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  • Les vertus joyeuses et exubérantes de la foi, de l’espérance et de la charité

    Les vertus joyeuses et exubérantes de la foi, de l’espérance et de la charité

    chestertonLa différence réelle entre le paganisme et le christianisme est parfaitement résumée par la différence qui existe entre les vertus païennes, ou naturelles, et ces trois vertus que l’Église de Rome appelle vertus de la Grâce. Les vertus païennes, ou rationnelles, sont des choses telles que la justice, et la tempérance, et le christianisme les a adoptées. Les trois vertus mystiques que le christianisme n’a pas adoptées mais inventées, sont la foi, l’espérance et la charité. Toute une rhétorique chrétienne facile et creuse pourrait être facilement déversée sur ces trois mots, mais je désire me confiner aux deux faits qui sont évidents à leurs propos. Le premier fait évident (fortement en contraste avec l’idée qu’on se fait du païen dansant) – le premier fait évident, dis-je, c’est que les vertus païennes telles que la justice et la tempérance sont les vertus tristes, et que les vertus mystiques de la foi, l’espérance et la charité sont les vertus joyeuses et exubérantes. Et le second fait évident, qui est encore plus évident, c’est que les vertus païennes sont les vertus raisonnables, et que les vertus chrétiennes de foi, d’espérance et de charité sont dans leur essence aussi déraisonnables qu’elles puissent l’être.

    Comme le mot déraisonnable est sujet à mauvaise interprétation, la chose peut être plus précisément exposée en disant que chacune de ces vertus chrétiennes, ou vertus mystiques, implique un paradoxe dans sa propre nature, et que ceci n’est pas vrai des vertus typiquement païennes ou rationnelles. La justice consiste à découvrir une certaine chose qui est due à un certain homme, et à la lui donner. La tempérance consiste aux limites propres d’une indulgence particulière et à y adhérer. Mais la charité signifie pardonner ce qui est impardonnable, ou alors ce n’est pas une vertu du tout . L’espérance signifie espérer quand les choses sont sans espoir, ou ce n’est pas une vertu du tout . Et la foi signifie croire l’incroyable, ou ce n’est pas une vertu du tout.

    Il est amusant, en effet, de relever la différence dans la manière dont la tendance de l’esprit moderne traite ces trois paradoxes. La charité est une vertu à la mode à notre époque ; elle a été allumée par le gigantesque arc enflammé de Dickens. L’espérance est une vertu aujourd’hui ; notre attention a été arrêtée dessus par le son inattendu de la trompette d’argent de Stevenson. Mais la foi est rebelle à toute mise au goût du jour , et il est habituel de chaque côté d’utiliser contre elle le fait qu’elle est un paradoxe. Chacun répète moqueusement la fameuse définition enfantine sur la foi qui est  » le pouvoir de croire ce que nous savons être faux ». Cependant, elle n’est pas un atome plus paradoxale que l’espérance ou la charité. La charité est le pouvoir de défendre ce que nous savons être indéfendable. L’espérance, c’est le pouvoir d’être gai dans des circonstances que nous savons désespérées. Il est vrai qu’il existe un état d’espoir qui appartient aux perspectives brillantes et au matin ; mais ce n’est pas la vertu d’espérance. La vertu d’espérance n’existe que lors d’un tremblement de terre ou d’une éclipse. Il est vrai qu’il existe une chose crûment appelée charité, qui signifie la charité envers le pauvre méritant ; mais la charité envers une personne méritante, n’est pas du tout de la charité, mais la justice. C’est celui qui ne mérite rien qui en a besoin, et l’idéal soit n’existe pas, soit existe seulement pour lui. Pour des raisons pratiques, c’est au moment du désespoir que nous avons besoin de l’homme habité par l’espérance, et cette vertu soit n’existe pas du tout, soit commence à exister à ce moment-là. C’est exactement au moment où l’espérance cesse d’être raisonnable, qu’elle commence à être utile.(…)

    La signification générale de mon propos concernant les trois vertus dont j’ai parlées va maintenant, je l’espère, être suffisamment claire. Elles sont toutes les trois paradoxales, elles sont toutes trois pratiques, et elles sont toutes trois paradoxales parce qu’elles sont pratiques. C’est la pression de l’extrême besoin et la terrible connaissance des choses telles quelles sont, qui a amené les hommes à poser ces énigmes et à mourir pour elles. Quelque puisse être la signification de la contradiction, c’est un fait que la seule sorte d’espérance qui ait une quelconque utilité dans une bataille est une espérance qui se moque de l’arithmétique . Quelque puisse être la signification de la contradiction, c’est un fait que la seule sorte de charité qu’un esprit faible souhaite, ou qu’un esprit généreux ressente, c’est la charité qui pardonne les péchés qui sont comme l’écarlate . Quelque puisse être la signification de la foi, elle doit toujours signifier une certitude sur quelque chose qu’on ne peut prouver .Comme par exemple, nous croyons par la foi à l’existence des autres personnes.

    Source : G.K. Chesterton : « Hérétiques », chapitre : le paganisme et M. Lowes Dickinson.

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  • La mort : L’ultime combat pour la foi (2/5)

    La mort : L’ultime combat pour la foi (2/5)

    Suite de notre série « la Mort : l’ultime combat » tiré de l’ouvrage de  Lorenzo Scupoli « le combat spirituel ».

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    Parmi les assauts que nos ennemis nous livrent à l’article de la mort, il y en a quatre qui sont particulièrement dangereux. Ce sont :

    1. la tentation contre la foi
    2. le désespoir,
    3. la vaine gloire,
    4. et enfin les diverses illusions dont ces esprits de ténèbres, transfigurés en anges de lumière, se servent pour nous tromper.

    Pour ce qui regarde le premier assaut, si l’ennemi emploie pour vous tenter des raisonnements faux et captieux, laissez là votre intelligence, et recourez à la volonté, en disant : Retire-toi, Satan, père du mensonge ; je ne veux pas même t’écouter : il me suffit de croire ce que croit la sainte Église romaine. Fermez, autant que possible, l’entrée de votre âme à toute considération sur la foi, vous semblât-elle de nature à fortifier en vous cette vertu ; regardez-la comme un moyen dont le démon se sert pour engager la discussion. Si vous n’êtes plus en état de vous défaire de ces pensées, demeurez ferme et ne croyez rien aux raisons que l’ennemi vous allèguera, non plus qu’aux textes de la sainte Écriture qu’il apportera à l’appui de ses insinuations : quelque clairs et décisifs que ces textes vous paraissent, soyez certain qu’ils sont tous tronqués, mal cités et mal interprétés.

    Et si le serpent rusé vous demande ce que croit la sainte Église, ne répondez pas ; mais, sachant qu’il veut vous surprendre et abuser de vos paroles, contentez-vous de faire intérieurement un acte de foi vive ; ou, si vous voulez le faire dépiter davantage, répondez-lui que la sainte Église romaine croit la vérité. Et s’il vous demande quelle est cette vérité, répliquez-lui : C’est précisément ce que croit l’Église.

    Par-dessus tout, tenez votre cœur attaché à Jésus crucifié et dites-lui :

    Ô mon Dieu, mon Créateur et mon Sauveur, venez promptement à mon secours et ne vous éloignez pas de moi, afin que je ne m’écarte pas de la vérité de la foi catholique ;

    et puisque vous m’avez accordé la grâce de naître dans cette foi sainte, faites que j’y finisse mes jours pour votre plus grande gloire.