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  • Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Mgr Rey et la virilité : l’Autorité

    Merci à Mgr Rey qui nous a délivré cet enseignement lors de la journée annuelle des hommes adorateurs au Cannet-des-Maures (83) le 1 mai 2014. Suite à l’explication du « premier A », l’Admiration,  voici la deuxième partie : l’Autorité

    La virilité c’est l’exercice d’une autorité. On disait de Jésus : « Il parle avec autorité » (Luc 4, 32). L’autorité, c’est d’abord la cohérence. Quelqu’un qui a une autorité morale est quelqu’un qui dit quelque chose qu’il vit. Il y a adéquation entre son existence et ses paroles. C’est dans cette mesure qu’on disait de Jésus qu’Il parlait avec autorité.

    Il y a deux aspects dans l’autorité : un aspect « support » et un aspect « guide ».

    L’autorité comme support

    Le support que représente l’autorité peut être comparé à un échafaudage : dans l’éducation d’un enfant, il est important de donner des structures stables sur lesquelles l’enfant va s’adosser pour grandir en humanité. Il faut lui donner une colonne vertébrale. C’est aspect est « statique »

    L’autorité comme guide

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    L’autorité relève également d’une dimension dynamique : celle de guider. L’autorité est celle du « passeur« , de « l’initiateur« , de celui qui tire en avant et ouvre la route. Cet aspect de l’autorité caractérise une mobilité.

    …à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudesfusionnellesgratifiant notre egonourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable.

    Je crois que la figure de Saint Joseph est liée à ces deux aspects. Comme tout père, par l’exercice de la paternité, il rappelle la Loi, qui permet de sortir de la dimension fusionnelle avec la mère. Aujourd’hui, à une époque où nous vivons une assez grande féminisation de la société qui privilégie les relations chaudes, fusionnelles, gratifiant notre ego, nourrissant notre ressenti, le rôle du père est indispensable pour inviter à entrer dans un autre monde que celui de la mère. Le père invite au détachement, au dépassement, voire à l’arrachement. Par exemple, Jésus à Jérusalem, lors du recouvrement au Temple, est « arraché » à la cellule familiale, au point qu’il dira : « Il faut que je sois aux affaires de mon Père » (Luc 2, 49). Ce détachement affectif correspond à un premier acte d’intelligence de la part de Jésus qui discourt avec les docteurs de la Loi. L’émergence de l’intelligence va de pair avec la distanciation, l’éloignement du tissu familial.

    Saint Joseph rappelle la Loi, et en même temps, il aidera Jésus, dans son Incarnation, dans ce passage à une maturité humaine, et finalement à entrer dans son ministère public. La virilité, lorsqu’elle se fait service, aide l’autre à devenir lui-même, à devenir sujet de son histoire. On est père comme passeur. L’enfant ne nous appartient pas, mais il est un don de Dieu, il nous a été remis pour que nous l’aidions à accéder à une véritable liberté et à poser des choix par lui-même.

    Mgr Dominique Rey – évêque de Fréjus-Toulon

    Suite la semaine prochaine : l’Audace

  • Redevenir des hommes

    Redevenir des hommes

    L'homme tranquilleMes frères, soyons des hommes, soyons de vrais hommes !

    Ne soyons pas les êtres asexués que la société veut que nous soyons, ces êtres pseudo-angéliques qui conduisent à devenir des bêtes, comme le rappelait Blaise Pascal. C’est pourquoi il devient vital de repenser notre quotidien pour le viriliser. Notre bien, celui de la famille et celui de la société en dépendent.

    Je vous propose de travailler aujourd’hui trois facettes de la masculinité :

    La masculinité comme source d’autorité

    L’autorité est indissociable de l‘obéissance, et pour avoir l’autorité , il faut que celle-ci soit juste. L’autorité qui émane de la masculinité est au service des autres , au service de la justice : elle n’est jamais au service de celui qui l’exerce. C’est l’idéal chevaleresque qui apparaît ici : la cause juste qu’il sert ne lui rapporte rien, mais est orientée vers la protection du plus faible, le sens de la justice. (question : un homme politique qui ne protège pas le plus faible comme l’enfant à naître ou le vieillard est-il un homme ?)

    Ce combat est indissociable de l‘esprit de sacrifice, le Christ étant l’exemple parfait du sacrifice ultime, nous devons constamment avoir nos yeux rivés sur lui. Et ce n’est pas simple, c’est totalement lié à la notion de combat spirituel.

    Cette autorité retrouvée est celle du père, du prêtre, du chef…

    La masculinité comme source d’autonomie

    Comment être au service en n’étant pas autonome ? Non pas par orgueil, mais comme un serviteur inutile, afin de sincèrement libérer notre entourage de contingences matérielles dont le soucis doit être masculin (nous y reviendrons), nous devons apprendre l’autonomie, dans les petites choses, comme dans les grandes. Pour cela, nous devons humblement et constamment essayer ! OK, je ne sais pas faire, mais je vais essayer, seul ou avec l’aide d’une personne compétente sans avoir peur de l’échec.

    Et commençons par les petites choses : humblement, sans avoir peur du refus, proposons aux femmes, aux personnes âgées, à toute personne ayant besoin, notre aide pour  tenir une porte, pour porter des commissions, pour porter des bagages… Posons nous sans cesse la question : Jésus a-t-il eu peur de servir ? Et demandons lui de nous aider…

    la masculinité comme une capacité de refus d’être esclave des sentiments

    Il est nécessaire que notre raison gouverne nos sentiments, elle ne les efface pas mais sans cesse elle doit les assujettir à notre devoir. Nous oubliant nous même, nous devons vivre ce véritable combat qui agenouille nos sentiments devant la Vérité. C’est aussi un véritable combat ! Notre devoir, notre mission, notre vocation ne peuvent être entravés par des sentiments.

    Est-ce oublier l’amour ? Bien sûr que non, cette phrase de Benoit XVI au sujet de l’amour du prochain dans « Deus est caritas«  en est la parfaite illustration :

    J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ.

    C’est encore et exclusivement les yeux rivés vers le Christ que la masculinité peut se déployer…

    Les sacrements au service de la masculinité

    Le chemin de la masculinité vous parait-il ardu ? Si  oui c’est bon signe : c’est ce qui nous permet d’avoir recours aux sacrements. Les sacrements ont pour effet principal de produire la grâce de Dieu dans notre âme. La grâce est un don intérieur surnaturel, qui nous est donné sans aucun mérite de notre part, mais par les mérites de Jésus-Christ, en vue de la vie éternelle.

    Grâce aux Sacrements notre volonté est illuminée, se meut et est fortifiée, pour que nous fassions le bien et évitions le mal. Le combat spirituel ne peut être envisagé sans que notre volonté ne bénéficie des Sacrements.

    Nous vous invitons donc à recevoir très fréquemment les Sacrements de la Pénitence et de l‘Eucharistie, totalement indispensables pour qu’un homme soit un vrai homme.

     

    redeviens un homme