même puzzle, nous devons y voir deux prières qui s’assemblent, s’unissent, ne font plus qu’une. Il est donc indispensable que l’homme soit vraiment homme dans sa prière, de même que la femme le soit également. Ainsi, il n’est pas possible de parler de spiritualité conjugale sans évoquer la différence homme/femme.

    L’homme

    L’anatomie et  la physiologie de l’homme sont plus orientées vers le monde extérieur, son organe sexuel est à l’extérieur, sa masse musculaire demeure, malgré les textes de loi, plus conséquente, ce qui l’oriente plus vers l’action, le mouvement. L’homme, de ce fait, s’épanouit plus facilement en tant qu’homme en sortant de la maison, c’est lui qui « à force de peine tirera la nourriture » pour sa famille (Gen 3,17) , ce que Jean-Paul II précisait dans l’encyclique Laborem exercens  lorsqu’il évoquait le « salaire unique donné au chef de famille pour son travail, et qui est suffisant pour les besoins de sa famille sans que son épouse soit obligée de prendre un travail rétribué hors de son foyer » (voir notre article « Le salaire de l’homme doit permettre à la femme d’éduquer les enfants« ).

    Nous pouvons avoir l’audace de résumer en disant que l’homme spiritualise le matériel.

    La femme

    L’anatomie et  la physiologie de la femme sont  plus orientées vers le monde intérieur, son organe sexuel est à l’intérieur et l’organe le plus vascularisé  de son corps est l’utérus, justifiant la phrase : « tota mulier in utero » d’Hippocrate (ce qui n’est pas une réduction, mais le soulignement d’une spécificité). La femme a donc une physiologie qui l’oriente à conserver et méditer en son cœur. Plus disposée à la vie active au foyer, Jean-Paul II insistait : « Quelle soit contrainte à abandonner ces tâches pour prendre un emploi rétribué hors de chez elle n’est pas juste du point de vue du bien de la société et de la famille«  (Laborem exercens).

    Jean-Paul II rappelait à Lourdes la vocation de contemplation de la femme, transcendant le matérialisme :

    En apparaissant dans la grotte, Marie a confié son message à une fille, comme pour souligner la mission particulière qui revient à la femme, à notre époque tentée par le matérialisme et par la sécularisation: être dans la société actuelle témoin des valeurs essentielles qui ne peuvent se percevoir qu’avec les yeux du cœur. A vous, les femmes, il revient d’être sentinelles de l’Invisible !

    Nous pouvons également résumer en disant que la femme matérialise le spirituel. 

    Conjugalité et spiritualité

    En tant qu’époux chrétiens, nous sommes  invités à vivre « une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai. Cette relation est la prière » (CEC 2558).  Les mystiques parlent d’ailleurs d’ « union sponsale« . La prière conjugale est donc l’union de deux prières : celle de l’homme et celle de la femme. Pour cela, il est évident que ces deux prières doivent exister. Comment conjuguer deux prières qui n’existent pas ? Les offrandes, les demandes, les actions de grâce de l’homme sont tellement différentes de celle de la femme. « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature«  (2 Corinthiens 5:17) Nous dit Saint Paul.

    Or la spiritualité conjugale est l’union de deux créatures… nouvelles ! Si la prière personnelle de chacun des époux est la fondation du couple il faut souligner que la prière conjugale son ciment, c’est à dire qu’elle assemble deux « pièces » différentes. Nous ne devons donc pas hésiter à « sexuer » notre prière familiale, notre prière conjugale. Ceci implique déjà que la liturgie propre à notre « Eglise domestique » doit considérer des rôles en rapport avec le sexe, tâcher de ne pas permettre facilement d’interchangeabilité des rôles : par exemple, si le rôle du chantre est plus adapté à la masculinité (voir notre article « Tout chant est de nature masculine »), la féminité tend elle vers la contemplation, le silence, orientant la prière dans ce sens.

    Voici une réflexion … conjuguer avec votre couple :

    Il est intéressant d’observer la prière de Tobie et Sara (Tobie, 8, 4-10)

    Tobie disait : « Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre te bénissent, ainsi que la mer, les sources, les fleuves et toutes les créatures qui s’y trouvent. C’est toi qui as fait Adam avec la glaise du sol, et qui lui as donné Ève pour l’aider. Et maintenant, Seigneur, tu le sais : si j’épouse cette fille d’Israël, ce n’est pas pour satisfaire mes passions, mais seulement par désir de fonder une famille qui bénira ton nom dans la suite des siècles. » Sara dit à son tour : « Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous ; puissions-nous vivre heureux jusqu’à notre vieillesse tous les deux ensemble.

    Tobie, l’homme, sort de lui-même et bénit le nom de Dieu, il sort de lui même pour confier leur projet de vie conjugale, de fondation de famille. Il bénit Dieu pour ce qui est extérieur à eux : le monde matériel, soulignant qu’il vient de la glaise. Il spiritualise le matériel.

    Sara, la femme, rentre en elle-même pour voir leurs âmes : elle implore la pitié de Dieu pour eux deux et elle confie la finalité la plus profonde et la plus  immatérielle : le bonheur de son couple. Ce bonheur incarné matérialise le spirituel, … lui donne vie !

    Puisse cet article nous aider à mieux connaitre nos différences, au delà des préjugés de notre société et du formatage égalitariste dont nous avons été pétri, et à approfondir notre prière conjugale !

  • Hilaire Belloc : Old Thunder

    Hilaire Belloc : Old Thunder

    Hilaire_Belloc_PortraitHilaire Belloc était un écrivain anglo-français du début du XXe siècle. Vous le décrire ? Cela serait long, contentons nous d’une liste à la Prévert : Il fut écrivain, historien, polémiste, homme politique, yachtsman réputé, … j’en passe !

    S’il était encore en vie, nous lui demanderions très certainement de nous faire l’honneur de devenir un de nos frères d’arme « homme-adorateur ». Nul doute que cet homme qui était surnommé  « sacré tonnerre » (Old Thunder) à cause de son tempérament impétueux, fut un exemple de virilité catholique, à l’heure où la société veut enterrer la masculinité, comme la féminité d’ailleurs.

    Homme politique, il ne cherchait pas l’esquive. Ainsi  au cours d’un discours de campagne, alors qu’un homme cherchait à le piéger en lui demandant de  justifier qu’il n’était pas un « papiste », il sortit un chapelet de sa poche et répondit :

    Messieurs, Je suis catholique. Je m’efforce autant que possible d’aller à la messe chaque jour. Ceci (sortant un chapelet de sa poche) est un chapelet. Chaque fois que je peux, je prie à genoux ces grains chaque jour. Si vous me rejetez à cause de ma religion, alors je remercierai Dieu de m’avoir épargné l’indignité de vous représenter à la Chambre.

    Devant cette franchise, la foule l’acclama et il remporta le scrutin. Cette parole forte et courageuse témoigne du caractère indispensable du culte du à Dieu, lui qui disait :

    Quand les hommes abandonnent le culte de Dieu et de ses saints, ils en arrivent vite au culte d’eux-mêmes.

    Puisqu’il était catholique, il était, comme son ami Chesterton, un bon vivant, et il aimait à le rappeler :

    Partout où brille le soleil du catholicisme, on trouve toujours des rires et du bon vin.

    C’est ce que j’ai toujours remarqué. Benedicamus Domino!

    The Catholic Sun

    Nous vous invitons donc à mieux le connaitre, lui qui illustrait tellement sa propre citation :

    L’Église est le foyer naturel de l’esprit humain.

    belloc– Découvrez « L’art de boire catholique »

  • Retrouvons la bénédiction paternelle

    Retrouvons la bénédiction paternelle

     « La famille est une institution intermédiaire entre l’individu et la société, et rien ne peut la remplacer totalement » disait Benoit XVI lors de la rencontre mondiale des familles à Valence, en juillet 2006. Cette institution intermédiaire est une église domestique et  un  foyer qui doit avoir pour modèle celui de la Sainte famille.

    Le Catéchisme de l’Eglise Catholique indique que c’est au sein de cette église domestique que « s’exerce de façon privilégiée le sacerdoce baptismal du père de famille, de la mère, des enfants, de tous les membres de la famille » (CEC 1657) Ce sacerdoce baptismale conduit  « tout baptisé (…) à être une  » bénédiction  » (cf. Gn 12, 2) et à bénir (cf. Lc 6, 28 ; Rm 12, 14 ; 1 P 3, 9) » (CEC 1669)

    Au sein de la petite église domestique qu’est la maison, le père de famille, a un rôle spécifique. En tant qu’homme, puisant dans la contemplation de notre Père du Ciel, il est conduit à exercer particulièrement l’autorité, mais aussi la Miséricorde de Dieu. C’est pourquoi il est beau qu’il puisse donner sa bénédiction aux enfants… comme à la maman.

    Placez votre main sur la tête de l’enfant à genoux et dites :

    Je te  bénis (nom de l’enfant), au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit

    En disant cela , faites le signe de la croix sur son front avec le pouce de la main droite.

    Nous pouvons aussi prendre exemple sur nos frères aînés dans la Foi : le père de famille juif bénit aussi son épouse puis en fait l’éloge en lisant le livre des Proverbes, chapitre 31, verset 10 à 31 :

    Une femme parfaite, qui la trouvera ? Elle est précieuse plus que les perles !
    Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources.
    Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine, tous les jours de sa vie.
    Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers.
    Elle est comme les navires marchands, faisant venir ses vivres de très loin.
    Elle est debout quand il fait encore nuit pour préparer les repas de sa maison et donner ses ordres aux servantes.
    A-t-elle des visées sur un champ ? Elle l’acquiert. Avec le produit de son travail, elle plante une vigne.
    Elle rayonne de force et retrousse ses manches !
    Elle s’assure de la bonne marche des affaires, sa lampe ne s’éteint pas de la nuit.
    Elle tend la main vers la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau.
    Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux.
    Elle ne craint pas la neige pour sa maisonnée, car tous les siens ont des vêtements doublés.
    Elle s’est fait des couvertures, des vêtements de pourpre et de lin fin.
    Aux portes de la ville, on reconnaît son mari siégeant parmi les anciens du pays.
    Elle fabrique de l’étoffe pour la vendre, elle propose des ceintures au marchand.
    Revêtue de force et de splendeur, elle sourit à l’avenir.
    Sa bouche s’exprime avec sagesse et sa langue enseigne la bonté.
    Attentive à la marche de sa maison, elle ne mange pas le pain de l’oisiveté.
    Ses fils, debout, la disent bienheureuse et son mari fait sa louange :
    « Bien des femmes ont fait leurs preuves, mais toi, tu les surpasses toutes ! »
    Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange.
    Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !
  • « Tout chant est de nature masculine »

    « Tout chant est de nature masculine »

    Le démarrage de la Schola du contingent d’hommes-adorateurs du Luc est un bon prétexte pour la rédaction de ce nouvel article sur le chant sacré. 

    chant

    Le 12 Novembre 2012, Benoit XVI rappelait :

    Chers amis, vous avez un rôle important: engagez-vous à améliorer la qualité du chant liturgique, sans avoir crainte de retrouver et de valoriser la grande tradition musicale de l’Église, qui dans le chant grégorien et dans la polyphonie possède deux expressions très élevées, comme l’affirme le Concile Vatican II lui-même.

    Et ce chant grégorien prend une place encore plus importante aujourd’hui : à travers son caractère sexué, il souligne une humanité différenciée. Il devient une réponse logique et ecclésiale à ce qu’on appelle aujourd’hui la Théorie du genre. Damien Poisblaud,  des chantres du Thoronet,  va plus loin en ajoutant que tout chant est de nature masculine, ce qui ne veut pas dire que les femmes ne peuvent pas chanter mais que, lorsque c’est une femme qui chante, c’est un acte de type masculin qu’elle pose.

    Domenico Bartolucci, maître émérite de la chapelle Sixtine, grand ami et collaborateur de Benoît XV, semblait aller dans le même sens en déclarant :

    Le grégorien d’autrefois savait être aussi un chant populaire, chanté avec force et vigueur, comme le peuple exprimait sa foi avec force et vigueur.

    C’est aussi l’avis de Dom José Luis Angulo, le Père chantre de l’abbaye bénédictine Santo Domingo de Silos, qualifie le chant grégorien de viril et populaire. D’ailleurs nous retrouvons les notions de force et de vigueur en filigrane en 813, lors du concile de Tours qui ordonne formellement que les prêtres se gardent de tout ce qui par l’ouïe ou la vue peut amollir l’âme.

    Nous devons donc prêter attention à ce que notre chant ne devienne pas asexué, nous souvenant aussi que Saint Bernard souhaitait un chant viril à l’église.

    Enfin, laissons pour finir la parole à Franck Laurent qui a écrit un très bel article sur le chant grégorien sur l’hebdomadaire « famille chrétienne » :

    Le grégorien n’est-il pas né au matin du premier Noël ?

    Les bergers, virils hommes du peuple, s’en reviennent de la crèche.

    Ils glorifient Dieu en publiant l’annonce venue du ciel : « Gloire à Dieu dans les hauteurs et sur terre paix aux hommes ses bien-aimés ».