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  • Lettre du Général Delaunay aux Hommes-Adorateurs

    Lettre du Général Delaunay aux Hommes-Adorateurs

    delaunayNé en 1923, le général Delaunay était chef de l’état-major de l’armée de Terre française du 1er octobre 1980 au 9 mars 1983. Le 16 août 1949, pendant la guerre d’Indochine, une grenade lui explose entre les mains. Il survit mais perd la main droite, ce qui ne l’empêche pas de reprendre le combat. Durant la guerre d’Algérie, il  est capitaine puis général, il dirige l’École de cavalerie de Saumur de 1976 à 1979. Aujourd’hui, il écrit aux Hommes-Adorateurs : 

    On me demande de dire la place qu’a tenu la prière dans ma vie, et notamment l’oraison. J’ai toujours été chrétien mais j’ai connu plusieurs conversions successives.Mon mariage avec une chrétienne d’abord. Par amour, je me suis laissé entraîner par elle dans une recherche personnelle de Dieu à travers Jésus. La mort de notre troisième enfant, Pascale, suivant de peu notre entrée aux  Equipes Notre Dame, fut ensuite pour moi un double choc, déterminant. L’accession progressive à des responsabilités grandissantes et l’affrontement correspondant à des difficultés m’ont amené à me confier davantage à Dieu. J’y ai toujours retrouver la paix et la confiance en Jésus et en moi.

    Aujourd’hui, arrivé à la grande vieillesse, vulnérable et environné par la mort, j’ai l’impression d’avoir été accompagné tout au long de ma vie et j’en rends grâces à Dieu. J’attends sereinement la Rencontre entre cette vie et l’autre, un commencement et pas une fin.

    Sur le fond, voici ce que j’ai à dire :

    1. Pour trop de mâles humains, la religion, c’est une affaire de bonnes femmes. Moi, j’ai eu la chance d’avoir un père qui avait mis la foi au centre de sa vie et qui le montrait, tout en étant un excellent professionnel, un bon citoyen et un père admirable.A le regarder et à l’imiter, j’ai appris que la prière ne remplace pas la compétence mais qu’on est d’autant meilleur qu’on peut s’appuyer sur Dieu, à travers ce face à face qu’on appelle l’oraison, (adoration quand on est devant le Saint Sacrement). C’est pourquoi je l’ai mise dans ma vie et je continue à la pratiquer tous les jours.
    2. Devant la déliquescence de la société et la sinistrose ambiante, il ne nous reste que la prière. Et pas seulement celle des vieilles dames : celle des hommes dans la force de l’âge, des responsables : prière collective et prière individuelle. C’est de celle-là que je parlerai surtout.
    3. La pratique de l’oraison quotidienne, c’est surtout une question de volonté. Il m’a fallu des années de combat et de chutes pour réussir à la placer dans ma vie.
    4. Bien que ce soit une affaire d’amour, il y a, si j’ose dire, une technique de l’oraison. Je mets mon réveil sur alerte pour  30 minutes pour n’avoir pas à regarder ma montre. Je fais le calme en moi, je respire, je m’imbibe d’un texte évangélique, je fais mon  cinéma dans ma tête avec la scène en question en me mettant dans la peau de Zachéepar exemple, puis je décroche mentalement le téléphone divin et j’ose m’adresser à Dieu en lui disant : « Me voilà ! Je t’aime et je veux rester avec toi. Je branche le pilote automatique. Maintenant c’est Toi qui es aux commandes ! »… et je reste là en silence dans l’abandon… jusqu’à ce que le vibreur sonne…
    5. Mes distractions, je ne les écarte pas : Je les prie, je les incorpore à mon oraison.
    6. Si je suis sec ,je répète une formule, celle toute simple du pèlerin russe « Jésus Sauveur, prends pitié de moi, pécheur ! »
    7. Quand, c’est fini je m’abstiens de juger mon oraison mais je remercie mon « pilote » et je lui dis « A demain ! »
    8. Devant le Saint Sacrement, je fais de même mais pendant une heure et, si possible, de nuit.

     

    “Sans Moi, vous ne pouvez rien faire

    Amen. Alléluia!

     ***

    Cela dit, vous pouvez en apprendre davantage en lisant mon dernier livre « En écho à Saint Ex ». Il comporte une première partie : ce qui m’inquiète et m’irrite et une 2° partie : ce que je crois et qui me fait vivre.

    Disponible France-Valeurs 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles 15 € + 5 € de port. Chèque à l’ordre de France-Valeurs

     

  • Le combat spirituel (5/5) : L’oraison

    Le combat spirituel (5/5) : L’oraison

    ignace LoyolaSi la défiance vis-à-vis de nous-mêmes, la confiance en Dieu et le bon usage de nos facultés sont, comme nous l’avons montré jusqu’ici, des armes si nécessaires dans le combat spirituel, l’oraison, que nous avons indiquée comme la quatrième arme, est d’une nécessité plus grande encore, puisque c’est elle qui nous obtient non seulement ces trois grandes vertus, mais tous les biens que nous pouvons espérer du Seigneur notre Dieu.

    L’oraison, en effet, est le canal qui nous transmet toutes les grâces qui découlent sur nous de cette source de bonté et d’amour. Par l’oraison, si vous vous en servez bien, vous mettrez dans la main de Dieu une épée avec laquelle il combattra et triomphera pour vous. Or, pour bien user de l’oraison, il faut que vous soyez habitué, ou que vous mettiez tous vos soins à vous habituer aux choses qui suivent :

    1. Premièrement, il faut qu’il y ait toujours dans votre cœur un désir ardent de servir sa majesté souveraine, en toutes choses et de la manière qui lui plaît davantage. Pour vous enflammer de ce désir, considérez attentivement : Que Dieu mérite, plus qu’on ne saurait le dire, d’être servi et honoré à cause de l’excellence ineffable de son être, de sa bonté, de sa grandeur, de sa sagesse, de sa beauté et de toutes ses infinies perfections. Qu’il a travaillé et souffert durant trente-trois ans pour votre salut, qu’il a pansé et guéri vos plaies infectes, non pas avec de l’huile, du vin et des lambeaux de toile, mais avec la précieuse liqueur sortie de ses veines sacrées et avec ses chairs très pures déchirées par les fouets, les épines et les clous. Considérez enfin qu’il est pour vous d’une importance extrême de le servir, puisque c’est le moyen de vous rendre maître de vous-même, victorieux du démon et enfant de Dieu.
    2. Deuxièmement, vous devez croire avec une foi vive et confiante que le Seigneur est disposé à vous donner tout ce qui vous est nécessaire pour son service et votre bien. Cette sainte confiance est le vase que la miséricorde divine remplit des trésors de sa grâce, et plus ce vase est large et profond, plus abondantes seront les richesses que l’oraison attirera dans votre sein. Et comment Dieu, qui est tout-puissant et immuable, pourrait-il ne pas nous communiquer ses dons, après nous avoir fait un commandement exprès de les lui demander, et après avoir promis son Esprit à ceux qui l’imploreraient avec foi et persévérance ?
    3. Saint BrunoTroisièmement, il faut vous mettre en prière avec l’intention de faire la volonté de Dieu et non la vôtre, tant par rapport à l’acte même de la prière que par rapport à l’effet qu’elle doit obtenir ; c’est-à-dire que vous ne devez prier que parce que Dieu le veut ainsi, et que vous ne devez désirer d’être exaucé que pour autant qu’il plaira au Seigneur. En un mot, votre intention doit être d’élever votre volonté jusqu’à la volonté de Dieu, et non pas de plier sa volonté à la vôtre. Votre volonté, corrompue et gâtée par l’amour-propre, tombe souvent dans l’erreur, tandis que la volonté de Dieu est toujours unie à une bonté ineffable et ne peut jamais errer. C’est à ce titre qu’elle est la règle et la maîtresse de toutes les volontés, et qu’elle mérite et exige que toutes, sans exception, la suivent et lui obéissent. Aussi ne devez-vous demander que les choses que vous savez être conformes au bon plaisir de Dieu et, si vous avez un doute à cet égard, ne les demandez que sous la condition que le Seigneur veuille bien vous les accorder. Quant aux choses que vous savez positivement lui être agréables comme les vertus, vous les demanderez plus pour lui plaire et le servir que pour tout autre motif et tout autre considération, si pieuse qu’elle puisse être.
    4. Quatrièmement, il faut que vous alliez à l’oraison orné d’œuvres en rapport avec vos demandes, et qu’après l’oraison, vous vous appliquiez de toutes vos forces à vous rendre digne de la grâce et de la vertu que vous désirer obtenir. Il faut, en effet, que la pratique de l’oraison soit accompagnée de la pratique de la mortification et que ces deux choses se succèdent sans interruption, car ce serait tenter Dieu que de demander une vertu et de ne rien faire pour l’acquérir.
    5. Cinquièmement, que vos demandes soient précédées d’actions de grâces pour les bienfaits reçus. Dites au Seigneur : Ô mon Dieu, qui m’avez créé et racheté par votre miséricorde, qui m’avez tant de fois délivré des mains de mes ennemis que j’en ignore moi-même le nombre, venez maintenant à mon aide et accordez-moi la grâce que je vous demande, sans tenir compte de mes infidélités et de mes ingratitudes continuelles. Si, au moment de demander une vertu particulière, il se présente une occasion de vous y exercer, n’oubliez pas d’en remercier le Seigneur comme d’un bienfait signalé.
    6. Pie VSixièmement, comme l’oraison emprunte sa force et la vertu qu’elle a de fléchir le Seigneur à la bonté et à la miséricorde qui est le fond de sa nature, aux mérites de la vie et de la Passion de son Fils unique, à la promesse qu’il a faite de nous exaucer, vous terminerez vos demandes par une ou plusieurs des formules suivantes : Seigneur, accordez-moi cette grâce par votre miséricorde infinie. Que les mérites de votre divin Fils m’obtiennent la grâce que je sollicite. Souvenez-vous, mon Dieu, de vos promesses et prêtez l’oreille à ma prière. Parfois aussi, vous implorerez les grâces de Dieu par les mérites de la Sainte Vierge et des autres saints, car ils ont beaucoup de pouvoir dans le Ciel et le Seigneur se plaît à les honorer en récompense des honneurs qu’ils ont eux-mêmes rendus à sa divine majesté quand ils étaient sur la terre.
    7. Septièmement, il faut persévérer dans l’oraison : l’humble persévérance finit par vaincre l’invincible lui-même. Si les instances et les importunités de la veuve de l’Évangile ont pu fléchir un juge impie et inhumain, comment notre prière n’aurait-elle pas la force d’incliner vers nous celui qui est la plénitude de tous les biens ? Ainsi donc, quand même, après votre oraison, le Seigneur tarderait à venir et à vous exaucer ; que dis-je ? quand même il semblerait vous rebuter, continuez à prier et à tenir ferme et vive la confiance que vous avez en son secours, parce qu’en Dieu ne manquent jamais les ressources nécessaires pour faire du bien aux hommes, qu’elles surabondent au contraire sans borne ni mesure. C’est pourquoi, s’il ne manque rien de votre côté, soyez convaincu que vous obtiendrez toujours ce que vous demanderez ou quelque chose de plus utile encore, ou même les deux choses à la fois. Et plus il vous semblera que vous êtes rebuté, plus vous vous humilierez à vos propres yeux et, le regard fixé d’un côté sur votre indignité et de l’autre sur la divine miséricorde, vous vous efforcerez d’accroître votre confiance en Dieu. Si vous savez la maintenir vive et ferme, les assauts qu’elle aura à soutenir ne feront que la rendre plus agréable au Seigneur.
    8. Enfin, remerciez-le sans cesse, bénissez sa bonté, sa sagesse et son amour, aussi bien lorsqu’il vous rebute que lorsqu’il vous exauce et, quoi qu’il arrive, tenez votre âme tranquille et joyeuse dans une humble soumission à sa divine Providence.